OBSERVATION XXXII. — GOSSELIN ET MARGUET
Cliniques de la Charité
Camdron (Alphonse) est un homme âgé de 62 ans, exerçant la profession d’imprimeur. Il a eu autrefois quelques douleurs rhumatismales, et, depuis dix ans, il présente des phénomènes d’ataxie pour lesquels il a été soigné à diverses reprises.
Le 15 août dernier, cet homme voulait prendre d’une armoire un paquet de linge placé sur le rayon supérieur. Ce paquet étant plus volumineux que l'ouverture qui lui était offerte, Camdron exerça une traction assez vigoureuse qui amena le renversement imminent de l’armoire. Alors Cambron fit un violent effort pour la soutenir, mais il ne put en venir à boul, il tomba lui même à la renverse et la corniche de l'armoire vint butter au dessus du genou gauche, au moment de l'accident il sentit un craquement assez fort, malgré la violente douleur qu'il éprouvait, le malade essaya de se relever, mais il ne put le faire. Pendant qu’on le transportait dans son lit; le malade remarqua qu'il ne pouvait étendre la jambe, et que son genou était déjà tuméfié.
Le lendemain, le gonflement était considérable, mais les dou:
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leurs étaient peu vives, et la rougeur de la peau prononcée. Un médecin appelé ordonna des applications de teinture d'iode. Trois jours après le malade se fit apporter à l'hôpital de la Charité. Le genou était très-gonflé et présentait tous les autres signes d’une arthrite avec épanchement; la rupture ne pouvait pas alors être reconnue; aussi Camdron fut envoyé pour son ataxie locomotrice dans le service de M. le professeur G. Sée. Grâce au repos, les phénomènes inflammatoires disparurent, l’épanchement articulaire diminua, et pour achever de le résoudre on appliqua successivement trois vésicatoires. La rupture tendineuse, fut alors reconnue, et le malade entra le 25 septembre dans le service de M. le professeur Trélat qui était alors absent. Aucun traitement ne fut appliqué à cause de son inutilité plus que probable. Le 45 novembre Camdron passe dans le service de clinique de M. Gosselin.
Le genou n’est pas gonflé; il présente au contraire immédiatement au-dessus de la rotule une dépression transversale considérable. Quand le membre est dans l'extension ; on trouve que cette dépression et l’écartement qu’elle indique entre le bord supérieur de l'os et le tendon du triceps a plus d’un centimètre de hauteur. Quand la jambe est amenée dans la flexion à angle droit, on sent que cet écartement a augmenté d’un centimètre et qu’on peut en refoulant la peau sentir à travers elle les condyles fémo raux. On peut mème en dirigeant le doigt et la peau qui le coiffe en bas et en arrière, arriver jusque derrière la rotule. Du reste on ne trouve pas le gonflement et la fluctuation que donnerait un épanchement articulaire ; on ne sent non plus aucun épaississement de la synoviale, aucune chaleur à la main. Par la palpation on constate que la rupture s’est faite au niveau de l'insertion rotulienne. La rotule ne présente pas de mobilité latérale.
Comme signes fonctionnels, on constate dans le lit, Pimpossibilité pour le malade de détacher son talon et de l’enlever, de soutenir son pied en Pair, lorsqu'on l'avait soulevé soi-même audessus du plan du fit. Le malade ne peu se tenir debout seul, et
il marche très-péniblement en s'appuyant sur 2 cannes, même à Albert Delon 12
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la condition que son genou soit entouré d’un appareil contentif avec une attelle postérieure destinée à empêcher le genou de plier involontairement. En même temps la jambe droite est mal assujétie, parce qu'elle exécute les mouvements désordonnés qui sont dus à l’ataxie. Quand le membre ne repose pas sur lelit, la jambe se place dans une flexion modérée ; si on lécarte de cette position elle y revient aussitôt qu’on l’abandonne à elle-même.
L’ancienneté de la lésion ne permettant pas d'espérer la répa ration du tendon, M. (Gosselin n’emploie aucune autre méthode de traitement que l'appareil contentif dont il a été parlé.
La même observation rapportée d'une part par M. Gosselin dans ses cliniques et d'autre part par Marguet dans sa thèse est loin d'être présentée d'une manière semblable, Ainsi M. Gosselin décrit un écaitement de un centimètre tandis que Marguet lui altribue 5 à 6 cent. de hauteur. Pour M. Gosselin la rotule ne présentait pas de mobilité latérale, tandis que pour Marguct elle est trèsmobile.