‹ Des sciences occultes; ou, Essai sur la magie, les prodices et les miracles; (volume 2)Chapitre 35 sur 80 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Enumération des merveilles que la pratique des science» occultes donnait au Thaumaturge la possibilité d'opéré-.

Le théâtre où se réunissent tant de prodiges pour éprouver le courage des initiés , subjuguer leur raison , exalter leur enthousiasme , récompenser leur constance , le sanctuaire va s'ouvrir. Soumis depuis plusieurs* jours à des préparations variées dont on lui cache le but , dont les formes religieuses lui dérobent même la nature , l'aspirant est entré dans une carrière de miracles, dont il ne connaît point l'issue , dont il ignore s'il lui sera permis de sortir vainqueur.

Immobile d'abord , et comme enchaîné au sein de ténèbres aussi profondes que celles

des enfers , si , par moipens , de vifs éclairs ATÎenpent fenjdre la nuit qi^i Tenvironne , c'est pour lui en découvrir Tl^prreur. A leprs feux eflrayans , il entrevoit , sans pouvqir les discerner , des figures mpnstrujeuses , des spectres ; il ejitend près de lui siffjer les serpens, hurler les bétcs féroces, les rochers s'écrouler avec fracas^ et l'écho répéter et. prolonger au loin ces bruits épouvantables. Dans un intervalle de calme, telle est encore son émotion qu'uq bruissement léger, un son agréa- \>le , Ip font tressaillir ( i ). . . La scène s'éclaire, et soudainemei^t, il voit changer, autouf d^ lui , l'aspect des lieux et leur décoration ; la terre; tremble sous ses pas et tantôt s'élève en montagne , pt tantqt s'abîme en uf^ gouffre profppd ; il se sent lui-même enlever ou entraîner atep rapidité ; et ripn ne lui révèle à quelle impulsion il obéit. Sous ses yeux , les peintures et le^ n^arbres semblent s'animer ;

(i) J^ai emprunté ces traiu à la peinture éminemment |>oeti<{iie que fait Pauteur du Litfre de la Sagesse j (Chap. xtii) des terrcurf qi^ t^prmentèrènt les Egypticna durant trois jours de ténèbres... Dans tout autre ouvrage, on croirait lire une description des t«rreiir« auxquelles le récipiendaire était, ezpoaé dans les épreuves de Hniriation.

273 DBS SCIENCES OCCltLTBS.

Quelque éclatantes que soient ces merveil*

les , elles ne paraitront tien k, l'initié , au prix

des connaissances qui lui sont résëKées ^ si sa

naissance , soii courage , son aète ^ son génie

rappellent k prendre place un jour dans les

rangs les plus élevéi du siaeerdèce. Tout ce

qui Fa frappé d'admiration ^ il saurai Topéref

lui-même; et le secret de merveilles encone

plus importantes lui sera révélé.

' Ministre d'une divinité totir-à-tour bifenfaî*

santé et vengeresse ^ mais toujours toc^te pui»-

sanie^ l'homme et les éiémens ('obéiront.

Tu étonneras lai multitude en t'abstenant de

noiiJ*riturê ; et tù la pénétreras de necotinais^

sance en rendant saine la bbissèn impure que

l'excès de la soif là force d'accepter. Tu troii^

bleras l'esprit des Nomades ; tu les ploi^eras

dans une sthpidité animale ou dans une rage

féroce ^ pu tu leur feras oublier leurs' maUx , tu

les affranchiras du poàfvdir de la douleur^ tu

exalteras jusqu'au fanat^me leur audace et

leur docilité ; tu combleras , dans des tbioua 9

leurs désirs les plus ardens ; souvent même.,

»ai!i8 mterm^diaire matériel , maître de leur

imagintation ^ tu agiras* sur leurs aenë.) tu dch*

mineras leur volonté. Arbitre de leurs dif-

férens ^ tu n'auras pas besoin , comme eux ^ d'interroger des témoins , de balancer des déclarations : une épreuve simple te sufïira pour distinguer Tinnocent et l'homme véri-. dique ^ du criminel et du parjure ^ atteints ^ devant toi , d'une mort douloureuse et inévitable. Dans leurs maladies , les hommes t'imploreront, et à ta voix, le secours du Ciel dissipera leurs maladies ; tu arracheras même à la mort sa proie déjà saisie. Malheur à qui t'offenserait!, Tu frapperas de lèpre, d'aveuglement , de mort , les coupables ; tu défendras à la terre de leur donner ses fruits; tu empoisonneras l'air qu'ils respirent ; l'air , les Tapeurs te fourniront des armes contre tes ennemis. Le plus terrible des éléraens, le feu deviendra ton esclave : il naîtra spontanément à ta voix, il éblouira les yeux les plus incré-' dules , et l'eau ne pourra l'éteindre ; il éclatera , terrible comme le tonnerre , contre tes victimes , et déchirant le sein de la terre , il la forcera à les engloutir , et à les lui donner à dévorer. Le ciel même reconnaîtra ton pouvoir : tu prédiras au désir et à la crainte , les . variations de l'atmosphère et les convulsions de la terre. Tu détourneras la foudre ; tu te

^74 I>^S SCIJBNCES OCCULTES.

joueras de ses feux ; et les hommes tremblans te croiront le pouvoir de la lancer sur leurs

têtes Tels sont les dons de la divinité

qui nous inspire ; tels sont les moyens de conviction par lesquels nous devons enchaîner au pied de ses autels ^ tous les hommes , quels que soient leurs rangs hors du temple , tous créés pour croire , adorer et obéir.

Ces promesses immenses ^ les sciences occultes ont su les remplir : mille fois Tœil attentif a vu ces miracles , quand Tenthousiasme défendait de remonter à leurs causes. Et nous aussi ^ à qui cette recherche est permise, à qui elle est prescrite, nous croirons à ces miracles, nous les admirerons dans la variété des connaissances nécessaires pour les produire : non que nous perdions de vue combien , dans l'ombre du mystère , il s'y mêlait d'adresse , de charlatanisme , d'imposture ^ nous-mêmes avons signalé ce honteux alliage ; mais, dégagé des impuretés qui le souillent , le métal précieux recouvre tout son éclat et toute sa valeur.

%^<^^t»%^fc%%%»>%%%»%l%l>%^l%V%%'»%>V%/%%%%%V%%%»%%^%%%tH%^i^»%,

Page 1