LE MARIAGE
NATURE DE CE SACREMENT
Saint Paul, dans son Épître aux Ephésiens, appelle l'union de l'homme et de la femme contractée en face de Jésus et de son Église un grand sacrement : sacramentum hoc magnum est, ego dico in Christo et in Ecclesia. C'est un symbole sacré ; ce n'est pas un simple contrat civil ou naturel. C'est pour cela que dans son Encyclique sur ce sacrement, Léon XIII rappelle que le mariage est " siiâ vi, suâ naturâ, suâ fonte, sacrum, sacré de lui-même, par sa nature et de son propre fond. "
Le même Apôtre s'adressant aux époux d'une communauté chrétienne qui était à ses débuts, leur disait : " Aimez votre épouse comme le Christ a aimé l'Église, en donnant sa vie pour elle. "
En ces quelques mots, le grand Apôtre dont on a dit : Cor Pauli, cor Christi, le cœur de Paul est le même que celui du Christ, traduit de la façon la plus expressive, la pensée de son Maître. Le principe du mariage chrétien est dans le cœur : aimez ; mais comment ? comme Jésus-Christ a aimé son Église, en donnant sa vie pour elle ; les époux doivent donc aimer en mettant leur félicité dans la félicité d'autrui ; ils y trouveront leur joie, mais en faisant d'abord celle des autres.
Quant à l'épouse, il y a dans les premières pages de nos Livres sacrés un mot qui la place à son vrai rang, beaucoup mieux que ne sauraient le faire les féministes modernes.
Dieu déclare qu'il veut donner par elle à l'homme " adjuto-
rium sibi simile, un aide semblable à lui, " un aide pour voir ensemble, du même regard, le chemin à parcourir et le but à atteindre ; un aide pour soutenir mutuellement leurs deux volontés au milieu des aspérités du chemin, un aide pour unir leurs deux cœurs dans la commune recherche du bien et du beau.
La vie posée sur le fondement de l'affection mutuelle, du dévouement, de la condescendante patience pour supporter les défectuosités de chacun et les épreuves inévitables, ne serapeut-être pas toujours heureuse, bonne et belle. Les deux cœurs seront unis et pour jouir de la vie et pour lutter ensemble dans les heures difficiles.
" Quelle alliance, écrit Tertullien, que celle de deux chrétiens portant le même joug, réunis dans une même espérance, dans une même discipline, dans une même servitude ! Tous deux ils sont frères, serviteurs du même maître, ne formant qu'un même esprit aussi bien qu'une seule chair. Ils prient ensemble, ils se prosternent ensemble, ils jeûnent ensemble, s'instruisent, s'encouragent l'un l'autre et se supportent mutuellement. Ils sont ensemble dans l'église de Dieu, ensemble au banquet divin. Nul secret à se dérober ; leurs aumônes se font sans dispute ; leurs sacrifices sans scrupule, leurs pratiques sans entrave. . . Ils font résonner ensemble les hymnes et les psaumes ; leur unique rivalité, c'est à qui chantera le mieux les louanges du Seigneur. "