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La mâme l^emle s'introduit dans les ti^ditions du christiaiiisme , surtout ches les peuples d'Qccide&t,
Aussi long-temps que le christianisme opprimé lutta obscurément contre le polythéisme^ son culte, non moins austère que les dogmes de sa morale , n'admit , dans ses cérémonies couvertes encore du voile du mystère , que des rites simples, dégagés. de toute représentation. Les recherches des persécuteurs ne pouvaient arracher aux fidèles que les livres saints , les vases sacrés , et peu ou point d'images (i).
(i; Encjrclop. method. Théologie, art. Imagfs.
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2g8 nKS fc[k\':es occultes,
conservés par rautique rrs()ecl des nouveaux croyans.
La léf^i^ende d'un être céleste , vainqueur du serpent , du principe du mal , était conforme au langage, à l'esprit et a l'origine du christianisuK» : elle y fut accueillie, et reproduite dans les peintures et les cérémonies ndifT^icuses ; saint Michel, le premier des ar- <*hanges, parut aux yeux des fidèles, perraïit l(; dragon infernal, l'antique ennemi du genre humaiu.
\u V^ siècle furent établies en France (ï). cL plus tard dans tout l'Occident , les processions, coTHiues sous le nom de Rogatiorn. Pendant trois jours , on y offrait aux regard> des (î(Ièl(\s l'image d'un dragon, d'un serpent ailé, dont la défaitt* était figurée par la nianièi'e ignominieuse dont on le portait le troi
sième jour (:>).
La (M'iéhralion des Rogations a varié , sui-
, i s, uni IVl.miinci L, <ve<jiu- t\r \ iennr on ])inijilniit' , iri<ii .'lia les /ii)s^(ition\ rn jOS on 'j-j, Enryclop. nrcthod. Jluoi-i çic .11 î. /{o£^atii>n> .
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vant les diocèses ^ des premiers jours de la semaine de rAscension aux derniers jours de la semaine de la Pentecôte : elle correspond au temps oiisi^ première moitié du printemps étant écoulée , la victoire du soleil sur l'hiver est pleinement achevée ^ même dans nos climats froids et pluvieux. ,11 est difficile de ne point apercevoir une connexion intime entre la légende du dragon allégorique et l'époque qui , chaque année , ramenait son apparition.
D'autres rapprochemens ajoutent à la force de cet indice.
Au VI' siècle , saint Grégoire le Grand ordonna que l'on célébrerait annuellement ^ le jour de saint Marc (le a5 avril )^ une procession semblable à celle des Rogations. Voici l'origine de cette cérémonie. Rome était désolée par une inondation extraoïxlinaire ; tel qu'une mer immense, le Tibre s'élevait jusqu'aux fenêtres supérieures des temples.
Des eaux débordées du Jleuife sortirent d'innombrables serpens, et enfin un dragon énorme (i), nouveau Python j né de ce nou-
( 1 ) ibid. folio 3a5 Tcrso.
3oO ' DBS SCIENCES OCCULTES.
veau déluge (i). Son souffle infectait l'air; il engendra une maladie pestilentielle (2) ; les
hommes étaient moissonnés par milliers
Une procession annuelle consacra le souvenir de ce fléau ^ et de sa cessation obtenue par les prières du saint pape et de ses ouailles. La date du ^5 avril, moins éloignée de Véquitioxe que celle des Rogations ^ convenait mieux k un pays où le printemps est plus hâtif que dans les Gaules.
Soit hasard, soit calcul, ceux qui ont transporté à Lima , sous l'hémisphère austral , h Tarasque , le dragon des peuples septen trionaux , le font paraître le 4 octobre , jour de la fête de saint François d'Assise. Cette époque se rapproche encore plus de Téquînoxe du printemps. Mais , dans les contrées équatoriales , sous le ciel tempéré de Lima ,
( I ) <t Ut Noë dUuvium rtnovatum crtderetur, >» PUùim. De vitië max. pontifie.,,» in Pelag. //•
(a) « Pestis inguinaria seu injlatura inguinum. » Ce sont les tennes dont se sert Fauteur du RatUmide (loco dtato); il ajoute que le pape Pelage II , successeur de saint Grégoire-le-Grand , mourut subitement de cette maladie 9 svec soixante-dix autres personnes , au milieu d'une procession.
DES SGIEIïGES OCCULTES. 3oi
la victoire du soleil ne demeure pas longtemps suspendue , comme dans nos régions septentrionales, où les premières semaines du printemps né semblent qu'une prolongation de rhiver,
Pline a parlé d'un o?i£/*mystérieux(i)à la possession duquel les druides attachaient des vertus merveilleuses, et qui, disaient- ils , était formé par le condours de tous les ser^ pens d'un pays. Écho des druides après deux mille ans, et sans se douter de l'antiquité du mythe qu'il répète , l'habitant de la Sologne affirme que , chaque année , tous les serpens du pays se réunissent pour produire un diamant éaorme qui , mieux encore que la pierre de Rhodes, réfléchit les couleurs les plus vives de l'arc-en-ciel. Si le geai a su en enrichir son plumage, c'est à la possession d'un de ces diamans qu'il en est redevable. Le jour marqué pour leur production miraculeuse est le i3 mai (a), jour qui appartient
(i) Plin. Hist. nat. lib. xxix. cap. 3. (!i) Légier (dn Loiret) TYodiUont et usages de la Sologne. Mémoires de V Académie celtique, tome ii. pa^cs ai5-a:G.
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3oa DES SCIENCES OCCULTES*
au commenceirent de k seconde moitié du printemps , comme les jours où l'on promenait le serpent des Rogations.
L'époque de cette apparition nous fournit une remarque qui n'est pas sans intérêt. Sa fixité suffit pour prouver , contre l'opinioii que nous avons précédemment combattue ^ que le serpent n'était point l'emblènoe d'inondations ) de débordemens de rivières^ qui n'ont pu avoir lieu partout aux mêmes jours. Comment donc cette opinion s'est-elle établie? Lorsque l'on eut oublié !e sens primitif de l'emblème, on s'arrêta volontiers à une circonstance qui , dans les légendes où on le reproduisait ) faisait presque toujours placer le liea de la scène aux bords de la mer ou d^im fleuve. L'idée que la cessation des ravages des eaux était ainsi représentée dut paraître d'autant plus naturelle , que la pi*ocession du dragon se célébrait régulièrement, à une époque de l'année où les rivières les plus enflées par la fonte des neiges ou les pluies de l'équinoxe, sont toutes rentrées dans leurs lits.'
DBS SCIEHCES OCCULTES.