‹ Des Romains, Lettres Persanes et Temple de GnideChapitre 155 sur 263 · LXXII. RICA A USBEK · texte numérisé non relu

LXXII. RICA A USBEK

.le me trouvai l'autre jour dans une compagnie où je vis un homme bien content de lui. Dans un quart d'heure, il décida trois questions de morale , quatre problèmes historiques , et cinq points de physique. Je n"ai jamais vu un décisionnaire si universel ; son esprit ne fut jamais suspendu par le moindre doute. On laissa les sciences ; on parla des nouvelles du temps ; il décida sur les nouvelles du temps. Je voulus l'attraper, et je dis en moi-même : Il faut que je me mette dans mon fort ; je vais me réfugier dans mon pays. Je lui parlai de la Perse ; mais à peine lui eus-je dit quatre mots , qu'il me donna deux démentis , fondés sur l'autorité de MM. Tavernier et Chardin. Ah ! bon Dieu ! dis-je en moi-même , quel homme est-ce là.' Il connaîtra tout à l'heure les rues d'Ispahan mieux que moi ! ;Mou parti fut bientôt pris : je me tus , je le laissai parler, et il décide encore.

A Paris, le 8 de la lune de Zilcailc, 1715.

LXXIIF. RICA A **'. cy,-^^ 1 luaiqu'i

J'ai oui parler d'iineespèce de tribuuaïciu'Qn^appelle J'Acil:,^ ilémjp frnnrai.sp. Il n y en^ a poiril'Tîé liiofiis respect e^ns" le monde; car on dit qu'aùssitof qu'il a décidé, le peuple Casse ses arrêts Tel lui hnpose des lois qu'il est oiîiîgeae suivre. ( 11 y a quelque temps que, pour lixer son autorité, il (K)bna un cûiLi de ses lugéinfents '. Cet enfant de tafit 'H^pferes était presque vieux quand il naquit ; et , quoiqu'il Fût légitime , un bâtard ' , qui avait déjà paru , l'avait presque étouffé dans sa "nâissanfee. \ >-*^ '''^77 ^^

Ceux qyi le composent n'oSt^ u ouh"/ lonction que de jaser ^ sans cesse : l'éloge ya se placer comme de lui-même dans leur

' Son iliclionndire. (P.) ' ' ' ^-t-<-o(

' Le ilictiininuirc de Furclière. L'auteur fut cliassétle l'Académie. (P.i

babil éternel; et^tôt qu'ils sont initiés dans ses mystères, kt iuxeuT du panefrjTÏi^ife^vient les saisir, et ne les quitte p|us^^ ( Ce corps a quarante têtes , toutes remplies de fi^es\(ïf métaphores et d'antithèses^ tant de bouches ne parlent presque que ^exclamation ; ses oreilles veulent toujours être. frappées par la cîEdence et l'harmonie. Pou£ les yeux , il n^ est j^as question : il semble qulU^oîttait pour parler, et non pas pour i'oir, 11 n'est point wnies^r ses pieds : car le temps , qui est / 5on (léarf , rébranie a todsles instants , et détruit toiit ce qu il a fait. On a dit autrefois que ses mains étaient avlàe^fe ne t'en dirai rien, et je laisse décider cela à ceux qui le savent mieux que moi '. / j^j^.

Voilà des bizarreries, ***, que l'on ne voit noint dans notre Perse. ISous n'avons point l'esprit porte a ces^etabliss^erits' smgulrers et bizarres; nous cherchons toujours la nature dans nos coutumes simples et nos manières naïves.

De Paris, le Ti de la lune deZilhagé, 171.5.

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