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L'EXTRÊME-ONCTION

NATURE DE CE SACREMENT

La religion a reçu l'homme à sa descente clans la vie ; elle l'a fait enfant de Dieu par le saint Baptême et l'a engendré à la vie surnaturelle ; elle l'a armé soldat de Jésus-Christ par la Confirmation ; eUe a entretenu en lui la vie divine par la sainte Eucharistie ; elle l'a relevé de ses chutes et guéri de ses meurtrissures par la Pénitence.

Après l'avoir ainsi accompagné dans tout le cours de son pèlerinage terrestre, l'abandonnera-t-elle ensuite au terme de sa course ? Et quand l'homme sera arrivé à la porte de l'éternité, cette bonne Mère pourra-t-elle le laisser se débattre tout seul, sur sa couche de douleur, dans les angoisses de la dernière lutte contre la mort ?

Non, l'Église redouble alor^ de sollicitude et de tendresse ; elle s'assied au chevet du pauvre moribond, l'encourage par de saintes pensées, lui montre le ciel entr'ouvert au-dessus de sa tête ; elle l'a pris au berceau pour l'introduire dans la vie de la grâce ; elle doit être près de son lit d'agonie pour l'introduire, par un sacrement spécial, dans le monde de la gloire.

Saint Jacques écrivait aux premiers chrétiens : "Si quelqu'un d'entre vou6 est gravement malade, qu'il fasse venir les prêtres de l'Église pour prier pour lui et lui faire, au nom du Seigneur, des onctions avec l'huile sainte ; cette prière de la foi sauvera le malade, lui vaudra des grâces de réconfort et s'il a des péchés, ils lui seront remis. "

Remercions Dieu d'avoir ainsi préparé un sacrement pour

chacune des grandes circonstances de la vie et de n'avoir pas oublié le pauvre malade que la mort guette déjà.

Un sacrement avait ouvert à l'homme les portes de la vie, un sacrement les referme. La religion le balança dans le berceau de la vie ; ses mains maternelles l'endorment dans le berceau de la mort.

- Ce sacrement que saint Thomas appelle fort justement : sacramentum ultimum et consummationis totius spiritualis curationis, a pour but d'achever la purification de l'âme, en faisant disparaître les restes du péché, d'obtenir la rémission des peine? dues au péché, de remettre le péché lui-même. De plus, il affermit le moribond contre le suprême combat de la dernière heure et souvent procure un réel soulagement corporel. Salvabit et alleviabit eum Dominus.

Les prêtres se feront donc un devoir :

1. — • D'expliquer aux fidèles confiés à leurs soins la nature de l'Extrême-Onction, ses effets salutaires et les grâces qu'elle communique à ceux qui la reçoivent.

2. — De combattre cette fausse persuasion, malheureusement trop répandue que l'administration de ce sacrement peut accélérer l'heure de la mort. Ils leur rappelleront que l'Extrême- Onction ne fait pas mourir, que, dans bien des cas, elle aide, au contraire, à vivre, et que, tout en recourant aux prescriptions, de la médecine humaine, ils doivent se souvenir que Dieu, dans sa miséricorde, a une thérapeutique toute céleste en notre faveur et que souvent des remèdes divins ont une merveilleuse efficacité là où les remèdes humains ont tout à fait échoué.

Malheureusement, de nos jours, les parents, les amis, ceux qui entourent le lit des malades, par une méconnaissance regrettable de leur devoir et sous le détestable prétexte de ne pas causer de trop vives émotions, ou se taisent quand il serait urgent de parler et de parler clair, ou même, ce qui est pire, abusent et trompent les malades. Aussi quand ils songent au

sacrement de l'Extrême-Onction, parfois il est trop tard et la mort a déjà fait son œuvre ; parfois, quand le prêtre arrive, au lieu de trouver un malade qui jouit encore de tout son esprit, de toute sa raison, qui peut apporter une foi vive et de bonnes dispositions à la réception du sacrement, il ne trouve qu'un agonisant qui se débat dans une lutte pénible, complètement effaré, incapable de tout acte religieux.

Les prêtres ne négligeront donc rien pour assurer la réception la plus digne de ce sacrement : Omni studio et diligentia periculosè aegrotantibus adhibendum est.

Pour administrer ce sacrement, ils n'attendront pas que le malade soit au dernier moment, alors que la vie s'en va et que les ombres de la mort s'étendent sur l'intelligence au point de rendre les pensées imprécises et les sentiments inefficaces. Ils feront en sorte, au contraire, que les fidèles reçoivent ce sacrement en pleine possession de leurs facultés : Ad uberiorem sacramenti gratiam perdpiendam. Le Catéchisme romain dit : " qu'ils pèchent très gravement ceux qui attendent pour donner l'Extrême-Onction à un malade qu'il ait perdu tout espoir de guérison et commence à perdre l'usage de ses sens. "

Ils administreront l'Extrême-Onction immédiatement après le saint Viatique, quand le malade a toute sa connaissance. Celui-ci alors pourra s'y préparer et en recevoir les effets dont l'un d'entre eux est souvent la guérison. Us habitueront ainsi leurs paroissiens à constater que l'on ne meurt pas toujours après avoir reçu ce sacrement et ces fidèles finiront par ne plus le redouter.

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