OBSERVATION XXIX
MARGUET 1874, Th.
M. X... curé d’Evian-les-bains (Haute-Savoie), est un homme doué de 56 ans, d’un tempérament sanguin et d’une vigoureuse constitution. Il est atteint d’une rupture non réparée du tendon rotulien, qui s’est produite dans les circonstances suivantes :
Au rois de février dernier, M. X... descendait un escalier de pierre quand son pied droit glissa subitement. Pour éviter une chute imminente en avant, M. X... fit un violent effort, il tomba néanmoins etne put se relever. Au moment de la chute, il ressentit une violente douleur dans le genou gauche et il entendit un bruit de craquement.
Transporté chez lui, le malade remarqua qu’il ne pouvait pas du tout étendre la jambe sur la cuisse, et que son genou setuméfiait. Une heure après l'accident, le gonflement de l'articulation était déjà considérable.
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Obéissant malheureusement à un préjugé (rop commun sur: tout à la campagne, M. X... au lieu de faire venir un médecin, appela près de lui un rebouteurrenommé. Celui-ci, saisissant le membre malade, lui imprima à plusieurs reprises, je ne sais trop dans quel but, des brusques mouvements de flexion. Je laisse à penser quel profitle malade retira de pareilles manœuvres. Aucun appareil ne fut placé.
Voyant que son genou était toujours volumineux et enflammé, M. X... se décida, 15 à 20 jours après l'accident, à faire appeler un médecin qui ordonna l'application de compresses résolutives et fit placer le membre dans linmobilité sur un plan incliné. Ce traitement réussit à faire disparaitre les phénomènes inflammatoires au bout d’une dizaine de jours. Le membre fut maintenu encore 20 jours sur le plan incliné; néanmoins la réunion ne se fit pas.
Au moment où je vis le malade (mois d'avril, je constatai les symptômes suivants :
Au-dessus du genou il y a une dépression qui ne mesure pas moins de 7 à 8 centimètres. Cette dépression est limitée en haut et en bas par les extrémités du tendon rompu; le bout inférieur est situé à un centimètre et demi de la rotule, qui est mobile et qui permet l'introduction du doigt dans l’intérieur de larticulation. Le malade peut exécuter de légers mouvements d’extension, grâce à la conservation de ‘quelques fibres du vaste interne et du vaste externe; cependant la marche est à peu près complétement impossible.
Au mois d'octobre j'ai revu le malade. L'état du genou était absolument le même qu’au mois d'avril; cependant, les mouvements d'extension avaient beaucoup plus de force et la marche était possible sur un plan horizontal sans l'appui d’une canne.
Sur les conseils de M. Desgranges, de Lyon, M. X... s’est fait construire un appareil prothétique analogue à celui de Mathieu, mais il ne peut pas le supporter.
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