‹ Des Sarcomes du Corps de l'UtérusChapitre 6 sur 28 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Aperçu historique.

La connaissance des sarcomes utérins est de date relativement ancienne. Vers 1816, Wenzel et Valentin, en 1837, remarquèrent certaines tumeurs utérines à évolution rapide et leur aspect différent du tissu musculaire voisin; ils se servirent du terme de « dégénérescence sarcomateuse » pour désigner ce phénomène, mais sans attribuer à ces mots un autre sens que celui de « malignité ».

Parallèlement, ou un peu ultérieurement à eux, on observait des faits semblables dans les différentes cliniques étrangères, en Angleterre surtout, avec Hutchinson (1857) et Callender (1858) ; et ces derniers ajoutèrent à cette idée de « malignité » déjà émise sur ces tumeurs, en observant dans des organes éloignés des noyaux métastatiques de même origine que la néoplasie utérine.

Plus tard, vers 1865, avec Virchow, on voit Les études sur les sarcomes utérins s'orienter vers une voie nouvelle, la recherche de la constitution histologique de ces néoplasies. Voyant que celles-ci apparaissaient souvent dans l'intimité ou dans le voisinage de ce qu'il désignait sous le nom de fibrome, Virchow admit un rapport étiologique étroit entre les deux affections. Pour lui, la même origine conjonctive devait leur être attribuée ; le sarcome utérin n'était que la prolifération de cellules « embryonnaires » formées aux dépens du tissu interstitiel.

Plusieurs admirent en Allemagne cette hypothèse (Veit, 1867; Gusserrow, 1870; Hégar, 1871; Rogivüe, 1876), ainsi que Dave-

rac, Terrillon en France. En Angleterre, de nouveaux cas de sarcomes utérins étaient publiés sous la dénomination de «recurrent fibroïds » ou fibromes récidivants (Finlay, 1883).

Plus tard (1894), Pilliet et Costes tournèrent leurs recherches vers une autre théorie histogénique. Pour eux, ces formations atypiques, greffées sur un fibrome, devaient avoir uniquement leur origine dans une prolifération des éléments endothéliaux, vasculaires ou lymphatiques.

Cette opinion, admise par Les uns, fut rejetée par d’autres, et l'hypothèse d'un « cancer musculaire lisse » fait son apparition avec Paviot et Bérard, en 1897, tandis que Kleinschmidt, Von Kahlden et Claisse, dans sa thèse de 1900, défendent toujours les idées de Pilliet sur l'origine vasculaire des sarcomes.

Mais cette théorie musculaire n'élait, en somme, que la résultante d'une hypothèse déjà émise par Bard, la notion de la « spécificité cellulaire » de chaque tumeur. Pour cet histologiste, en effet, {tous les types cellulaires de l'économie peuvent donner naissance à des néoplasmes, et chacun d'eux possède une série de tumeurs qui lui est propre. Paviot et Bérard, s'emparant alors de cette idée, l'appuyèrent en publiant leurs cancers musculaires. Devic et Gaillavardin signalèrent aussi la présence possible de myomes malins de l'utérus, en rapportant un cas de « leiomyome utérin ». Actuellement 1l est fréquent de lire, surtout dans les publications médicales Iyonnaises, et sous les noms de Pollosson, Violet, Alamartine, des observations de « sarcomes utérins » dont la constitution n'est autre qu'un ensemble de cellules musculaires.

Nous ne nous arrêterons pas plus longtemps sur cette question historique si rapidement esquissée; car, dans l'histogenèse, nous serons obligé de revenir et de nous étendre sur certains points de ce court chapitre.

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