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INTRODUCTION

La thèse que j’ai l’honneur de présenter à l’École de Pharmacie de Paris a pour objet l’étude des rhubarbes. Dans ce travail qui est divisé en quatre parties, j’ai envisagé l’étude de ces racines au point de vue historique, anatomique, chimique et économique.

La première partie est consacrée à l’étude historique des rhubarbes. Les diverses espèces de rheum connues en France ayant été dans les différents États Européens et à différentes époques l’objet d’une culture spéciale qui rend leur histoire très intéressante, j’ai divisé pour plus de clarté cette partie en deux chapitres. Dans le chapitre premier, j’ai rapporté les diverses opinions qui ont été successivement émises sur la nature et l’origine de la rhubarbe depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours et j’ai signalé en dernier lieu l’existence dans un de nos jardins botaniques d’une nouvelle espèce de rheum envoyée tout récemment de la Chine comme la plante mère de la vraie rhubarbe. Dans le second chapitre j’ai fait l’histoire du commerce et de la culture de la rhubarbe en Chine, en Russie, en Angleterre, en Autriche, en France et aux États-Unis.

Dans la seconde partie exclusivement réservée à la matière médicale j’ai étudié les caractères distinctifs des différentes racines de rhubarbe et je me suis spécialement attaché à étudier la disposition anatomique de leurs parties. Je n’ai pas seulement examiné les diverses rhubarbes qui se trouvent dans le commerce; j’ai pu encore étendre mes recherches sur plusieurs variétés de rhubarbe qui ont paru dans le commerce anglais en 1845 et en 1853 et qu’on ne rencontre plus que dans les collections. J’ai pu aussi assigner à ces différentes rhubarbes des caractères constants qui permettent de les reconnaître aisément et de

plus je suis arrivé à attribuer à certaines d’entre elles une origine distincte de celle qui leur fut donnée.

Dans la troisième partie, étude chimique des rhubarbes, j’ai retracé les principaux travaux chimiques entrepris dans ces dernières années tant en Allemagne qu’en Russie sur ce sujet si intéressant.

Dans la quatrième partie j’ai relaté les divers usages que l’cn fait de la rhubarbe comme substance alimentaire et comme substance médicamenteuse et j’ai rappelé quelques expériences entreprises dans le but d’étudier l’action de la rhubarbe sur l’économie. '

Comme on le voit d’après cet exposé, cette étude est très longue et aurait exigé plusieurs années pour être traitée complètement. De *’j

l’étendue et de l’importance du sujet, il résulte que quelques points !

n’ont pu être étudiés à fond et méritent un examen plus approfondi. ^

Ce qui a encore augmenté la difficulté de ce travail, c’est l’absence ^

presque complète dans nos bibliothèques publiques et privées d’ouvrages spéciaux et récents, traitant de la matière médicale. Les livres f

français ne renferment guère que quelques essais chimiques entrepris en France sur les racines de rhubarbe; au contraire, les ouvrages étrangers contiennent une ample source de documents sur cette question importante, mais ils sont très rares à Paris. Je n’aürais certainement pu conduire mon œuvre à si bonne fin, si je n’avais compté sur le concours des professeurs étrangers. Ce concours, je m’empresse de le dire, ne m’a pas fait défaut, car j’ai rencontré la plus grande bienveillance et le plus grand empressement chez ces maîtres illustres qui m’ont généreusement envoyé des travaux intéressants sur ce sujet.

Aus^i je suis heureux d’adresser l’expression de ma plus vive gratitude à Hr; James Collins, de Londres, et à MM. les professeurs Sehroff, de Vienne, Fluckuger, de Berne, Schrœders,. de Saint Pétersbourg et à Monseigneur Chauveau, vicaire apostolique du Thibet, pour le concours bienveillant qu’ils m’ont prêté.

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