‹ Des sacrementsChapitre 73 sur 113 · MATIÈRE DE L'EXTRÊME-ONCTION · texte numérisé non relu

MATIÈRE DE L'EXTRÊME-ONCTION

La matière éloignée de l'Extrême-Onction est l'huile d'olive bénite par Pévêque et bénite spécialement le Jeudi saint pour les infirmes ; c'est pour cela qu'on l'appelle Oleum infirmorum.

La matière prochaine est l'onction faite avec cette huile des infirmes successivement et d'une manière continue sur chacune des parties du corps qui représentent les cinq sens, en même temps que l'on prononce les paroles de la forme qui expriment l'effet du sacrement.

1. — Par conséquent,- celui qui se servirait d'huile d'olive non bénite administrerait un sacrement nul ; s'il le faisait sciemment, il se rendrait coupable de péché grave ; dans ce cas, il lui faudrait réitérer le sacrement aussitôt que possible.

2. — Le prêtre ne doit pas seulement se servir d'une huile sainte, bénite d'une bénédiction quelconque, mais de l'huile spécialement bénite pour ces infirmes. Si donc un prêtre, par mégarde,dans son empressement à se rendre près d'un malade, prenait de l'huile des catéchumènes et s'apercevait de sa méprise avant de commencer les onctions, il devrait donner l' Extrême-Onction sous condition, si le danger est tellement imminent qu'il n'aurait pas le temps de se procurer de l'huile des infirmes. Plus tard, si la chose est possible, il devrait réitérer le sacrement.

3. — Le curé doit conserver avec soin l'huile des infirmes dans un vase d'argent ou d'étain, en un lieu propre et convenablement tenu, à l'église ou à la sacristie, et même au presbytère si celui-ci est trop éloigné de l'église. Sur le couvercle du vase, il est prudent de faire graver ces deux mots : Oleum infirmorum, ou au moins ces deux initiales : O.I., afin de ne pas la confondre avec l'huile des Catéchumènes ou le saint Chrême.

Tous les ans, il brûlera cette huile et il la remplacera par la nouvelle que l'évêque bénit le Jeudi saint. Si, pendant l'année, elle diminuait au point qu'il craignît de n'en pas avoir assez, il pourrait y mêler de l'huile d'olive non bénite, et cela même à plusieurs reprises, mais en quantité moindre que ce qui reste. Peu importe que par suite de ces additions, l'huile non bénite soit à la fin en plus grande quantité que l'huile bénite, le sacrement administré avec cette matière n'en est pas moins valide.

4. — Les curés sont obligés de faire renouveler les saintes huiles chaque année, et celui qui négligerait de le faire commettrait uns faute grave. Il ne leur est pas permis de se servir des anciennes qu'autant qu'il y a impossibilité de se procurer les nouvelles ; ils doivent donc pourvoir à se munir des saintes huiles le plus tôt possible après leur consécration le Jeudi saint. Dans chaque mission, il doit y avoir un jeu de trois petites fioles à ce sujet. Il faut les envoyer à temps à l'évêché, même par la poste quand elles ont été vidées. On ne peut cependant les retourner plaines par la poste.

5. — -Le prêtre doit faire successivement et d'une manière continue, sur chaque partie du corps qui représentent les cinq sens, toutes les onctions prescrites par le Rituel romain. Elles sont au nombre de sept : 1° sur les paupières ; 2° sur les oreilles ; 3° sur les narines ; 4° sur les lèvres ; 5° sur les mains ; 6° sur les pieds ; 7° sur les reins. Cette dernière s'omet toujours pour les femmes ; même l'usage a prévalu de l'omettre pour les hommes, à cause des inconvénients qui se rencontrent presque toujours. L'onction sur les pieds peut aussi être omise avec une cause raisonnable.

Toutes les onctions qui correspondent aux cinq sens sont obligatoires sub gravi.

En cas de mort imminente, on ne fait qu'une seule onction, sans même énumérer les sens, en disant : Per istam sanctam unctionem, indulgeat tïbi Dominus quidquid deliquisti. Amen. Si le malade survit, on récite les prières omises qui précèdent et suivent les onctions. Il convient que cette seule onction soit faite à la tête.

6. — Le prêtre doit faire les onctions avec le pouce de la main droite, à moins qu'il ne soit malade. Il n'est permis de se servir d'une spatule que dans le cas d'une maladie concagieuse. Dans le cas où l'on se servirait de spatule, il faudrait la changer à chaque onction pour ne pa; contaminer les saintes huiles.

Page 1