‹ Des Ruptures Tendineuses Sus-RotuliennesChapitre 42 sur 43 · HOD · texte numérisé non relu

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te contraction du triceps qui détruirait le commencement de la consolidation.

Jusqu'au milieu du mois de mai, notre blessé reste dans cet état : à ce moment, désireux de retourner chez lui, on fait construire un appareil en cuir, destiné à remplir les mêmes indica tions que la botte silicatée mentionnée plus haut. Cet appareil est une botte en cuir lacée, remontant jusqu'au dessus du milieu de la cuisse. À ce niveau existe une forte embrasse qui circonscrit toute la demie-circonférence antérieure du membre, en s’y appliquant fortement. Cet appareil, immobilisait d’une façon absolue, l'articulation du genou, et en même temps bridait le triceps.

Ainsi muni, notre malade se levait et appuyait son pied par terre.

Le 12 juillet de la même année, nous reçûmes la lettre suivante :

Versailles, 12 juillet 1883.

Mon jeune confrère,

Le résultat du traitement institué est aussi complètement satisfaisant que possible.

La réunion du tendon rompu avec la rotule est évidente et incontestable.

Rentré chez moi, je n'ai pas eu recours à d’autres moyens que le repos au lit et la position horizontale la jambe étendue, avec l'emploi de la gouttière de Mariaud pendant les trois premières semaines.

Jai alors été pris d’une douleur assez vive sur le trajet de la gaine des vaisseaux cruraux avec sensibilité et gonflement des ganglions Iymphatiques de laine, bref une Iymphangite peu aigue. Cette complication m'a encore obligé de garder le lit une quinzaine de jours en deux fois.

Le 93° jour enfin j'ai pu commencer à marcher en m'appuyant sur le membre malade et me soutenant avec des béquilles.

Tout a été bien pendant quelques jours, mais il y a 8 à 10 jours j'ai été pris de malaise, d’inappétence, d’embarras gastrique léger, en même temps éruption discrète sur le membre malade de petites papules, isolées, d’un rouge foncé, se couronnant pour Ja plupart d'une petite vésicule, se désséchant presque aussitôt, sauf deux qui se sont agrandies et menacent de dégénérer en petits furoncles, et qui pourront bien me retarder quelque temps.

En somme voilà où j'en suis : Je marche assez facilement avec mes béquilles et n'étaient ces maudits bobos, je pourrais faire une demie-heure toujours avec les béquilles, car, pour aller sans cette aide, il n’y faut pas songer, je le sens bien, tant que les muscles atrophiés n'auront pas repris leur tonicité et leur force habituelle el je crois que ce sera assez long à attendre.

D'ailleurs si la guérison est entravée par quelque accident, je vous tiendrai au courant.

Depuis cette époque nous n’avons plus eu de nouvelles de notre malade. Mais il est fort probable que la guérison est devenue complète.

OBSERVATION XXX VI (DELON, personnelle)

Observation recueillie dans la clientèle d'un de nos amis

Lorie , âgé de 55 ans, d’une complexion vigoureuse, d'aspect athlétique, n’a jamais été atteint que de manifestations rhumatismales et goutteuses pour lesquelles il a dû passer plusieurs mois au lit.

Il souffre depuis l’âge de vingt-cinq ans d’attaques de rhumatisme aigu. Goutteux depuis l’âge de quarante ans, il souffre depuis quelque temps d’une néphrite goutteuse et actuellement il est atteint de quelques accidents urémiques.

Il y a six ans, glissant sur du verglas et sur le point de tomber à la renverse, il fait un effort violent pour ramener le corps en avant, Ce qui ne l’empêche pas de tomber sur le sol. Il a ressenti une violente douleur dans la région du genou droit au moment de la. chûte. Il essaye de se relever mais la douleur réapparaît aigue e: déchirante. On le transporte chez lui, où nous le voyons quelques jours après. Le malade fort intelligent est très étonné de ne pouvoir remuer son membre inférieur droit, quoi qu’un aide puisse le soulever et le déplacer latéralement sans déterminer de soutfrance.

A l'examen nous trouvons : absence de gonflement dans Particulation du genou. Le malade a remarqué un léger gonflement au dessus de la rotule, qui à disparu actuellement. En portant les doigts dans cette région, on provoque une vive douleur, qui pendant plusieurs jours a persisté parfaitement localisée.

A ce point, c’est-à-dire 2 travers de doigt au dessus de la rotu-

le, on sent une dépression très nette. Le tendon est complète-

nent divisé et on croit reconnaitre le pont supérieur du tendon à trois travers de doigt plus haut. Le diagnostic s’imposait.

En conséquence nous avons placé tout le membre inférieur sur

un plan incliné, après avoir appliqué la suture sèche élastique pour rapprocher les fonts du tendon.

Æ Le malade supporte très-bien l’appareil et 35 jours près l’accident, fatigué de rester au lit, il défait son appareil et essaye de marcher. Il est étonné de pouvoir se servir de son menbre et de pouvoir ramener la jambe fléchie à l’extension * néanmoins il éprouve une grande faiblesse.

En effet la cuisse malade était légèrement atrophiée. Avant revu le malade à ce moment, nous avons par prudence entouré le membre d’un appareil analogue à celui de Mariaud et nous n’avons permis pendant plusieurs jours que quelques pas sur un plan horizontal, le malade s’aidant d’une canne.

Aujourd’hui M. Z..... marche parfaitement et n’éprouve aucune gène même pour monter un escalier. Nous lui avons toutefois conseillé d'éviter les exercices violents.

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