CHAPITRE XX
La médecine faisait partie de la science occulte ; elle ne fut long-temps exercée que par des prêtres 3 les maladies étaient envoyées par des génies malfaisans ou des dieux irrités 5 les guérisons furent des miracles , des œuvres magiques.La crédulité et Tesprit de mystère attribuèrent à des substances sans énergie des propriétés merveilleuses, et le charlatanisme seconda ce genre de déception. Guérisons mensongères. Abstinences extraordinaires. Substances nutritives prises sous un volume presque imperceptible. Résurrections apparentes.
Mais déjà, entraînés par notre sujet, nous sommes entrés dans le domaine de la science dont les promesses auront toujours le pouvoir le plus grand sur l'imagination des hommes.
DES SCIENCES OCCULTES. 6l
Quoi ! la science de l'homme physique, celle qui , alors même que sa marche est contrariée par des anomalies impossibles à prévoir, s'appuie encore sur tant dé connaissances positives , la médecine n'a point combattu les maladies de l'intelligence , comme les maladies du corps , elle ne nous a point mis en garde contre les nombreux secrets dont se servaient les Thaumaturges pour troubler le jeu de nos organes , décevoir nos sens , égarer notre imagination !
Née aussi dans les temples , et présentée elle-même comme une émanation de l'intelligence divine, la médecine respecta le domaine des autres sciences sacrées. Parler d'elle , ce n'est point sortir de l'empire des Thaumaturges : dans le monde entier, les guérisons furent long-temps des miracles ; et lies ïnédecins^ des prêtres et des magiciens.
Les médecins furent même des Dieux. En Arménie (i) sous le nom de Thicks ou Ha-^ ralèzy des dieux ressuscitaient les héros morts
(i) Cirbîed. Mémoires sur l'Arménie, Mémoires de la Société des Antiquaires de France, tome ix. page 3o4.
,daDs les combats, en suçant leurs blessures. La sœur de Circé, Anigitia (i) ne s'établit en Italie que pour y mériter des autels en opposant sa science salutaire aux maladies qui désolaient la contrée. En Grèce u autre* « fois, et mâme après le siège de Troie, ((. les fils des Dieux et les héros connurent (( sQuls les secrets de la médecine ei de la chi- « rurgie (â) ; » et jusqu'aux derniers temps, on y adora Ësculape comme un Dieu, fils du Dieu du jour.
La théurgie , en Egypte , partageait entre trente-six génies , habitans de Fair , le soin des diverses parties du corps humain ; et les prêtres connaissaient les invocations propres à obtenir de chaque génie, la guérison du meiçbre soumis à son influence (3). De l'Er gypte aussi , venaient originairement les formules qui enseignaient l'usage des simples dans la médecine ; et ces formules étaient
magiques (4).
Les magiciennes de l'ile . de Séna guéris-
(1) Solin. cap. tiii.
(*j) Aelian, de Nat, Anùnal. lib. ir. cap. iS.
(3) Origen. Ctmtr. Cela. lib. yiii.
(4) GaUn. De Simpl, Médieam. Facitit. tib. ▼!. prooem.
saient les maladies réputées partout ailleurs incurables (i^/Les vierges Scandinaves étaient instruites à la fois dans la magie, la médecine et le traitement dès blessures (3).
Diodore , qui a souvent essayé de dégagea* l'histoire du mélange de la fable, Diodore regarde comme naturelle, et borne à une étade approfondie des remèdes et des poisons , la science de Médée et de Gircé ; il raconte que la première guérit le fils d'Alcmène d'une folie furieuse (3).
L(»ig-*temp5 après l'âge d'Hercule et les temps héroïques , les malades, en Grèce , ne cherchèrent de soulagement à leurs souf-^ frances qu'auprès des descendans d'Esculape^ dans les Asclépies ou temples de ce Dieu , qu'une politique éclairée édifiait constat»^ ment en des lieux élevés et salubrp (4)- Ces hommes qui prétendaient tenir de leur naissance le don de guérir , finirent par en apprendre l'art, en conservant dans les temples, l'histoire des maladies dont on était
(i) Pomponîus ATe/a. lib. m cap. 6.
(a) C.V. de Bonstetten. La Scandinavie elles Alpes, pag. Sa.
(3) Diod, Sic. lib. iv. cap. ii et 16.
iiî) Plutarch. Quaest, Homan. $ 94.
venu leur demander la guérison. Ils s'adjoignirent alors des disciples, aont la discrétion leur était garantie par les épreuves d'une sévère initiation. Peu à peu, le progrés de la philosophie souleva le voile mystérieux dont ils voulaient encore s'envelopper. Enfin Hippocrate fonda véritablement la médecine, en la révélant dans ses immortels ouvrages. La doctrine , emprisonnée jusqu'alors dans les archives des Asclépies ^ vint tout entière, grossir le patrimoine de la civilisation perfectible. Les prêtres durent désormais abjurer leurs prétentions exclusives (i) : mais la science ne renonça point tout-4-fait à son origine céleste et magique. La plupart des eaux thermales dont l'usage était alors plus fréquent que de nos jours , restèrent consacrées 2^ Apollon , à Ësculape , et surtout à Hercule , surnommé latricos ou habile mé- .decin.
Au second siècle de notre ère , si l'empefeur Adrien parvint à se délivrer pour quelque temps de la congestion aqueuse qui gon-
(i) Coray. Prolégomènes de la Traduction française du Traité d*Hippocrate , Sur l'air, les eaux et les lieux.
liait son corps , ce fut encore , dit-on , par le secours de l'art magique (i). Un dé- Tenseur du christianisme , Tatien , vers le même temps, ne niait point les miracles opérés par les prêtres ou les Dieux des Polythéistes : il les expliquait, en supposant que ces Dieux, véritables démons, portaient la maladie dans le corps de l'homme sain ; puis ayant averti, en songe, celui-ci qu'il guérirait pourvu qu'il implorât leur secours ils se donnaient la gloire d'opérer un miracle , en fabant cesser le mal qu'eux seuls avaient . produit (2).
Ces croyances n'ont pas été spécialement propres aux peuples civilisés. Les. nations les moins éclairées ont cru aussi que les maladies naissaient de la vengeance ou de ia mal&isance d'êtres supérieurs à l'humani partout en conséquence, on a choisi pour 1 decins, des magiciens et des prêtres. C les Nadoêssis et les Chippeways, ces t titres étaient inséparables (3); ils le sont —
: I ) Xiphilm . in Adrian .
.i) Tatiait. Assyr. Orat, ad Graecoa. pag. xS"].
(3) Carrer. Foyage danil'AméFiijue teptentrionaU Ji. a<)n.
66 OBS SCISNCE9 OCCULTES*
core cbis% las Osages. Des prêtres nugîciens étiLient les seuls médecins du Mexique (i). Au sein des peuplades Galibis ^ les PiajréSy pré*- J;re$*m4decin»-magiciens ^ formatent une corpprafion où l'on n'était admis qu'après avoir ^ubi les épreuvQS d'un^^ initiation très-dou'» loureusQ (pt).
Le ([christianisme ne détruisit point en Asie et 0p Europe, \(^^ préjugés qui avaient pré*valu &QUS Je règne du polythéisme. Ils reparurent avec plus de force ^ dans les siècles d'ignorauce. Lorsque les Israélites^ malgré l'antipathie qu'ils inspiraient aux chrétiens^ furept ' presque seuls les chirurgiens et les médecins des princes et des rois ^ les cures remarquables qu'ils opéraient quelquefois, piirurent les effets d'une science mystérieuse; et d'autant plus, qu'eux-mêmes, ils cachaient avec goin leurs prescriptions , probablement «empruntées aux Arabes , n'étant point fâchés que leurs adversaires les crussent possesseurs de ^^rets surnaturels. On ne tarda pas à
( I ) Joseph Dacosta. Histoire naturelle des Indt.s. liv. v. cbap. a6.
(2) Nûél. J>icU<ainaire de ia Faàie. Article Piayes.
DÈS SCIB1VCKS OCCULTES. 67
Gppèftëlr k letlH œuvrêfti, dé» guémotis miraculeuses. Comme tes teiâ()l6s anciens ^ plusfelit^ téglise» i'enféMttaîent, daWà rellceinté de leurs tiiUi^aiilés ^ des sources bénies <) dont Teâù était cthsèé {)osséder dé graiideé vertus ciiràtiveë : isoit (Ju*une foi aveugle et le dénuement de toute autre ressource euiisent c^éé cette érôyànfce ; soit i]u'elle fût un legs dû pàganlsiïie ^ kccepté par des hommes €|ui àihlâleilt mieusi sâActifier l'erreur que laisëer silb!»iéteï^ la confiance dans une religion proscrite. Qiiôi qu'il feh spit^ pour puiser la santé . dans (^es eaux bienfaisantes^ il fallait jeûner et èe soumettre ailx ot^donnances des jirêtres. Le mal cédait quelquefois au régime , au temps ^ au calme qu'une pieuse confiance rendait à l'imagination ; quelquefois il y résistait ^ et la faute en était rejetée sur les péchés et le manque de foi du malade : la vertu miraculeuse^ prouvée dans le premier cas 4 n'était nullement démentie dans l'autre. Lés institutions furent conformes à l'opinion qui transformait les guérisons en opéi*ations directes de la divinité ; et elles lui survécurent. Les médecins chrétiens quls'élevaient en concurrence avec les liaèjdfecrns
Arabes et Israélites , firent partie du clergé , long-temps après que Ton eût cessé de voir dans leur art rien de surnaturel. « Les profes- « seurs en médecine^ dit Et. Pasquier, étaient « autrefois tous Clercs; et ce n'est qu'en 1 54^) « que le légat en France leur apporta la perte mission de se marier (i). »
Vers le même temps, Paracelse, renouvela l'exemple qu'avaient donné Raymond LuUe et d'autres adeptes ; il se présenta comme instruit et inspiré par upe divinité, lorsque, de ses voyages en Orient et en Afrique, il rapporta des secrets qui lui assuraient, sur ses concurrens dans l'art de guérir , une
I ) Et. Pasqnier. Recherches de la France^ liv. lu. chap. 39. — Jus<ju*à cette époque, les quatre facultés enseignantes des Universités étaient condamnées au célibat. En i55a, les docteurs en droit obtinrent, comme les médecins, la permission de se marier. Mais long-temps après, les premières dignités, dans cette faculté , furent accordées à des chanoines et à des prêtres. En Suisse, aujourd'hui, dans plusieurs cantons protestans, pour être promu à une chaire dans les établissemens publics, il faut faire preuve de capacité théologique. Le prétexte de cette disposition fut jadis que ces établissemens avaient été dotés aux dépens des anciennes fondations religieuses : mais ce motif n'aurait pas été décisif, sans le préjugé établi qu'il fallait que le corps enseignant appartint à l'église, à la corporation sacerdotale. (Tiedmann. De Quaestione etc. pag. l'isi.)
DES SCIENCES OCCULTES i 69
immense supériorité (i). Si sa conduite avait été moins légère et sa vie plus prolongée , qui oserait dire qu'il n'aurait pas trouvé un public assez crédule pour reconnaître ses prétentions?
L'habitude d'associer un pouvoir surnaturel à l'action naturelle des remèdes, et surtout de ceux dont on fait un secret , s'est conservée presque jusqu'à nos jours. Les médecins ont reconnu que le remède le plus efficace contre la morsure d'un animal enragé est la cautérisation de la plaie avec un fet* rouge. Ce rethède est usité depuis des siè^ des en Toscane , et dans quelques provinces de France. Mais là , le fer qu'on fait rougir est uti des clous de la ^vraie croiœ (2) ; c'est ici la clef de Saint-Hubert (3) ; et elle n'est efficace que dans les mains des personnes qui font remonter à ce noble ^aint l'illustration de leur généalogie; c'est un apanage héréditaire ; comme celui auquel préten-
v'i)*TietInianu. De Quae s tione etc. pag. ii3.
(2) LuIfin*Châteaiivîeux. Lettres écrites d' Italie, tome i. page TiQ. *
(3) Particulièrement au village de La Saussotle près de Villenauxe , départ, de PAubc.
70 ASS SCIENCES OqÇULTCff.
4^ie^t Jw Fsylfes et le^ Marsiaa, et Us (fca* çend^U» d'!E9çulape.
Nou^ dcvops rs^peler encoFe ce qu^ nmp avons (lit l^t ()e fois. : lupie pieuafe^ recannaiasance^ plutôt qu'un esprit de déception ^ Kait jadis 9iUx préceptesde la sci^Jf^e et ^ Si^â opéra- ^pns s^Htaires^ IHdéed'vijne inçpjiratïon et.d'i»} ijj^e^fait 4e ïa divinité. TeiUe (ut la. gu^iriaMi de Nas^çs^n qu^'Éltsée^ ^Ii\ra d'une wialadie p^O^qne- y çft lui prescrivaiitt de preo^dre aéfNI bains con^^utifs: danç^ l'^au sulfurewe et bi*^ t^inÎAe^se du Jourdain. Sur la me du fleurie 4nigrus^ était un antre consacré aux nymphei»* Là , se lee^dai^i^t le$ piersonnes affligée» de d^rlfi^es : apxès. dei» prières et une fcicCioD préalable, elles tira^xersaie<it le fleuve à la iiage; ^% par l|e^ |>ien,f;s^it des oymphes., eUes étaient giAé#ieS|. Pausahiad^qui leaicoiàte ce miracie perïa««^9t (i)', aJQ^te qu^ lesj eauî^ de l'Anigrivs^ exbt9li^nt uiie odeur ijo^fect^^ c'est-à-idire (^'§^e^ étaie^ chargées d'h}(drogène sulftiré^ et dès lors éminemment anti-herpétiques. Nos médecins réussissent encore par des moyens secoiblablea, et sans, parler de miracles.
^t) Pausanias. Eliac, lîb. i. cap. 5.
DfeS M^I^NGBS OCGVtTMS. 7I
Mm tes gnidM et les instituteurs des peo^ ple9 étaient souvefft obligés' d'en pâtrl^r, e< de seoctionner^ par te prestige âuf tnetvéXkiWi ^ un précepte salutaipe : sort ^'if fallût vaiilcre, en Estlvoitre et eii Livonie, l'apathie d'heym^ mt& abruti» par la sertitode et la misère, et leur commander, 9ù nom âe9 dieuxi^ de cétù^ battre,, eslparfumanit les» étables avec de l'as-^ sa^foetida , les épizooties où leur i^orancevoyait l'effet d'u» maléfice ( i ) ; soit qu'au milien dlmae société rictie et abandonnée aaxr piaisiirsi^ ils attribuassent k une (Certaine pierre, la propriété de cons^ver ta puveté die b ¥oiE0, povwu ^foe tes cbanteui^s qui voûtaient proéiiter dle^ tô' vertu, vécussent dans la eonti-^ nence (3).
L'orgueil et l'intérêt attachés à une possession exclusive couvrirent volontiisrs d'une apparente surnaturelle , ïès secrets que' l'on voulait se réserver. En se baigjiant dans la fontaine C&naihss^ySvmonk^ chaque annéey recouvrait sa virginité ; les femmes de l'Argolide
(r) Debray. ^ui* les préjugés et les idées superstitieuses des J^ivaniens, tettomisns et Êsthoriiens.... Pfom'ëlles Annaies'des Poyageiy tome xviu. page 3
'\'i'j Solin. cap. xl.
s'y baignaient^ dît-on , dan$ la même espérance . Il est sûr au moins , que les Ârgiens , pour raconter le miracle^ se fondaient sur quelques cérémonies occultes , pratiquées dans le culte de>runon(i). Suivant unq tradition, la déesse, en sortant pour la première fois des bras de son époux, se baigna dans une fonrtaine d'Assyrie , dont l'eau contracta aussiôt une odeur très - suave (2). Ce dernier trait n'indique-t-il pas qu'en Assyrie et en Grèce ^ on connaissait la propriété qui a fait consacrer le myrthc à la déesse de l'amour, et qui, aux femmes fatiguées par l'accouchement ou par l'abus du plaisir , rend , jusqu'à un certain point, les apparences de la virginité (3)? Mais.
(1) Pausanias. Corinthiac. cap. xxxviii. — Noël. Dictionftaù'e de la fible ,' art. Canathos.
(a) Aelian,, Uist, animai. lib.,xu. cap. 3o. — Les Grecs prétendirent retrouver Junon {Héra)y dans la déesse d'Assyrie , la Vierge céleste, épouse du soleil , au temps où les- Gémeaux marquèrent Téquinoxe du printemps; épouse que son époux retrouvait vierge , chaque année , quand le solstice d*été le ramenait vers elle.
(3) Rabelais (livre i. cliap. 440 i»et, par cette raison, ^<sûn d'Eau de myrthe^ dans les bains des dames de l'abbaye do Thélème : à cette leçon , qui se trouve dans les premières éditions, les réimpressions ont substitué, à tort, Mau de myrrhe .
lés prêtres n'en administraient les effets bienfaîsans qu'avec des cérémonies mystérieuses, et en les présentant comme un miracle.
La crédulité et la soif du merveilleux ont souvent aussi vii des miracles, là même où l'homme bienfaisant n'avait pas cherché à déployer uii pouvoir surnaturel.
On emploie quelquefois la jusquiame dans la cure de l'épilepsie ( i ) ; et il existe une variété de ce végétal que les anciens appelaient fès^t de porc , parce que les porcs , quand ils en mangent, sont saisis d'une sorte de fureur, que la mort suivrait bientôt s'ils ne couraient
se jeter dans l'eau (2). Que l'on rappelle cette
dernière propriété , afin de spécifier l'agent qui a servi à guérir deux épileptiques , dans un pays où l'on croyait les épileptiques tourmentés par le démon : il suffira qu'un peu de cdnfusion s'introduise dans le récit, pour amener graduellement ceux qui le répéteront, à confondre la maladie avec le remède , et à dire que le démon, sorti du corps des hommes, est entré dans le corps de pourceaux qui se
^i.) Eiicyclop. méthod. Médecine, art. Jusquiame.- (2 ^elian, Faviar. Hist. lib. i. cap. 7.
74 ^^^ SCIEKCES OCCDLTCSc
trouvaient là , et le» 2 contraiouts à se préciK piter daBS un fleuve.
Les livres des anciens ne tarissent pa» sur tes propriétés curatives et magiques assignées aux plantes* La plupart oc^t été créées bsoè» doute par t'amouir dû merveilleux ; et souvent sans chercher d'autre prétexte quf'uBne tradi^ction inexacte du noip de la planske^Les modernes^ nous devons Tobserver, n'ont pas été^ sur ce points plus raisoflons^le» que lès anciens. Le scorsonère;^ pav exemple^ éoit son nom a )a conteur die l'écovee de set t^e ^ seorzo^ nero : cela était trop sioifik^ ; on; a dérivé ee nom descurzOy vipère^ en espagnol ;: et on fait du scorsonére^un spécifLcpie pidssanl) eonCre' la morsure; de ta- vipèi»e (i )»
Le eharlatanismet enfin a^ dans fa médeinne, Gemme dans les autres branduesde la sciisn<se occulte , attribué ài des pirocédés kisignifiaàb^ une efficacité ]aiiagique\, pio>ciîr dérobei? a/ux yeux l'action des agens natuEelsi Un adept^i^l eité' par Frommann (2)^ indiquait contre la suette et la consomption , un remède B&m^A
yi)' DwtéonmUftti de FM^ti^e. ait. Scorsonère .
{7] Frommaun. Tractât de FascifMtione. pag. f)63-964
P«8 SCIEKCK& OCCULTES. 75
simplie , mais qui ne devait point être prépai'é avec du feu ordinaire. D'un pommier frappé de la foudre j î\ fallait fabriquer une scie , et s'en servir pour scier le seuil de bois d'une pcNfte sur laquelle be^aucoup de personnes pa(39aient^ jusqu'à ce que le frc^tleiDont vi^ f^é de l'insAruBDeot et. du se«iil produisit de la flMQ:Bae(i). Ld luKarrerie dm procédé vm* pifffwit CQrtaioen^nt à ceux qui recovnraienit au remède ^ ufie confiance respectueuse ; et fei ^i|Sieult-é de le bien exécuter mettait d'avaaïee k' oimyetty est cas de non succès ^ IfinfeÂIlibi* lîlé dlUi laédecia. Cet exemple est un de6 plus éftrapgea que l'on puîs8e> citj^r, m»is il^ en rappelle des miUieiss d'autres.
Pi^ilT guérir les luxatlions, les; dépkiee«a«ns d^ f osi (Je- la cuisse ,. Caton (si) prescrit Fstppli*- «a^iem d^éclissea disposées de «laniére à- replacef et à maintenir le niembre lésé dan»
sa posii)ion itaturelle. Il indîqu^ ensufte des paroles qu'il biiitehan^eF- pendant l'opération. C^sJaots inintelligibles pourraient bien' n'être que' l^expr^essiotip' do l<a même recette, dans' nrt
(ly Fi'omann. Trtict, de^ Fascinatiotu^. pag* 363r36^|. {^, Cnto. De Re rusticd. cnp. clx.
autre idiome : expression que l'on ne comprenait plus , mais de la répétition de laquelle on faisait dépendre Tefficacicé magique du remède.
Les paroles sacrées peuvent ^ en pareil cas, être une prière dont on accompagne l'emploi d'un remède naturel , et à laquelle on croit devoir en attribuer le succès. Des hommes qui se prétendaient doués d'une puissance secrette , enseignaient à arrêter une- hémorragie nasale en récitant un pater et uii ave ; pourvu qu'en même temps, on comprimât avec le doigt la narine ^ et qu'on appliquât sur la tête un linge mouillé d'eau froide (1).
Plus souvent , le prétendu miracle a tenu au soin que prenaient les Thaumaturges de faire , d'une substance inerte , le masque d'un médicament efficace. Les kicahans y sujets des Birmans, et qui paraissent avoir été.chasses par eux jusque dans les montagnes de l'Assam, vont, après les orages , chercher partout des aérolithes : s'ils en trouvent , ils les remettent à leur pontife, qui les conserve
{\\ Frommanii. Tract . de Fascinatione . (4" 1675.^ lib. u rap. 7\),
DES SCIENCES OCCULTES. -J'y
comme un remède envoyé du Ciel pour guérir toute& les maladies (i). Les bézoards^ dont les vertus merveilleuses célébrées et expérimentées dans toute l'Asie , ont trouvé longtemps quelque croyance en Europe ; les bézoards n'auraient pas plus d'action sur les organes de l'homme que les aéroKthes : les uns et les autres ne serviront jamais qu'à déguiser l'emploi de substances plus actives.
Une inscription gr^ecque (2) , que l'on croit avoir jadis été placée à Rome dans le temple d'Ësculape^ et qui relate quatre guérisons opérées par ce dieu , nous offre quatre exemples des manières diverses dont la crédulité se prête au merveilleux. La suspension d'une hémoptysie , obtenue par l'usage des pignons doux et du miel , ne présente rien d'étonnant , pas même l'oracle qui l'a prédite. Quand le diçu prescrit de combattre une douleur de
(i) Nouvelles Annales des Voyaj^es, ii* série, tome iii# page 229. — Les Mages , chez les Parthes , recherchaient avec soin une pierre qui ne se trouvait que . dans les endroits frappés de la foudre : ils lui atribuaient sans doute de grandes vertus. Plin, Hist. nat. lib. xxxvii. cap. 9.
{1) J. Gruter.corp.inseript. (Folio. Amstelodami. 1^07 p(ig. Lxxi. insc. 1.
côté par l'application d'un lopiqUe ^ dont la cendré recueillie sut l'autel de son temple fera la base , on peut conjecturer qne *6d prêtres mêlaient à la cendre quelque drogue moins insignifiante. Si un collyre^ dans lequel on a uni au miel le sang d'un ûùif blahc > a produit de bons effets^ il est permis de croire que la couleur de Poiseau n'a servi qu'à ré^^ pandre, sur la composition du remède , une teinte mystérieuse. Après quelques génuflexions^ un aveugle place sur ses yeui la main qu'il a étendue sur l'autel; et il recouvre soudain la vue. . . * . il ne l'avait jamais perdue ; et il exécutait probablement cette jonglerie dans un moment critique ^ où il importait de relever la réputation d'Esculape et de son temple.
On compilerait des volumes entier* de pareilles impostures. Las des souffrances d'une maladie incurable , Adrien invoquait la mort ; on craignait qu'il n'eût recours au suicide : une femme se présente. Elle a , dit-elle , reçu , une première fois, en songe, l'ordre d'assurer l'empereur qu'ilguérira bientôt. N'ayant point obéi, elle a perdu la vue; avertie par un second songe , elle remplit sa mission , et ses yeux se
PE» 9CIEtf€ES OCCULTES. '^^
rouTrent à la lumière( i ). Adrien n'en mourut pdâ moins quelques mois après.... Et les témoins de cette fourberie n'en furent pas moins disposés à accepter comme réel, tout autre miracle qui leur serait présenté.
Le plus grand des prodiges , aux yeux de la raison, c'est , à mon gré , que les hommes qui ont démasqué des jongleurs et dévoilé de faux miracles , proient ensuite à des miracles non moins suspects, à des jongleurs non moins grossiers. Et, par une singulai:ité remarquable, le superstitieux et le philosophe peuvent^ chacun dans leur sens, tirer avantage de ce prodige souvent répété : l'un y voit un témoignage de la vérité de ses assertions, et Teffet d'un don de Dieu qui se manifeste en subju*^ guant la raison humaine; l'autre, retrouvant partout cette inconséquence , soutient qu'elle 4
ne prouve rien, puisqu'elle fait triompher * cent croyances fausses , si elle s'applique à une seule qui soit vraie; et qu'elle n'a dès-lors pour principe que la facilité incurable avec laquelle le genre humain s'est abandonné toujours à ceux qui voulaient le tromper. -^
(^1} Jlel, Spart tan. in Adrian.
So DES SCIENCES OCCULTES.
C'est , en effet , ici , une maladie de tous les pays et de tous les temps. Les repaires de ces mendians qui déçoivent la pitié publique par l'apparence des infirmités les plus cruelles, se nommaient jadis , à Paris, Cours des mi'racles; parce qu'en y entrant, ces misérables déposaient le costume de leurs rôles; les aveugles voyaient; les estropiés recouvraient l'usage de tous leurs membres. On a compté, dans la capitale, jusqu'à douze de ces Cours:, et il est fâcheux d'ajouter que leurs habitans étaient employés quelquefois, par les prêtres et les moines , pour accréditer des reliques , dont l'attouchement seul guérissait miracu-leusement les prétendus malades (i). Le nom tles Cours des miracles , devenu populaire , prouve que personne n'ignorait de quelles impostures elles étaient chaque jour le théâtre; et chaque jour, les mêmes escrocs trou-* vaient des dupes ; et avec une parfaite connaissance de cet escamotage habituel, on croyait encore à des guérisons surnaturelles!
(i) Sauvai. Antiquités de Paris, tome i. page 5io-5i5. cité par Dulaure. Histoire physique civile et morale de Paris. (i8ai). tome iv. pages 589-59^.
-tBES SCIENCES OCCULTES. 8l
Opiniâtre et ingénieuse à s'abuser , la crédulité se retranche dans l'allégation de merveilles bien attestées, et que l'expériehce n'a point démenties. Eh bien ! que dans ces mer^ veilles , la science , reprenant ce qui lui appartient , aide l'homme de bonne foi à y discerner ce qui appartient à l'imposture. Ce n'est point en invoquant contre elles une impossibilité combattue par un grand nombre de témoignages dignes de foi, c'est en prouvant qu'elles sont possibles dans l'ordre de la nature , que peut-être on guérira l'homme d'un aveuglement qui souvent lui a coûté bien cher.
Quand oli entend les récits de ces jeûnes merveilleux que des hommes supérieurs ont supportés pendant des jours, pendant des se-^ maines, on est tenté de les renvoyer aux Contes orientaux (i) , qù figurent' quelquesunes de ces inconcevables abstinences. Mais ces récits sont tellement nombreux ! comment admettre qu'ils soient tout-à-fait sans fondement?
Observonsd'abord que certaines substances
(i)Le9 mille et un Jours, jours czxxvii et cxxxym.
possèdent, ou qu'çn leur attribue la propriété de suspendre le sentiment de la faim et de la soif : telles sont les feuiHes de tabac et les feuilles de Cx>ca {herbe du Pérou) (i). On va jusqu'à dire que , tenues dans la bouche , ellescmpédient de souffrir du besoin, l'homme qui passe une journée sans^ manger et à travailler.
IMbtthiole (2) attribue aux Scythes l'usage d'une herbe agréable au goût, qui suppléait si efficacement à la nourrkure, que l'effet s'en prolongeait quelquefois^ douze jours entiers. Une autre herbe soutenait de même les forces des chevaux de ces infatigables cavaliers. La merveille ici est poussée trop loin pour ne pas indiquer une supercherie , ou plutôt l'art de réduire à un très^petit volume des sub* stances éminemment nutritives. Cet art, dont l'emploi fit 'dire d'Abaris que jamaii» on ne l'avait vu manger ni boire (3) ; cet art qu'Épiménide , contemporain de Solon , exerçait
(i) J. Acosta. Histoire naturelle des Indes, etc. livre iv. chap. sa.
(a) Matihiol. Commentar. in Dioscorid... Epistol, nuncupator.
(3) lambUch. Fit. Pjrthag. $ xxviii.
avec succès (i)^ est ai^CHird^kuî bk» connu ^ et FécemnMnt encore , un savàitft vient de te perfectionixer (a). Il y a ernneoM cinquante ana que Fon^ essaya en FvadM» ^ de doiHiér auxmarins une nourriture de ce gemfè ; soii mince volume aBmk permis d'en embarquer uiie quantité beaucoup plus, grande que* de tout autre comestible : on y renonça^ parée que les hommes ainsi nourri», quoiqufSs ne soufifrisK sent pas du besoin , supportaient beaucoup moins la fatigue. Ites Tbaunvâturgesne seironl point arrêtés par cet inconTénient tun homme divin , qui vit sans prendire d'alim^ens, se tient comansnément immobile dans la cellule où viennent le chercher les respects et les'adb* rations: et quand, au terme dr'i^ne longt:^ épreuve, on le trouverait pcès.de.toniber eA faiblesse , on n'en ajouterait que plus de foi à la réalisé de sa merveiUeuse abstinenee*.
Gette difficulté, d'ailleurs, pourrait n'avoÎD point existé autrefois. Les Calédoniens et le$: Méates (3), qui formaient la plus grande par-
(tPÙutarch. Sympos.
(3) M. Gnnbemat. Revue Encyclopédique* tome xxxv. page 235. '•*
(3) XipkUin. in Setter, anti. âo8.
tie de la population de la Grande-Bretagne ^ savaient , dit Xiphilin ^ préparer une nourriture si propre à soutenir leurs forces, qu'après en avoir pris une quantité égale à la gro^eur d'une fève , ils ne sentaient ni la faim ni la soif. Les Scythes possédaient sans doute un procédé analogue à celui-là , et ils l'étcndaient jusqu'à la nourriture de leurs chevaux ; ne supposant l'existence des herbes merveilleuses dont parle Matthiole , que pour donner le change sur la nature de leur secret. Mais ce secret ne dut pas être ignoré, au moins de la tribu savante , chez des peuples bien plus civilisés que les Scythes et les Calédoniens : son existence dès-lors rend croyables tous les récits du même genre et les dépouilles de leur miraculeuse enveloppe.
Au-dessus de la merveille d'affranchir l'homme des besoins les plus pressans de la vie ^ se place celle de lui rendre la vie qu'il a perdue-
On convient que rien n'est souvent si dif-^ ficile à saisir que les signes certains et irréfragables de la mort. Une étude spéciale de ces signes, une expérience consommée de ce qu'ils ont d'équivoque ^t de ce qu'ils ont de
positif, fourniront le moyen de distinguer une mort apparente d'une mort réelle, et de ramener à la vie l'être que menace d'en priver une sépulture précipitée : ce sera aujourd'hui un bienfait ; en d'autres temps , un miracle. Chez un peuple éclairé, les lois ou les mœurs prescriront toujours de s'assurer que la vie est réellement éteinte. Selon les apparences , à une époque très-éloignée de nous, on employait, dans les cas douteux, l'épreuve de la brûlure, la plus certaine peut-être de toutes; puisque lors même qu'elle ne réveille pas la sensibilité , l'action de la brûlure présente des différences visibles, selon qu'elle s'exerce sur un corps privé de vie , ou sur des organes où la vie subsiste encore (i). Tertullien (2) tourne en dérision les spectacles où l'on représentait Mercure examinant lesmorts, et s'assurant avec un fer rouge, que lés signes extérieurs du trépas n'étaient point trompeurs. Cet usage avait donc été en vigueur :
mais il était tombé en désuétude , et n'existait
(i) Fodéré... Dictionnaire des sciences médicales, art. $ignes de la mort.
(a) TeriuUian, jépohgeiic, cap. XT.
plus que dans Les souv<emrs mythologiques.
NVt-on pas droit de s'en étonner? Démocrite avait affirmé, dès long- temps, qu'il n'existe pas de signes toujours certains de la mort consommée (i). Pline (2) soutint la même opinion, et remarqua même que Les femmes sont, plus que les honunes<| exposées à la mort apparente. On citait de nombreux exemples de mort apparente ; et entre autres , d'après Héraclide , celui d'une femme rendue à la vie, après avoir passé pour morte pendant sept jours (3). On n'avait pas oublié la perspicacité d'Asclépiade qui , voyant passer un convoi , a^écria que l'homme qu'on portait au bûcher n'était pas mort (4). Enfin , l'humanité n'eutelle pas dû s'approprier ce moyen de salut , quand l'instinct de la tyrannie inspirait à Nicocrate {5) de le mettre en usage, pour empêcher qu'une mort feinte n'aidât les citoyens de Cyrène à sortir de la ville et à se soustraire à sa cruauté 7
(1) A. Cornai. Cels. lib. ii. cap. 6.
(a) Plin. Hist. nat. lib. vu. cap. 5a.
(3) Flin. Ibid. ibid.
(4) -d. Cornel. Cels. loc. cit.
[SyPlutarch. MulUr. Fort. Fcf,ct. S %,.
DES SCIEIfCfiS OCCULTES. 87
Serait-^il absurde de pertBerxjue les Thaumatuil^s voulurent , de bonne heure , rester en possesûon du «ecfet d'opérer le miracle brillant d'une résurrection ; et en côhséquence , qu'ils ne contribuèrent pas pfeu à écarter ou à laisser tomber en désuétude la pratique salutaire qufe la tradition n'attribuait plus qu'au dieu Mercure, et que l'ignorance méprisante traduisait en ridicule sur la scène?
II est sûr au moins , que l'on a doué plusieurs théurgistes de la facuké de rappeler les morts à la vie. Diogèhè Laêrce raconte qu'Ëmpédocle (i) ressuscita une femme :
c'est-à-dire , « qu'il dissipa la léthargie (( d'une femme attaquée d'une suffocation « utéririe (5). »
Le biographe d'Apollonius de Tyane s'explique avec plus de réserve, relativement à une jeune fille qui dut la vie aux soins de ce philosophe. Il dit qu'elle avait paru mourir. II avoue que la pluie qui tomba sur elle,
(i) D^iogen. Laert, lib. viii. cap. 57 et 69. (a) Diderot. Opinions des anciens philosophes, art. P/thagore ' Pythagoriciens .
88 Djss sciçiircj^s occultes^.
lorsqu'on la partait au bûcher le visage dé -^ couvert , avait pu commencer à réveiller ses sens. Apollonius eut du moins , comme Asclépiade , le mérite d'avoir, au premier coup d'oçil , distingué d'une mort réelle , une mort ' apparente (i)*
Un obsprvateur du XYIl* siècle (2) raconte qu'un valet, trouvant au retour d'un voyage son maitre mort , embrassa tendrement et à plusieurs reprises ce corps inanimé. Croyant y découvrir quelques sîgnesde vie, il lui souffla son haleine avec as^e:^ de persévérance, pour lui rendre la respiration, le ranimer, en un mot Ip ressusciter. On ne cria point au miracle : heureusement pour le serviteur? fidèle, on ne cria point non plus à la magie.
Cette résurrection , toute naturelle ^ rappelle ],a guérbon du fils de la veuve de Sai^épta^
(1) PMtostrat, Mit» ApoUon* Tyan, lib. iv. cap. 16. — ^Apol- Ignius commença par demander le nom de la jeune fille ^ sans doute pour le lui adresser. B savait que , de tous les sona articulés qui peuvent- frapper notre oreille ^ notre nom propre est celui que nous reconnaissons le plus aisément et. qui réveille le plus vite notre attention.
(a) Petr, Borellus. Uist. et Observ, medic. Çentur. m. observ. 58. — Cité par Frommann. Tractât, dç Fascv^a-* tione- pag. 4S3-4B4.
DS8 SCIENCSa OCCULTES^ 89
par le prophète Élie. Observons que le livre sacré (i) ne dit point ^ comme l'historien Josèphe , que l'enfant fût mort ; mais que sa maladie était devenue si vive qu'il ne pouvait plus respirer. Elie ajusta tout son corps sur le corps, et par conséquent sa bouche sur la bouche de l'enfant ; et , implorant le secours de Dieu, il obtint que le souffle (anima) ^ la respiration rentrât dans, le sein du fils de sa bienfaitrice.
Un des auditeurs de la prédication de saint Paul, à Troade, tombe d'une fenêtre, et reste à terre privé de sentiment. Saint Paul le prend entre ses bras , et dit : Ne vous alarmez point ; son âme anime encore ses membres^. Le jeune homme, en effet, ne tarde point à reprendre ses sens (a). On a voulu voir là une résurrection : il est clair que l'a-r pôtre n'a pas même songé à opérer un mi-> racle.
Au risque de contrarier une opinion reçue^ je juge de la même manière l'œuvre bienfaisante dont fut l'objet la fille de Jair. £U&
(i) Heg, lib. III. cap. 1^7. vers. 17.
{%) Jtct, ji^st, cap. XX. vers. 9-ia.
go DES SCIEf^ES occui'nss.
est mourante. Son pélre a imploré le secours de Jésus. On vient annoncer qu'elle a cessé de vivre, iésus rassure Jaïr ; il dit positivement aux personnes qui pleuraient : JVe pleurez point; la jewtve fiUe n^est point morte y mais seulement endormie. Il la prend par la mftia ^ Fappelie à haute voix : sa respiration renaît ; elle se lève ; et, par l'ordre de Jtésus, on lui donne des alimens (i). Une fille de douze ^ns que rend malade le travail de la puberté , tombe dans un sommeil comateux et léthargique : Jés^isi'en retire... Supposer qu'elle ne vivait plus, c'est supposer que Jésus a proféré un mensonge, en disant, elle n^est point morte : supposition à la fois déraisonnable et injurieuse ; je dirais même blas{>hématoire , si l'enthousiasme de là reconnaissance ne portait avec lui l'excuse des erreurs qu'il enfante.
(i) Evang, sec Luc. cap. viti. rers. 49* ^* ^s* ^4* ^^"* Mat^' cap. IX. vers. 23-25... Marc. cap. v. vers. 35. 43'
DX8 8CIBNC£S OCCULTES.