FRUITS DU SAINT SACRIFICE
Le sacrifice de la messe, considéré sous le rapport de la victime, est d'une valeur infinie. Mais l'application ne peut s'en faire que d'une manière finie et proportionnée aux dispositions de ceux pour qui le sacrifice est offert et aux desseins de miséricorde que Dieu a sur les vivants et sur les morts et sur chacun d'eux en particulier.
Il y a quatre fruits du sacrifice : le fruit général qui est commun à tous les fidèles vivants ou morts ; le fruit spécial qui est pour ceux qui assistent ou prennent part à la célébration de la messe ; le fruit plus spécial qui appartient à ceux pour qui on
dit la messe ; enfin le fruit personnel qui appartient au prêtre qui dit la messe.
C'est un devoir pour le prêtre de faire comprendre aux fidèles les fruits qu'ils retirent de leur assistance à la messe.
Ils ont besoin de pardon ; car ils se sentent coupables, ils sont accablés sous le poids de leurs chutes. Qu'ils s'unissent à la divine Victime de nos autels. A la vue de son Fils immolé, Dieu n'osera frapper ; il leur pardonnera.
Ils ont besoin du secours d'en haut ; leurs parents, leurs amis, tous ceux à qui ils s'intéressent en ont besoin aussi. Qu'ils aillent à la sainte messe ; Jésus-Christ le demandera pour eux et quel meilleur avocat pourraient-ils avoir ?
Us ont besoin de donner à leurs morts une preuve d'amour par de là la tombe. Qu'ils fassent offrir pour eux l'Hostie sainte, qu'ils assistent à la messe à leur intention ; c'est le meilleur moyen de leur procurer rapidement les joies du ciel.
Applications des fruits du saint sacrifice.
Le prêtre comme ministre public de l'Église, doit offrir le saint sacrifice pour tous les fidèles, justes ou pécheurs, qui sont dans la communion de l'Église.
Pour l'application valide du fruit plus spécial, l'intention habituelle du ministre, c'est-à-dire, l'intention qui n'a pas été rétractée, est nécessaire. Cette intention doit exister et être déterminée au moins avant la consécration de la deuxième espèce et il suffit qu'elle soit déterminée d'une manière implicite.
Ainsi l'application sera vaHde si on a l'intention de dire la messe pour toutes les âmes du purgatoire, ou pour la personne qui a donné l'honoraire la première, ou selon l'intention de la personne qui a demandé la messe, ou encore selon l'intention du supérieur qui l'a commandée.
Si, oubliant sa première intention, on en formule une autre avant de dire la messe, c'est l'intention dominante qui aura la priorité et, dans le doute, on doit le lendemain, acquitter la messe qui n'a pas été acquittée la veille.
Il est défendu d'appliquer la messe selon l'intention de la personne qui la première donnera un honoraire.
On satisfait à son obligation : a) par une messe Requiem ad intentionem dantis, quand on ignore si cette intention se rapporte à un vivant ou à un mort ; b) par une messe du jour appliquée à un défunt, alors même que la messe Requiem est permise, pourvu que le donateur n'ait fait aucune réserve et n'ait pas demandé de célébrer à un autel privilégié ; mais il est préférable de dire la messe Requiem.