SOUS-ESPÈCE. ARDOISE
(Schiste tégulaire et tabulaire , partie du tonêchiefer , phyllade de M. Cordier.)
Roche à base d'apparence simple, dont la composition se rapproche plus ou moins du résultat suivant, donné à M. d'Âubuisson par l'analyse d'une ardoise d'Angers, savoir : 0.486 de silice, 0.235 d'alumine, 0.il3 d'oxide de fer, 0.016 de magnésie, 0.047 de potasse et 0.076 d'eau. Fusible en émail buUeux; résistant ordinairement pendant longtemps aux influences météoriques , et se transformant à la long^ie en une terre onctueuse qui ne fait point pâte avec l'eau.
Formant des couches à texture schisto-compacte, ordinairement susceptibles de donner des feuillets d'une grande dimension et de se diviser d'une manière presque indéfinie. La cassure manifeste souvent la di-
vision schistoide jusque dans les fragments les plus minces.
Fréquemment assez dure pour recevoir la trace d'une lame de cuivre.
Éclat ordinairement terne, quelquefois luisant.
Couleurs : souvent gris bleuâtre , mafs quelquefois rougeâtre, verdâtre, jaunâtre.
On appelle ardoise pailletée, celle qui renferme des paillettes de mica; ferrifère, celle qui renferme de Toligiste; mâclifère, celle qui contient de la mâcle; staurotique, celle qui renferme de la staurotidejporp/ii/roïcfe, celle qui renferme des cristaux de felspath, etc.
L'ardoise est assez commune dans la nature, surtout dans les terrains liémiljsiens dont nous avons nommé un groupe terrain ardoisier.
Elle est employée à couvrir les toits, à faire des tables, des planches à écrire et des pierres à bâtir ; mais elle est peu convenable pour cette dernière destination, parce qu'elle ne prend pas bien le mortier.
3« sous-ÈSPÊcE. COTICULE.
{Novaculiiey pierre à roeoir, pierre à lancettes, wetxschiefer, etc)
Roche d'apparence simple, dont l'analyse a donné à M. Faraday, 0.743 de silice, 0.153 d'alumine, 0.093 d'oxide de fer et 0.033 d'eau; fusible en émail brun un peu boursouflé.
Formant des bancs, quelquefois des filons et des veines. Texture schisto-compacte; présentant quelquefois des feuillets épais qui paraissent tout à fait compactes et à cassure cônchoïde.
Se laissant entamer par une pointe de fer, mais cependant usant ce métal et même l'acier.
Couleurs : jaunâtre, verdâtre, bleuâtre.
Le coticule se trouve principalement dans le terrain ardoisier; on l'exploite à Salm-Château en Ardenne, à Altenau et à Zorge au Harz, à Seifendorf en Saxe, à Lauenstein près de Bayreuth, en Bohême, dans le Levant, etc.
On le recherche pour aiguiser les canifs, etc. Les pierres à rasoir sont ordinairement des parallélipipèdes taillés de manière que la partie inférieure soit composée de l'ardoise dans laquelle le coticule forme des veines. Il est à remarquer que dans ces pierres la division en feuillets se prolonge indistinctement du coticule jaune dans l'ardoise brune sans que le changement de couleur, et probablement de nature, se fasse sentir dans la direction des joints.
4« SOUS-ESPÈCE. SCHISTE HAPPANT ou ELEBSCHIEFER (♦).
Roche à base d'apparence simple, dont l'analyse a donné à M. Bucholz 0.58 de silice, 0.05 d'alumine,
{*) Le klebschiefer pandt être principalement composé de magnésite , de sorte que sa véritable place serait dans le genre des roches talciques ; mais tant que cette matière ne sera pas mieux connue , je crois devoir la laisser avec les silicates d'alumine. MM. Brongniart et Cordier le désignent par le nom é^argih feuilletée; mais, comme il ne se délaie et ne fait p&te dans Teau que quand il est mélangé de marne, il me paraît qu'il doit plutôt se ranger parmi les schistes que parmi les argiles ; car si l'on voulait prendre pour type les variétés qui font pâte avec Peau , on devrait les ranger dans les marnes et non dans les argiles proprement dites.
0.07 de magnésie, 0.02 de chaux, 0.09 d'oxîde de Ter et de manganèse et 0.19 d*eau.
Happantàlalangueavecextrëmementde force, etabsorbantTeauavec sifflement lorsqu'elle est desséchée.
Formant des bancs à texture schîstoide, qui se divisent en feuillets extrêmement minces et ressemblant à du gros papier.
Pesant 2.08. Très tendre, onctueuse lorsqu'elle est humectée, mais rude au toucher lorsqu'elle est desséchée.
Aspect terne; couleur grisâtre, passant au brunâtre et au blanchâtre.
Le klebschiefer se trouve dans les terrains nymphcens des environs de Paris, où il sert de gangue au résinite ménilite.
ESPËCE2». AMPÉUTS.
Roche d'apparence simple, qui est principalement composée de silicates d'alumine et de carbone. Changeant de couleur par faction du chalumeau, se couvrant quelquefois d'un léger vernis vitreux, mais en général infusible.
On peut la diviser en deux sous-espèces très distinctes.
{Ampélite aîumineux^ ichistus aluminarU^ schiste aluminifèrey alaunschiefer^ aîaunerde.)
1" S0US-E8PÈCE. AMPÉLITE ALUNIFÈRE (*).
aîumineuXy ichistus aluminaris^ schiste aluminif schiefer^ aîaunerde.)
Roche à base d'apparence simple^ qui contient
(*) l/épithèle ô^alunifére est défeclueiise, parce que cette substance
toujours, outre les silicates d'alumine et- le carbone, du soufre et du fer dans un état de combinaison encore indéterminé , Klaproth ayant émis Topinion que ces deux corps «'étaient pas à l'état de sulfure ferrique, ainsi qu'on le croit communément. Se décomposant par les influences météoriques plus facilement encore que le schiste argileux , et se couvrant d'ef&orescences composées de sulfates de fer et d'alumine; devenant rouge par la calcination.
Formant des couches à texture schisto-compacte, quelquefois terreuse.
Éclat souvent terne, quelquefois luisant; couleur d'un noir bleuâtre ou grisâtre.
L'ampélite alunifère se trouve principalement dans le terrain houiller.
On l'exploite dans beaucoup de localités pour la préparation de l'alun, notamment en Saxe, dans le pays de Liège, en Auvergne, dans le pays de Sarrebruck,en Angleterre, en Scandinavie, etc.
2e SOUS-ESPÈCE. AMPÉLITE GRAPHIQUE.
(Schiste graphique j zeiehensehiefer y pierre d'Italie, crayon des charpentiers y crayon noir,)
Roche à base d'apparence simple, dont l'analyse
ne renferme pas d'alun , mais seulement les éléments de ce sel , qui se forme au moyen de décompositions et de nouvelles combinaisons ; cependant j'ai cru devoir l'employer, parce qu'elle a en sa faveur Tautorité d'Haûy, et qu'elle me parait préférable à celle d'alumineux, qui, dans l'état actuel de nos nomenclatures, n'annonce pas la présence de l'alun , mais bien celle de l'alumine , caractère commun à toutes les roches schisteuses.
a donné à Wieglieb, 0.641 de silice, 0.110 d'alumine, 0.110 de carbone, 0.027 de fer el 0.072 d'eau; devenant blanchâlre, jaunâtre ou rougeâtre par l'action du feu-, se couvrant quelquefois d'efflorescencea de sulfates de fer et d'alumine.
Formant des couches à texture schisto-compacte.
Pesant 2.11. Laissant des traces sur la plupart des autres corps, et notamment sur le papier.
Éclat terne; couleur d'un noir grisâtre.
L'ampélite graphique paraît se trouver principalement dans les terrains métamorphiques; on l'exploite en Italie, à Morillaen Espagne, dans la haute Franconie, dans le Colentin , etc. On en fait des crayons qui servent aux ouvriers et même aux dessinateurs; on l'emploie aussi en peinture.
ESPÈCE 5«. POaCELLAmTE.
(Thermantide, jaspe porcelaine.)
Roche à base d'apparence simple, dont l'analyse a donné à M. Rose 0.608 de silice, 0.273 d'alumine, 0.030 de chaux, 0.037 de potasse et 0.025 d'oxide de fer.
Quelquefois fusible au chalumeau, quelquefois infusible.
Formant des couches à texture schisto-compacte , avec des feuillets parfois très épais; alors la cassure est imparfaitement conchoïde, moins dure que le quarz^ mais plus dure que les schistes.
Éclat luisant; couleur rouge de brique, grise, jaunâtre, quelquefois rubanée.
La porcellanile se trouve principalcnient dans les
lieux où il y a eu des incendies de houille, d'où Ton croit qu'elle provient de schistes argileux qui ont été brûlés par ces incendies.
ESPÈCE 4«. PSiPHXTS.
Roche conglonoérée, composée d'une pâle schis* teuse^ renfermant des fragments de diverse nature, mais le plus communément schisteux.
Formant des couches, des amas et des filons, à texture poudingiforme et bréchiforme.
Souvent friable, quelquefois meuble ou tenace.
Couleur ordinairement rougeâtre ou verdâlre , souvent tachetée.
Les pséphites accompagnent fréquemment les poudingues, avec lesquels ils se lient intimement, ainsi qu'avec les porphyres rouges. Le pséphite rouge se trouve principalement dans la partie inférieure des terrains pénéens. Le pséphite verdâtre se rencontre plus souvent dans les terrains hémilysiens.
ESPÈCE 5». CAUICHIBTE.
{Schiste calcarifère (*).)
Roche à base composée de calcaire et de schiste
(*) M. Brongniart semble n'admettre dans son espèce calschiste quo des roches où le schiste et le calcaire peuvent se distinguer à la vuo simple : il m'a paru préférable d'y ajouter celles où le mélange de ces deux éléments est intime, ce qui permet de retirer de l'espèce schiste toutes les roches faisant effervescence dans les acides , et donne uno délimitation plus rationnelle entre ces deux espèces.
qui soiil quelquefois dislincts, d'autres fois unis mtimemeni. Faisant eflervescence dans l'acide nitrique^ mais ne s'y dissolvant qu'en partie.
Formant des couches à texture généralement schistoîde, souvent schisto-compacte, quelquefois schistoamygdaloïde; alors la pâte est schisteuse et les noyaux calcaires : d'autres fois la pâte schisteuse est traversée par des veines nombreuses et parallèles de calcaire. Présentant quelquefois de grands feuillets semblables extérieurement à ceux de l'ardoise; tel est le calschiste légulaire de Lavagna en Ligurie.
Cohérente (*); dureté analogue à celle du schiste.
Couleurs : bleuâtre, grisâtre, rougeâtre, verdâtre, souvent unies, quelquefois veinée ou tachetée de blanc.
Le calschiste est parfois bituminifère ( schiste mamO'bitumineux ^ mergelschiefer), et alors il est souvent noirâtre ou brun. Le calschiste bituminifère est quelquefois mélangé de chaikopyrite au point qu'on l'exploite en Thuringe, comme minerai de cuivre, sous le nom de kupferschiefer.
Le calschiste est assez abondant dans la nature, et y forme souvent le passage entre les schistes et le calcaire. Il y en a notamment beaucoup dans les Alpes, et dans les Apennins.
On donne le nom d'argile à des matières qui ,
(*) On peut regarder Tétat cohérent comme une propriété du calschiste, parce que quand cette substance devient meuble, elle appartient à l*esi)èce marne.
x^OTYime les roches schisteuses ^ ne se rapportent pas à un type minéralogique déterminé, qui paraissent être aussi des mélanges de plusieurs silicates d'alumine, et qui ne diffèrent, en quelque manière, des schistes que parce qu'elles jouissent, pour la plupart, de la propriété de se délayer dans l'eau. Il est probable qu'il y a de ces matières qui , mieux étudiées , formeront de nouvelles espèces minérales, ou pourront être rapportées à des espèces déjà reconnues. Il y a aussi de ces espèces qui pourraient être admises à figurer dans la série des roches, telles sont la collyritCf V halloysite y Vallophane, car elles se trouvent quelquefois en masses assez considérables dans les liions.
ESPÈCE l'«. KAOUir.
(Terre à porcelaine , felspaih argiliforme.)
Roche à base d'apparence simple, dont la composition est assez variable. Une analyse a donné à M. Rose 0.520 de silice, 0.470 d'alumine, 0.003 d'oxide de fer; mais d'autres analyses annoncent des proportions différentes, ainsi que la présence d'un peu de potasse, qui doit être considérée comme appartenant à du felspath que l'on n'a pu séparer; car le kaolin renferme presque toujours du felspath , du quarz et quelquefois du mica.
Infusible au chalumeau. Faisant difficilement pâte avec l'eau. Happant légèrement à la langue.
Formant des amas ou des filons à texture ordinairement terreuse, quelquefois grenue ou compacte.
Pesant 2.21. Ordinairement meuble^ quelquefois friable; presque rude au toucher.
Couleurs : blanche, quel(|uefois jaunâtre, grisâtre verdâtre ou rougeàtre.
Le kaolin se trouve principalement dans le terrain granitique, surtout dans le voisinage des pegmatites, roches qui paraissent lui avoir donné, naissance en éprouvant une certaine décomposition ou altération. On en trouve aussi dans le gneiss et dans le terrain porpliyrique
11 est employé pour la fabrication de la porcelaine. Le meilleur est celui de la Chine. On en exploite aussi dans plusieurs localités de l'Europe, notamment près de Meissen en Saxe et à Saint-Yrieix près de Limoges.
ESPÈCK 2«. SMECTXTS (*).
(argile smectique , terre à foulon , walkererde , fullersearth.)
Roche à base d'apparence simple, dont la composition est très variable. L'analyse de celle de Riegate, dans le comté de Surrey, a donné à Klaproth 0.530 de silice, 0.100 d'alumine, 0.097 d'oxide ferrique, 0.240 d'eau, 0.012 de magnésie, 0.005 de chaux, 0.001 de selmarin et des traces de potasse. Fusible au chalumeau; se délayant avec focilité dans l'eau; lui donnant une apparence savonneuse et la propriété de dégraisser les étoffes, mais ne faisant qu'une pâte courte, c'est-à-dire très peu ductile.
(*) Presque toutes les variétés qui formaient l'ancienne espèce argile de M. Brongniart ayant été élevées au rang d'espèces, j'ai cru devoir suivre la marche des auteurs qui en font de m<ôme pour son argile smectite, qui me paraît y avoir autant de titres que les antres matières argileuses.
Formant des bancs, des amas, des liions à texture terreuse, quelquefois compacte ou grenue, à cassure raboteuse.
Ordinairement meuble ou friable; présentant quelquefois des noyaux fragiles; tendre, onctueuse au toucher.
Aspect terne; couleurs : grisâtre, jaunâtre, verdâtre, rougeâtre, brunâtre.
La smectite se trouve dans plusieurs terrains neptuniens, mais principalement dans la partie inférieure du terrain crétacé. On en trouve dans plusieurs localités de l'Angleterre , de la Belgique, de la Silésie, etc. Elle est employée dans les fouleries pour dégraisser et donner le lustre aux draps et aux autres étoffes de laine.
ESPÈCE 5«. AROUiE.
(argile plastique y terre de pipe , terre à pot , terre glaise,)
Roche à base d'apparence simple, composée de silice, d'alumine et d'eau dans des proportions très variables, et souvent accompagnées d'oxide de fer et d'autres matières. L'analyse de l'argile de Forges, en Normandie, a donné à M. Yauquelin 0.63 de silice, 0.16 d'alumine, 0.08 d'oxide de fer, 0.01 de chaux et 0.10 d'eau.
Faisant avec l'eau une pâte tenace qui conserve les formes qu'on lui imprime, et qui, par l'action du feu, devient dure, fragile, rude au toucher, et perd la faculté de faire une pâte avec l'eau.
Formant des couches , des amas et des fdons à
texture terreuse, quelquefois compacte^ grenue ou schistoîde.
Ordinairement friable ou meuble quand elle est sèche, molle quand elle est mouillée.
Couleurs très variées : blanche, grisâtre, noirâtre, brunâtre, rougeâtre, jaunâtre, verdâtre, bleuâtre, unies ou bigarrées.
Vargile est souvent sableuse; d'autres fois elle est micacée, charbonneuse^ sali/ère^ c'est-à-dire imprégnée de se\m2ir\n y ferrugineuse f c'est-à-dire mélangée de limonite ou d'oligiste ; mais il serait trop long de faire rénumération de toutes les associations de ce genre que présente cette substance.
Elle se trouve en général dans tous les terrains neptuniens, en dépôts plus ou moins puissants. On l'emploie à faire diverses espèces de poteries, des briques, etc.
ESPÈCE 4«. UMON (*).
(Lehm^ souvent confondu avec Vargile et la terre végétale,)
Roche à base d'apparence simple, composée, comme dans les deux espèces précédentes, de silice, d'alumine et d'eau dans des proportions très variables et ordinairement mélangées d'autres matières. Se dé-
(*) Le limon ne figure pas dans la série des roches de M. Brongniart ni dans mes premières éditions; mais j'ai cru devoir Ty introduire, d'après les observations de M. Dumont : car cette matière , qui a une grande importance géognostique et agricole, ne doit pas rester confondue avec l'argile proprement dite, dont le caractère prnicipal est de faire une pâte collante avec l'eau.
layant facilement dans Teau mais sans faire paie lorsqu'elle n'est pas mélangée d'argile ; formant des couches et des amas ordinairement superficiels à l'état meuble ou friable.
Couleur communément jaune - brunâtre , mais sujette à varier.
Le limon est quelquefois sableux, argileux, ferrU" ginetut, marneux j selon qu'il est mélangé de sable, d'argile, de limonit.e, d'oligiste, de calcaire.
Il est très abondant dans les vallées et dans les plaines basses. Il est très favorable pour la culture, et forme la base des meilleures terres végétales. Le limon argileux est employé à faire des cloisons, à fixer le chaume sur les toits et même à faire des briques.
ESPÈCE s». BÉABSrsn.
{Mergel , argile calcarifire , marL)
Roche à base d'apparence simple, composée d'argile et de calcaire dans des proportions très variables ;
(*) J'ai cru devoir modifier un peu les caractères de l'espèce marne tels qu'ils sont donnés dans les ouvrages systématiques, en la restreignant aux matières qui se délaient dans l'eau , ce qui se rapporte davantage à l'usage général et rend la délimitation de l'espèce plus facile , puisque tous les mélanges d'argile et de calcaire qui ne se délaient pas dans l'eau sont, d'après ce principe, des calcaires argileux ou des calschistes , et non pas de la marne. Du reste , l'établissement d'une espèce marne ne me parait pas très nécessaire, car on pourrait tout aussi bien dire calcaire argileux et argile calcarifère^ que marne calcaire et marne argileme. Cette marche présenterait l'avantage de laisser exclusivement le nom de marne au langage industriel , qui rapplique à diverses roches qui servent à l'amendement des terres, et qui sont loin d'appartenir toutes à l'espèce marne des minéralogistes ,
d'où on la divise en marne calcaire et argileuse ^ selon que l'un ou Tautre principe est dominant; d'autres fois elle est sableuse^ c'est-à-dire mélangée de sable.
Faisant effervescence dans l'acide nitrique , mais ne s'y dissolvant qu'en partie; se délayant dans l'eau ; faisant quelquefois une pâte plastique, et d'autres fois ne le faisant pas.
Formant des couches, des amas et des filons à lexture compacte, terreuse ou grenue.
puisque, outre ces dernières, Tagriculture emploie aussi, sous le nom de marne , des calcaires purs , des calcaires sableux et des dolomies. De cette manière , la marne serait une dénomination purement technique ; et, de. même que le mot marbre indique une roche calcareuse susceptible de poli , le mot marne indiquerait aussi une roche calcarifère susceptible d'être employée à Tamendement des terres.
La suppression de l'espèce marne aurait encore Favantage de rendre plus facile la distribution en genres , à laquelle cette espèce se prête difficilement ; car , tandis que la marne calcaire appartient au genre caîcareuxy la marne argileuse appartient au genre argileux; de sorle quMl y a, sous le rapport de la composition , autant de raison pour mettre l'espèce marne dans Tun que dans Tautre de ces genres. Â la vérité, on pourrait dire qu'en envisageant la marne sous le rapport industriel, elle devrait être rangée dans le genre calcareux, puisque les substances employées à l'amendement des terres contiennent plus de calcaire que d'argile; mais, d'un autre côté, on peut dire qu'en envisageant la chose sous le rapport minéralogique, la marne, telle que je l'ai limitée, appartient plutôt à la famille de l'argile qu'à celle du calcaire, puisqu'elle partage avec l'argile la propriété de se délayer dans l'eau. Il est aussi une autre considération qui m'a déterminé à placer la marne dans le genre argileux: c'est que, donnant, avec M, Brongniart et plusieurs autres géologues , le nom de marnes à des dépôts que les Anglais nomment argile {clay)^ et ces dépôts étant les gîtes de marne les plus importants sous le rapport scientifique , il m'a paru avantageux d'adopter une classification qui corrigeait, jusqu'à un certain point, cette discordance de nomenclature, puisqu'elle me mettait dans le cas d'appeler roches argileuses les dépôts dont il s'agit, tout en leur conservant la dénomination spécifique de marne.
Tendre , friable -, happant à la langue.
Aspect terne ; couleurs : blanche, grise, bleuâtre, verdâtre, jaunâtre, rougeâtre, brunâtre, noirâtre, unies et bigarrées.
Les marnes sont très abondantes dans la nature, et se trouvent à peu près dans tous les terrains neptuniens. Elles forment quelquefois, à elles seules, des dépôts considérables.
On les emploie pour l'amendement des terres, et les plus argileuses servent à la fabrication des potelées.
ESPÈCE 6«. OCBE.
(Gelberde.)
Roche à base d'apparence simple , composée d'argile et de limonite dans des proportions très variables. L'analyse de l'ocre jaune de Pourrain a donné à M. Berthier 0.800 d'argile, 0.800 d'argile, 0.120 d'oxide ferrique et 0.076 d'eau.
Prenant par la calcination une couleur rouge ; se délayant assez communément dans l'eau; faisant rarement une pâte plastique; happant à la langue.
Formant des couches, des amas et des liions à texture terreuse; quelquefois compacte ou grenue.
Meuble ou friable; souvent douce au toucher.
Aspect terne; présentant diverses nuances de jaune et de brun (*).
(*) On distingue ordinairement les ocres en ocre jaune, ocre brun et ocre rouge ; mais ce dernier a une composition différente des deux autres, puisque , au lieu d'être composé d'argile et de limonite, il est
L'ocre se trouve dans plusieurs terrains. Les principales exploitations connues appartiennent aux terrains ammonéens : telles sont celles de Pourrain près d'Auxerre, de Bitry près de Nevers, de Saint-Georgesle-Pré près de Vierzon, de Mortagne près de Bourges, etc.
L'ocre est employé en peinture, soit tel qu'il se trouve dans la nature, soit après avoir été calciné, ce qui lui donne, comme on l'a vu ci-dessus, une couleur rouge plus ou moins foncée. La variété dite terre de Sienne est très recherchée à cause de sa flnesse et de la beauté de ses teintes, qui sont d'un brun jaunâtre dans l'état naturel, et d'un brun orangé après la calcination,
ESPÈCE 7«. SASTGUINX {%
(Ocre rouge ^ hoh ^ crayon rouge,)
Roche à base composée d'argile et d'oligiste dans des proportions très variables.
composé d'argile et d'oligisle. Cette circonstance m'a paru commander la division en deux espèces , dont chacune se rapporte à l'une de ces compositions; mais je ne voudrais pas assurer que toutes les matières de couleur rouge dussent être rejetées de l'espèce ocre telle que je viens de la définir , car on sait qu'une très petite quantité d^oxide rouge de fer suffit pour colorer une quantité considérable de matière jaune ; de sorte qu'il serait très possible qu'il y eût des ocres plus ou moins rouges dans lesquelles la quantité de limonite l'emportât sur celle d'oligiste.
(*) J'ai fait connaître dans la note précédente les motifs qui me portent à faire de la roche composée d'argile et d'oligiste une espèce différente de celle composée d'argile et de limonite. Or, en partant de
Se délayant quelquefois dans Teau, et d'autres fois ne s'y délayant pas; ne faisant pas de pâte plastique.
Formant des bancs, des amas, des filons et des nids à texture compacte ou terreuse, quelquefois grenue.
Tenace, friable ou meuble; écrivante.
Couleur rouge, variant du rouge de brique au rouge brunâtre.
La sanguine parait se trouver principalement dans les terrains hémilysiens intercalée dans des schistes. On l'exploite en Hesse , en Thuringe , en Lusace, en Sibérie , etc.
On s'en sert comme crayon , soit pour tracer les ouvrages grossiers, soit pour les dessins soignés; mais la manière dont ces crayons tachent les doigts est cause que l'on préfère maintenant ceux de couleur noire.
On a aussi employé en médecine , sous les noms de bols, terre d'Arménie , terre de Lemnos , terre sigillée, des matières qui paraissent appartenir à cette espèce.
ce principe, il était plus naturel de donner à cette espèce le nom de sanguine, employé dans les arts pour désigner le crayon rouge, plutôt que celui d'ocre rouge , qui a non-seulement le défaut de ne pas être univoque , mais qui a aussi celui de confondre l'ocre calciné avec la sanguine naturelle , et qui pourrait, être inexact si ou reconnaissait qu'il existe des mélanges d^argile et de limonite colorés en rouge.
Je ferai remarquer aussi que ce n^est qu'avec doute, et pour ne point séparer les deux espèces d'ocrés, que j'ai placé la sanguine dans le genre argileux , car il se pourrait que cette substance appartînt plutôt au genre ferrugineux. C'est là une question qui pourra se résoudra lorsqu'on possédera des analyses des variétés de sanguine les ngiieux prononcées.
On fait encore usage de ces matières dans la composition de la tbériaque. On a aussi rapporté à celte espèce la terre de Bucaros en Portugal, avec laquelle on fait des poteries légères que Ton dit communiquer un goût agréable à l'eau que Ton y renferme.
Se GENRE. — ROCHES FELSPATHIQUES.
Les minéraux du groupe des felspath entrent dans la composition d'une grande quantité de roches, où ils sont mélangés entre eux ou avec d'autres substances; et, quoique plusieurs de ces derniers mélanges soient ordinairement rangés dans les genres qui tirent leur dénomination de ces substances étrangères, il reste un très grand nombre d'espèces que l'on est dans l'habitude de rapporter aux types feispathiques. Or, tout en convenant que la science n'est pas encore assez avancée pour pouvoir faire maintenant une bonne subdivision de ce groupe, nous avons pensé qu'il arriverait probablement un jour où Ton pourrait distinguer ces matières par la présence respective de la potasse, de la soude ou de la chaux, ou , pour parler plus exactement , par la prédominance habituelle de l'un de ces trois alcalis sur les deux au< très. Nous avons cru, en conséquence, pouvoir les subdiviser en trois genres fondés sur cette considération, et, comme l'orthose ou felspath proprement dit, l'albite ou cleavelandite, et le labradorite, sont respectivement les plus importants des minéraux composés de silicates d'alumine et de potasse, de silicates d'alumine et de soude, de silicates d'alumine et de chaux , nous désignons ces trois genres par les
ROCHES FELSPATHIQUES. 39
dénominations de roches felspathiqueSj^albitiques et labradoriques. Toutefois, pour que ce point de vue théorique ne soit pas une nouvelle cause de confusion dans cette partie déjà si obscure de la science , nous avons laissé les espèces telles qu'elles ont été établies par d'autres auteurs, en nous bornant à les distribuer dans nos trois genres. Mais la plupart de ces espèces ayant été établies sur des caractères extérieurs , et le nombre d'analyses chimiques que l'en possède étant extrêmement borné, on ne doit voir dans cette répartition qu'un arrangement provisoire, fait pour attendre le moment où la nature des roches dont il s'agit sera mieux connue.
ESPÈCE !'•* (Orihose lamellaire^ ^riïe àeVharmophanite de M. Gordier.)
Les roches composées de feispath cristallin associé^ avec d'autres minéraux , et celles à bases de feispath non cristallin , étant désignées par des noms particuliers, on pourrait, à la rigueur, se dispenser d'inscrire ce nom dans la série des roches, parce que le feispath cristallin , quoique très abondant dans la nature, forme rarement à lui seul des masses assez considérables pour être assimilées aux véritables roches. Nous le rappelons cependant ici , pour indiquer que le mot feispath, employé comme dénomination de roches, ne doit s'entendre que du feispath à texture cristalline, et que cette matière parait n'exister que comme accident de composition dans les pegmatiteset les granités.
40 ROCHES FELSPATHIQUES.
ESPÈCE 2«. VXOBIATITE.
Roche à base composée de felspath lamellaire dominant et de quarz.
On donne le nom depegmatite graphique {schrifft granit) à celle dans laquelle le quarz est comme fiché dans le felspath où il forme des lignes brisées qui donnent ridée de l'écriture hébraïque. D'autres fois le quarz ne forme que des grains dans le felspath , et alors on donne à la roche le nom de petunizé.
La couleur du felspath est souvent blanchâtre , et celle du quarz grise. D'autres fois le felspath est rougeâtre ou brunâtre.
La pegmatite se trouve dans le terrain granitique en filons et en amas, peut-être en masses non stratifiées. Elle renferme un grand nombre de niinéraux disséminés. C'est à sa décomposition que l'on attribue l'origine du kaolin.
Le petuntzé est employé pour faire la couverte ou vernis de la porcelaine.
ESPÈCE 3«. GBAmrs.
Roche à base phanérogène, composée de felspath laminaire, de quarz et de mica, à éléments à peu près également disséminés, ou à felspath dominant ; car, quand le quarz devient dominant, la roche passe à l'arkose; et si c'est le mica qui devient dominant, la roche passe au gneiss et au micaschiste.
Formant des masses non stratifiées, des filons, des amas , des blocs , peut-être des couches à texture granitoïde. Cependant le felspath forme quelquefois
ROCHES FELSPATHIQUES. 41
des cristaux plus volumineux que les autres éléments, et lalors on dit que la texture est porphyroïde.
Le felspath est souvent blanc, le quarz gris et le mica noir, et alors on dit que le granité est gris; d'autres fois le felspath est rouge , et l'on dit que le granité est rouge.
Cette roche est très abondante dans la nature, et forme presque à elle seule le terrain que nous appelons granitique. Il renferme une grande quantité de minéraux, soit à l'état de dissémination, soit à celui de filon.
Le granité est employé comme pierre de construction et de décoration. Il prend un beau poli, et l'étendue de ses masses permet d'y tailler des blocs qui n'ont d'autres limites que les forces que Thomme peut employer pour les déplacer. .
ESPÈCE 4e. STÉNXTB.
( Granitel , granité amphibolique, )
Roches à base phanérogène, composée de felspath laminaire et de hornblende.
Formant des masses non stratifiées, des amas, des filons à texture granitoïde. Quelquefois, cependant, le felspath forme des cristaux plus volumineux que les autres éléments, et alors on dit que la texture est porphyroïde; d'autres fois elle devient schistoïde, mais alors la roche passe souvent au diorite.
Le felspath de la syénite est ordinairement, comme celui du granité, blanc ou rougeâtre, et la hornblende d'un vert foncé.
42 ROCHES FELSPATHIQUES.
La syénite renferme une grande quantité de minéraux, et parmi ceux qui s'y trouvent avec le plus de constance, il faut citer en premier lieu le quarz et le mica, qui s'y trouvent souvent réunis, et forment ce qu'on appelle Iql syénite granitique {granité à quatre substances, granité rouge égyptien). On distingue aussi des variétés zirconienne, hypersténique , diallagiquey etc.
La syénite parait appartenir exclusivement aux terrains granitique et porphyrique.EUe est moins abondante que le granité, et elle est plus souvent intercalée en masses peu puissantes au milieu des autres terrains. Elle se trouve dans un grand nombre de lieux.
On l'emploie aux mêmes usages que le granité. C'est même avec de la syénite granitique que sont faits les obélisques égyptiens les plus remarquables.
ESPÈCE 5e. paoToom.
Roche à base composée de felspath dominant, de quarz et de stéatite, de talc ou de serpentine. Quand l'une de ces dernières substances devient dominante, la roche passe au stéaschiste felspathique.
Formant des couches , des amas, des liions, peutêtre des masses non stratifiées, à texture granitoïde, quelquefois porphyroïde et schistoïde.
La couleur du felspath est souvent blanche, quelquefois rpugeâtre , et celle des silicates magnésiques est ordinairement verte.
La protogine appartient en général aux terrains cristallophyllien et granitique. C'est elle qui forme la partie centrale du Mont-Blanc.
ROCHES FELSPATHIQUES. 43
ESPÈCE 6*. USBTYKTTB (♦).
[Felspath grenu , weisstein , granuHt , parties du grmnite veiné et du gneiss lorsqu'il y a beaucoup plus de felspath que de mica.)
Roche à base de felspath à texture grenue , pur ou mélangé avec d'autres substances , d'où Ton a des variétés micacée^ quarzeuse, grenatique^ etc.; mais il est à remarquer que quand le felspath cesse d'être très dominant , la roche devient , selon les cas , du gneiss, du micaschiste, etc. Elle passe aussi au granité, à la pegmatite, à la syénite, etc. , lorsque le felspath passe à la texture lamellaire.
Le leptynite forme des masses non stratifiées, des amas, des couches, dans les terrains agalysiens et crislallophylliens ; peut-être qu'il s'étend dans les terrains pyroïdes.
ESPÈCE 7*. EUHITS (*♦).
(Felspath compixcte , péirosilex»)
Roche à base d'apparence simple, qui paraît être
(*) Le nora de leptynite a été créé par Haûy pour désigner le felspath grenu. Depuis lors, M. Brongniart a restreint son acception au mélange de celte substance avec d'autres minéraux , et M. Cordier au seul mélange avec le mica. De mon côté, dans Fédition de 1835 , j'avais , au contraire , étendu le nom de leptynite à toutes les roches à bases de felspath grenu et compacte , en excluant toutefois les variétés qui contenaient plus de soude que de potasse. Mais en ce moment je crois préférable d'en revenir à l'acception d'Haûy, et de rapporter les modifications compactes du felspath ou orthose à l'eurite ou pétrosilex , que Haûy citait déjà comme leur synonyme.
(**) M. Brongniart n'applique le nom à^eurHe qu'aux roches mélan-
44 ROCHES FELSPATHIQUES.
un feispath compacte, souvent mélangé de parties étrangères. L'analyse d'un échantillon de Passau a donné à Uucholz 0.600 de silice, 0.220 d'alumine, 0.140 de potasse, et 0.008 de chaux. •
Fusible en émail blanc, quelquefois pointillé de noir ou de vert.
Formant des masses non stratifiées, des amas, des filons, peut-être des couches à texture ordinairement compacte ou grenue, quelquefois schistoïde, bréchiforme, poudingiforme (anagénite pétrosiUceuse)^ rarement celluleuse.
Ordinairement tenace.
Couleurs : rougeâtre, verdâtre, jaunâtre, blanchâtre, grisâtre, brunâtre, noirâtre, unies ou bigarrées.
L'eurite est souvent mélangée de cristaux de diverse nature, ce qui lui donne une texture porphyroïde et quelquefois presque granitoïde.
gëes , dont la base esl la substance simple ou d^appareuce simple nommée pétrosilex; mais cette division étant contraire à mes principes de classification , je devais réunir ces matières en une seule espèce, et par conséquent ne conserver qu'un des deux noms ; et je n'ai pas hésité à donner la préférence à celui d'eurite, que M. d'Aubuisson avait originairement proposé pour remplacer la dénomination vicieuse de pétrosilex^ qui a donné lieu à tant de confusion. Il est à remarquer, d'un autre côté, que l'on a souvent confondu avec ie véritable feispath compacte des substances qui contiennent plus de soude que de potasse, ce qui m'avait déterminé, en 1833, à considérer l'eurite comme une roche albilique ; mais j'ai reconnu depuis , d'après les observations de M. Raulin , que l'on obtenait un résultat plus naturel en rapportant les échantillons où l'on avait reconnu de la soude à la phonolite , dont il sera parlé dans le genre albitique, et kVadinole^ minéral longlemps désigné sous le nom impropre de pélrosilex de Sahlberg.
ROCHES FELSPATHIQUES. 45
Elle se trouve dans les terrains plutoniens, principalement dans le terrain porphyrique.
ESPÈCE 5«. FOBPHTas {*).
(Feldstein porphyr.)
Roche à base composée d'une pâte qui paraît être une eurite mélangée intimement avec d'autres substances, notamment de Toxide ferrique, et renfermant des cristaux de felspath.
Fusible en émail gris ou noir.
Formant des masses non stratifiées, des filons, des amas, peut-être des couches.
Ordinairement très tenace, d'autres fois friable lorsqu'elle est altérée.
La couleur de la pâte varie du brun rouge et du brun violâtre au rosâtre , au gris rougeâtre et au ver-
(*) M. Brongniart restreint son porphyre, confornrjénrjent à l'étymologie, aux variétés rouges ou rougeâtres, et renvoie aux espèces ophite et mélaphyre les substances porphyroïdes vertes et noires. Mais, outre que cette manière de voir est contraire à i*usage et distingue degx espèces d'après un caractère aussi peu tranché que le passage de la couleur rouge à la couleur verte , il résulte des travaux de M. G. Rose (Ann, dephys.etdechim, dePoggendorf, xxxiv), que \eserpentino verde antico des Italiens, qui était le type de Tophite, a une composition analogue à celle des mélaphyres. J'ai cru , en conséquence , qu'il convenait de supprimer l'espèce ophite^ qui me semble avoir été formée avec des roches qui, d'après leur compo-" sition, se placent plus naturellement dans les espèces porphyre, diorite et mélaphyre. Il est à remarquer aussi que le nom d'ophite avait l'inconvénient d'indiquer un rapprochement qui n'existe pas avec les ophiolites dont il sera parlé ci-après, et avec une roche aniphiboUque des Pyrénées , que Palassou a rendue célèbre sous cette dénomination.
46 ROCHES "TELS^ATHIQUES.
(làtre; celle des cristaux est ordinairement blanche, passant quelquefois au rougeâtre et au verdâtre.
Le porphyre contient très souvent des grains de quarz ; d'autres fois du quarz et du mica, ou du quarz et de l'amphibole. On en trouve aussi contenant des grains de calcaire; d'où l'on a des variétés quarzifère, micacée, syénitiqtie, calcarifère, etc.
Le porphyre est très abondant dans la nature et forme le membre principal du terrain que nous avons désigné par Fépithète de porphyrique rouge.
Il est employé soit dans les constructions, soit comme pierre de décoration; la beauté de son poli, celle de ses couleurs et sa solidité, en font, sous ce rapport, une des substances les plus estimées; mais sa dureté le rend d'un travail fort dispendieux,
ESPÈCE 6^ VAHZOUTX.
Roche à base composée d'une pâte qui paraît être une eurite souvent mélangée intimement d'amphibole, de pyroxène ou de talc, renfermant des grains ou de petits noyaux qui semblent appartenir à la même substance.
Couleurs : verdâtre, grisâtre, rougeâtre; les noyaux sont ordinairement d'une teinte moins intense que la pâte.
La variolite se rencontre dans les terrains plutoniens et crislallophylliens, surtout dans le groupe porphyrique; mais elle est peu abondante et paraît être ordinairement subordonnée à l'eurite. C'est surtout dans les cailloux roulés des rivières qu'on l'a observée; et elle doit son nom à la circonstance que
ROCHES FELSPATHIQUES. 47
les noyaux font ordinairement à la surface de ces cailloux une saillie qui imite les pustules de la variole.
ESPÈCE 7«. PTB.OBCÊRIDE.
{Porphyre orbicuîaire,)
. Roche à base composée d'eurîte et de quarz unis presque intimement. Formant de petits amas^ des filons ou des blocs , présentant une pâte grenue, renfermant des noyaux sphéroïdaux à texture radiée; cassure raboteuse.
Couleurs : brune, rougeâtre, tachetée.
Le pyroméride se trouve à Girolala près de Monte- Pertusato en Corse, dans un dépôt qui paraît appartenir au terrain porphyrique.
On Ta employé comme pierre d'ornement; mais il ne conserve pas bien le poli.
ESPÈCE 8e. ABLOIXiOFHTHE.
( Porphyre argileux , thonporphyr. )
Roche à base composée d'une pâte d'argilolite renfermant des cristaux parallélipipédiques ou sphéroïdaux de felspath.
Formant des filons, des amas, et peut-être des couches à texture porphyroïde.
Ordinairement fragile ou friable , quelquefois terreuse.
Aspect terne, quelquefois luisant^ tant pour la pâte que pour les cristaux. Les couleurs de Ui pâte
50 ROCHES FELSPATHIQUES.
Fusible au chalumeau, avec boursoufleinenl en une frille blanche.
Formant (les amas, des filons et des fragments à lexture conipacte et grenue , mais présentant souvent un assemblage de grains plus ou moins gros, à lexlure quelquefois globuleuse, d'autres fois radiée. On a fait de ces variétés une espèce particulière sous le nom de sphérolite; mais elles ont la même composition que les variétés compactes.
Pesant 2.548. Très fragile.
Éclat ordinairement nacré, d'autres fois vitreux, quelquefois terne. Couleurs : blanchâtre, grisâtre, verdâtre.
La perlite renferme parfois de petits cristaux de feispath et des paillettes de mica; ce qui lui donne la texture porphyroïde.
Elle paraît appartenir exclusivement aux terrains trachytiques. Elle est notamment très commune en Hongrie.