Délais de la célébration
Lorsque le délai de la célébration des messes annuelles n'a pas été explicitement ou implicitement fixé par le donateur, le décret Ut débita du premier mai 1904 donne non une règle d'une rigueur mathématique, mais une base d'appréciation morale dont on doit s'inspirer avec une certaine largeur d'interprétation.
Qu'il s'agisse d'intentions pour les vivants ou pour les morts, les délais sont d'un mois pour une seule messe, de six mois pour cent messes et proportionnellement un temps plus ou moins long, suivant l'importance du nombre de messes demandées.
Avant ce décret, on admettait, d'après l'enseignement des moralistes, entre les messes pour les vivants et celles pour les morts, une distinction qui ne peut être aujourd'hui maintenue.
L'archevêque de Lemberg ayant demandé si on restait dans l'esprit de la loi, en établissant les délais suivants :
Jusqu'à dix messes, un mois ;
Jusqu'à vingt messes, deux mois ;
Jusqu'à quarante messes, trois mois ;
Jusqu'à cinquante messes, quatre mois ;
Jusqu'à quatre-vingts messes, cinq mois ;
Jusqu'à cent messes, six mois ; et ainsi de suite, en ajoutant un mois pour chaque série nouvelle de vingt messes, la Sacrée Congrégation répondit sans se prononcer sur cette pratique, qu'il fallait s'en tenir à un jugement consciencieux des prêtres eux-mêmes. Rem relinqui discrète
judicio et conscientiœ sacerdotum, juxta decretum et régulas a probatis doctoribus traditas.
La volonté des donateurs, lorsqu'elle a été suffisamment manifestée, peut autoriser le prêtre à différer la célébration audslà des limites déterminées par le droit général. On ne doit jamais se baser sur les intentions présumées des fidèles.
Si un donateur demandait que ses messes soient dites dans un délai plus court que le temps légal, le prêtre qui aurait accepté ces honoraires serait tenu à acquitter ou à faire acquitter les messes dans le délai convenu ; s'il y avait pour ce motif une augmentation d'honoraires, il y aurait en plus une question de justice.
Un écart motivé de deux ou trois jours au-delà du délai ordinaire ne serait pas une omission coupable et même il semble qu'on resterait dans l'esprit de la loi, si on conservait l'honoraire pour acquitter la messe le plus tôt possible, dans le cas où l'on ne pourrait la faire célébrer aussitôt par un autre prêtre.
S'il s'agit d'un certain nombre de messes, un retard d'une semaine, sans motif, n'entraînerait pas l'obligation pour celui qui a reçu les honoraires de les faire acquitter par un autre prêtre, s'il peut célébrer les messes aussitôt que son remplaçant.. Le but de la loi est de presser la célébration des messes et non de priver de ses honoraires le prêtre qui n'a pu les acquitter en temps voulu.