‹ Des sciences occultes; ou, Essai sur la magie, les prodices et les miracles; (volume 3)Chapitre 17 sur 33 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Les Thaumaturges pouvaient encore opérer des mer- Teilles avec le fusil à vent , la force de la vapeur de Teau échauffée , et les propriétés de Taimant. La boussole a pu être connue des Phéaciens, conmie des navigateurs de Phériicie. La Flèche d^Abaris était peut^tï^ une boussole, htk Fiûnois ont uae boussole ' qui leur est ptopre ; et Ton fait usage de la boussole, . à la Chine , depuis la fondation de Fempire. Autres . moyens d'opérer des miracles. Phénomènes du galvanisme. Action du vinaigre sur la chaux. Amusemens de la physique } larmes bataviques , etc.

Nous touchons au terme de notre carrière :

quelquies brillantes que soient les promesses que nous avons placées dans la bouche du Thaumaturge, nous croyons avoir prouvé qu'il ne lui serait pas impossible, de les remplir.

DES SCIENCES OCCULTES. a^^

Lé sujet n'est point épuisé : nous pourriohs, dans les connaissances que les anciens ont posàlidées, trouvei» plus d'un moyeii eftc'orê de produire des merveilles.

Eh parlant des armes de jet*, nous m'avons point cité celles qu^anime le ressort de l*aîr -comprimé. Aujourd'hui encore ^ pour les hommes médiocrement instruits , lé jeu d'un fusil à vent qui lance sans bruit ^ sans explosion j ùh projectile meurtrier^ aurait quelque chose de miraculeux. Philoil de By2ânce(r), qui a dû fleurii^ dans le troisième siècle avant notre ère , à laissé une description exacte du fusil à veht. Il ïie s'en attribue pas l'invention : à quel poiht (celle-ci peut-elle être ancienne ; ' €^est ce que personne n'osera décider. Plusieurs histoires parlent d^aiguilles empoisonnées qu'on lançait avec le souffle ; l'àbréviateur dé t)îon Cassius (2) cite deux exemples de ce criiiie iiîipunément commis j nous répéterons ce qiié nous avons eu tant .de fois occasion de dire : combien, ave^ un pareil secret, n'est-ii pas aisé d'opérer des miracles!

(i) Revue encyclopédique, tome xtciii. images Sag et suiv. (^) Xipkilin, in Domitian»^. in Commod.

La force de l'eau , vaporisée par la chaleur, est un agent dont l'emploi a , de nos jours y changé la face des arts mécaniques , et flui , imprimant à leur action un progrès toujours croissant , prépare , pour les générations qui nous suivront , une puissance d'industrie dont nous ne pouvons point mesurer les résultats.

Cet agent a-t-il été absolunient inconnu aux anciens ? Deux faits autorisent à en douter ; l'un appartient à un savant du Bas-Empire , Anthème.de Tralles, que nous avons déjà cité. Agathias, son contemporain, raconte que, pour se venger de l'habitant d'une maison voisine de la sienne , il remplit d'eau plusieurs vases sur lesquels il fixa des tuyaux de cuir assez larges par le bas pour couvrir hermétiquement les vases, et fort étroits par le haut. Il en attacha le» orifices supérieurs contre les solives qui soutenaient les planchers de 1^ maison en butte à son courroux; puis il fit bouillir l'eau ; la vapeur bientôt se répandit dans les tuyaux, les enfla, et imprima une commption violente aux solives qui s'opposaient à sa sortie (i).... Le cuir se serait

(i) ^gathias. De Hebus Justiniani, lib. v. cap. 4-

DES SCIEl^CEl? OCCULTES. 245

déchiré, cent fois avant qu'une solive fût légèrement ébranlé^. Oui : mais ces tuyaux étaientils réellement de cuir? et le physicien de Tralles n'accrédita-t-il point cette erreur , pour mieux cacher un procédé dont il voulait se réserver la propriété? L'explication rapportée par le crédule Agathiâs(i), toute bizarre qu'elle est , indique qu'Anthème con-

naissait la force prodigieuse que développe l'eau réduite en vapeurs.

L'autre exemple nous conduit sur le bord du Wéser : là , Bustèrich recevait les hommages des Teutons. Son image, fabriquée en métal , était <:reuse ; on là remplissait d'eau ; on fermait, avec des coins de bois , les trous pratiqués aux yeux et à la bouche ; puis on mettait des charbons embrasés sur la tête, jusqu'à ce que la vapeur de l'eaii échauffée fît sauter les coins avec fracas , et se répandit

(i) Le même histoiien avait également adopté {loç* citât.) une explication trompeuse de la merveille que nous avons citée à la fin du chap. xxvi. Siilvant lui , Anthème Toperait avec des machines bruyantes, etoin miroir concave dont le mouvement faisait voltiger ^\ et là des images éblouissantes du soleil : un si faible artifice n'aurait pas persuadé à un homme un peu instruit, comme était Tenneuii d'Antlième, qu*on lançait sur sa maison les feux liu tonnerre.

s46 D£5 SCIEl^CES OCCUJt.TK$.

au4fhQrs en torrens (Iç fm;néi9^(^), signes ^o la colère du Dieu auiç yeici de ses. grosslersr adorateurs.

$i ^ d'un peuple peu civilisé , pn descend jusque dans V^^f^nce de la société ^ osx rap** prochera de l'image m^'acifleiise d^ dieu Touton ^ les arnpief 4<^ j^et, 4^ indigènes d^e la nouvelle Guii;iée i lei^ur eiçplosion ^ st a^^coovr pagnée çle fumée ^ ^24<>.<^2i^ ce n&soi^ point des mousquets (s) ; ce fs^ semble iQdiqyer ^n mpfeur analogue à la v^^pevu; ^e \\^VL.

Il serait ^u moins curieux dç s'en éjclaircir.

Savons- nous aussi jusqu'à quel point le$ Thaumaturges ançions, faisaient us^ge de Vsi-» mant ? Sa propriété attractive leur était ^sse^ çonriue^ pour avoir servi, djit-pn, à suspendre miracule^semQnt) à la voûte d'un temple d'Atexandifiç^ la statue de Sérapîs (3t)^ et ce^e de

(i) ToUii JEpistoiae itinerariae. pages 34*35.

(3) Nouvelles Annaleê des Voyages, tome i. page 78.

(3) Sitiyant Suidas (verbo Mofnès), la atatue suspendue à la voûte du temple d*AIexàndrie était d'airain. Un fort clou placé dans la tète suffisait pour que Paîmant la soutînt. Cet auteur s'exprime même comme ai la statue avait été suspendue en Tair, entre la voûte et le sol. Après avoir fait, sur ce point, la part de l'exagération, nous observerons qn*il pouvait y

DES ftCIENCBS OCCULTES. ^L^!}

€upklûn, dans le temple de I)iane>(i). Sa pMr priété répulsive n'était pas ignoré^ ^ mais siii* yant Tuaagq adopté pour redoubler les voilas» du mystère y on disait^ ou voulait faire croirai qu'elle n'appartenait qu'à une sorte d'aimant, l'aimant d'Ethiopie (2). Nous savons combien sont actives aujourd'hui, dans les jeux de la physique «expérimentale , l'attraction et la répulsion magnétiipies : rappelons nous que ces jeux furent des miracles dans le& temples. L'Europe moderne réclame la découverte de la propriété qui anime la boussole : celte prétention est contestable, si elle est exclusive. Un passage r^xiarquable df3 l'Odyssée a inspiré à un savaiït anglais une conjecture inr génieuse : Alcinous (3) dit k Ulysse que le»^

avoir des moyens de laisser difficilement apercevoir le point de contact du çlpu de fer avec la voûte.

(i) Gaasiodore ( Fatior, lîb. t. EpiàU 46) na ^ar}0 point de raÎHiant; maià il en indiqua assez l'eff0t, en disant que la statue suspendue en Taîr, sans aucun lien, était de fer. Isidore de Séyille (Origin, lib. zti. cap. 4-) ^^^ >^<>^"^® point le temple ; mais il dit qu'on y voyait une statue de fer suspen^ due en l'air par la vertu de l'aimant.

(a) Isi4' Uispal, Ori^iVi.. lib.. xvi.. c^p. 4*

^^3} Homer, Odj^ss. lib. vni. vers. 553-563.

navires'phéaciens sont animés et conduits pai^ une intelligence ; qu'ils n'ont point , commeles^bàtimens y ulgai^es^, besoin de pilote et de goiiyernaii ; qu'ils traversent les flots avec la plus ^grande vitesse ^malgré Tobscurité profonde de la nuit et des brumes, sans courir" jamais le risque de se perdre, M. William Cooke explique: ce passage, en supposant que les Phéaciens connaissaient l'usage de la boussole, et qu'ils avaient pu l'apprendre des Phéniden3(i).

Sur cette conjecture, nous ferons quelques observations :

I* Son auteur pouvait s'étayer de ce que ditHonuère, à plusieurs reprises, sûr la rapidité de la marche des vaisseaux phéaciens(2). Dirigés au large par la boussole , leur vitesse devait , en effet , paraître prodigieuse à des navigateurs que la crainte de perdre trop long^temps la terre de vue , forçait à longer presque toujours les côtes.

2** Le style figuré qui caractérise le passage

(i) William Gooke. An Enquiry in to the Patrîarchal and Drui4ical religion, etc.in-4*'. London 1764 page 22. •

(a) Homer Odjrss, lib. yii. Lib. yiii. lib. xin

cité, convient à un' secret que lé poète ne connaissait que |)ar ses résultats. Homère transforme ainsi en miracle un fait naturel ; et quand il raconte que Neptune changea en rocher le navire qui ramena Ulysse dans sa patrie , afin que les Phéaciens ne sauvassent plus les étrangers des dangers de la mer , il adopte cette opinion dont nous avons déjà indiqué l'origine (i),. pour exprimer que le secret qui rendait si sure la navigation, s'était perdu chez les sujets d'Alcinoiîs.

3"* Que les Phéniciens aient connu l'usage de la boussole , c'est ce qu'il est difficile de ne point admettre , quand on se rappelle les fréquens voyages que leurs navigateurs faisaient auxlles Britanniques : mais qu'ils eussent communiqué ce secret aux habitans de Corcyre, c'est ce que rien ne prouve. Homère^ si exact à recueillir toutes les traditions relatives aux communications des anciens Grecs avec l'Orient , ne nous fournit à cet égard aucun renseignement. Mais il nous apprend que les Phéaciens avaient habité long-temps dans le voisinage des Cyclopcs , et s'en étaient ré-

(i) Ci- dessus, chap. 3. pages 22-24 •

sSo DfiS SGIBliGBS OGËULTfiS.

cemment éloignés. En xBèmc tettips^ il donae aux Cyclopes le titre d'hommes ^Mn^emeua> (i) ? titre bien dû à des artistes versés dans la docimasie et la pyi*otechme ^ et qui , depuis plus de trente siéct^s, ont laissé leurs noms à des monumens gigante^ues d'arcki** tecture ^ en Italie y en Grèce et ea Asie. Nousr ayons établi ailleurs (d)^ et peut-'étre afvec quelque probabilité, que les Cyclopes , comme les Curetés , appartenaient à une caste savante y venue d'Asie e» Grèce , pour civiliser et gou* vemer quelques peuplades pélasgiennes. Il serait peu surprenapt quelesPhéaciens eussent profité de llnstrucf ion de cette caste , ayant d'être assez fatigués de son despotisme pour 5*en séparer sans retour. On voit mé^ne que leur habileté ou leur bonheur dans l^s voyages sur mer, cessa bientôt après cette séparation. Le père d'Alcinoùs Tavait déterminée ; et sous Alcinoûs, les Fhéaciens renoncèrent à la navigation. Ne serait-ce point parcQ que les instrumens. qu'ils tenaient de la libéralité dé

(i) Homer.Odyss, lib. vii. vers ^-8.

(a) EssM historique et philosophique sur les noms d 'hommes, de peuples et de lieux. ^ 8i. tome ii. pages 161-179.

DES SCICTCHS OCCULTES. aSl

IçY^^s anciens maîtres avaieii^ p^rH Çt qu'il» pe sa^y^ient poîm en fabriquer cl'aqt^'e^?

II rcatç à étab(lir que les Cyçlopes po^é-daieiït une connaissiance ai précieu;se } et cçla QSt à peu prés impossible*

On sait seulement qu'ils étaie»! venus de Ly pie en Grèce ; itnais peut éitre n'avaient-ils fait que tr^veraçjf la l^ycie , Qt venai?nt4U d'une coçitr^e plu* intérieur^ de r^S|ie)Com23Q,ç l'hyperboréep. OJeu^ Iprsqu'il apporta çn Gxèoe, a,vç:ç un. culte. reUgieu:s( et des bymjie^^ les élémens de la civili^tion,

Il vint auss^ ^çs^ es^trémités de VA^sio , dans^ la Grèce et dans l'Italie , cet Âbaris y hyper-^ boréèn pu «cythe ^ doté par le Diçu qu'il adorait ^ifcnejlèck^ à Fai4e dç Iç^iifiU^ il paroQurçUt FUfTiii^ers,. Oî^ ft dît jadi*^ poétiqueluent y et 3wd^ et lamblique opX fèpétjé ^ que y grâce à, ce dw précieux , Abaris tvas>^rsait ks, airs (^)., On, a pris à la, rigueur cette expression figurée . Jfeis le njiéuie I^joçlblique.raçojute immédiatement apr^s, que

(i) Suidas, verbo Abaris. — lamàlich. vit, Pjrthagor. cap. 38. — Voyez aussi Uerodot, lib. iv. ( S6. tt JDiad, Sic. lib. III. cap, II.

(( Pythagôre déroba à Abarîs lajlèche cTor (( as^ec laquelle il se dirigeait dans sa route « (quâ se gubernabat).. . que, lui ayant ainsi « ravi et caché la flèche d'or sans laquelle il « ne pouvait discerner le chemin qu'il devait « suivre , Pythagôre le força ai lui en décou- (( vrir la nature (i). ». A la prétendue flèche , substituons une aiguille magnétique , de même forme , d'une grande dimension , et qu'on a dorée pour la préserver de la rouille : au lieu d'une fable absurde , le récit d'Iamblique'contient un fait vrai , raconté par un homme qui n'en pénètre point le mystère scientifique.

Tout ceci néanmoins n'offre que des conjecturea plus ou moins plausibles. Citons un , fait : les Finnois possèdent une boussole qui ne leur a certainement pas été donnée par les Européens, et dont l'usage remonte, chez eux , à des temps inconnus. Elle offre cette particularité qu'elle désigne le levant et le couchant d'été et d'hiver, et qu'elle les place d'une manière qui ne peut convenir qu'à une

(i) lamhlich.loc. cit.

latitude d^ 49^ 20' (i). Cette latitude traverse, en Asie , la Tatarie entière , la Scy thie des anciens. C'est celle sous laquelle Bailly avait été conduit à placer le peuple inventeur des sciences (2) ; celle sous laquelle , comme l'a observé Volney (3) , a été écrit le Boundc" hesch y le livre fondamental de la religion de Zoroastre. En la suivant, elle nous conduit, à l'est , dans cette portion de la Tatarie , dont les populations , tantôt conquérantes et tantôt sujettes , ont eu constamment des relations intimes avec l'empire chinois. Or, l'existence ancienne de la boussole, en Chine, n'est contestée par personne. On n'arguera même point de faux, la tradition (4) suivant laquelle , long - temps avant notre ère , un héros chinois se servit avec succès de la bous-

(i) Nouvelles Annales des Voyages, tome xvii. page 4i4* (a) Bailly. Lettres sur V origine des sciences,... Lettres sur V Atlantide,

(3) Volney. OEui^res complètes y tome iv. pages ao 2-203.

(4) AbelRcmusat.iMfe/woire sur les relations politiques des rois de France avec les empereurs mongols (Journal asiatique ^ tome I. page iSy).

N. B, Les Hindous font usage de la boussole , et rien n'annonce qu'ils aient reçu des Européens l'usage de cet instrument.

sole , pour se frayer une i^oute au milieu des ténèbres.

En retrouvant à la fois la boussole chez les Finnois et à la Chine , il est naturel de se souvenir que l'usage des noms de famille , inconnus si long-temps en Europe , mais existant de toute ancienneté à la Chine ^ parait avoir passé de ce pays, chez les Samoïèdes, les Baschkirs elles Lapons (i). L'extension qu^en des temps inconnus a prise ainsi une institution utile et populaire , nous indique quel chemin a pu faire , mais seulement parmi lest disciples de la Caste savante , un secret dont la possession opérait des merveilles aussi utiles et plus brillantes. Elle rend probable ce qui d'abord semblait chimérique, que dé la latitude sous laquelle la religion de Zorôastre a pris naissance (2) , la connaissance de la

(i) Eusèbe Salverte. Essai historique et philosophique sur les noms d'hommes ^ de peuples et de lieuçc. t ai. tome. i. pages 35-44.

(a-) Isidore de Séville {jOrigin, lib. xvi. cap, 40 ^' que l'aimant a d'abord été trouvé dans l'Inde y et a reçu en conséquence le nom de Lapis indicus. Mais ce renseignement Tague et isolé ne nous a point paru suflire pour que nous dussions chercher dans l'Hindoustan l'origine de la bous- ^sole.

BES SCIBNCES OCCULTES. !255

boussole a pu parvenir dans le^ contrées oc* cidentâles de. l'Âïie Mineure , où cette même religion était arrivée , et où elle avait naturalisé la pratique de miracles pïropres aux sectateurè du culte du feu(!).

H&tons*nous de le dire ^ pour prévenir des objections où une partialité assez légitime se mêlerait à un juste atnour de la vérité : Texis^ tence de certaines connaissances dans Fanti-*quité et chez des peuples qui nous ont été long^temps inconnus , ne prouve point du tout que ^ dans les temps modernes^ les Européens n'âiept pas inçerUé véritablement les arts et les sciences qu'ils ont retrouvés. L'art de la typographie est aus^i ancien à la Chine et au Thibet que l'histoire même de ces contrées : c'est depuis moins de quatre siècles que le génie de Faust , Schœfïer et Guttemberg en a enrichi* la civilisation européenhe. C'est depuis quinze ou seize lustres que le progrès des sciences nous a conduits à reconnaître ^ dans les récits de l'antiquité ^ l'art retrouvé par Franklin de commandes* à la foudre. Les savatis^ embarrassés pour fixer

(i) Voyee ci-dessus, chap. xxv.

l'époque de la réinifention de la boussole et de la poudre à, canon ^ le sont moins pour déclarer que l'usage n6 s'en est répandu en Europe que depuis cinq à six cents ans. Les secrets de la Thaumaturgie devaient être fort multipliés ; puisque la caste savante n'étudiait guère la physique que pour y trouver , avec de nouveaux miracles , de nouveaux moyens d'étonner, d'effrayer et de dominer. Si donc , dans le nombre de ces secrets , plusieurs ont péri sans retour avec les prêtres et les temples, il peut. en être d'autres dont la mémoire, ensevelie sous une enveloppe fabuleuse dans quelques documens anciens , sortira un jour de cette espèce de tombeau, réveillée par des découvertes heureuses qui , sans honorer moins leurs auteurs et l'esprit humain, ne seront pourtant que des réinif entions.

On pourrait tenter quelques essais en ce genre.

Le hasard avait révélé à Cotugno les premiers phénomènes du galvanisme ; comme il les révéla ensuite à Galvani , qui a mérité le titre d'inventeur, en perfectionnant par l'examen et le raisonnement, une connaissance

0BS 8CIB1ICES ÔCXVLTBS. ■:t5^

d'abord f<Mrtiiite« Si le hasard eût eividu de, la même découverte 4n anden Thaumaturge, de quels miracles n^eùt-il pas eilray é ses admirateurs , en se bornant aux premières notions du galvanisme, et aux expériences qu'elles le mettaient à portée d'exécuter sur le corps d'un animal, récemment privé de la.

viei

. Des notions moins relevées serviraient en^ core,^ dans plus d'une occasion , les desseins du Thaumaturge.

Au mois d'août i Ôo8 , pn trouva sur Fautai de l'église patriardiale de I^jbbpnne , un œuf qui,n'4)frrant d'ailleurs la trace d'aucune opération faite de :maiii. d'homme , portait, sur sa coque , l'arrêt de mort de tous les Français, Ce miracle causa une fermentation inquiétante parmi les Portugais , jusqu'à ce que les Français eussent placé dans les églises , et distribué dans laville, un grand nombre d'<£ufs qui portaieiît écrit, sur leur coque, le démenti de cette prédiction. Une proclamation, affichée avec profusion, expliqua, en naéme temps le secret du mirade : il consiste à écrire sur la coque, aypc un corps gras, et à tenir

!fS$ DB9 9Ct«IK€E$ OCCt/LTtiS.

dtiftuJlto 4'^d^^' jiréniiknl ' iHi <:;ëHritri ftéttl^S^ ptdngé dàîisuii fedde (ï). ' .1 ' .

Par le iriêmé prt>cédé^ 6h ^k^ëMie dé^ létf^éh;, dm liiéTëglyphèël, th éreil^ ouëfit^éf^ HïT Une table de piett^e tiàtcâirè ,• ^Aë ^ rfëh eiitoité décèl&t le ttràyâfl d'dtié itl^ D^ftelie. Or, les ^Okiém (lèllhàis^iéfat t'iâtéiS&ïi énergique qu'exerce le vinaigre sur la pldptfrt des fïierres; c(uoî<5[rf'lk Takiéft fort kxah ^êtét , en adoptant le totiîë dOiit oh â chargé l'histoire du passage dc^ Mpeè piÀr Aïihibal (:i).

Descendons jûsqd^atik afhUàerhenè de Ife phy^iqùié eiipénmèfntale: âitpposdite qde les TlfeiuniatUrges aiteiëns kiélJt lôbnnti des intéii* tiôhèr dont les efïëts ismgiilier» étonneront toiijoùrt le Tulgaire ; les Idtfhés bataviifUbs (3),

(1) P. Thiébauh, Relation- de l'expédition de Portugal, page!)' 1 70-1 ^i.

(%) Ain, Mùi, nat^ ]£b: xk&uii« oBp. i et a. — i>i0n; Com. lib. ixxYU. -cap. 8. — Le conte dont il s'agit n'aurait-il pas pris sa source clantf quelque manœuvre employée par Aiinibaly ' |l6Ur Kndrè k êéé ti'oiipés , 1er côîmigè 4*e leur diait H iniikiptioité'idés oVataeles Qu'elles «vaient à vaincre dans leur marche.

(3) lArmét fié yëfte 4^é l'on Ue htiûé pcnût\ éii éippUttt

piur ' exempte 4 im tes mëàras th B0fpptê { f) ç éen jouets d'eà^fetit hiétiie ^ ^ia ^^foe lé Ar^feè'-*éoscùpe mt tes petites poiq)éeB fa) qui ^ ^lacéeâ êttr kl table d'harmonie dHin instrci* ilient de iiM8i<)«iie, Wd niettvent cil mesÉré\) et tournent > 'Comme en wklsaitt ^ IMttë autour dé Tàutrë. I>e toiiVce que !• ôrt pOurWiit opérer de toèrveilles ave« dès protédé^ éA peii ïtùSportails, tt'^estion pas eh droit tJë cônbltri'e qta-Uii grattd nomb^b dé rtiirâdes ^ dàtts Pàntruite, f)Vocêdatfent <ie semblables causes? Lès profcêdés soht perdus ; te soùYîenir deà "effets éWiiSè^té.

NdU* poUrtriétis mukfpliér les Sapp(«ît1ons

avec un martean leur surface sphérîque » et qui tombent en poussière, dès qu*on rompt le fil qui forme leur queue.

(i) Petites bouteilles en forme de poires, de verre blanc non recuit. On peut faire rouler dedans, sans les endomma* gcr, une bille d'ivoire ou de marbre. Si Ton y laisse tomber uni fragment de silex de la grosseur d'un grain de chenevis, le matras se brise dans la main en cinq ou six morceaux. Ces tnatras et les larmes bataviques n'intéressent que la curiosité; on n'en fabrique presque plus : quand oh n'en fabri- ' quera plus du toiit , le temps pourra venir où l'on refi^sera de croire à leurs propriétés miraculeuses ; elles * paraîtront absurdes.

(a) Ce jouet était connu, il y a dix ans, sous le nom àedan»musieomaries.

a6o 0B8 SCIEHCBd OCCVLTBS.

du méme^genFe : mais nouA croyons en aroir assez dit pour atteindre le but. En mettant dé côté ce qui a appartenu à l'escamotage , à l'imposture^ au délire de «rimagînatioii , il n'est point de miracles anciens qu'un homme ▼ersé dans les . sciences modernes ne pût ^érer ^ soit immédiatement , soit en s'appli-* quant à en percer le mystère et à en découvrir les causes ; et les niémes sciences donneraient la facilité d'opérer d'autres miracles, non moins nombreux et non moins brillans que ceux qui remplissent les histoires. L'exemple de ce que les modernes pourraient opérer en fait de magie^^ suffit k l'explication de la magie des anciens.

DEÂ SCIENCES OCCVLTBS. 36 f

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