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APRÈS LA MESSE

La présence réelle de Jésus-Christ en nous, lorsque nous venons de consommer le sacrifice par la communion, l'état d'anéantissement et d'immolation dans lequel il se trouve, état si propre à toucher son Père et à nous toucher nous-mêmes, les dispositions de son cœur qui nous sont alors surtout favorables, tout concourt à faire des premiers instants qui suivent la célébration des saints mystères, le temps le plus précieux de notre vie. On sait qu'au jugement de sainte Thérèse, il n'en est point où nous puissions si facilement enrichir notre âme de vertus, aussi rapidement nous élever jusqu'à la perfection. " Jésus-Christ, disait-elle, est alors dans l'âme comme sur un trône de grâces et il nous dit : Quid vis ut tibi faciam ?

C'est le sentiment des docteurs que les actes de vertus produits immédiatement après la communion ont un mérite spécial, une valeur particulière, comme étant produits par une âme substantiellement unie au Fils de Dieu. Tout ce que nous faisons dans ces heureux moments par l'inspiration de Celui qui devient la vie de notre vie, l'âme de notre âme, Jésus-Christ

le fait avec nous : nous adorons, Il adore ; nous remercions, Il remercie ; nos actes, comme les siens avec lesquels ils se confondent, sont en quelque sorte théandriques ou divinement humains ; et voilà ce qui attire, ce qui fixe sur nous les regards et la complaisance du Seigneur.

Que tout disparaisse à vos yeux, que tout se taise en présence d'une majesté si grande et tout à la fois si aimable : Sileat a jade ejus omnis terra, Dominus in templo sancto suo. Retirés avec Jésus dans le sanctuaire de votre cœur, restez aussi longtemps que vous pourrez dans un silence de respect et d'admiration, contemplant en vous le roi de l'univers. Arrêtez devant Lui et suspendez tous les mouvements de votre âme, laissant sa substance adorable pénétrer, transformer toutes vos puissances, prendre possession de tout vous-même et substituer sa vie divine à votre vie humaine. Qui manducat me, vivet propter me. Ensuite, épanchez-vous en cantiques de joie et de reconnaissance. Que tous vos sens, que toutss vos facultés disent à Dieu : " Seigneur, qui est semt^able à vous en bonté, en condescendance, en charité ?

Adorez Jésus-Christ en vous et adorez-le d'autant plus profondément qu'il y est plus humilié pour vous.

Remerciez-le de s'être donné à vous sans restriction, sans réserve : Dilexit me et tradidit semetipsum pro me.

Dites que vous l'aimez, que vous voulez l'aimer encore davantage. Que ferez-vous de votre cœur si vous ne le donnez pas à Celui qui emploie des moyens si puissants pour l'obtenir ?

Offrez- vous à lui comme il se donne à vous. Servez-vous de ses inépuisables trésors pour pa}'er toutes vos dettes et dans cette vue offrez-le à son divin Père. Vous devez tant d'adoration à ses grandeurs, de reconnaissance à ses bienfaits, de satisfaction à sa justice ! Si vous n'aviez pas Jésus, vous auriez raison de vous troubler à la pensée de votre indigence ; mais avec lui, vous avez tout. Il vous a été donné pour suppléer à ce qui vous manque ; vous n'avez rien à craindre.

Priez-le avec confiance. Toute puissance vous a été donnée au ciel et sur la terre et vous l'exercez par la prière. On peut vous appliquer en ce moment avec quelque proportion ce que les saints docteurs ont dit du pouvoir sans bornes de Marie : Omnipotens supplex. Priez Dieu en lui offrant le riche présent que vous avez reçu de lui ; appelez sa bienveillance et sa compassion sur les diverses maladies de votre âme. Quand vous lui aurez adressé toutes vos demandes pour vous et pour tous ceux au bonheur desquels vous avez des raisons particulières de vous intéresser, reposez-vous doucement dans son Cœur adorable, vous unissant intimement à tout ce qu'il fait en vous pour la gloire de son Père ; cessez d'agir pour le laisser agir seul en vous ; cessez de vivre de votre propre vie pour vivre uniquement de la sienne.

Et que cette action de grâces se prolonge toute la journée. Le Père Eudes aurait voulu avoir trois éternités : la première, pour se disposer à bien dire la sainte messe ; la seconde, pour la célébrer ; et la troisième, pour en rendre grâces.

Célébrons donc toujours la sainte messe avec respect et dévotion. Rappelons-nous toujours que c'est l'action la plus grande, la plus sainte à laquelle un homme puisse s'appliquer. Considérons qu'une messe célébrée avec ferveur est un trésor infini et pour celui qui la dit et pour celui qui l'entend. Un prêtre qui offre chaque jour le saint sacrifice avec la dévotion voulue, recevra toujours de Dieu de nouvelles lumières et de nouvelles forces ; Jésus-Christ l'instruira, le consolera, lui accordera toutes les grâces qu'il désire.

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