‹ Des Rétractions Tendineuses et de l'Amyotrophie: Consécutives aux Attitudes Stéréotypées dans les PsychosesChapitre 8 sur 40 · B. À. Morel. Traité des maladies mentales. Paris · texte numérisé non relu

B. À. Morel. Traité des maladies mentales. Paris

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domine le malade se traduire de la façon suivante : « Le regard est effaré, les traits sont contractés, les mouvements et les gestes empreints d’une sorte de roideur. » L’individu est fixé dans une attitude de statue. Dagonet décrit ainsi la seconde forme : « La stupeur peut aussi revêtir chez quelques malades la forme cataleptique et dans ce cas être comme la prolongation d’une attaque véritable de catalepsie. Il semble alors que le pouvoir excito-moteur ait entièrement disparu ; les organes de la vie de relation sont absolument soustraits à l’influerce de la volonté. Le malade reste inerte, passif, incapable de faire de lui-même le moindre mouvement ; il conserve indéfiniment, au moins pendant un temps prolongé, la position qui a été imprimée une fois à ses membres (1). »

Contrairement à Baillarger et à son école, Dago-. net, d'accord en cela avec Delasiauve, était d'avis que la stupeur, loin d’être une forme de mélancolie délirante, constituait le plus souvent un syndrôme autonome caractérisé au point de vue mental par la suppression plus ou moins complète de l’exercice des facultés mentales (2).

L’aliéniste allemand Griesinger, dans son traité paru en français en 1865 s'exprime de la manière

‘1. J. Dagonet. De la stupeur dans les maladies mentales et de l'affection mentale désignée sous ce nom. (Ann. med. Psy ch. 1855).

2. Delasiauve. Journal de Médecine mentale, année 1851 et suiv.

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suivante. « Les mouvements des mélancoliques portent tout à fait le cachet de l’état de douleur morale qui les domine... Souvent le malade se tient raide, immobile et fixe comme une statue, Dans ces cas les membressont raides et offrent une assez grande résistance aux tentatives que l’on fait pour leur donner une autre position ; ou bien ils sont flexibles, mobiles, et souvent ils conservent la position qu’on leur donne. » Et plus loin, à propos de la mélancolie avec stupeur : € les muscles soumis à l’action de la volonté semblent tantôt rigides, tendus, tantôt engourdis... la mobilité du membre, sous l'influence de la volonté ; est toujours considérablement diminuée, parfois elle est presque entièrement supprimée ; il y a là une sorte d’entrave portant sur toute les facultés motrices du cerveau » (1). Ces descriptions, quoique sommaires, résument assez bien les doubles signes de l’altération de la fonction musculaire dans les états de stupeur.

Le premier; Kahlbaum, en 1874 (2) a accordé une attention tout à fait spéciale aux troubles de la motilité dans la folie simple, et, sous le nom de catatonie essaya de constituer une forme particulière de psychose caractérisée en partie par certainssymptômes physiques et plus particulièrement musculaires. Déjà il mettait en parallèle, comme on l’a fait depuis en

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