‹ Des Ruptures Tendineuses Sus-RotuliennesChapitre 20 sur 43 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

SÉDILLOT, Mémorre de la Soc. de méd. de Paris, 1817. p. 173.

Mme D... âgée de 20 à25, d’une constitution très forte, luttait de vitesse avec d’autres personnes; tout-à coup, elle éprouve à la partie supérieure de la cuisse droite une douleur aiguë qui la forçca de tomber ; un instant de repos suffisait pour faire disparaître cette douleur, mais elle se révélait avec toute son intensité au moindre mouvement. Ce ne fut qu'avec beaucoup de peine et à l’aide de deux personnes qu'elle put se relever et gagner le logis très près de là.

Le lendemain elle fut transportée à Paris ; une légère ecchymose existait à la partie antérieure et inférieure de la cuisse ; le doigt promené sur le muscle droit antérieur découvraii un enfoncement, à la distance d'environ 2 pouces et demi de la rotule ; cer enfoncement occupait la largeur de lextrémité inférieure du muscle, et paraissait avoir assez de profondeur pour admettre letuyau d’une plume à écrire. Le moindre mouvement déterminait des douleurs excessives. M. Sevestre, docteur en chirurgie, qui m'accompagnait, reconnut le même symptôme et suivit les mêmes traitements avec moi; des compresses imbibées d’eau végétominérale furent appliquées sur les blessures, et une compression exacte fut exercée sur tout le membre au moyen de deux bandes, l'une dirigée de bas en haut jusqu’à l'endroit de la rupture, et

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l’autre suivant une direction opposée ; la malade se trouva soulagée à l’instant, ct même se serait levée si la crainte de déranger l’appareil ne l’eut retenue; au bout de vingt et un jours elle reprit ses occupations, n'éprouvant d'autre incommodité qu’une raideur qui a cedé promptement dans la partie blessée et une légère claudication que l’usage des eaux de Bourbonne-les-Bains ne fit pas céder. De fois à autres, surtout lorsque la malade se fatiguait, il survenait au genou un gonflement douloureux qui s’étendait autour de la partie inférieure de la cuisse, nécessitait l’emploi du moyen précédemment mis en usage. Cette fois encore nous combatimes l’inflammation comme à l’ordinare. Lorsque le gonflement eut cessé, nous vimes avec étonnement qu'il existait à 2 pouces et demi environ au-dessus de la rotute un enfoncement transversal propre à loger le doigt ; cet enfoncement était évidemment formé par la rupture de fibres aponévrotiques ou musculaires du triceps fémoral.

Cette princesse étant l’année suivante à son abbaye de R. fit une chute en descendant de voiture ; aussitôt elle éprouva une douleur bien grande dans la partie malade ; les secours les plus prompts lui furent administrés, elle prit de nouveau les bains et douches de Bourbonne. À son retour à Paris, nous trouvâmes, Morlanue et moi, l’écartement tellement augmenté qu'on pouvait coucher deux doigt dans l’enfoncement ; la claudication existe toujours.

OBSERVATION X BoyER, 1826 Chirurgie t. II. p. 105

Cette observation, la seule que Boyer eut occasion de recueillir, a pour sujet un jeune homme de 22 ans, qui perdit l'équilibre, en patinant sur la glace, et fut en danger de tomber à la

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renverse ; dans l'effort qu'il fit pour ramener le corps en avant, il se rompit le tendon des muscles extenseurs de la jambe droite. Il tomba pourtant et se fractura le fémir du même côté dans sa partie moyenne. On le porta àl’hôpital dela Charité. On sentaitaudessus de la rotule un vide d’un travers de doigt qui augmentait quand on fléchissait la jambe et qui diminuait quand on l’étendait. Dansletraitementde cette double maladie, j'eus l'attention, dit Boyer, de placer sous la jambedes coussins de balle d'avoine assez épais, pour mettre le membre dans la plus grande extension possible. Le malade resta au lit pendant trois mois, quoique la fracture fut consolidée au hout de cinquante jours ; ensuite il commença à se lever et à marcher avec des béquilles qu'ilremplaça au bout d'un mois par une canne ;enfin, un an après son accident, il marchait sans aucun appui, avec la même facilité qu'avant l’accident.

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