PROCLAMATION DES BANS
A moins d'une dispense ou d'un cas d'urgence, qui ne souffre pas de retard, la publication des bans est nécessaire, de nécessité de précepte, mais non pour la validité du Mariage.
Les bans de Mariage sont la proclamation publique que deux personnes ont l'intention de contracter Mariage ensemble. On
fait cette proclamation afin de connaître s'il n'y a aucun empêchement à ce que ce Mariage ait lieu.
Pour les Mariages mixtes, on omet la publication des bans.
La proclamation des bans doit se faire consécutivement trois dimanches ou jours de fêtes de précepte.
La publication doit se faire à la messe principale. Toutefois, bien que ce soit irrégulier, le curé, en cas d'oubli d'une publication, oubli impossible à réparer en temps opportun avant le Mariage, pourrait faire la publication à Vêpres ou devant une assemblée notable de fidèles réunis pour une cérémonie quelconque.
L'omission coupable de deux bans est regardée comme une faute grave ; il n'en est pas de même s'il s'agit d'une publition à condition cependant qu'elle ne soit pas la seule, par suite d'une dispense. Il faudrait dans ce cas recourir à l'évêque ; mais si cela ne se peut, il y a lieu de célébrer le Mariage au jour fixé.
Si les deux contractants sont de paroisse différente, la publication des bans se fera dans les deux paroisses respectives. De plus, les deux curés ne procéderont au Mariage qu'après s'être notifiés mutuellement de l'absence de tout empêchement. En d'autres mots, le curé du futur doit avertir le curé de la fiancée qui bénira le Mariage, et lui faire savoir que son paroissien est libre d'empêchements ; ayant reçu cette notification, le curé de la fiancée, après avoir dûment examiné celleci et l'avoir trouvée libre aussi, invitera son collègue à publier les bans et fera de même de son côté.
Le Mariage prochain sera annoncé en langue vulgaire et à haute et intelligible voix. Il faut déclarer le nom et le prénom de chaque fiancé, indiquer sa paroisse d'origine et d'habitation, sa condition de célibat ou de veuvage et ajouter, s'il y a lieu, le nom de son premier époux ou de sa première femme. Il faut mentionner aussi éventuellement la dispense des empêchements publics, la dispense d'un ou de deux bans et préciser à chaque
fois le ban qu'on proclame : premier, deuxième, troisième. Enfin il faut avertir les fidèles de l'obligation où ils sont de révéler les empêchements qu'ils pourraient connaître.
Le curé peut omettre les bans et bénir un Mariage dans un cas d'urgente nécessité où il faut procéder au Mariage sans avoir le temps de faire les publications ni de recourir à l'évêque ; mais cette nécessité urgente ne se présente guère qu'au lit de mort d'un concubinaire dont il faut régulariser la situation par le Mariage. Si, après coup, le malade se remet, l'affaire doit être référée à l'évêque qui pourra dispenser de cette publication des bans dans la supposition que l'absence d'empêchements soit suffisamment certaine.
C'est à l'évêque à|donner la dispense pour la proclamation des bans et il doit avoir une cause légitime pour l'accorder. Benoît XIV l'exige quand il avertit les évêques " qu'ils n'ont pas la faculté de dispenser à tout coup et sans discernement, mais seulement de procéder avec prudence et avec des motifs légitimes ".
Pour ce qui regarde la gravité de la cause, il faut une raison plus grave pour dispenser de trois bans que d'un ou de deux.
On ne peut, d'après la loi civile, célébrer un Mariage sans les trois publications de bans, à moins d'avoir obtenu une licence de l'officier civil. Donc si l'on a fait qu'une ou deux proclamations, il faut exiger la licence ; mais les trois publications peuvent être faites à deux dimanches consécutifs pour satisfaire aux exigences de la loi civile.
Il est bon d'exiger cette licence, quoique les bans aient été publiés, toutes les fois que les conjoints ou l'un d'eux ne seraient pas bien connus et que l'on aurait quelque doute sur leur condition.
Les curés de cet archidiocèse ont la faculté d'accorder la dispense d'une ou de deux publications des bans de Mariage, et c'est leur devoir d'ériger les componendes ordinaires. Ils doivent toujours demander lajiispense des trois bans.