ROCHES COMBUSTIBLES
Substances susceptibles d'une combustion plus ou moins facile.
Substances qui ont de l'analogie avec le charbon végétal.
ESPÈCE ire.
(Géanthrace^ houille éclatante^ glanzkoMe, kohlenblende,)
L'analyse d'une anthracite de Lamure en Dauphiné a donné à M. Regnault 0.898 de carbone, 0.017 d'hydrogène, 0.036 d'oxigène, 0.003 d'azote et 0.066 de cendres.
Substance qui se brise souvent en éclats par l'action du feu -, brûlant avec difficulté sans se gonfler, et à peu près sans flamme ni fumée, maison dégageant
beaucoup de chaleur. Poussière donnant une odeur de charbon.
Formant des couches, des amas, des rognons/ des nids et des grains, à texture scbistoîde, compacte ou terreuse.
Pesant de 1.348 à 1.919. Tendre.
Couleur noire. Éclat ordinairement luisant, quelquefois métallique , d'autres fois terne ; opaque.
L'anthracite est assez abondante dans la nature, principalement dans les terrains hémilysiens et dans la partie inférieure des terrains ammonéens. Elle y forme des couches plus ou moins puissantes, qui alternent avec des couches de schiste, de psammite, de grès, de calcaire. Elle forme souvent des enduits sur le calcaire, et s'y trouve aussi en nids et en rognons. Elle se rencontre également dans la houille , avec laquelle elle se lie par une série de passages insensibles.
L'anthracite est employée comme combustible, mais elle ne peut, en général, s'allumer qu'au moyen d'autres matières ; et plusieurs variétés ne peuvent servir que dans des fourneaux , où il se produit une chaleur considérable ; aussi voit-on souvent les parties d'anthracite qui se trouvent dans la houille se présenter intactes dans les cendres des foyers ordinaires.
2« ESPÈCE. HOUILIiB.
(Charbon de terre ^ charbon de pierre ^ steinkohley sHpite (♦).)
L'analyse d'une houille du Flénu près de Mons
(*) On a employé le nom de stipile pour désigner une houille plus
en Hainaut a donné à M. Regnault 0.839 de carbone, 0.054 d'hydrogène, 0.070 d'oxigène avec un peu de nitrogène, et 0.037 de cendres; mais d'autres variétés ont une composition plus rapprochée de celle de Tanthracite ou de celle du lignite.
Substance qui s'allume et brûle avec facilité en donnant une flamme plus ou moins longue, une fumée noire et une odeur bitumineuse, fondant et se gonflant pendant la combustion de manière à ce que les morceaux se collent entre eux. Si on arrête la combustion, lorsque la houille cesse de flamber et si Ton opère sur des variétés qui ne contiennent pas de matières terreuses, on obtient un charbon dur, léger, celluleux, à éclat métallique, que Ton appelle coke. Donnant à la distillation des matières bitumineuses, de Feau, des gaz, souvent de l'ammoniaque. Les matières bitumineuses, soumises de leur côté à la distillation, donnent de la naphtaline.
Formant des couches, des amas, des rognons et des grains, à texture schistoïde, compacte, grenue ou terreuse.
Pesant de 1.256 à 1.410.
Couleur noire plus ou moins foncée, rarement brunâtre, quelquefois irisée, ordinairement luisante, quelquefois terne, toujours opaque.
La houille est très répandue dans la nature, sur-
sèche ou plus maigre que les houilles grasses ordinaires, et qui n'est ni de l'anthracite, ni du lignite ; mais la distinction entre ces trois espèces est déjà si difficile , et il y a tant de liaisons entre elles, qu'il me paraît préférable de ne pas augmenter les difficultés en introduisant une nouvelle subdivision , qui n'a pas, comme les trois autres, l'avantage de présenter des termes extrômcs nettement tranchés.
tout dans la partie supérieure des terrains hémilysiens, dont une division est appelée, pour cette raison, terrain houiller. 11 paraît qu'elle s'étend jusque dans les terrains tertiaires, quoique les combustibles que Ton trouve dans ces terrains soient plus communément des lignites que des houilles. Elle forme ordinairement des bancs étendus , intercalés entre des couches de schistes et de psammites; d'autres fois entre des roches calcareuses *, mais la houille de cette dernière catégorie est généralement moins grasse, c'est-à-dire moins collante que celle qui accompagne le schiste et le psammite.
La houille est une des substances minérales les plus utiles à l'homme; on s'en sert principalement comme combustible. On en retire aussi du gaz pour l'éclairage et du goudron pour enduire les objets exposés à l'humidité.
M. Regnault subdivise les houilles en quatre groupes, de la manière suivante : V les houilles grasses et dures j dont la composition se rapproche le plus de celle de l'anthracite^ et qui sont les plus estimées pour les travaux métallurgiques ; 2** les houilles grasses maréchales, qui sont les plus estimées pour la forge et contiennent un peu plus d'hydrogène que les précédentes; 3" les houilles à longues flammes^ qui sont recherchées pour la préparation des gaz et pour le chauffage : ce sont celles qui contiennent le plus d'hydrogène; telle est la houille de Mons, dont l'analyse est rapportée ci-dessus; 4° les houilles sèches à longues flammes, qui sont celles qui contiennent le plus d'oxigène et qui se rapprochent le plus des lignites.
114 UOCHKS CHARBONNEUSES.
ESPËCC 3«. UOMITS.
(ihaunkohle , jayet ^ pechkoMe , stangenkohle , erdkohle^ moorkohle, cendres noires , boû bitumineux.)
L'analyse d'un lignite d'Ellebogen en Boliôme a donné à M. Regnault 0.738 de carbone, 0.075 d'hydrogène , 0.120 d'oxigène, 0.018 de nitrogène , et 0.069 de cendres.
Substance qui s'allume et brûle facilement avec llamme, fumée noire, odeur bitumineuse, souvent fétide et sans boursouflement; laissant, lorsqu'elle a cessé de flamber , un charbon analogue à la braise et qui conserve la forme des fragments. Dégageant, par la distillation, du goudron, qui diffère de celui de la houille parce qu'il ne contient pas de naphtaline, et de Teau chargée d'acide acétique.
Présentant des couches, des amas,* des rognons, des grains, ainsi que des formes d'arbres, de fruits, etc. Texture compacte, terreuse, schistoide, fibreuse et organique végétale.
Pesanteur spécifique variant selon les variétés; celle du Jayet est de 1.26.
Couleur ordinairement brun-noirâtre, passant au noir, rarement au roussâtre, ayant toujours une teinte brune. Aspect quelquefois résineux (pechkohle)^ d'autres fois luisant, souvent terne.
Le lignite est très commun dans la nature , où i^ est souvent accompagné d'argile ; il s'en trouve à pei près dans tous les terrains neptuniens; mais il es principalement abondant dans les terrains tertiaires
C'est ensuite dans les terrains ammonéens que l'on en rencontre le plus.
Il est généralement employé comme combustible; plusieurs variétés sont en quelque manière confondues dans les arts avec la bouille sèche et avec Tanthracite. Lorsqu^il est assez dur et assez compacte pour prendre le poli et qu'il est d'un beau noir , on lui donne le nom de jayet , et on le taille pour faire des bijoux de deuil et d'autres ornements. On emploie dans la peinture, sous le nom de terre d'ombre de Cologne , un lignite terreux , qui donne une couleur brune noirâtre. D'autres variétés, ordinairement terreuses, sont employées à l'amendement des terres, soit après avoir été calcinées, et alors on les appelle c^ndre^ rouges, soit à leur état naturel-, et alors on les appelle cendres noires.
ESPÈCE 4e. TOUBBE.
L'analyse d'une tourbe d'un brun très foncé, de Vulcaire près d'Abbeville en Picardie, a donné à M. Regnault 0.570 de carbone, 0.056 d'hydrogène , 0.297 d'oxigène, 0.021 de nilrogène, 0.056 de cendres composées de carbonate calcique et d'argile.
Substance brûlant facilement avec ou sans flamme ; donnant une fumée analogue à celle des herbes sèches ou du tabac, et laissant une braise très légère. Donnant à la distillation de l'acide acétique, une matière huileuse et des gaz.
Formant des amas, quelquefois des couches et des nids, à texture compacte, terreuse^ végétale, ressemblant quelquefois à une espèce de feutre spongieux formé de fibres de végétaux.
fl6 ROCHES CHARBONJNEUSES.
Pesanleur spécifique variant selon la texture. Tendre et friable.
La tourbe est assez commune à la surface du globe, du moins dans les contrées septentrionales; elle y constitue des dépôts modernes qui se trouvent de préférence dans le fond des marais , ^es étangs ou des vallées humides^ et qui forment quelquefois, notamment en Hollande et dans la basse Allemagne, des lits intercalés dans des couches de sable. Cette substance se forme journellement dans les marais par la décomposition des plantes aquatiques, principalement des sphaigncs; aussi, est-elle toujours plus ou moins mélangée de plantes qui ont conservé une partie de leur organisation.
La tourbe est employée comme combustible; elle est d'une très grande ressource dans les contrées où le bois est rare; mais son odeur est cause qu'on lui préfère ce dernier, ainsi que les bonnes houilles. Ses cendres sont très recherchées dans l'agriculture pour développer la végétation des fourrages.