INTRODUCTION
Me trouvant dans la nécessité de soutenir à bref délai ma thèse inaugurale, j'ai dû renoncer à traiter un sujet que mon internat à la Maternité de l’hôpital St-Louis n'avaitrendufamilier(de l’æœdème congénitaldes nouveauxnés), mais pour lequel de longues recherches bibliographiques étaient nécessaires.
J'ai choisi comme étude la rupture du tendon du triceps au-dessus de la rotule. Pendant mon internat à la Maison municipale de santé, le hasard de la clinique v avait amené, le docteur L., atteint de cette infirmité. J'avais été frappé à ce moment de ne pas trouver de monographie sur cette question. La rareté de ces accidents, les points d'interrogation qui attendent encore une réponse, m'ont inspiré l’idée d'essayer d’en écrire une.
Certes, nous savons qu'après nos nombreux devanciers, nous avons peu de chose à glaner sur ce champ, nous croyons cependant avoir apporté notre appoint à l'histoire de ces ruptures. Si la symptomatologie en
effet est assez nette et assez simple pour que le diagnostic s'impose, le mécanisme de ces ruptures est loin d'être complètement élucidé.
Nous avons donc réuni toutes les observations que nous avons pu recueillir, espérant que d’un nombre de faits plus grand que celui que connaissaient nos de vanciers, sortirait une conclusion. Dans le dernier mémoire paru sur cette question, l’auteur ne connaissait en effet que 26 cas. Nous en présentons 43 à nos juges. Nous les avons publiés in-extenso pour que toutes les pièces du procès fussent réunies sous leurs veux, et pour éviter à ceux qui viendront après nous, les pénibles recherches que nous-mêmes avons été obligés de faire; nous n'avons pas la prétention d’être complets, mais espérons qu'aucune omisssion sérieuse ne pourra nous être reprochée. Cependant, la tâche était singulèrement compliquée par la confusion regrettable qui existe entre les termes tendon rotulien, tendon du triceps, ligament rotulien. Un certain nombre des faits que nous publions ont été produits sous le titre € rupture du tendon rotulien » tandis que sous le même titre nous avons trouvé des observations de rupture sousrotulienne. |
« On désigne sous le nom de rupture, en chirurgie, une continuité produite par un tiraillement torcé. La rupture diffère donc de la plaie en ce qu’elle ne nécessite pas l'intervention des instruments vulnérants et que la solution de continuité ne comprend pas les téguments. Elle diffère de la contusion, parce qu’elle se produit sans l’intervention d’une pression occasionnée
par un Corps plus où moins pesant ou lancé avec plus ou moins de force » (Gosselin).
Nous bornerons cette étude aux ruptures sus-rotuliennes.
Avant d'en aborder l’histoire clinique, nous tenons à préciser quelques faits. Depuis Sédillot, il était généralement admis que le siège de la rupture est à l'union des fibres musculaires aux fibres tendineuses. On concluait donc à un véritable décollement. Nélaton a victorieusement combattu cette opinion et a montré que ce décollement était des plus rares. Notre étude est donc parfaitement limitée et parfaitement distincte des ruptures musculaires. Nous ne nous occuperons que des cas où la fibre tendineuse a été intéressée.
Que faut-il sntendre par rupture tomplète et rupture incomplète? Binet a posé la question, nous la résoudrons dans le sens de M. Gosselin. Une rupture du tendon du triceps est complète quand elle intéresse à la fois toute l’épaisseur du tendon et par suite la synoviale qui lui est intimement unie, et incomplète quand n'intéressant qu'une partie de l'épaisseur du tendon, elle laisse intacte la synoviale. Nous ne connaissons que 2 cas de rupture incomplète. M. Gosselin, pour bien préciser les faits, propose d'appeler la première téno-synoviale. Ce n’est pas la déchirure des 3 parties du tendon qui rendent complète une rupture au sens clinique du mot; la lésion n’intéresse toujours que la portion tendineuse du muscle, celle qui se continuant avec le droit antérieur, s’infère au bord supérieur de l'os. Parmi les observations, nous en avons placé deux
— 14 — dues à M. J. Guérin, et dans lesquelles ce n’est pas le droit antérieur mais le vaste interne qui est déchiré; ce sont les 2 seules connues. Nous n'avons pas cru devoir les éliminer, le titre de notre thèse étant : De la rupture du tendon du triceps.
Nous tenons à remercier ici M. le professeur Lannelongue qui a bien voulu accepter la présidence de cette thèse.