‹ Des satyres, brutes, monstres et démonsChapitre 35 sur 130 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

ne sont pas, qu'en voulant expliquer ce qu'elles sont, comme la matière première, les formes substancielles des estres, et la nature de Dieu, selon Denys l'Areopagite. Mais pour les Satyres nous espérons faire veoir ce qu'ils sont, avec autant de facilité, comme nous croyons avoir prouvé ce qu'ils ne sont point.

Peu après la mort de Jules César, le peuple de Rome cerchant de tous costez ceux qui l'avoient assassiné, un nommé Casca, craignant, non sans raison, d'estre pris pour un autre Casca qui trempoit en cette malencontreuse conspiration, tout ainsi que Helvius Cuma avait esté pris et tué pour Cuma l'un des conjurez, fit proclamer à haute voix et afficher publiquement de quelle famille il estoit, et qu'il se nommoit Caius Casca, et non pas Servilius Casca. De mesme, afin que l'on puisse réduire facilement tous les Satyres chacun en son espèce, sans que la semblance du nom apporte obscurité ny confusion enlacog-

noissance que nous en recherchons, etles face prendre les uns pour les autres, il semble estre nécessaire de traiter séparément de leur nature, et monstrer clairement en quoy ils différent.

Tous Satyres, pour en parler en gênerai, doivent estre réduits sous trois principaux chefs, et divisez en trois espèces. La première, est de ceux que l'on sçait estre animaux irraisonnables, de la nature des Singes. L'autre, de ces monstres d'abomination engendrez d'homme et de chèvre. Et sous la dernière, doivent estre compris tous les fantosmes revestus de cette apparence, sous laquelle les Démons ont estonné tant de peuples, et esté adorez comme Dieux par les Payens. Et de ces trois sortes de Satyres, Singes, Monstres, et Démons, nous avons à traitter en ce discours. Que s'il se rencontroit d'aventure, comme il se peut faire, quelques prodiges nez d'homme et de femme, dont la figure retirast en quelque chose sur le corps

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