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La contrition

Elle est la condition la plus essentielle pour que les péché-, soient pardonnes. La confession peut n'être pas requise, quand elle est impossible, par exemple, il en est de même de l'absolution ; mais jamais de pardon sans contrition véritable. La justice et la saLiteté divines font que Dieu lui-même ne peut pardonner une faute, sans regret et ferme propos du coupable.

Il faut que la contrition vienne, comme son nom l'indique (contritiOjde conterere, broyer), briser le cœur et le retourner vers Dieu, pour que le pardon soit possible.

La contrition est la douleur d'avoir offensé Dieu avec une ferme résolution de ne plus l'offenser. Elle est donc constituée par deux éléments : pour le passé, c'est le regret des fautes commises et, pour l'avenir, c'est la résolution ou le ferme propos de ne plus pécher. Ces deux choses sont indispensables ; on ne pourrait en effet appeler repentir la promesse de ne plu? faire une action, si l'on demeurait bien aise de l'avoir faite dans le passé et, d'un autre côté, pourrait-on qualifier de véritable un repentir qui ne se résoudrait pas dans une volonté sérieuse ds se corriger, de mener une vie meilleure, de ne plus pécher ?

Cette douleur n'a pa^ besoin de prendre la forme émue, sensible des douleurs que nous cause un deuil, un déchirement du cœur. Dieu ne demande pas cela au pécheur. Ce qu'il lui de mande, c'est qu'il ait une appréciation nette que les fautes commises par lui sont un mal, et un mal qu'il lui faut déplorer sérieusement.

Sans doute le pécheur peut sentir encore de l'attrait pour le mal. Même, vraiment pénitent, l'homme peut sentir, au-dedans de soi-même, une impulsion violente à se laisser aller à nouveau à ses penchants mauvais ; le péché peut lui sembler encore plus agréable que la perfection. Ces sentiments, ces tendances naissent et demeurent en nous malgré nous ; souvent nous n'en sommes pas maîtres. Que ceux qui les éprouvent au moment de la confession ne se découragent pas, ne se troublent pas. Dieu ne peut demander ce qui ne dépend pas d'eux : une douleur sensible du péché, un ferme propos supprimant les appétits mauvais. Il suffit qu'ils disent loyalement pour le passé : " J'ai péché ; j'ai eu tort de pécher ; je voudrais ne l'avoir pas fait " ; et, pour l'avenir : " Il m'en coûtera, je le vois bien ; la chose me sera pénible peut-être ; mais désormais je dois et je veux, avec l'aide de Dieu, résister à mes mauvais penchants ; j'en donne sincèrement ma parole d'honneur à Dieu ; j'obéirai à sa loi sainte ".

Le propos doit être : a) ferme, c'est-à-dire, renfermer la volonté délibérée de ne plus pécher ; b) universel quant à la fuite de tous les péchés mortels, parce que tous renferment la même raison formelle qui consiste à se détourner de Dieu ; c) efficace, c'est-à-dire, porter à exécuter ce qu'on a résolu et, par conséquent, non seulement à fuir le péché, mais encore à prendre tous les moyens nécessaires pour cela, v. g., à fuir les occasions, etc.

Il peut avoir ces qualités alors même que le pénitent, connaissant sa fragilité passée, craint de retomber. Cette crainte, en effet, peut très bien subsister avec la volonté sérieuse et actuelle de ne pas retomber avec l'aide de Dieu.

Il faut que la contrition soit surnaturelle ; elle doit s'appuyer sur des motifs surnaturels de foi.

Ces motifs peuvent être ou désintéressés ou intéressés. D'où deux grandes sortes de contrition : la contrition -parfaite et la contrition imparfaite.

1° La contrition parfaite. Elle ne veut pas dire, comme beaucoup se le figurent, une contrition plus sentie, plus profonde, d'une intensité suprême. La question d'intensité n'est pour rien dans la différence entre la contrition imparfaite et la contrition parfaite. Ce qui distingue celle-ci de l'autre, c'est la supériorité de ses motifs, motifs désintéressés, alors que les motifs de la contrition imparfaite sont intéressés et, par conséquent, moins nobles, moins relevés, moins parfaits.

La contrition est parfaite, si elle naît de la charité pure, si nous détestons le péché parce qu'il déplaît à Dieu, parce qu'il l'offense, parce qu'il lui fait peine.

Cette contrition n'est pas aussi difficile qu'on se l'imagine communément. Ne regrette-t-on pas tout naturellement d'avoir fait de la peine à un père plein de tendresse ? Or, quand on connaît ce qu'est Dieu, ne peut-on pas voir chez Lui la bonté paternelle la plus grande ? Comment alors le regret de l'avoir peiné ne pourrait-il pas jaillir du cœur ?

Pour l'exciter dans l'âme des pénitents, le prêtre, après avoir entendu leur confession, ne doit pas se contenter de leur dire quelques paroles plus ou moins senties, de leur faire une exhortation vague sur un sujet religieux quelconque ; il lui faut toucher, émouvoir leur âme par des paroles vivantes que le pénitent saisisse immédiatement et qui courent sur lui comme un frémissement.

Le pénitent qui a la contrition parfaite peut sans doute se repentir de ses péchés parce qu'ils lui ont fait perdre le ciel et mériter l'enfer ; mais il s'en repent surtout parce qu'ils ont offensé Dieu, source de toute beauté, de tout bien, de toute bonté ; infiniment aimable et digne d'être infiniment aimé.

Supposez un fils qui a offensé son père. Il sait la punition dont il va être frappé mais ce n'est pas à cela qu'il s'arrête ni ce qui cause son chagrin. Cette punition, il la subirait même avec joie, si, par impossible n'étant pas coupable, son père voulait la lui infliger, mais ce qui brise son cœur, ce qui l'accabla de chagrin, ce qui remplit son âme d'amertume, ce qui le rend inconsolable, c'est sa faute elle-même, c'est d'avoir offensé son père, de lui avoir déplu, de lui avoir causé de la peine, à lui si bon, si généreux, dont il n'a éprouvé que de la tendresse, dont il n'a reçu que des bienfaits. Voilà une image de la contrition parfaite. Le père, c'est Dieu ; son fils, c'est le pécheur. Si le pécheur éprouve les sentiments de ce fils, il a la contrition parfaite.

2° La contrition imparfaite a pour motif la vue surnaturelle de la laideur du péché ou la crainte surnaturelle des châtiments qu'il mérite.

On appelle cette contrition imparfaite parce que ses motifs sont moins nobles et moins parfaits que les motifs de la contrition parfaite. Il est en effet moins noble et moins parfait de se repentir d'une faute par la crainte de la personne qu'on a offensée que de s'en repentir parce qu'on l'aime, qu'on lui a déplu et qu'on l'a affligée.

Cette contrition imparfaite est rigoureusement nécessaire

et en même temps elle suffit pour effacer le péché dans le sacrement de Pénitence.

La contrition est une grâce qui ne peut venir que de Dieu, que Dieu n'accorde qu'à ceux qui la demandent et qui font leur possible pour l'exciter dans leur cœur.

De là, double obligation pour tout pénitent qui se prépare à recevoir l'absolution : a) demander à Dieu la contrition par une fervente prière ; b) l'exciter dans son cœur en réfléchissant sur les motifs surnaturels de la contrition.

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