‹ Des sacrementsChapitre 30 sur 113 · Danger de mort · texte numérisé non relu

Danger de mort

Il suffit qu'il y ait un danger probable pour que cette obligation existe.

Sont toutefois exemptés de cette obligation les malades qui ne pourraient pas communier sans exposer les saintes Espèces-

à de graves accidents. Tels sont : a) les malades qui sont sujets à de fréquents vomissements ou à une toux continuelle ; b) les malades qui sont dans le délire et ne savent pas ce qu'ils font ; c) les malades qui ne peuvent plus avaler et qui seraient exposés à rejeter la sainte Hostie. Aussi avant de porter le saint Viatique, il faut s'assurer par soi-même ou par une personne judicieuse et sûre que le malade peut communier.

Si, après avoir communié, le malade venait à vomir l'Hostie, que faire ?

Si la sainte Hostie est suffisamment conservée, que le prêtre, à jeun ou non, la consomme, s'il peut le faire sans danger pour sa santé ou sans crainte de vomissement ; autrement, il faut recueillir l'Espèce sacramentelle dans un vase que l'on conserve à l'église. Et alors qu'elle est corrompue, on la jette dans la piscine. Si la sainte Espèce ne peut se distinguer, il faut en imprégner des étoupes que l'on fait brûler, pour, en jeter les cendres dans la piscine.

Si le malade ne peut communier, il ne serait pas régulier de communier une autre psrsonne valide, à jeun et bien disposée qui se trouverait dans la chambre du malade. Il faudrait une raison sérieuse pour agir ainsi, contrairement à l'esprit de l'Église.

On peut donner le viatique : a) aux enfants qui ont l'âge de raison et comprennent ce qu'ils vont recevoir, quand bien même ils n'auraient pas encore fait leur première communion ; 6) aux moribonds calmes qui, avant de perdre la raison, vivaient pieusement, mais à condition qu'il n'y ait aucun inconvénient à craindre pour la dignité du Sacrement ; c) à ceux qui n'ont pas l'usage complet de la raison ou qui sont sourds et muets, s'ils savent suffisamment distinguer l'Eucharistie d'un pain ordinaire.

Dans le cas où la sainte Hostie resterait dans la bouche du malade incapable de l'avaler, le prêtre devrait s'efforcer de la retirer pour la rapporter à l'église.

S'il est à craindre que le malade ne puisse pas avaler la sainte

Hostie, on peut la mettre dans une cuiller avec un peu d'eau ou de vin. Il faut ensuite purifier la cuiller et jeter l'eau dans la piscine, si possible, sinon dans le feu ou sur un terrain qui n'est pas passager. On peut de même purifier la custode avec de l'eau ou la rapporter à l'église et la placer sur un corporal, en attendant la purification.

Lorsqu'on donne la communion en viatique, en emploie le Misereatur et YIndulgentiam au singulier ; il en est de même pour toute autre communion à domicile.

Avant de partir, le prêtre bénit simplement le malade avec la main, en employant la formule : Benedictio Dei, etc.

Le viatique, communion formellement préparatoire à la mort, ne se donne qu'une fois, que le malade soit à jeun ou non, avec la formule : Accipe. . . Tant que le danger persiste, on peut donner la communion aux malades, selon leur dévotion, même tous les jours, quand bien même, lorsqu'ils étaient en santé, ils n'avaient pas l'habitude de communier si souvent, sans qu'ils soient à jeun, en se servant alors de la formule ordinaire.

Il appartient au confesseur d'apprécier l'intervalle qui doit exister entre les communions.

D'après une opinion probable, il n'y aurait pas une obligation rigoureuse de communier en danger de mort lorsqu'on aurait communié quelques jours avant, à plus forte raison, si on avait communié le jour même. Une opinion assez probable enseigne aussi que, dans ce dernier cas, il pourrait communier, tout en n'y étant pas obligé.

L'administration du viatique est réservée au curé de la paroisse et il n'est pas permis à un autre prêtre de le porter, en dehors du cas de nécessité, sans son autorisation ou celle de l'évêque.

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