‹ Des roches considerees mineralogiquementChapitre 3 sur 18 · ESPÈCE 9«. P8AMM1TS · texte numérisé non relu

ESPÈCE 9«. P8AMM1TS

(Grès argileux^ grès des kouillières. On peut aussi y rapporter une grande partie des traumates de M. d'Aubuisson et des grauwackes des auteurs allemands ; mais il est à remarquer que ce dernier nom indique plutôt un terrain qu'une roche.)

Roche à base composée de grès et d'argile.

Formant des couches, des amas, peut-être des filons, à texture grésiforme ou schisto-grésiforme.

Tenace ou friable, quelquefois meuble.

Couleurs : rougeâtre, grisâtre, jaunâtre, verdâtre, brunâtre, noirâtre, blanchâtre, etc., unies ou bigarrées.

Le psammite est souvent micacé, d'autres fois charbonnetiXy mâclifère, etc.

Il est extrêmement abondant dans la nature, et se trouve dans tous les terrains neptuniens, surtout dans les terrains hémily siens et ammonéens.

On l'emploie comme pierre à bâtir, pierre à paver, pierre à aiguiser, etc.

ESPÈCE 10«. MACIONO. (Grès argilO'Calcarifère.)

Roche à base composée do grès, d'arj'ilc et de calcaire.

IG ROCHES QUARZEUSES.

Formant des couches et des amas à texture grésiforme, quelquefois schisto-grésiforme.

Tenace, friable ou meuble. On donne le nom de fnolasse au macigno friable; mais ce nom est souvent employé pour désigner une division de terrains tertiaires où le macigno est fort commun.

Couleurs : grisâtre, bleuâtre, verdâtre, jaunâtre,rougeâtre, etc., unies ou bigarrées.

Le macigno est souvent micacé, quelquefois char^ bonneux.

Il est très abondant dans la nature, et se trouve dans presque tous les terrains neptuniens, surtout dans les terrains tertiaires et ammonéens.

Il est employé comme pierre à bâtir, notamment on Toscane, en Suisse, etc.

ESPÈCE 11<. OOmHOUTS (*).

Roche à base composée d'une pâte de macigno, renfermant des fragments de diverses substances, principalement de quarz et de calcaire.

Formant des couches et des amas à texture ordinairement poudingiforme, quelquefois bréchifornie.

{*) Le gompholite esl, en général, compris dans les roches que les auieurs appellent poudingues , conglomérats , et plus spécialement dans celles que les Suisses nomment nageîfiuh. Les motifs énoncés à l'occasion du poudingue m'ont obligé de donner au gompholite une définition qui en exclut le gompholite monogénique de M. Brongniart, lequel n'est qu'un calcaire poudingiforme. D'après ma définition , le gompholite est au macigno ce que le poudingue est au psammite , et il ne diffère du poudingue que parce qu'il renferme essentiellement du calcaire , de même que le macigno ne diffère du psammite que parce qu'il renferme aussi du calcaire.

ROCHES QUARZEUSES. 17

Tenace, friable OU meuble.

Couleurs: brunâtre, rougeâtre, jaunâtre, grisâtre, etc., unies ou bigarrées.

Le gompholite est assez abondant dans la nature, et forme quelquefois des dépôts puissants, notamment dans la Suisse.

ESPÈCE 12e. AaSLOSS (*).

(Grès felspathique, grés avec kaolin ^ grautoaçke felspathique.)

Roche à base composée de quarz dominant et de felspath.

Formant des couches, des amas, des filons, peutêtre des masses non stratifiées, à texture grésifurme (arkose miliaire), bréchiforme, poudingiforme, granitoïde, porphyroïde (mimophyre quarzeux) et arénacée (sable felspathique).

Quelquefois tenace, souvent friable, d'autres fois meuble.

(*) L'arkose , telle que je la définis, est un peu diflFérenle de celle de M. BroDgniart; car ce savant, ayant établi une division pour les roches de cristallisation et une autre pour les roches d'agrégation c'est-à-dire à texture conglomérée , et ayant placé son arkose dans cette dernière , toutes les associations de quarz et de felspath dont la texture n'est pas conglomérée se trouvent exclues de son arkose. Or celte séparation n'ayant pas lieu dans ma méthode , il n'y a pas de motif pour que je ne considère pas comme arkose les mélanges de quarz dominant et de felspath, qui n'ont pas une texture conglomérée, marche qui me paraît d'autant plus avantageuse, qu'il est souvent très difficile de décider si certaine masse a été formée par voie de cristallisation , de précipitation immédiate ou de conglomération. Il résulte de cette manière de voir que le greisen contenant du felspath est pour moi une arkose micacée à texture granitoïde, et que la pegmalite devient une afkose quand le felspath , cessant d'être dominant, est moins abondant que le quarz.

18 ROCHES QUARZEUSE8.

Couleurs : grisâtre, rougeâtre, blanchâtre , verdâtre, etc.

Varkose est souvent micacée, et alors elle ne dîf-* fère du granité que parce que le quarz est dominant : aussi l'a-t-on quelquefois appelée granité recomposé.

L'arkose est très commune dans la nature, et se trouve dans un grand nombre de lieux et de terrains; elle est surtout fréquente dans le voisinage des terrains agaly siens; ou plutôt elle fait ordinairement Te passage entre le terrain granitique et les autres dépôts. Elle renferme beaucoup de minéraux d'espèces différentes, notamment des métaux. On l'emploie dans les constructions lorsqu'elle est assez tenace.

2« ORDRE. — ROCHES SILICATÉES.

Substances dont Télément principal est un minéral du genre des silicates.'

Les noms de schistes et de roches schisteuses ont souvent été employés pour indiquer toutes les matières minérales douées de la texture que nous désignons par l'épithète de schistdide; et, quoique l'on ait cherché à les restreindre à des substances d'une nature particulière, on n'est pas encore parvenu à les rapporter à un type minéralogique. On pourrait dire même que l'espèce schiste n'est encore limitée que par des caractères négatifs plus ou moins empiriques, car celte espèce se compose pour ainsi dire de tous

les silicates d'alumine qui ne se rattachent pas à une espèce minérale connue, et qui ne se délaient pas dans l'eau. Onconsidère, à la vérité, la texture schistoïde comme un caractère général des roches schisteuses; mais si Ton voulait voir dans ce caractère un motif d'exclusion pour les substances qui n'ont point cette texture, on serait forcé d'éliminer de ce genre des matières qui ont tout à fait la même composition et les mêmes gisements que les roches schisteuses schistoïdes, et qui, quoique beaucoup moins abondantes que celles-ci, méritent aussi d'être admises dans la série des roches (*).

ESPÈCE ^*. 8CHZ8TS (**).

Les schistes sont des roches qui n'ont pas de type minéralogique bien déterminé, et qui paraissent être

{*) Les roches schisteuses et argileuses étant , pour ainsi dire , ce qui est resté des roches silicatées lorsque Ton en a pris tout ce qui se rapporte à un type minéralogique déterminé , leur place scientifique eût été à la fin de ces roches ; j'ai cru cependant devoir les placer à la tète , piarce que , d'un côté , c'est avec les roches quarzeuses que les roches schisteuses et argileuses ont leurs plus grandes liaisons naturelles, etque, d'un autre côté, les plus grandes affinités minéralogiques des argiles et des schistes sont avec les silicates aluminiques qui , dans ma méthode minéralogique , se trouvent placés à peu près en tête des autres silicates.

(**) D'après mes principes de classification, les phyllades de M. Brongniarl rentrent dans mon espèce schiste, et je ferai remarquera ce sujet que ce mode de subdivision en schiste et en phyllade n'avance pas la connaissance de ces matières, parce que toutes les variétés , ou du moins presque toutes les variétés principales du schiste de M. Brongniart , se reproduisent comme base dans ses phyllades. Du reste , la plupart des variétés comprises dans -l'espèce schiste de M. Bron-

le résultai du mélange de plusieurs silicates, surtout de silicates d*aluinine. En attendant qu'on puisse les diviser d'une manière rationnelle^ nous y établirons quatre sous-espèces de la manière suivante :

1'* 80U8-ESPt;cE. SCHISTE proprement dit.

{Schiiius fragilité schiste argileux de M. Brongniart , schiste ordinaire de M. Corel ier.)

Roche à base d'apparence simple, principalement composée de divers silicates d'alumine; fusible au chalumeau ; perdant ordinairement sa cohérence par Texposition aux influences météoriques, et se transformant en argile, c'est-à-dire en une terre faisant pâte avec l'eau.

Formant des couches à texture ordinairement schisto-compacte, à feuillets communément droits, non susceptibles d'une division indéfinie, mais donnant souvent de petits polyèdres terminés par des faces qui ne présentent aucun indice de division ultérieure; oflrant quelquefois, mais très rarement^ la texture compacte et la cassure droite sans apparence de division feuilletée.

Ordinairement tendre, mais devenant dure par son passage aux roches quarzeuses.

Souvent terne, quelquefois luisante. Couleurs : gri-

gniart me semblent avoir plus de droit à figurer comme espèces particulières que plusieurs autres substances admises en cette qualité dans le tableau des roches. Je me suis cependant borné* à les porter ici comme dessous-espèces, voulant , ainsi que je l'ai déjà dit, éviter, autant que possible, de créer des espèces nouvelles.

ôâlre, bruqAtre, rougeâtre, verdâtre, jaunâtre, etc., unies oji bigarrées.

On appelle schiste pailleté celui qui renferme des paillettes de mica, et ce cas a très souvent lieu;/errifère^ celui qui contient de l'oligiste ou de U limonite en quantité considérable, carie schiste con,tient toujours, ou presque toujours, uo peu de fer; bituminifêre^ celui qui renferme des matières charbonneuses ou bitumineuses : il est ordinairement de couleur noire, et ressemble extérieurement à la houille schistoïde; mâclifèrej celui qui renferme des cristaux de la variété d'andalousite nommée mâcle.

Le schiste est très abondant dans la nature, surtout dans les terrains houiller et anthraxifère.

Page 1