‹ Des sacrementsChapitre 4 sur 113 · SA NÉCESSITÉ · texte numérisé non relu

SA NÉCESSITÉ

Le Baptême qui est, au dire de saint Cyprien, " la source d'où découlent notre sanctification et la plénitude de la grâce ", est nécessaire de nécessité de moyen. Il peut cependant être remplacé par deux moyens auxquels on donne improprement le nom de baptême. D'où trois espèces de baptêmes : a) le baptême d'eau qui est " un sacrement qui efface le péché originel, nous donne la vie de la grâce et nous fait chrétiens, enfants de Dieu et de l'Église " ; b) le baptême de sang qui est le martyre, soit la mort soufferte pour Jésus-Christ ou son Église ; c) le baptême de désir qui n'est que la charité parfaite jointe au désir de recevoir le baptême d'eau.

Ces deux derniers effacent le péché originel par la grâce sanctifiante, mais ils ne produisent ni le caractère ni la grâce sacramentelle. Le martyre étant la plus haute expression de la charité parfaite remet aussi les peines dues au péché ; mais le baptême de désir ne remet ces peines qu'en proportion de l'intensité de la charité parfaite.

On comprend donc que les enfants ne peuvent être sauvés sans le Baptême d'eau que dans le cas où ils seraient mis à mort en haine de Jésus-Christ ou de sa religion, tandis que les adultes peuvent l'être également par le baptême de désir.

Cette nécessité du Baptême ressort de la manière la plus évi-

dente des propres paroles du Sauveur. L'oracle de Jésus-Christ est formel, absolu, sans aucune exception : Ni si quis renatus fuerit ex aqua et Spiritu Sancto, non potest introire in regnum Dei.

Le Baptême est absolument nécessaire. Donc :

1. — Le curé verra avec un grand soin à ce que personne demeure dans sa paroisse sans cet incomparable sacrement. Il ne peut en effet y avoir de malheur semblable à celui d'une âme éternellement privée de la céleste béatitude par la négligence d'un pasteur.

2. — Il se montrera toujours prêt à administrer ce sacrement, même en dehors des jours et des heures qu'il aurait crû devoir déterminer pour la plus facile administration de sa paroisse.

3. — Souvent il insistera, dans ses exhortations, sur l'importance du Baptême et il enseignera à ses fidèles, surtout aux médecins et aux sages-femmes, la manière de le conférer validement, en cas de nécessité. Il devra leur défendre d'ondoyer les enfants qui ne sont pas en danger de mort.

4. — Pour la même raison, il devra inculquer dans le cœur de la mère l'obligation très étroite qu'elle a de procéder avec la plus grande précaution et de baptiser le fœtus, quelque petit qu'il soit, quelque récente que soit la date de sa formation.

5. — Il exhortera et même obligera les parents à porter le plus tôt possible à l'église leurs enfants afin qu'on leur administre le Baptême, dans la crainte que la pauvre petite créature vienne à mourir et à perdre le ciel. Aussi le Catéchisme romain prescrit : Quam primum fieri potest esse baptizandos.

Il y a des théologiens qui affirment qu'on pèche gravement si on laisse écouler trois jours sans faire baptiser l'enfant ; d'autres accordent un peu plus de temps et disent, selon l'opinion la plus probable et la plus commune, avec saint Alphonse de Liguori, que le péché est mortel si on diffère le Baptême plus de dix ou douze jours.

Ce qui est certain, c'est qu'un retard prolongé est toujours une faute grave. Léon XIII a adressé un bref de félicitations à un évêque pour la louable énergie qu'il déploie contre le détestable abus de retarder le Baptême des nouveaux-nés : déplorable abus, dit-il, qui non seulement expose un grand nombre d'enfants à perdre le salut éternel, mais encore les prive, pendant un temps plus ou moins prolongé, des dons précieux de la grâce sanctifiante, abusum lugendum et extirpandum. (13 août 1899)

MATIÈRE DU BAPTEME

Page 1