HISTORIQUE
Les ruptures extrapéritonéales de la vessie ne sont pas très fréquentes, puisque dans les statistiques d'Ulmann, sur 100 ruptures vésicales, 25 seulement n'intéressent pas le péritoine, et que, d'après Bartels, sur 169 cas, 49 seulement intéressent la région extrapéritonéale. Au cours de nos visites hospitalières dans le service de notre maître M. le professeur Tédenat, nous avons eu l’occasion de suivre l’évolution favorable d’un cas (Obs. 1). Nous avons pensé qu'il y aurait quelque intérêt à présenter sur ce sujet un travail d'ensemble. Nous avons recueilli dans la littérature une série d'observations, parmi les plus récentes. Nous nous sommes efforcé d'en choisir les variétés analomiques et étiologiques; nous: avons noté des guérisons opératoires nombreuses ; mais ce n’est pas d’après ces chiffres que nous avons établi la gravité de l'affection. Eh chirurgie on a, en effet, une tendance à publier surtout les cas heureux et les statistiques ris-
ÉTIOLOGIE
Parmi les accidents causés par le traumatisme, la rupture de la vessie est relativement rare. Cet'organe, à l'état de vacuité, ‘est entièrement caché derrière l’are antérieur du bassin, capable de supporter des chocs Yiolents. À lélat de réplétion il reçoit la pression des chocs abdominaux et peut être plus aisément ‘rupturé. Quoi qu'il en soit, Naumann n’a pu constater que 3 cas de rupture de la vessie sur 20.000-malades. Bartels a pu cependant en réunir 169 cas, parmi lesquels 49 avec lésions extrapéritonéales. On voit donc que la variété qui nous intéresse est de 3 à 4 fois moins fréquente.
La vessie n'a pas une égale tendanec à se rompre dans les deux sexes. Fouel cite 47 observations de rupture, dont b seulement sont relatives à la femme. Rivington cibe IST ruptures chez l'homme, contre 22 chez la femme. L'homme est donc manifestement plus prédisposé, ce qui peut s'expliquer par son genre de vie et la nature de ses travaux. De plus, chez lui, la vessie est mieux fixée au niveau du plancher :périnéal; elle échappe plus difficilement aux traumatismes. La femme, par suite des conditions de la société, est cependant obligée d'uriner plus rarement; mais d'un autre côté ses habitudes de sobriété l’exposent moins aux causes
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générales qui déterininent une plus abondante sécrétion
d'urine.
L'âge exerce aussi une certaine influence. Les ruptures sont plus communes à l’âge adulle el chez le vieillard que chez l'enfant. Indépendamment de ces causes prédisposantes générales, la rupture reconnait des causes prédisposantes locales. Nous devons noter avant tout la distension préalable du réservoir urinaire. Celle-ci paraît indispensable, à moins de désordres considérables d'écrasement des os du bassin. Alors la vessie peut ne plus être déchirée mais perforée par une esquille, et c'est plutôt une plaie qu'une rupture.
La distension qui précède la rupture peut être plus ou moins considérable ; elle réside souvent dans un obstacle au cours normal des urines. Tantôt cet obstacle consiste dans une hypertrophie prostalique, un rétrécissement de lurètre (Obs. X), ou bien une tumeur Qui le comprime sur un point quelconque de son trajet. - Une rétroversion de l'utérus, coïncidant avec une grossesse de 3 mois, a pu devenir la cause prédisposante d’une rupture de la vessie (G. Hunter). |
Il est cependant des circonstances dans lesquelles aucun obstacle mécanique‘ne s'oppose à Pémission des urines, et cependant lx vessie se distend par réplélion. C'est le cas des paralysies vésicales; ou à la suite d'une contention d'esprit vive, qui fait oublier de satisfaire au besoin d'émission. Les ruptures de la vessie sont plus fréquentes chez les sujets qui ont fait des excès de table, ou qui sont ivres. L'ivresse se trouve par cela même une cause prédisposante de premier ordre, d'autant plus que l'intoxication par lalcool détermine souvent une altération préalable des tuniques vésicales, qui facilite encore leur rupture. La réplélion de la vessie