‹ Des sciences occultes; ou, Essai sur la magie, les prodices et les miracles; (volume 2)Chapitre 77 sur 80 · DE LA STATUE · texte numérisé non relu

DE LA STATUE

DE MEMNOIN

Récits et inscriptions qiii attestent la yocalité de la statue , et font même mention des paroles qu'elle a prononcées. Explications peu satisfaisantes , proposées par divers auteui's. Suivant Langlis, les sons proférés quelquefois par la statue, correspondaient aux sept intervalles de Toctave , appropriés , chez les Égyptiens , aux sept voyelles , emblèmes elles-mêmes des sept planètes. Oracle qui a pu être prononcé par la statue de Memnon. Le mécanisme qui produisait le son ou les sons quotidiens, oonsÎ9tait-il , ainsi que l'a soupçonné Langlès , en ime suite de marteaux qu'une force occulte mettait en jeu 7 Cette conjecture n'est que plausible; mais on ne peut y substituer la supposition d'une supercherie que sa répétition habituelle aurait rendue trop facile à découvrir.

L'époque où fut élevée la statue de Memnon se perd dans la nuit de l'antiquité. Son

lî.

ss

354 DBS -SCIBNCSS OCCULTES.

histoire commence pour nous au temps où elle fîit brisée par Cambyse ; c'est ce prince que les Égyptiens gccusent de sa chute. Leur juste horreur pour la mémoire d'un tyran les aurait emportés jusqu'à imputer à son impiété l'effet d*upe catastrophe naturelle ^ «11 était vrai, comme l'affirme Strabon, que le colosse ait été renversé par un tremblement de terre. Mais l'assertion du savant géogran phe manque de vraisemblance \ les tremUemens de terre ont toujours été rares en Egypte ; les dimensions des édifices qu'on j voit encore debout en offrent une preuve irrécusable.

(( Mutilée par Cambyse^ la statue qui sait luait le soleil et le roi^ ne salua plus que le a soleil (i).» Ceci répondrait à l'idée que Ton se fait d'une machine dont le jeu a été dérangé par un accident : il est cependant également probable que les prêtres égyptiens avaient

(i; ScholiaBte inédit de Juvénal, cité par Ph. Cuselini. Dissertation sur Us pierres vocales ou parlantes, page 8. — Laoglès. Dissert4tiçn smr Ui Haîue vocale de Memnon. — Voyage de Nord en, rome ii. fMiges 1 57-266. page aS^.

DBS »CIBNCB8 OCCUtTBS. SSTS

saisi ce prétexte pour diapensef leur <kYinité de rendre hommage au monarque Persan ^ à l'oppresseur de leur patrie.

Écoutons maintenant les tenooins qui ont entendu la statue depuis la mutilation.

(( Memnon , fils de l'Aurore ^ régna en (( Ethiopie l'espace de cinq âges ou généra** (( tiens. Les Éthiopiens pleurent Memnon (( comme s'il était mort dans la jeunesse (c'est ainsi que l'on pleurait Atys, Adonis et les autres emblèmes du soleil ). ec Sa statue ^ (( tournée vers l'Orient ^ parle dès qu'un « rayon du soleil levant vient tomber sur sa « bouche (i). »

Pausanias vit la statue brisée ; c'est , dit^l , une statue du soleil. Les* Égyptiens l'appel» lent Phamenophis % et non pas Memnon : elle rend, tous les matins, au lever du soleil, un son qu'on ne peut mieux comparer qu'à celui d'une corde de lyre qui se rompt (2). Ju vénal qui, pendant son séjour en Egypte, avait pu l'entendre plusieurs fois , en donne une idée

(i) Pkiloêtrat. De vit. Apollon, lib. vi. cap. 6. {i) Pausanias. AUic cap. 4^*

356 DBS SCIBHCBS 0CCULTB8.

analogue : « Là ^ dit-il^ résonnent les cordes" (( magiques du mutilé Memnon (3). » Obser^ vons qu^en parlant de plusieurs cordes, il parait indiquer la production de plusieurs sons successifs.

Strabon ne fait mention que d'un son unique qui a frappé ses oreilles , et qu'il ne caractérise pas.

De nombreuses inscriptions gravées sur le colosse , attestent que , peu après le lever du soleil , des hommes conduits par la religion ou par la curiosité , ont entendu sortir de la statue , tant At un son , tantôt plusieurs , tantôt même des paroles distinctes.

Voici la traduction d'une inscription grecque , qu'on lit sur la jambe gauche du colosse: « Nous qui autrefois n'avions entendu qu'un « seul son, maintenant Memnon, fils de l'Ao- « rore,nous a salués affectueusement conune •« "Ses alliés et ses amis. Plus heureux , j'ai tt ;saisi le sens de ses paroles : la nature elle-

(i) « Dimidio magicae reionavU uU Mêmnone ckordat.

Juvenal, Satyr, xt. rers. 5o.

DBS 8CIB1ICES OCCULTES. 357

n même, créatrice de toutes choses-, les a « proférées (i). »

Eucrate , dans \ePhilopseude de Lucien (a), se vante d'avoir entendu prononcer , par la statue de Memnon, un oracle en sept "vers. En croyant rapporter un mensonge ridicule , Lucien peut nous avoir transmis un fait véritable ; peut-être même , nous le verrons , Foracle en sept "vers n'est-il pas entièrement perdu. Il est prouvé déjà , par l'inscription citée, que les prêtres de Memnon, proportionnant le miracle à la crédulité, faisaient quelquefois parler la statue. Ce miracle ne leur était point exclusivement propre. A Daphné, près d'Antioche, s'élevait le temple d'Apollon : la statue du Dieu , disait-on, avait plus d'une fois, à l'heure de midi, fiût entendre h des adorateurs privilégiés^ 'le chant d'un hymne mélodieux (i).

Dans l'un et l'autre cas, les prêtres em«

(i) Description d§ t Egypte , etc. Revue encjrciop^ tome xzix. Langlèf, Dissertation, etc. page 9^.

(3) {Muvres de Lucien^ traduction de Belin de Balu. tome !▼. pages ai 1-31 a.

(3) Libanius. Monodia super Daphn, Jlpoil, etc.

358 m» sciBNccf ocgoltu.

ployaient mm doute des majttm xiesOiSxpÈeê^ tels que ceux qui fournissent des sons aiticu* \6s aux tAes parlantes. La difficulté d'en préparer remploi , sans éveiller la défiance , explique la rareté de ce luiradir particulier.

Il est moins aisé d'expliquer le mirade que tous les matins voyaient se renouveler.

L'idée d'une supercherie que facilitait la masse du colosse semble avoir frappé Strabon. « J'ai entendu ^ dit^il , un son qui 4i est parti de la base, on du colosse i, ou de « tfueUfu^un des assistans; c'est ce que je ne % puis assurer (i). » Ses expressions, on le voit, sont celles d'un homme qui se défend de l'illusion qu'on aurait pu lui feire , plutôt qu'il ne reeennalt ceUs qu'on lui a fiûte. Anctine tradition , d'ailleurs, n^ vient à Tappui de sa conjecture.

(c La statue étant creuse , dit Dossault (3), 4( la chaleur du soleil éohauflhit l'air qu'elle (( con^nait ; et cet air, en sortant par quelque u issue , produisait un bruit que les prêtres

(1) Strabo. lib. xxvxi.

(a) Traductùm de Jmifénal («dit. u«;. tome u. p«|»e pi. «ot« 5.

DB6 êCÎVRCMS OOCULTB8. 359

f( interprétaient à leur gré. » Opinion peu soutenable , et qui suppose ^ au changement de température 1^ un effet impossible : pour arriver jusqu'à l'air intérieur ^ la chaleur du soleil aurait eu h pénétrer une couche de pierre trés^compacte , épaisse au moins de deux ou de trois décimètres ; et cela insttan*tanément , et lorsque le disque du soleil était k peine élevé avnlessus de Fhorison.

Dans les appartemens inmienses, construits tout entiers en blocs de granit^ que ré«cèlent les ruines de Camiic , des artistes français affirment avoir entendu, au lever du soleil, ce^ sons si fameuac rendus par dés pierres... . «Les sons paraissent partir des « pierres énormes qui couvrent les apparta* cr mens , et dvnt quelques-unes menacent de M s^écrouler : le phénomène provenait sans « doute du changement de température preste que subit qui se fait au lever de Tauit rore (i). » Je croirais plutdt que les sons furent produits par le craquement d'un des blocs , prAs à s^éerouler, entre ces masses^

fi) Description de tÉg/pie, tome i. pAge aS4*"~ ^^V** ainencjrclop, 1816. tomen. p«|^ i4*

36o imS JBCIBHCBS OOCULTB&.

d'un granit rouge qui ^frappé avec un nuu^ teauy résonne comme une cloche {;{)» Comment ;, en ^et ^ admettre l'expUcadon proposée 9 quand il est d'expérience qu'un changement de température, plus brusque et plus fort qu'on ne le peut supposer en ce cas , ne fera jamais résonner un corps même éminemment sonore 7 U s'ensuivrait d'ailleurs, d'une part, que la statue de Memnon n'aurait pas dû cesser d'être sonore; et de l'autre, que tous les colosses, les plafonds et, les murs de granit pouvaient aussi rendre des sods au lever du soleil : dès lors , la merveille aurait disparu aux y€ux du peuple , familiarisé avec elle par sa continuelle répétition. Mais Thi»toire ne laisse pas de doute sur ce poii)t : la statue de Memnon jouissait seule de sa prérogative ; elle l'a p^tlue , et elle est devenue muette , depuis que le christianisme a régné en Egypte.

Un voyageur anglais, sir A. Smith, dit .cependant avoir examiné lui-même , accompagné d'une nombreuse escorte , la statue de

vi) Magatin encyclop, iSiG. touie a. piige 39*

DBS 6CIBNCB8 OGCULTBS. 36 1

Mcmnon ; et à six heures du oiatin ^ il a en^ tendu trés-distinctement les sons qui la rendaient si célèbre dans l'antiquité (i). Il affirme que ce bruit mystérieux ne sortait pas de la statue , mais du piédestal. Il le croit un résultat de la percussion de Pair sur les pierres du piédestal ; lesquelles , selon lui , sont disposées de manière à produire cet effet surprenant.... Quelle est cette disposition? Comment produit-elle le résultat indiqué? Comment le voyageur s'est-il même assuré de son existence 7 C'est ce que ne dit pas .sir A. Smith. Enfin on se demande comment ^ seul entre tous les modernes, il aurait entendu le colosse qui , pour tous les autres hoomies, est condamné au silence depuis plus de quinze siècles? Comment un phénomène si important aurait-il échappé aux français qui ont séjourné plusieurs années en Egypte, et qui y ont poussé si loin leurs savantes investigations? Sir A Smith a probablement été déçu par un craquement semblable à ceux que des français ont entendu à Camac.

II est naturel de revenir à l'idée qui parait

(i; Hevue encjrclop, 1S21. tome ix, pag. %!.

36a DES SCIENCB8 OCCDLTBS.

avoir été adoptée chez les anciens ^ et die penser avec le Scboliaste de Juvenal , que b statue était animée par un mécanisme ingénieux.

Quel était ce mécanisme ?

Le savant Langlés a cherché à ledeviner(i): voici le résumé des opinions qu'il a développées dans une dissertation remplie d'é^ rudition et d'intérêt.

I. Les sons produits par la statue de Memnott étaient au nombre de sept ; ils répétaient les intonations appropriées aux sept voyelles égyptiennes ^ et consacrées aux sept planètes.

A Pappui de sa conjecture Langlés pouvait rappeler l'importance religieuse que les anciens attachaient aux sept voyelles-; cette importance est bien marquée dans le soin que prend £usébe(!i)de nous faire observer que, par un mystère merreiUenx , le WHi ineffable de Dieu comprend les s^ 'vojreUes^ dans les quatre formes que lui fait subir la grammaire. Elle explique aussi une inscrip-

( I ) Langlés. JHêsertatian $ur la staittê vocaU dt Me Voyagé dt Norden, tome ti , pag. 157- 356. (3) Euseb. Praep. Svang, lib. 11 , cap. S.

DBS 8CIBIICBS OGCULTBS. 363

don cOBftpoiée de sept lignes , chacune^de»quelles présente les sept Toyelles grecques différemment combinées (ï). Gruter^ il est vrai, et son éditeur, regardent Finscription comme apocryphe ; mais Edw. Holten (2) a vu, sur une pierre , les mêmes Toyelles sculptées et disposées de la même manière ; tout le mystère quelles renferment , consiste , dit-il , dans le nom de Jehovah , composé de sept lettres et sept fois répété r il attribue , avec vraisemblance , les inscripticTiA de ce genre aux Basilidiens ; les Basiltdiens, comme tant d'autres sectaires des premiers siècles de l'église , n'étaient que des Théurglstes qui voulaient transporter dans le christianisme , les rites et les superstitions d'initiations plus aqdeiiDes.

Langlès aurait pu alléguer encore l'opinion de quelques modernes, échos d'autant pins fidèles des anciens^ qu^ils les compre* naient moins , et remarquer que Jean Belot^ caré de Milmont , dams sa Chiromancie ( chap. XVIII ) , établit que les cinq voyelles

( I ) /on. CntUr. Corpus inêcripi, tom. tt. p«g* xzi< (a) ibid, p«g. occLTi.

364 DBS SCIENCES OGCULTBS.

sont^consacrées aux cinq principales planètes. Mais il était surtout en droit de ra^ peler un oracle en s^ vers que nous a c€Miserve Eusèbe (i) ^ et qui sernble se rapporter au même sujet.

I • (( Invoque Mercure ; et le soleil de la « même manière ,

3. « Le jour .du soleil; et la lune^ quand (( d'elle arrivera

3 « le jour ; et Saturne ; et , à son rang (a), « Vénus*^

4* « Par les Invocations ineffables (3) qu'a u trouvées le plus excellent des maiges^

5. (( Roi de la sept^ois-résonnanie ^conosi a d'un grand nombre d'hommes.

7. (( Et (invoque) toujours, beaucoup, (( et à part, le DieU'à la septuple voix. »

Le texte indique qu'il manque un vers; l'omission des noms de Jupiter et de Mars le prouve : mais je crois que ce vers était le troisième ou le quatrième , et non pas le

(i) Buseb. Praepar, et^ang, Iib< it.

(a) E^iiiir.

(3) AfltytLftt,

DBS 8CIENCBS OCCULTBS. 365

«xième. Oublié par Eusèbe^ ou peut-être transposé d'abord par un copiste à la sixième place ^ et supprimé ensuite parce qu'il n'y formait aucun senu, il complettait les sept vers dont Poracle était composé.

Cet oracle , nous le soupçonnons ^ ne diffère point de celui que , dans Lucien, Eu^ crate a entendu prononcer par la statue , ni de celui dont fait mention l'inscription que nous avons citée plus haut , et qu'elle présente comme émané de la nature mémCf créatrice de toutes choses. Pour exprimer en paroles , le sens mystique attaché aux intonations sacrées des sept voyelles , Menmon devait s'expliquer dans les mêmes termes que l'oracle dont chaque vers nous a rappelé ce sens. Quoi qu'il en soit^ voici un oracle en sept vers y qui prescrit de faire des invocations aux sept planètes , en observant le jour consacré à chacune d'elles. Malgré la perte d'un vers, il est évident que les invocations, comme les planètes et les jours de la semaine, devaient être au nombre de sept. Celui qui a trouvé ( qui a institué ) ce genre de culte , était le Roi(\e directeur) de la sept/ois re-

366 DBS SCIENCES OCCULTES.

sonnante : Langlés (i) prouve qa^Osjrman^ éUas y Dom du personnage auqndl élsot consscrée la slatue y signifie k i^oeaie, la parlania; nous retrouYons ici la même locution ^ nuûs elle indique de plus le nombre des inton»tjîoos proférées par le colosse. L'oracle ordonne ensuite d'invoquer le dieu i la sepiufie voix : ce dieu, rapproché ainsi de la s^ fus résonnante y est évidemment celui dont elle offre l'image , Memnon ^ emblème en ce sens y du monde solaire renouvelé , comme de l'équinoxe du printemps. Mais quelles étaient les sept invocations qu'il fallait répéter y suivant l'institution du Roi do la sept fids résonnante? Les mêmes ^ sans doute-, que celle-ci faisait entendre* Un anciea nous apprend que les prêtres égyptiens chantaient Icts louanges des Dieux , en répétant successivement les sept vof elles (2). La tradition conservée par J. Belot, dans sa Chiroman-aie , fortifie , nous l'avons vu , l'opinion que les voyelles étaient consacrées aux planètes^

[i) Langlèa. Dissertation, etc. pag. 198. (q) ïbi'd. pages a3i-234-

DBS SCIBfICBS OCCULTES. 867

Le mystère attaché à ce mode d'adoration explique Tépithète àHn^àbles donnée aux invocations^ et le silence que garde Eu^ erate sur les paroles qu'il a entendues. La religion des Hindous ^ celle des Parsis, et l'islamisme même consacrent certaines syllabes dont la pronondation équivaut à une prière ^ et dont on ne doit point révéler la sainte efficacité. .

Observons , en passant , que cette expression^ le plus eœcelleni des mages ^ ne désigne point Zoroastre , et ne doit pas faire supposer que la statue de Memnon fût la copie d'un colosse élevé à Bactres ou à Babylone. Le nom de mage a souvent été donné à des prêtres Chaldéens et même à des Égyptiens ; il ne signifiait^ pour les Grecs , qu'un homme consacré aux Dieux, inspiré par eux, et supérieur aux autres hommes par la science et par la sagesse.

II. Les sons, dit Langlès (i), pom'aient être produits par une suite de marteaux dis** posés le long d'un clavier, et frappant le granit même , ou des pierre» sonores de la

1} LRii^lès. Dissertalton j etc. p:i|f. 'J37.

368 DBS SCIBNCBS OCCULTBS.

nature de celles qui, depuis les siècles les plus reculés , servent à la Chine d'instrumens de musique (i). Était-il si dilEcile d'adapter à ces marteaux une clepsydre, ou tout autre instrument propre à mesurer le temps, et monté de manière à les mettre en mouvement au lever du soleil ?

On peut aller plus loin ; on peut conjecturer que le secret , bien connu des anciens , de qpncentrer les rayons du sqleil , fut le principe de tout le mécanisme. C'était ainsi, grâce au soleil même , que , par une harmonie religieuse , la statue saluait le retour du Dieu auquel elle était consacrée allégoriquement et physiquement, comme remplissant Toffice de gnomon (a) et comme offrant Temblême de l'astre du jour à l'éqiûnoxe du printemps (3).

La chaleur vive et prompte , obtenue par * la concentration des rayons solaires, pouvait dilater assez une ou plusieurs verges métalliques, pour mettre en action le clavier dont.

(i/ Langlès. JHtserîation ^ etc. pages i35-a36.

(3) Ibid. pages 354-a56.

(3; Jhid. pages 149 ^^ suiTantes.

avec Langlès, nous supposons l'existence. Le colosse, tourné vers l'orient, résonnait au contact des premiers rayons du soleil , et même , selon Phtlostrate , à l'instant où ils tombaient sur sa bouche (i). Entre ses lèvres , ou à quelque afutre point moins remarquable , mais également dérobé , par la hauteur de la statue , aux regards de l'observateur , on avait pu pratiquer un orifice , et l'armer intérieurement d'une lentille ou d'un miroir ,en un mot , d'un appareil analogue à celui qui fait détonner les méridiens à canon. Le plus grand nombre des inscriptions gravées sur le colosse, placent l'audition de sa voix de la première heure à la seconde (2). On a droit d'en conclure que , plus tard , les rayons cessaient de tomber au point néce»-

y^i i'iin. Hist. tint. lib. xxxvi. rap 7. — PJii'fo.itrat. De vit. jipoilnn. lih. vi. cap. 6.

(i) Langlô!^. Dissertation, etc. Urte inscription , la xvnle celles qae cite Langlès (pa|^e aaS) indique le commencement de la 3« heure; une autre, la xii« ;.page aaS), parle de V heure qui précède la !'•, « hord diei ante primant, w L'expression est probablement inexacte, à moins qne les prêtres n'aient eu, cette fois, quelque motif pour produire le miracle avant îp lever du soleil, supercherie que facilitait robscnrité.

370 DBS SCIENCES OCCULTES.

saire pour déterminer la miraculeuse harmonie.

Cette explication est sujette à plus d'une difficulté. Langlès suppose que le colosse proférait sept sons successifs : Strabon n'en a entendu qu'un seul , et la plupart des inscriptions n'en annoncent pas davantage ; deux seulement (i) font mention de deux sons successifs , dans l'intervalle de moins d'une heure. D'ailleurs, quels témoignages pouvons nous invoquer ? Ceux d'observateurs qui n'ont entendu la voix merveilleuse que depuis l'époqiie où la statue fut renversée ) sans qu'on l'ait jamais relevée : la position de sa partie supérieure avait donc cessé d'être la même ; le soleil ne donnait plus ) à son lever , sur le point originairement déterminé ; supposée juste à une époque, l'explication se trouve donc insuffisante pour l'autre.

Ce n'était plus ^ en effet , à l'instant précis du lever du soleil, que les rayons lumineux rencontraient le point où nous supposons

(1} Ia seconde et U jijrieme. Langlès. Distertaiion, etc. pages 318 et Tio.

qu'ils agissaient sur le mécanisme. Aussi la voix ne résonnait-elle pas à un instant fixe ; mais irrégulièrement , de la première heure à la seconde ; on l'a entendue après la seconde heure^ et même à la troisième. Ces variations , rapprochées de l'audition de deux sons successifs et du passage de Juvénal qui semble dire qu'il s'en produisait plusieurs , affermissent plus qu'elles ne l'ébranlent , l'explication de Langlès. Admettons un mécanisme composé de sept pièces principales , que le soleil levant mettait toutes en jeu, avant le déplacement et la mutilation de la statue. Depuis cette catastrophe , ce ne devait être que trèsrarement et par une sorte de hasard , que s'opérait le miracle complet. Quelquefois, et sans doute à certaines époques de l'année , le soleil avait le temps d'échauffer successivement deux des verges métalliques ; et l'on entendait deux sons à quelque distance l'un de l'autre ; plus souvent il n'en pouvait échauffer qu'une , et le son produit était unique.

Tout ceci, nous l'avouons, est purement conjectural, et tomberait de soi-même, si l'on reconnaissait que , ni dans le colosse , ni

37^ DBS SCICNCBS OOGtJLTfiS.

dans sa base ^ il n'existait de cs^vité propre à rooeroir le mécaninaie dont nous supposons l'existence. Dans ce cas seulement, la merveille deviendrait plus grande 2 il nous serait difficile de l'imiter ; et plus difficile encore de lui assigner pour cause une supercherie répétée tous les matins, au jour, en plein air, au milieu des curieux qui se présentaient en foule pour en être les témoins , et cependant jamais découverte.

DBS SCIENCES OCCULTES. S'ji

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