‹ Des satyres, brutes, monstres et démonsChapitre 4 sur 130 · X ÉPISTRE · texte numérisé non relu

X ÉPISTRE

trueux, et le discours si foible? Direç-vous pas qu'il le faut précipiter dedans quelque Dépositaire, et, me fermer la bouche d'un éternel silence? Mais quand il me souvient que vousmesme, quelque estrange difformité qui soit aux Satyres, avec bien daigné vous en entretenir, et tesmoigner par vos paroles quelle estoit votre curiosité : cela mesme qui m'a donné le courage d'entreprendre ce petit ouvrage, me confirme en la croyance qu'il ne vous sera point désagréable. Ce n'est pas que je m'ose promettre de résoudre tous les doutes qui se veuvent rencontrer en ceste matière, et en donner une entière intelligence. La cognoissance de mon incapacité m'en oste la présomption, et la difficulté du subject l'espérance de le pouvoir faire. Mais seulement affin que prenant ceste occasion pour vous offrir, avec les prémices de mes estudes, les vœux de vous servir, qui sont naturels en la famille dont je suis sorty, je puisse recevoir l'honneur d'estre recognu autant d'affection que de naissance,

Page 1