‹ Des sciences occultes; ou, Essai sur la magie, les prodices et les miracles; (volume 2)Chapitre 67 sur 80 · J DES · texte numérisé non relu

J DES

D aurait po dter encore on çrand Bocob"^ de tradltioDS propres â éUijer sat conjecturr

L^àle de Batz^ prés SaÎDt-^ol de Lêon^ êt^ : désolée par on dragoa époorantaUe. Sahc- Pol J mort en 5q^ ) précipita le monstre <Li> la mer, par la Tertu de son étole et i^ son faiton. Cambry (i),qttî rapporte o:> tradition, nous apprend que b seule footh:*" qui existe dans Tîle de Batz , est ahentaLT^ ment coui^erte et dêcooTerte par le ftn i- Li mer.

II racoDte ensuite que « près du cfaiteaLi y la Roche-Maurice, prés de Fancienne nV; .'t de Dordoun , un dragon dërorait les homiL ^ et les animaux Ta^. n

11 semble assez naturel de Toir dans c-^ deux rédts Femblème des ravages de la mer. et de ceux de b Dordoun.

Saint -Julien, premier évéqne du Mii^ r en 5q ^ « détruisit un dragon horrible ^ st TÎllaire d'Artins, prés de Hontoirr(3}. Cf

' Ciabrr. #V«3V d^ns U dtpmrîtmuml dm fuu«:<^

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Di!:S SCIENCES OCCULTES* ^83

dragon, dans le système que nous discutons, représentera les débordemens du Loir , qui coule dans le voisinage. Ils seront aussi figurés par le dragon de neuf ou dix toises de long,* dont triompha, vers la fin du lY* siècle, saintBié ou Bienheuré ermite , habitant près de Vendôme , dans une caverne à côté d'une fontaine (i). Les débordemens de la Moselle le seront par le Graouilli, serpent monstrueux que vainquit à Metz saint Clément (a) ; et ceux du Clain , par le dragon de Poitiers qui se cachait près de cette rivière, et dont la mort fut un bienfait de sainte Radegonde , vers le milieu du VI* siècle (3).

On expliquera de même , par les débordemens du Rhône, l'histoire du monstre de Tarascon , que sainte Marthe , au premier siècle attacha avec sa jarretière et fit mourir ,

toire, le nom de la Moche Tûrpén, Mémoires de l'académie celtique * tome iy. pageSii.

(i) M. Ditchemin^La-Clienaye. Ibid. l>age> 3oS et sui- Tantesv

(a) A. Lenoir. Du Dragon de Met* y etc. Mémoires de l'académie celtique, tome u. paj^es i et êuiwantes.

(3) M. Jouyneau-dei- Logea. Mémoires de l'Académie celtique, tome V. page 57

l84 DES SCIENCES OCCULTES.

et dont la représentation^nommée Tarasqm, est encore aujourd'hui portée en procession dans la ville, le lendemain de la Pentecôte (i). Les débordemens de la Garonne auront pour emblème le dragon de Bordeaux , cédant à la vertu de la verge de saint Martial (a) au XP siècle^ et le dragon de saint Bertrand de Comminges, subjugué par Tévéque saint Bci^ trand, en 1076(3).

Ainsi le dragon dont saint Marcel délivra Paris (4) 9 celui dont un monument attestait les ravages au village de Torcy, près de Lunéville (5) , et le dragon ailé de l'abbaye de

(1) Rottvière. Voyage du tour de la France, in-ts. t7i3 juges 4oi-4o3> — Dulaure. Description des principaux licui delà France, tome i. page i6. art. Tarascon, — Millin Fbjrage dans le midi de la France, 4 ^^^l* >n-8«. tonr m page 45i-553. La figure de ]a Taras^ueoetroayeàansVsth^ du Voyage , planche 63 > mais elle est peu exacte.

(a) M.Decayla Mémoires de l'Académie celtique, tomei^pages a73-a84«

(3) M. Chaudruc. Mémoires de l'Académie celti^ tome iT. page 3i3.

(4) Les Fies des saints pour tous les jours de tannèt 3 Tol. in-4*'- Paris, i734- tome ii. page 84* Vie de saint Mar cel, 3 novembre. ^ Gregor, Turon. De glorid coafist cap. 8g. — On croit que sain( Marcel occupa le siège épi$copaJ de Paris vers la fin du IV« siècle .

:5) D. Galmet. Journal de yeiduny\u\xi v)b\, page ^Si

Fleury (i) oflriront les images de la Seine ^ de la Meurthe et de la Loire débordées. .

Ainsi , à Lima , le jour de la fête de saint François d'Âssiseï, si Ton voit figurer à la procession, un monstre idéal nommé Teras^^ que (2) (dont te nom rappelle la Tarasque proyençale)>, on se rappellera que Lima, peu éloignée delà mer, est arrosée par une rivière qui fournit de Tcau dans chaque maison.

Ainsi, M. ChampoUion explique avec vraisemblance l'hiéroglyphe des à^\ï\ énornoes serpens à tète humaine que Ton voit dans Péglisc de Saint - Laurent de Grenoble , par le proverbe : « Serpens et draco devorabunt urbem , transporté dans la langue vulgaire en ces deux vers :

« Lo sorpein et lo dragon Mettront Grenoble en savon , »

faisant allusion ainsi à l'emplacetnent de la

(i) Du Cange. Gloisar, verbo Draco. 3 toni. 11.

pag. 1645..

(a) Tableau de l'état actuel du Pérou , extrait du Mercu • rio peruviano. —'Jlnnalet des ^ofrages, par M. Mai te -Brun, tome T. page gi.

ville, située à l'embouchtire du Drac (^Lhraco\ dans V Isère , représenté par le serpent, dont cette rivière imite assez , par son cours , les replis tortueux (i). » La comparaison des sinuosités d*uh fleuve aux replis d'un serpent, se retrouve en eflet dans le langage populaire et dans les noms qui en sont émanés, autant que dans les métaphores des poètes. Près d'Héléno-Pole , ville de Bithynie , coulait le fleuve Draco y Dragon: ce nom , dit Procope (2) lui avait été donné à cause de ses nombreux détours qui obligeaient les voyageurs à le traverser vingt fois de suite.

Par une raison analogue , sans doute , une rivière qui sort du mont Vésuve, et arrose les murs de Nuceria (Nocera), portait aussi le nom de Dragon (3).

Cette explication est encore fortifiée par un aveu d'autant plus remarquable que Tccrivain à qui il est échappé a recueilli et présenté d'abord comme des faits certains, tous

1) Dissertation sur un monument souterrain existaru à Grenoble, in 4**- an xn. — Meigasin encyclopédique, ix* innée, tome V. pages 44^'44^*

(3; Procop, De aeétifie. Justin, lib. t. cap. «

(3^ Procop. Hist. Mise, lib. i. cap. 55.

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les contes populaires sur les dragons et les serpens monstrueux^ qu'au commencement du XVIII* siècle , on débitait dans l'intérieur de la Suisse. Scheuchzer(i) conyient que Ton a donné souvent le «om de Drach ( Drdco ) aux torrens impétueux qui se répandent tout d'un coup en avalanches. Le dragon, s'écriet-on alors, a fait irruption...., (^Erupit Draco ! ). La cavité où le torrent prend sa source , et celle où s'engloutissent ses eaux durent s'appeler, en conséquence, Trou du dragon y Marais du dragon^ noms que noua retrouverons dans plusieurs lieux rendus célèbres par quelqu'une des légendes qui nous occupent.

Malgré la vraisemblance que présentent plusieurs de ces rapprochemens , deux objections graves repoussent le système qu'ils sont destinés à établir.

1" S'il est aussi facile à un pouvoir surnaturel d'arrêter les débordemens de la mer ou d'un fleuve que de mettre à mort un ser-

I ) Sclïeuchxer. ttineraper Hel^etiae alpiiias regiones. etc. tom. m. pag. 377- '97.... Vide pag. 396 et pag. 383. 584. 38i). 390.

•>()0 DKS SCIENCtS OCCULJES.

vieri^c, qu\'ittefi(lait une punition terrible . si ell(» avait usurpé son titre (i).

La nnvtholofi^ie grecque est trop connue pour que nous ayons besoin de rappeler Apollon, [)erearit de ses lléches le serpent Pvtlion , à l'entrée de la grotte où la vierge Théniis rendait ses oracles ; Jason que, sui les bords i\ujleiwe de la Colchide , le secours (le Médée , vierge encore, rend vainqueur du draji^on qui <^ardait la toison d'or; ou Hercule et Persée, délivrant Hésionc et j^ndjvmèc/e, [>r(Hes à devenir la proie d'un monstre sorti de la mer.

Sui\ant une légende que la foi chrétienne ne i onsacre que dans le sens figuré , niai> (|U(' les jX'intres et la foule des crovans ont idoptéc dans l<' sens propre , saint Michel t«'i iMss;i et nrrra de sa lance un draj^on vomi p.ir Wfhiinc inrernal^le niéine,suivantDupuis. qui, dans l'xpocnlvpse^ poursuit la ivVr^e ( éi( sie. A une demi-lieue du chemin de Banitli ( raiicienne Bervthe ), on voit la cai'trnc ou se l'ctirait un drac^on tué par saint Georges,

i(li,tn. f)t ^(it. (inifi/. Iil>. XI. lap. 2 et i6. iib \

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29^ DBS SCIENCES OCCULTES.

sera dommageable » dit un philosophe Hindou qui avait recueilli dans ses Proverbes les enseignemens des siècles les plus reculés (i).

Pline., Isidore et Solin parlent de la piem précieuse que porte dans sa tête le Dragon (a). Deux traditions bélvétiennes présentent un serpent donnant une pierre précieuse a un homme , en signe d'hommage ou <le reconnais9ance (3). Fidèle à ces vieilles croyances, la langue populaire du Jura désigne encore sous le nom de p^ouiifre (4) \m serpent ailé , immortel ^ dont l'œil est un diamant.

Née de l'expression figurée de la position relative qu'occupent dans les cieux les cons^ tellations de Persée , de la Baleine , de la Couronne, du Serpent , etc., la légende, nous l'avons vu , a été ensuite rapportée à la vic-

(i) Prùverhesde Bartfiouhêrri, etc. insérés dans l'ooTrag^ d*Abraham Roger. — Le Théâtre de l'idolâtrie , ou la Porie ouverte f etc. traduction française, i vol. in-j®. Ani«»teniain , 1760. p. 5a8.

(a) Plin, Hist, ma, lib. xxxvii. cap. lo. — Isidar. Hispol- Origin. lib. xvi. cap. i3. — Solùi. caip 33.

(3) Scheuchzer. Itinera per HelveUae alpinow regivieii <^''^' tom. ui. pag. 38i 383.

(4) Mémoires de la Société de» Antiquaires de Francttome Ti page 217.

BBS SCIENCES OCCULTES. 2^3

toire du soleil du printemps sur Thiver et de la lumière sur les ténèbres. L'escarboucle ou rubis qui y tient sa place , et dont Ovide (i) décore le palais du soleil , était en effet consacré à cet astre, à cause de sa couleur d'uB rouge flamboyant (2).

Presque toutes les mythôlogies reproduisent , avec quelques variétés , la même légende.

Sur un monument découvert à Thèbes, Anubis est représenté comme le sont^ , dan3 les peintures chrétiennes, saint Michel et saint Georges : il est armé d'une cuirasse ; dans sa main est une lance dont il perce un monstre qui a la tète et la queue d'un serpent (3).

1 ^ Flanuntuque imitante pyropo.

Oyid. Metamorph. lîb. n. vers. 7.

^a) Le cardinal Dailly et Aibert-le-Grand , évftque de Aatisbonne, ditCartaud de la VUlatte, distribuent les planètes aux religions. Le soleil e;^t échu à la religion chrétienne ; c'est pour cela que nous aYOns le soleil en singulière Ténération, que la yille de Rome est ville solaire, et que les cardinaux qui y résident sont habillés de romge, qui est la couleur du soleil. M Pensées critiques sur les mathématiques. I Yol. in-ia. Paris, 1753. page 38. arec approbation et privilège.

(3) A. Lenoir. Du Dragon de Metz, etc. Mémoires de VAccuiémie celtique, tome 11. pages j i-ia.

294 ^^ sciBi«c;:s occultes.

Dans une suite de narratioiis, dont les compilateurs ont emprunté k Tantique mjtholi^e de l'Hindoustan la plupart de leurs récits merveilleux , on voit figurer jusqu a trois fois des monstres , qui tantôt prennent la forme d'un énorme serpent (i), tantôt drains gigantesques , battent de leur queue leurs flancs couverts d'écaillés (2) : diaqoe année, de jeunes ^vierges ont assouvi leur voracité ; c'est à l'instant où la fitte d'un roi doit en devenir la victime , qu'ils succombent sous les coups d'un guerrier aidé par des puissances surnaturelles.

Chéderles, héros révéré chez les Turcs, a tua , disent-ils , un dragon monstrueux , et sauva la vie à une jeune fille , exposée à sa fureur. Après avoir bu les eaux d^nnjleuvt qui l'ont rendu immortel , il court le monde sur un cheval immortel comme lui (3). » Le commencement du récit rappelle les mythes hindous et les fables d'Hercule et de

'i Ltê Miile et une nuits, tradactioD d*£d. Gauthier .. 7 vol. în-S**. Paris, 1813- i8a3. tome v. pages 4a5-436. (3^ Ibidem, tomevi. pages 3o3-3o5. et tome t. pages ^3^

3) Noël. Dictionnaire de la Fable, art. CkéderUs.

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la fin offre l'emblème du soleil , voyageur immortel , qui ne cesse de faire le tour du monde.

Parmi les figures sculptées sur le granit^ que l'on a découvertes dans la ville déserte de Palenqui-yiejo , l'on remarque un serpent , de la gueule duquel sort une tète de femme (i). On serait tenté de rapprocher cet emblème de la légende des dragons monstrueux : il est difficile au moins de ne pas supposer que la légende avait passé dans le Nouveau-Monde. Les Caribcs croient que l'Etre suprême fit descendre son fils du ciel pour tuer un serpent horrible qui désolait, par ses ravages, les nations de la Guiane (2). Le monstre succomba : les Caribes naquirent des vers que produisit son cadavre ; aussi , regardent-ils comme ennemies les nations à qui jadis il avait fait une guerre cruelle. Voilà bien d'abord le mythe du serpent Python. Mais , que penser de l'origine bizarre que s'attribuent les Caribes ? On peut soupçonner qu'ils re-

(i) Jiei^ue encyclopédique . toiiir xiii. pa^o 85o. fa, Noël. Dictionnaire de la Fable, art. Cosmogonie amé ricaine.

2q6 des sciences occultes.

curent jadis cette tradition d'un peuple supcrieur en force , qui voulait les humilier et les dégrader ; ils Tout conservée par habitude, et parce qu'elle justifiait leurs haines nationales et leur soif de conquêtes.

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