‹ Des sciences occultes; ou, Essai sur la magie, les prodices et les miracles; (volume 2)Chapitre 39 sur 80 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Hydrostatique : fontaine merveilleuse d'Andros ^ tombeau de Bélos ; statues qui versent des larmes ^ lampes perpétuelles. Chimie : liquides changeant de couleur 5 sang solidifié , se liquéfiant ; liquides in- 'flammablesj la distillation et les liqueui's alcoholiques connues autrefois , même hors des temples.

Des moyens plus simples et plus faciles à dévoiler, suffisaient pour changer en merveilles divines les jeux de la science occulte. On admirait , dans Tile d'Andros , une fontaine qui versait du vin pendant sept jours, et de Peau pendant le reste de Fannée (i). Avec des connaissances élémentaires en hydrostatique , on expliquera ce miracle , et celui qui, pendant un jour entier, fit jaillir une source

(1; Plin. Hist, nat, lib.ii.cap. io3.

d'huile à Rome , lorsque Auguste y rentra , après la guerre de Sicile (i); et aussi la merveille qui se renouvelait^ tous les ans, aux fêtes de Bacchus, dans une ville d'Elide : sous les yeux des étrangers qu'attirait en foule ce spectacle, on fermait trois urnes vides; et, quand on les rouvrait, elles étaient remplies de vin (2). En employant la machine à laquelle nous donnons le nom de Fontaine de Héron ( quoique probablement y elle n'ait été que décrite et non pas inventée par ce mathématicien), on aurait obtenu un miracle plus saillant : sous les yeux du spectateur, l'eau versée dans le réservoir aurait jailli, changée en vin.

On croit, avec beaucoup de vraisemblance, que la représentation de l'enfer des Grecs faisait partie de la célébration des mystères. Le supplice merveilleux des Danaîdes y de-

( I . Le faitn'a peut-être pas été présenté d*abord comme une merveille. Paul Orose, qui le rapporte (lib. 18. cap. 18 et ao), a pu être induit en erreur par les expressions figurées dont se seront servis les écrivains contemporains d'Auguste, pour célébrer une largesse analogue SLuxJbntaines de vin qui coulent dans nos places , aux jours dits de réjouissances publiques. a) Aihenae, Deipnosoph, lib. i. cap. 3o.

vait donc être offert aux yeux des initiés : un fait historique nous indique comment on y réussissait. Xerxés fait ouvrir le monument de Bélus. Le corps de ce prince y reposait, dans un cercueil de verre , presque entièrement plein d'huile. Malheur, disait une inscription placée à côté , malheur à celui qui, ayant ouvert ce tombeau , ne remplirait point le cercueil! Xerxés ordonne, sur-le-diamp , qu'on y verse de l'huile : mais, quelque quantité que l'on en verse, le cercueil ne se remplit pas. Ce prodige fut, pour Xerxés, Ip présage des désastres qui remplirent et terminèrent sa vie (i). Par un tube que dérobait aux yeux la position du cadavre, ou quelque autre obstacle moins remarquable , le cercueil communiquait avec un réservoir qui y maintenait l'huile à une hauteur constante , et dont le trop plein, s'ouvrantà cette hauteur , empêchait que l'huile la dépassât , et que le cercueil pût jamais se remplir.

La superstition changeait autrefois en une sueur réelle et miraculeuse, les gouttes

^i) Ktetias in Persicis. Mlian. Variar. Hitt. lib. xin cap. 3.

d'eau dont se couvrent les marbres , les lambris ) quand l'atmosphère.^ saturée de vapeur aqueuse, en abandonne une partie que le contact des corps denses fait repasser à l'état liquide : une telle métamorphose réussirait peu de nos jours, et dans nos climats humides où le prétendu prodige se renouvellerait trop souvent. Mais les historiens se joigneiît aux poètes pour assurer que les statues des héros, les images des Dieux ont visiblement versé des larmes, présages certains des calamités qui allaient fondre sur leurs concitoyens ou sur leurs adorateurs... La ferme volonté du Czar Pîerre-Ie-Grand fit cesser, à Pétersbourg, un miracle du même genre. Une image de la Sainte Vierge , peinte sur bois , pleurait abondamment , pour témoigner, disait-on , l'horreur que lui inspiraient les réformes entreprises par le Czar. Pierre découvrit et démontra lui-même au peuple le mécanisme du prestige : entre les deux panneaux dont se composait le tableau, était caché un réservoir rempli d'huile que la flamme des cierges allumés en grand nombre autour de l'image ^ échauffait et faisait filtrer par de petits trous ménagés à

l'angle des yeux (i). Par des artifices analogues, nous expliquerons la merveille de toutes les statues qui ont versé des larmes ; et aussi un miracle rapporté par Grégoire de Tours. Dans un monastère de Poitiers , cet historien vit l'huile d'une lampe allumée devant un fragment de la vraie croix, s'élever miraculeusement par-dessus ses bords, et, dans l'espace d'une heure , se répandre audessous en quantité presque égale au contenu du réservoir. La rapidité de son ascension croissait même en proportion de l'incrédulité que témoignait d'abord le spectateur (2).

Les érudits du XVI' siècle ont si souvent parlé de lampes perpétuelles , les adeptes ont si ardemment cherché à en retrouver le secret , qu'on peut supposer que quelque tradition motivait leur crédulité et soutenait la persévérance de leurs tentatives. Pour réaliser cette merveille , il fallait cependant remplir deux conditions en apparence impossibles : fournir à la combustion un aliment inépuisable ; et à cet aliment, un véhicule que

(i) LéTéque. Histoire de Russie. { ii' édition), tom. v. pag. 161 -16a.

(a) Greg, Turon. Miracid. lib. i. cnp. 5.

ta combustion ne détruisit pas. Rappelonsnous le miracle du tombeau de Bélus ; sur un point difficile à apercevoir ^ plaçons un tube qui fasse communiquer la lampe avec un réservoir inconnu aux profanes ^ et assez vaste pour que la consommation d'un ou même de plusieurs jours altère peu son niveau : la première partie du problème se trouve ré* solue. La seconde disparait devant l'invention ^ très-vulgaire aujourd'hui ^ des lampes sans mèche (i); invention dont TefTet tient à la même cause que les deux derniers miracles que nous avons cités , la dilatation de l'huile par la chaleur. Le soin de remplir régulièrement le réservoir caché n'aurait rien d'embarrassant ; et quant à celui de changer, en cas d'accident , le tube à l'orifice duquel l'huile dilatée s'enflamme , le Thaumaturge, pour y vaquer, saurait bien dérober quelques momens à l'attention des observateurs.

(i) Cei lampes servent de veilleuses. Mais il faut aToir soin d'en nettoyer fréquemment le tube, sinon elles sont sujettes à s'éteindre. On ne erscindrait pas cet inconvénient dans l'expérience proposée , oà la lampe brûlerait sans interruption : le tube ne s'olistrue que parce que l'huile , en partie décomposée , s'attache à ses parois y lorsque le matin on éteint la veilleuse* •

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L'emploi de la chaleur^ pour dilater Thuile ou tout autre liquide , appartient à une science différente de l'hydrostatique : nous sommes donc naturellement conduits à rechercher quelle fut l'étendue , ou plutôt ce que nous pouvons retrouver des merveilles que les anciens durent à l'emploi de la chimie.

Elysée corrige l'amertume des eaux de Jéricho (i), et celle d'un mets où l'on avait, par mégarde, mêlé de la coloquinte (2), en jetant dans les unes un vase plein de sel, et dans l'autre, de la farine. Si le sel était du natron y du carbonate de soude, il servit à précipiter des sels terreux , tels que l'hydrochlorate de chaux : le sel commun aurait suffi pour améliorer des eaux boueuses et corrompues. Quant à la coloquinte, le commentateur D. Calmet reconnaît que, suivant les médecins, l'amidon, la farine, et surtout la Carine d'orge , ont beaucoup d'efficacité pour en faire disparaître le goût insupportable.

Les œuvres d'Elysée sont d'une faible importance , si on les compare au miracle qu'o-

'1,1 Heg, lib. IV. cap. 2. v. 19-2^.

(1; Reg, lib, IV. c:ap. \. v. 3ç)-|i.

péra Moïse , lorsque , dans le désert de Mar^ unissant la science raisonnée à robservation , il adoucit l'amertume des eaux destinées à désaltérer les Israélites (i). Il ordonna, dit Joséphe (2) de tirer l'eau des puits, assurant que celle qui viendrait après serait douce : il savait qu'elle n'aurait pas le temps de se saturer des sels contenus dans le sable. Il y jeta ensuite (selon le récit de la Bible) (3) un morceau de bois amer ; suivant Philon , il montra ce bois aux Juifs , et leur comoianda de le jeter dans l'eau pour la rendre potable (4) ; soit , ajoute l'écrivain hébreu , que ce bois reçut alors du Ciel une telle vertu, soit qu^elle lui fut propre et qu^on Veut jusque alors ignorée. Tant que de pareils secrets ne sont pas devenus vulgaires , on sent combien leur emploi inspirera de reconnaissance

( I ) {«es rdigîeiix du cotcvent du Tor, en Palestine , montrent aux voyageurs douze fontaines dont les eaux sont chaudes et amères : ils assurent que ce sont les sources d'Elim dont l*eau fut rendue douce par Moïse. (ThéTenot. Foyage fait au Levant^ etc. Paris iG65.) pag. 3i7-3i8.

(a) Flav, Joseph, Ani,Jud* lib. m. cap. i.

l3) Esod. cap. XV. v. 35.

(4) Philo, fud. JDe vitâ Mosis, lib. u

BBS SCIENCES OCCULTES. 329

et d'admiration , en des contrées où la nature refuse presque partout une eau potable aux besoins de l'homme. La propriété de précipiter le limon et les bases des sels terreux que l'eau , ainsi recueillie , ne pouvait nianquer de contenir , appartient , en effet , à divers bois amers, et particulièrement au laurier-rose ( rhododaplmé ) , arbre auquel la plupart des savans hébreux attribuent le miracle (i). On aime à voir ainsi l'observation d'un fait naturel suffire pour sauver de la mort une horde nombreuse , remarquable d'ailleurs dans les annales du monde , et par sa civilisation première dont l'empreinte subsiste jusque sur ses derniers descendans, et par cette religion nouvelle, qui, sortie de son sein, a parcouru un tiers de la terre habitée , laissant partout la trace de son influence puissante sur la civilisation des peuples et la destinée des hommes.

Passant à des notions plus relevées, nous

(i) Nenum-Oleander. L« Voyez sur ce sujet la Disserta iion de M. Virey; Jmsmal de Pharmacie. iSiS. pag. 365-

33o DES SCIENCES OCCULTES.

rappellerons l'exemple d'Aclepiodote qui reproduisit chimiquement le gaz délétère qu'exhalait une grotte sacrée (i) : il prouve que l'on n'était point étranger, dans les temples^ à une science si féconde en miracles. D'autres faits nous le confirment. Chef d'une de ces sectes qui , aux premiers siècles de l'église , s'efforçaient d'amalgamer au christianisme , les dogmes et les rites d'initiations particulières , Marcos remplissait de vin blanc trois coupes d'un verre transparent ; et pendant sa prière, la liqueur, dans^l'une des coupes, devenait semblable à du sang , dans l'autre , pourpre , dans la troisième, bleue de ciel (2). En regard de cette merveille , que Marcos avait sans doute empruntée aux mystères de quelque temple,, nous mettrons une merveille contemporaine. « Le professeur Beyruss , à « la cour du duc de Brunswick , avait promis « que son habit deviendrait rouge pendant le « repas ; ce qui eut lieu à l'étonnement du

,1} Ci-iles8iiâ. chap. 8. pag. aiS-aiG.

(i) S. Epiphan. contra Haeres, lîb. i. totn. 3. contra Marcosios. Haer. aj. Sainte-Croix a, par inadvertance, attribué ce miracle aux Pépuzziens. (Recherches sur les mjrstétts du paganisme, totn. ii. pag. 190-191.^

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« prince et des autres convivcs(i).» M.Vogel, qui rapporte ce fait, ne nous indique pas le secret dont usa Beyruss ; mais il observe qu'en versant de Teau de cbaux dans du suc de betterave, on obtient un liquide incolore; qu'un morceau de drap, trempé dans ce liquide et séché promptement , devient rouge en quelques heures, par le seul contact de l'air ; et que cet effet peut être accéléré dans une salle où l'on versé , en abondance , du vin de Champagne ou d'autres boissons chargées d'acide carbonique. . . Plus rapidement encore, il se serait opéré dans un sanctuaire du polythéisme, au milieu des émanations de l'encens et des torches brûlantes ; et l'on aurait vu le voile qui couvrait les choses sacrées, changer sa couleur blanche en une couleur de sang , présage de désastres affreux.

D'affreux désastres s'annonçaient encore , quand on voyait le sang bouillonner sur les autels , dans les urnes , sur les marbres des

temples En Provence, au XVII* siècle ,

lorsqu'on approchait du Chef prétendu de sainte Magdeleine , une fiole censée remplie

f i; Journal de pharmacie, tom. iv. février 1818.) p. 57-5tî.

de son sang solidifié ^ le sang se liquéfiait et bouillonnait soudain (i). Aujourd'hui encore^ à Naples , on voit ^ chaque année , dans une cérémonie publique , quelques gouttes du sang de saint Janvier , recueilli et desséché depuis des siècles, se liquéfier spontanément, et s'élever, en bouillonnant, au sommet du vase qui le renferme. On peut opérer ces prestiges , en rougissant de l'éthcr sulfurique avec de Vorcamiette(onosma. Linn.); on sature la teinture avec du spermaceti : cette préparation reste figée à dix degrés au-dessus de la glace , et se fond et bouillonne , à vingt degrés. Pour l'élever à cette température , il suffit de serrer quelque temps dans la main la fiole où elle est contenue.

De cette solution , si on lui accorde toute l'étendue que je lui donne , il suit que les Thaumaturges connaissaient les liqueurs alcoholiques , et l'art de la distillation nécessaire pour les obtenir; et que, par ce moyen, il leur était facile de produire le miracle des liquides enflammés et le spectacle des rivières brûlantes , dont ils étonnaient leurs admira-

'i) Longueruana, tom. x. pag. i6a.

teurs. Une telle supposition n'a rien de hasardé : dans un livre sacré des Hindous (i)^ livre ancien et où se trouvent recueillies les doctrines des siècles les plus reculés , il est fait mention de la création de l'eau-de-vie , sous le nom de kèa-soum. Le secret de la production de l'eau-de-vie n'est pas resté dans les temples. L'art de la distillation est pratiqué dans l'Hindoustan (2) de toute antiquité ; il l'est au Népaul (3) et au Boutan (4) ; il l'est au Thibet , où ^ du chong ou vin de riz , on retire Yarra , par un procédé que les indigènes n'ont certainement pas appris des Européens (5).

Est-ce des Européens qu'ont reçu l'art de la distillation , les Nagals (6) , peuple libre des montagnes de l'Âssam , les habitans des provinces situées entre l'Ava , Siam et le Pégu , où l'on retire le toddjr du suc de palmier-nipa ,

(1) Oupnek'hat. Brahmen 34. •• Journal asiatique, tom. 11.

pag. 370.

fa) Recherches asiatiques, tom. i. pag. 335-345.

'3) Bild.unii^. Littéral, tom. iv. pag. îi7a.

'^4' Tumer. Ambassade au Thibet. etc. tom. r. pag. fïo.

^5) Cadet-Gassicourt. article Distillation .dans le Dictionnaire des sciences médicales

(y Noui^elles Annales des voyages, tom. xxxrii. pag. a34.

OU les insulaires de Sumatra ^ qu'en 1 6o3 ^ un voyageur (i) vît se servir d'alambics de terre, pour retirer, d'un mélange de riz et de jus de cannes à sucre, une liqueur aussi forte que notre eau-de-vie.

Non : et bien au contraire , il est probable que cinq siècles avant notre ère , l'art et ses produits avaient passé de la Haute- Asie dans l'Asie grecque et dans la Grèce. Il subsiste une trace de cette communication, si l'on admet les rapprochemens ingénieux au moyen desquels Schulz s'est efforcé d'établir que la liqueur de Scfthie , le Scjrthicus latex de Démocrite, n'était autre chose que l'alcohol, dont le nom slave korsalki rappelle le nom de chrusoloucos ( /pveyoXovxoç ) que lui donnaient les anciens (2).

Plus tard , Aristote disait que l'art parvient à extraire une huile du sel commun (3). On ne peut guère douter qu'il ne s'agisse ici d'un

,1) François Martin. Description du premier voyage aux Indes orientales par les français, { Paris 1609.) pag. 56 -To- 71 et 166.

(^) Cndet-Gassicourt. art. Distillation. Dictionnaire des Sciences médicales.

l) Aristot. Problem. xîiiii. i3.

produit de la distillation, de l'acide hydrochlorique, qui aura reçu le nom d^huile^ comme l'acide sulfurique a long-temps été connu sous le nom (Vhuilede vitriol. Enfm l'art de distiller, appliqué au cinabre pour en retirer le mercure, a été décrit par Pline et Dioscoride (i), et rien n'annonce que ce fût une découverte récente : or, cet art une fois connu , n'était-il pas naturel que les physiciens des temples cherchassent à l'appliquer aux liqueurs fermentées?

Que dis-je ? des hommes moins habiles paraissent en Italie avoir connu cette application, ou du moins ses résultats, u Le vin de Falerne, dit Pline, est le seul qui s'allume par le contact de la flamme. » (2)... L'eau-de-vie commune ne jouit pas de cette propriété, si elle n'est préalablement échauffée : les fabricateurs de vin de Falerne y mêlaient donc une quantité notable d'alcohol ou d'eau-de-vie très-rectifié.

On est même tenté de demander s'il n'entrait point une dose d'alcohol , directement

(1' Dioscorid. lib. v. cap. ex. Plin. Hist. nat. lih. xxxtii. rap. 8.

-x: Plin. Hist. ntU, lib. xtv. cap 6.

préparé , dans les vins grecs et romains , qui enivraient encore , lorsqu'on les buvait tempérés par deux parties d'eau ; dans ces Tins que l'on conservait et que l'on bonifiait en Ie5 tenant à l'étage supérieur des maisons , dans des celliers qui s'imprégnaient de toute la chaleur du soleil. Soumis à cette épreuve, les vins les plus riches en esprit que l'on puisse ' aujourd'hui tirer du fruit de la vigne, subiraient promptement une fermentation acé-

teuse.

Ma conjecture , je l'avoue , s'accorde mal avec le peu que nous connaissons de l'art de la vinification chez les anciens ; la différence pourrait bien ne prouver qu'une cho»e, c'est qu'alors, comme aujourd'hui, les arts les plus usuels avaient, dans leurs procédés, des secrets qu'on ne laissait pas volontiers percer au dehors. Quoi qu'il en soit, lorsque des arcanes d'un ordre plus relevé sortirent des temples de l'Inde pour enrichir les temples de l'Asie mineure, de l'Etrurie et de la Grèce, l'art d'obtenir, par la distUIation, les liqueurs' spiritueuses, devenu commun et en quelque sorte domestique dans toute l'Asie orientale, a-t-il pu ne pas suivre les mêmes chemins

DBS SOBlfCBS OCCULTBS. 337

pour se répandre sur la terre 7 Enfin, Targument général s*applique ici dans toute sa force : cet art était certainement connu dans les temples où s^opéraient des merveilles que lui seul peut expliquer.

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