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PLACE DE LO

RUPTURES DE L'URÊTHRE

distension exagérée d'un organe creux. » (Robin et Littré.)

Il n^en est pas de même quand on parle de ruptures par traumatisme ; ici aucune définition classique n'est applicable. Cependant l'usage a prévalu de désigner sous ce nom certaines lésions qui ont, en clinique, une physionomie spéciale, sans qu'on se soit jusqu'ici attaché à les définir d'une façon rigoureuse. Nous croyons qu'on peut leur reconnaître ce double caractère d'être produites d'une façon instantanée, et d'être toujours le résultat d'une cause n'agissant pas directement sur l'urèthre.

Il en est, au reste, exactement de même pour d'autres organes.

Le cœur, par exemple, en dehors de la rupture spontanée dont nous parlions tout à l'heure, peut encore être rompu par pression indirecte à la suite d'une contusion transmise par l'intermédiaire des parois thoraciques. On dira qu'il y a plaie du cœur^ si le corps vulnérant atteint directement le tissu de l'organe; si, au contraire, celui-ci est atteint indirectement par le corps contondant, si une côte est violemment refoulée contre la paroi cardiaque et la fait éclater, on désignera jcette lésion sous le nom do rupture.

De même, le foie et la rate sont rompus lorsqu'ils sont atteints indirectement par un corps contondant qui refoule brusquement la paroi abdominale. On dit, au contraire, qu'il y a plaie si Tagent vulnérant traversant la paroi abdominale vient les blesser directement.

Nous pourrions emprunter des exemples analogues à la vessie, à l'intestin.

Dans la contusion du périnée, comme dans les cas que nous venons de citer, le corps contondant agit indi-

rectement sur Turèthre; rappliquant violemment contre les plans profonds qui résistent, il le fait éclater, sans que la peau subisse une solution de continuité, sans que le corps contondant soit jamais en contact direct avec la paroi.

Nous sommes ainsi amené à définir la rupture de l'urèthre :

Toute solution de continuité complète ou incomplète de turèthre produite brusquement par excès de distension (derrière un obstacle), torsion ou exagération de courbure, et par contusion. Dans ce dernier cas elle présentera ce caractère essentiel, que le corps contondant n'agit qu'indirectement et sans être en contact immédiat avec le tissu de la paroi uréthrale, dont il est constamment séparé par une certaine épaisseur des parties molles.

J'élimine ainsi les plaies de Turèthre, les déchirures par calculs ou corps étrangers (fausses routes), les plaies par armes à feu, avec ou sans perte de substance, ainsi que les autres plaies contuses.

Il suffit de jeter un coup d'œil sur ces différentes lésions pour voir que jamais aucun chirurgien ne les a décrites sous le nom de ruptures, et que si les mots déchirure ou contusion ont été employés comme synonymes de rupture, cette dernière expression n'a jamais servi à désiner les fausses routes, ou les déchirures par un calcul passant dans l'urèthre.

Les agents qui produisent les ruptures de l'urèthre peuvent surprendre le canal dans deux états bien différents :

L'urèthre est sain ou il est malade.

Dans un cas il faudra une action spéciale, de nature brutale le plus souvent, véritable traumatisme de diverses variétés, ce sera la rupture traumatique.

Dans un autre cas Turèthre ne se Rompra que parce que sa paroi est altérée. Nous auroûs les ruptures pathologiques.

Cette dernière classe est souvent nommée rupture spontanée, mais le mot spontané est, je crois, défectueux dans ce cas ; tantôt il faut de la part du patient un effort quelquefois considérable pour la produire, tantôt elle résulte d'une manœuvre spéciale, comme dans la rupture de la corde inextensible dans la chaude-pisse aiguë. Mais ce qui domine ici ce n'est pas la cause immédiate, c'est ce fait que l'urèthre est altéré, c'est là une condition essentielle de rupture, comme j'espère le démontrer ; la notion de la lésion antécédente l'emporte donc ici sur celle du mécanisme. De plus, ces ruptures ne sont que des complications d'une lésion antérieure, qui réclamait déjà les soins du chirurgien.

J'aurai donc à décrire deux grandes classes de ruptures :

Les ruptures traumatiques ,

Les ruptures pathologiques.

J'insisterai surtout sur les ruptures traumatiques. qui sont les vraies ruptures chirurgicales. La rupture pathologique est, comme je Tai dit, non pas une lésion d'emblée, mais la complication d'un état préexistant qui souvent l'emporte sur les lésions secondaires, et fournit au chirurgien les principales indications du traitement.

Avant de commencer l'étude des ruptures trauma-

tiques, nous devons prévenir une. objection qui pourrait nous être faite. Nous ne parlerons pas dans un chapitre spécial des rétrécissements traumatiques qui succèdent à la rupture, ni de leur traitement. Nous aurons soin, cependant, de montrer comment cette lésion est une suite fatale de la rupture, nous indiquerons ce que ce rétrécissement présente de spécial et quelles sont les difficultés qu'il oppose au traitement ordinaire de cette affection ; mais nous renverrons aux traités de chirurgie générale, à Tarticle Rétrécissements deTurèthre, pour l'histoire complète de la coarctation uréthrale, de ses accidents et de son traitement.

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