INTRODUCTION
Les sarcomes du corps de l'utérus sont d'observation relativement rare. Et l’on peut très bien se rendre compte, si nous citons quelques chiffres, que ces néoplasmes s'offrent à l'intervention opératoire en bien moins grand nombre que l'épithélioma ou le fibrome. C'est ainsi que, d'après Piquand et Von Franqué, l’on ne rencontrerait qu'un sarcome pour vingt épithéliomas ; et pour Gessner, la proportion serait de un pour quarante.
Par rapport aux fibromes, la fréquence des tumeurs, que nous étudions aujourd'hui, n’est pas plus considérable. Mais, sur ce point, les différentes statistiques montrent seulement Les rapports numériques entre le fibrome pur et ce même néoplasme, sur lequel est venu se greffer un processus sarcomateux, tumeur mixte en somme que l'on désigne sous le nom de fibro-sarcome. Et Piquand donne alors le chiffre de deux fibromyomes deve-
nus sarcomateux sur 100 observations de fibromes. Martin et Howard A. Kelly (1909) offrent les nombres, l’un de 6 sur 205, l'autre de 17 sur 1.400.
Quoi qu'il en soit, la rareté indiscutable de cette affection ct sa connaissance encore bien imparfaite expliquent le pen de place que lui accordent les différents traités de gynécologie. C’est en partie pour combler ces lacunes que nous avons entrepris cette étude des sarcomes de l'utérus; et quelques observations, recueillies à Bordeaux dans les différentes cliniques gynécologiques, nous ont servi de base dans l'élaboration de cette thèse. |
Nous n'avons point la prétention de faire de cette question une histoire complète et définitive ; nous avons cherché surtout à faire œuvre utile en rassemblant sur la question des documents suffisants pour éclairer un peu ce point encore obscur de la gynécologie.
C'est par M. le professeur Chavannaz que cette mise au point nous à été inspirée. Il a bien voulu nous aider et nous conduire dans nos recherches. Puisse ce modeste travail, que nous livrons à nos juges, répondre à l'intérêt qu'il nous a toujours témoigné et pour lequel nous ne saurions avoir trop de reconnaissance.
Nous ne devons pas, non plus, oublier l'accueil que nous avons toujours rencontré auprès de nos anciens chefs de service et professeurs, MM. les docteurs Bégouin et Villar, qui ont bien voulu mettre à notre disposition les cas de sarcomes rencontrés dans leur clinique hospitalière. Nous leur adressons ici l'hommage de notre profonde reconnaissance.
Nos bien sincères remerciements vont aussi à M. le docteur Pierre-Nadal, pour l’amabilité avec laquelle il nous a toujours reçu, et pour les précieux conseils qu'il a bien voulu nous prodiguer.
Nous ne saurions non plus oublier MM. les docteurs Brandeis et Peyre, qui nous accueillirent avec une grande bienveillance en nous communiquant certains résultats histologiques, certaine observation clinique.
Nous ne donnerons pas ici le plan de notre sujet, qui est celui de toute question de pathologie; nous dirons cependant que notre étude porte sur les deux formes de sarcomes que peut présenter le corps de l'utérus, le sarcome qui se développe dans la muqueuse, et celui qui évolue dans le parenchyme utérin, dans la musculeuse.