‹ Des Romains, Lettres Persanes et Temple de GnideChapitre 98 sur 263 · V. RUSTAN A USBEK · texte numérisé non relu

V. RUSTAN A USBEK

 ErzeroD.

Tu esle sujet de^tou^es les co^ersations dlIspahaD : on ne , , parle ^Setie ton départ. Les unes l'attribuenta ûnel^w-ete u>u, d'esprïtTîëTautrësà quelque cnagnoT: tes amis seuls te défendant , et ils ne ^è^tMfâu pefsonÏÏe: On ne peut comprendre quefu puisses quitter tes femmes , tes parents , tes amis , ta patrie , pour aller dans des climatS^inconSïïs aux Persans. La mère de Rica est inconsolable ; elle te demande son Gis, que tu lui as , dit-elle ,*l!ntève?TPour moi , mon cher Usbek , je me sens naturellement porté à approuver tout ce que tu fais : maisjefie^îii'amepârâonnerîoiï'afeence; et, qôétqite^raisfj|piS cjtfelu m'en puî^s donner, mon cœur ne les goûtera jan^ais. jê^dieu. Aime-moi toujours. ^^.^^^ >-^v^ — A-* /i

^ -■ 5»Ispahan , le 28'(ie la lune de RebiaJj l , 1711.

M. USBEK A SON AMI INESSIR. /n/Z'^^o^

Alspahap,--^^^^'^--^Vjrhf'^*^ A une journée d'Erivaff^us quittâmes la Perse pour entrer (^s les terres de robeissance^afesTufcfeViîSuze jours après u^ arrivâmes à Erzeron , oîi nous séjournerons trois ou qufatre mois.

Il faut que je te l'avoue , Nessir ; j'ai senti une douleur se crète quand j'ai perdu la Perse de vue , et ^ue je mj suis trouvé au milieu des perfldes Osmanlins. A niéséife'lpéj entrais dans les pays de ces proJtflres', il noe semblait que je devenais profane moi-même.

Ma patii(\ ma famille, mes amis , se sont présentés à mon esprit; ma tendresse s'est ^^}}^-,^une^cem\m' inqniéliidc a achevé de me troubler, et m'a fait counaÏÏn?que, pour mon repos, j'avais trop entrepris.

Mais ce qui afilige le plus mon cœur, ce sont mes fennnes. .lejie puis penser à elles que je ne sois dévoré de chagrin. ^C£^'est pas , Nessir, que je les aime : je me trouve à ci-t égard dans une insensibilité qui ne me laisse point de désirs. Dans le nombreux sérail où j'ai vécu, j'ai prévenu l'amour, et l'ai détruit par lui-même : mais, de ma froideur mime, il sortimo-j^flusieseerçtcqui me dévore. Je vois une troujjc de femmes laissées presque à elles-mêmes; je n'ai que des funes làcMu^qûiTin'èftîé'éj^^ peine à êtreen sûreté .si

mes escl^es étaient fidèles : que serait-ce'^'ils n^ le sont l)as ? Quelles tristes nouvelles peuvent m'en venir, dans les pays éloignés que je vais parcourir! C'est un jïîaloYrmes amis ne peuvent porter de remède ; c'est unjMijdont ils doivent ignorer les tristes secrets: etqti'y nourraiom^^iiiv" -Tami^^e pas mille fois mieux une dBscHircnnpunltéqu'uaej co/rertioneciatan'teTÎe dépose en ton cœur tous mes cha^. mon cher Nessir : c'est4arsptitécousolation qui nre^te l'état 'OÙ jer-suis.

D'Er/.i'roii , le 10 de la lune deRebial)

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