OBSERVATION VI
SAUCEROTTE (Mélunges de chirurgie, p. 406, année 1801).
Le père d’un gendarme de la compagnie de la reine, fort gros, âgé d'environ 60 ans, sortant d’un bal quela gendarmerie donnait à Lunéville, glissa sur les marches d'un escalier, tomba les deux jambes pliées sous lui, et se rompit en partie le tendon aponévrotique comimun des muscles extenseurs de la jambe qui s’insère à la partie supérieure de la rotule gauche, et complètement celui qui se termine à la rotule droite, de manière que cet os était couché sous les téguments sur la partie supérieure du péroné. Il fut aussitôt porté à son auberge, où je lui fis préparer un lit de manière que les cuisses étaient fléchies à peu près à angle droit avec le corps, les jambes parfaitementtendues, et par conséquent les pieds fort élevés. Je remis les rotules en place, surtout la droite, et les maintins réduites par des compresses inférieures €t
Albert Delon 7
latérales, imbibées d’une liqueur défensive, et maintenues par un bandage méthodique, il est survenu du gonflement, surtout au côté droit, que j'ai combattu par des cataplasmes résolutifs rendus fortifiants par la suite, Ce blessé à en la patience et le courage de se tenir pendant plus de quarante jours dans cette position gènante, pendant lequel temps les parties rompues se sont heureusement ressoudées, de sorte qu’il a commencé par marcher avec des béquilles pendant queiques mois, bientôt il ne s’appuyait plus que sur une, et enfin il finit par marcher sans aide, de manière qu’au bout de dix-huit mois il a pu chasser en plaine et dans les forêts.