‹ Des sciences occultes; ou, Essai sur la magie, les prodices et les miracles;Chapitre 31 sur 43 · partie de l'histoire de la magie et de l'his · texte numérisé non relu

partie de l'histoire de la magie et de l'his

toire de la civilisation.

b Le présent agit peut-être nminS'fortemenl^

que l'avenir sur l'esprit humain. L'un cir^

conscrit la crédulité dans ce qu^il présepte de

réel ; le vfi^ue de l'autre la livre aux reines

indéfinis de la crainte ^ de l'espoir «t de, l'i-

* magination. Le Thaumatui^e pourra donc

*• promettre ; il pourra faire croire des mer-

• veilles qu'il n'aura pas lui-même l'espoir de

réaliser.

Rien de plus absurde que l^s détails du rajeunissement d'Eson ^ par les enchantemans de Médée ; mais, avant les Grecs, les Arabes et les Hébreux avaient cru possible cet étrange miracle : suivant les traditions r^b^ « biniques, Moïse, près de mourir, <lemandait , ^ que soa corps fût divisé en morceaux, pour

être ensuite ressuscité par un ange bien&isant (i).

N'assignant point de bornes au pouvoir

(i) Gaulxnyn. De vitâ et morte Mosis, not. lib. ii. pag. 3:»8.

0BS SCIBl^CSS OCCULTES. l63

éee Thaumaturges ; la crédulité dut , par cela même , les forcer souvent à recourir à l'adresse ^ pour refuser, sans se compromettre , un miracle impossible. Un CiKcien vient implorer Esculape dans son temple : de riches pré- «eris , de pompeux sacrifices , des promesses ' magnifiques, des prières ferventes pourront, il l'espère , déterminer le Dieu à lui rendre un œil qu'îï a perdu. Instruit, par des moyens usités alors dans tous les temples, et aujourd'hui dans toutes les institutions de Police ,* Apollonius de Tyane déclaré que cetJic>mme n'obtiendra poiflt ce quil demande; il en est indigne; la perte <Je son oeil a été la juste punition d'un adultère inèestueùx (r). -

Lors même que la nierveille deniàndéè n'excède point les ressourcés deia science, il irtiporte d'occuper ràttentiôn du specta-' teur^ de lui dérober les opérations niécanîques des Thauttiatârges, oU l'embàiVas qu'ils éprouveM q«Éand le résultat désiré se fait trop long-temps attendre. Cet art, si faniilier aux prestigiateurs modernes, ne l'était pas moins à ceux de l'antiquité.

(i) Philostrat. vit, ApoUon. lib. i. cap. 7.

Ce que les premiers obtiennent par des plaisanteries plus ou moins ingénieuses , les autres y parvenaient par des cérémonies propres à inspirer le respect et l'effroi. La troi^ sième partie de la magie des Chaldéens appartenait tout entière à ce genre de charlata-» nisme ; elle enseignait les gestes^ les postures^ les paroles intelligibles ou inintelligibles qui devaient accompagner les opérations du Thaumaturge (i). Les prêtres de Baal, dans leur lutte inégale contre le prophète £lie ^ se faisaient aux bras des entailles plus visibles que profondes (2) ; le Théurgiste de Grèce et d'Italie menaçait les génies trop lents à lui obéir , de les évoq^e^ par un nom redouta-ble pour eux (3) : de l'une ou de l'autre manière on cherchait à gagner du temps ^ à distraire l'attention ; émus de crainte ou de pitié, les spectateurs fixaient* un œil moins défiant si^r les pratiques secrètes propres à consommer une merveille trop lente à s'opérer . ,

(1) Moses maimohides* More nevochim, lib. m., cap. 37. (a) Reg, lib. m. cap, 18. vers. a8.

(3) Lucan, Pharsal. lib. vi. vers. 745. Stat. Thébaïd. lib. ïv. vers. 1A6.

Mais, noua Favons déjà observé, ce n'était guère que dans des luttes d'habîlçté élevées entre les Thaumaturges, que l'on avait à combattre de pareils obstacles. Partout ailleurs , la crédulité allait au devant du miracle. Combien de récits, par exemple, ne nous présentent-ils pas des empreintes de sang merveilleusement conservées depuis des siècles , pour rendre témoignage d'un crime ou d'une punition célèbre! Introduits, en i8i5, dans la chambre où fut poignardé Das^id Rizzio^ des voyageurs rapportent qu'on leur fit remarquer , sur le plancher , des gouttes de sang, qu'on a soin y leur dit-on, de repeindre à neuf tous les ans (i). Voilà l'histoire de toutes les empreintes de ce genre, à l'aveu prés.

Là tète d'une statue a été renversée par la foudre, et jetée dans le lit du Tibre; les augures indiquent l'endroit où on la retrouvera; et l'événement confirme leur prédiction (2)... Us avaient pris sans doute , pour être surs de leur fait, des mesures infaillibles,

(i) Voyage inédit en Angleterre on i8i5 et i8i6«.. Bibliothèque univ. Littérature, tome vir page 383. (?) Cicer. De diwinat. lib. i. J jo.

l66 DES SCIENCES OCCULTES.

les mêmes mesures qui, en d'autres temps et en d'autres pays, ont fait rencontrer, daijs le lit des fleuves, dans les grottjes, dans les fo* rets, tant d'images saintes et miraculeuses... Dernièrqment, je dirais presque hier, un lapin , un chien, deux bœufs, n'ont-ils pas ainsi révélé à l'adoration des Portugais , une Madone que bientôt après on a remerciée solennellement de la chute des hommes qui voulaient arracher le peuple à l'esclavage de l'ignorance et du fanatisme 7 Nul n'a pu, sans courir risque de la vie, essayer de dévoiler l'imposture... en 1822(1)!

A Témessa , une vierge , chaque année j devait être sacrifiée aux mânes de Lyhas.

L'athlète Euthymus veut mettre un terme à cette barbarie. Il ose défier au combat le spectre de Lybas, qui se présente à lui, noir, horrible, vêtu d'une peau de loup. L'athlète intrépide triomphe, et le spectre, de rage , se précipite dans la mer (3), Déguisé , et tel (^^'au moyen âge on peignait les loups-ga-^

(i) M** Marianna Baillie. Jl sketch of the manners and Customs <^ Portugal, etc. Loijidon, i8a4"> Nouvelles Annales des Fojrages. tome xxx. page 4o5.

(2) Pausanias. EUac, lib. u. cap. 6.

OBS SClËtiCiSS OCCtILTBS. 167

rdux , qu'un prêtre ait joué le rôle du spectre ^ n'ait pas voulu survivre à »a défaite, je jf)énche d'autant plus à le croire , que le vainqueur disparut bientôt après , sans que l'on ait jainais connu le geiire de sëi mort. Les collègues à\k spectre étaient prot^blement, sUrcépcrîïit, mieux insti^uits que le public.

Sinan-Raschid-^Ëddin (i) , chef des B athéniens ou Ismaélites de Syrie, cacha dans une eâvlté , un de ses affidés , dont la tête seule paraissait au dehors : entourée d'un disque de bronze figurant un bassin , et de sang nouvellement répandu , elle semblait récemment coupée. Il découvre la tète devant ses disciples , et somme le mort de lui répondre sur ce qu'il a vu depuis qu'il a cessé de vivre. Le docile interlocuteur fait, comme il lui a été prescrit, une brillante peinture des célestes délices; il déclare qu'il aime mieux continuer à en joUir que de revenir à la vie ; tl recommande, coname le seul moyen d'y

(i) Mines de l'Orient , tome iv. page 377... Fragment traduit des auteurs oi-igitiaux, par M. Hammer... Sinan... mort en. ir99».« Bathéniensp internes, intérieurs , cachés i ainsi appelé par allusion à leurs doctrines secrettes et à leurs dogmes mystérieux. {Anthologie arabe, page 275.)

l68 . DES SCIENCES OCCULTES.

parvenir, l'obéissance la plus aveugle aux ordres de Sinan. Cette scène redouble Tenthousiasme, le dévouement^ le fanatisme des

auditeurs Après leur 4lépart, Sinan tu^e

son complice et met en sûreté le secret de son miracle.

A quoi bon rapporter en détail des super* chéries si visibles que la plus adroite mérite à peine le nom d^ escamotage ?

L'art d'en imposer à nos sens, malgré notre attention et notre incrédulité , l'art de Vescamoteur, répondrai-je, n'çst point étranger au sujet que je traite , s'il a pu servir l'intérêt , l'ambition , la cupidité , la politique des hommes qui mettent à profit la crédulité de leurs semblables.

II l'a pu, et dans tous les temps, puisque très-anciennement comme aujourd'hui , il a existé , avec les raffinemens les plus propres à commander la surprise et l'admiration. C'est ainsi qu'il a toujours fleuri dans l'Hindoustan; et à tant d'autres traits caractéristiques qui attestent l'origine hindoue des bohémiens (gjpsies, zingari)^ on peut ajouter leur perfection connue dans les tours d'adresse de tout genre.

Il l'a pu y et dans tous les pays , puisque les meryeiUcs dont il étonne les hommes peu éclairés , ont partout figuré parmi les œuvres des prétendus possesseurs d'une science surnaturelle. Les faits que nous discuterons nous en offriront assez de preuves chez les peuples civilisés : bornons*nous ici à citer les magiciens qui , au sein d'une horde demi-sauvage, réupissent les fonctions de prêtres , dp magistrats et de médecins; les magiciens Osages doivent surtout leur influence à l'éclat de leurs prestiges ; on en voit qui s'enfoncent , dans le gosier , un énorme couteau de boucher ; le sang en sort à gros bouillons , comme si la blessure était véritable (i).... Des escamoteurs , en Europe , donneront le même spectaèle : et , toutefois , parmi leâ indigènes de l'Amérique , quelle confiance , quel respect ne commande point le mortel privilégié dont le pouvoir ne laisse pas subsister la moindre trace d'une lésion si épouvantable!

Pour montrer maintenant comment la politique sacerdotale rangera, au nombre de ses ressources , un art en apparence futile , je ne

(i) Nouvelles Annales des Voyages y tome xxxv. page a63.

I7Ô Ô^S SCIENCE» 0<ÎCUtTES.

citerai point l'épreuve judiciaire de Feau froide y où tout dépendait de là manière de garrotter l'homme qu'on y soumettait ; les liens dont il était chargé jfouTant égalemtint le dtibmérg'er ou le faii*e surnager^ selon le rapport de leur pesanteur spécifique à la pesanteur de iWii. Je ne citerai point lé collier de for de saint Sané ^ qui, en Bretagne , servait d'épreuve à. la vérité des serméns, et qui étranglait infailliblement l'homme coupable de parjure (i) î le prêtre qui attachait le cbllier était, à coup sûr, maître d'opérer le miracle comme il le voulait. Mais, voye2vous , dans la place publique , les plateaux d'tine balance perdre leur équilibre , et alternativement, s'élever et s'abaisser à l'ordre d'un escamoteur? Cette jonglerie vous amuse : dans l'Hindoustan, elle met la vie d'un accusé au pouvoir des prêtres qui dirigent l'épreuve judiciaire de la balance. S'il est coupable , disént-ils, son crime se manifestera , en ajoutant visiblement au poids déjà connu de son

( I ) Caïubry. Voyage dans le département du Finistère , tome I. page 173. Le prêtre n'était sûrement pas entouré de surveillans incommodes.

DBS 6CIBNCBS OCCUtTBS. I7I

corps. Après quelques préparations rcligieu* ses ) on le pèse donc avec soin ; puis on lui attache sur la tête son acte d'accusation ^ et on le pèse de npuveau. S'il est plus léger qu'auparavant i, on le déclare innocent; s'il est plus lourd , ou si la balance se rompt , le crime est avéré. S'il reste en équilibre^ il faut recommencer l'épreuve ; alors , dit le livre sacré 9 « il y aura certainement une dif-* férencc de pesanteur (i). » Quand on promet ui| miracle d'une façon si positive , on est sûr d'avance des moyens de l'opérer.

Empruntons un exemple. d'un autre genre, à un peuple que l'on ne soupçonnerait pas d'un tel raffinement d'adresse. Chez les Soulimas ) près des sources du Dialiiba, un voyageur anglais , le premier homme blanc qui ait paru dans le pays, a vu des soldats d'élite, armés de fusils , tirer sur un chef qui leur opposait ses talismans ; les fusils faisaient tous long-feu , quelque bien qu'ils eussent été amorcés. Ensuite, et sans aucune préparation, les soldats tirèrent d'un autre côté, et toutes les armes partirent. Ces hommes ont

(1) Recherches asiaiigues. tome i. page 47 3* •

donc l'adresse d'ouvrir et de fermer la lumière du fusil à volonté (i) ; et l'on ne peut apercevoir quand ou comment ils exécutent cet escanK)tage , dont le but est de persuader au peuple qu'on n'a rien à craindre des armés de l'ennemi, quand on est muni de talismans consacrés par les prêtres.

En Europe, et depuis plus long-temps que l'on ne serait tenté de le croire , il a existé des hommes à qui il n'aurait fallu que de l'audace ou un intérêt dominant pour se présenter, à leurs admirateurs, comme doués d'un pouvoir surnaturel (2). Supposons à de tels hommes la seule chose qui leur ait manqué :

et loin de se borner à l'amusement de quelques spectateurs oisifs , leur art , conservé dans des mains plus respectées et dirige vers un but moins futile , commande l'adoration

(i) Laîng. Voyage dans le Timanni, le Kouranho, le Soulimanay etc., traduction française... pages aii-aia et 234*

(•j) Fromann , qui avoue que beaucoup d'escamoteurs ( cauculatores ant saccularii) , ont été pris pour des magiciens {Tract, de Fascin. pag. 771 et seq. ), n'en cite pas moins, comme des œuvres de sorcellerie, les tours si connus de casser un verre , de couper une chaîne d'or ou une serviette en plusieurs morceaux, et de .faire ensuite reparaître ces divers objets parfaitement entiers {Ibid. p. 583).

de ceux dont il excitait la risée , et suffit à Texplication de miracles aussi nombreux qu'iniposans.

Ce rapprochement n'a rien dç forcé. De nos Jours ) "Cornus ( et lui seul à la vérité ) savait I) en «écartant toute possibilité de connivence, annoncer en secret à une personne la carte que pensait une autre personne. Il existe encore des témoins du fait : Cornus , d'ailleurs , en Angleterre , a souvent répété le même tour devant des spectateurs qui , pariant fort cher contre la réussite , ne pouvaient être soupçonnés d'y contribuer par leur complaisance. Le clairvoyant Bacon affirme qu'il a vu exécuter le même tour , dans un temps où, en donnant une pareille preuve d'habileté, on risquait de se voir conduire sur les bûchers destinés aux magiciens; le jongleur (i) a dit, tout bas à l'oreille d'un des (( spectateurs , que telle personne penserait. « telle carte.... » Le philosophe ajoute qu'il chercha alors à expliquer le tour par une

(i) « He didjîrst whisper the man in the eare, that such c« a mon should tliink such à Gard. » Bacon. Sjrha sjrlvarum, Century x. ^6.

connivence que , de son propre aveu, îHn*avait aucun droit de soupçonner.

Que des hoaimes si habiles, au milieu d'Uiie population peu instruite, veuillent se signaler par des miracles, en trouveront-ils beaucoup d'impossibles ? Qu'on les chargé , par exemple , de diriger un tirage au sort , dôut^z-^ vous que le sort devienne Pmterprète dé leurs volontésr 7 mesurez dès*iors l'étendue de la puissance ainii remise entre leurs mains, Qtte! rôle , de tout temps, le sort n'^t-il pké joué dans les plus grands événemens comme dans les mfoîndrcs , là même où l'btt ne pouvait supposer de supercherie? Combien^defois dés hommes, Se défiant de leur prudence^ ou ne potïvant aîccorder leilrsf opinions (jBvérses , s'ett Sont t'émis à la décision du sort ! Aux preiaiiers jouris du christianisme , l'églîsel eut recours au sort pour décider qui, de Josepfo ou dé Mâtbks , succéderait , da<ns l'apostôtet , au traître Judas Iscariote ; et Origène loue les apôtres de cet acte d'humilité, par lequel ils soumettaient à la puissance céleste un choix qu'ils pouvaient faire eux-mêmes (i). Aux

(i) Act. apost. cap. i. vers. ^4 et séq. — Origen. Homil. XXIII. m lihr, Jes. Nave,

DES sciEffcBs oeciiLrHf. 175

yepx d'hammes incapables d^nflucr '^ar Tadresse sur le tirage au sort ^ son résultat parait dono.uiliquémeiit dû à la volonté de Dieu.

Cette idée a paru assez plausible pour que des hommes^ d'ailleurs éclairési, la poussassent il l'eitréme. Orig^e ne craint pas d'avancer que les anges , dfins le Ciel , tirent au sort ( i ) pour décider de quelle nation ou de quelle pjrovince chacun d'eux prendra soin , ou de quelle .personne il sera le gardien^ Un ministre protestant qui soutenait , il y a un siècle , ladoctrine que le sort est ufie chose sacrée y a été entraixié jusqu'à dire que « les plus petits « jeux^ ceux où il y a le moins à gagner ou à « perdre , sont , par cela même , les plus « profanes (2). »

La question a été envisagée autrement par un écrivain qui a fait servir s£| haute éloquence à introduire ^ dans la philosophie et la politique, l'esprit et les doctrines des temples. Platon (3) veut que, dans sa République , les

(1) Ori^en, MamiL xxiii. in iib. des. Ifaye.»

(2) De j on court. Lettres (quatre sur les jeux de hasard. La Haye, 1713.) page 19.

(3) Plato in Timaeo,.. et RepuhUc. lib. r.

mariages dçs citoyens soient déterminés par une espèce de sort. Mais^ en même temps ^ les chefs de FEtat ^oivejat avoir soin de diriger le sort f2iv -quelque artifice, en sorte qu'il be décide rien que conformément à leurs vues ; et que néanmoins l'artifice soit si bien caché ^ que les personnes qui se croiront mal assorties , ne s'en prennent qu'au hasard et à la fortune.

À l'une ou à l'autre opinion , l'on peut rapporter les événemens où le sort a dû ma* joifester la volonté de Dieu et révéler ses arrêts, et où le même moyen de décision a été.

employé tour-à-tour par la crédulité et par la politique.

Un crime secret a allumé, contre Israël, le courroux du Seigneur : le Seigneur a livré Is^ raël au glaive de ses ennemis. Pour découvrir le coupable , on jette le sort entre les douze tribus ; entre les familles de la tribu qu'il a désignée ; entre les membres: de la famille, qu'a frappée le sort. Le sort tombe sur Achan ; et Achan avoue le crime dont il va subir la peine (i). Instruit par des voies secrètes, dont

(i) Josué* cap. 7. vers. i4*33.

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DES SCIEKCEft O0CCrtTE«.% ^ .'. -imm

in police mdden» donoe ,f»cttemô»t UM^idée , tToBÉié profitait '-délinconjonctupe pour effrayeJr et otm<rmmmoem.qm ouésept «se douter <fe «m in&illiblè wapiration ; et le œinacle , ♦n même teipps , de<i^ relever le courage cit<^ Juife , en leur montrant et «n séparant d'eu» 4'homme sacrilège, ràuso unique de leur hotiteme défaite.

C'est par le sort aussi que Sa&l est appelé à régner sur les Hébreux (i) ; ou plutôt d'est ainsi ijue Samuel sanoifie le choix qu'il» déjà lait d'un jeune homme obscur (a) , enij» fl espère' trouver, moins un rival de pounoir, qu'une cnéatere aoumise et un ministre dé-r

TOllé, ,

Pariât ixeu solennel (3)^ Saisi astreint soa armée m un jeûne absolu , jusqu'à ç» qu'il ail coupé la retr^rite aux PhiMstiœ. Consulté ém fc sace^B de ce dessein par le graoïdrprètre ^ le Seigneur ne rend point de rép^e^n^. ShU rcut qu'on j«ttc & sort pour sayoir qm a violé

(t) Me^, Mb. i, cap. io. vers. ao^i. »; .;

(î) Beg, lib. I. cap. lo. vers. i.

(3) Âeg.hh. I. cap. 14. ve^'s. a4-46. — Théodoxet ^t ^aint Chrysortôme cojidajïnjient le vœu Ae Saiil coennç cpntraire à Ja prudence et à ]a raison.

IS

' son yœu ; et /e sort tombe entre lui et son fils Jonathas : il insiste ; le sort désigne Jonàthas^ et Saûl n'hésite point à Fenvoyetau supplice. Mais le peuple entier s'oppose à cette consé^ quence atroce d'un voetu •absurde , dont les prêtres de Dieu ne réclament point l'exécution. Saùl , découragé , renonce à une pour^ suite téméraire. Les sages qui dirigèrent h sort, voulaient probablement amener ce résultat, i

Nabuchodariosor a mêlé ses flèches contre Ammon et contre Jérusalem ; la flèche sort contre Jérusalem; et le terrible conquérant ne tarde point à accomplir l'arrêt du destin (i). Il est curieux de rencontrer , dixsept cents ans plus tard , des imitateurs de soi! exemple. Alexis Comnène , pour savoir s'il doit ou non attaquer les Gomanes , s'il livrera bataille ou marchera au secours d'une ville assiégée , place deux tablettes sur un autel ; la première qui frappe ses yeux ^ après une nuit passée en prières , lui parait , dans les deux cas, exprimer la volonté du Ciel (3).

(1) Ezéchiel, cap. xxi. vers, ig-aa.

(a) Anne Comnène, Hisl, d* Alexis Comnène, Iw. x. chap. a. Ut. XV. chap. 5.

DES SCIENCES OCCULTES. I^g

Les sénateurs de Venise , sous le règne du doge Dominique Michiéli (i) , ne pouvaient tomber d'accord sur la désignation de la ville qu'il convenait d'attaquer la première i on eut recours au sort , et l'on s'en tint à sa décision.

Quoique le sort ait été employé souvent , et à Venise plus qu'ailleurs , pour modifier lès élections ) ou départager les sufirages, on peut douter qu'on lui accordât sérieusement une égale influence sur un plan de campagne , et cela dans un sénat renommé pour sa politique et rempli alors d'habiles guerriers. N'était-ce pas plutôt un moyen admt d'entraîner un peuple brave , mais encore peu soumis à ses chefs , à une expédition dont les dangers et les fatigues lui dérobaient peutêtre la gloire et la nécessité ?

Dans l'état misérable où languissait l'empire grec , ce n'était point l'honneur ou l'tiih térêt national^ ce n'était point la religion., c'était la superstition qui pouvaient inspirer quelque énergie k une population dégradée :

(i) D. Michiéli y 35* doge... Hadrian. Barland, De ducib*

^8q des sciences occultes^

oe.fut ellp que mit jeu œuvre Alexi$,, prince fort au-dessus do spn siéde , et surtout au«- 4i3ssus de sa.tiatiou. :

. Et quoique de «iikiHe manières ^ dans l'aiitir (fa\téi , le sort rendit des oracles , consultées avec une avidité , et reçus avec un respect égaleine^t aveugle , nous pensons de même qi^e le roi de Babylpné , certain d'avance de ses opéi?atipns , ne chercha , d^ns cette céré* XBOjaie supersfiitieuse , que le secret d'en as^ sure;* le succèsr , i^n le montrant comme ii^ faUiy^ie ^ comme garanti par la volomé des jdieux j k Tenthousi^isme de ^ep sotàats,

. Conduire, les hommes par leur erédulî^é ., i^u feigyianl: àe la. partager, est une ruse iqae , ^ur tou$le« points du globe et dans . tous* les ii^mps , la politique a employée ^sans autre soin que d'en varier les formes , pour Fassor* tirap^ habitudes et à la mesure d'inteU^ence .4è9 hommes qu'elle de vitt mettre en mou«-

; 1 I^e chef d'une tribu brasilîetifife , ayant pris : leslarapiès à l'instigation des Hb}:landaM qui Jui avaient / promis un puissant secours ^ eut quelque sujet de croire que ses alliés voulaient le laisser combattre seiit l'ennemi com-

DE8 8CIBNCCS OCCULTES. idl

mon^ et recueillir eninaite le fruit de ses trâraux. En présence de leur -envoyé^ il con-^ .5iitta , à phisîeur» reprises, la divinité* De la hutte du sacrifice y sortent des voix qui pré* disent la défaite et la fuite ^ si Von combat avant Târrivée du secours pram» ; elles axK iioncent que Ton n'est pas encore près de le recevoir^ et ordonnent ^ en l'attendant ^ de roculer devant Teiinemi. D^acoôrd avec ses guerriers^ le chef * proteste qu'il ob^ra et. se retirera jusque ^ut le territoire des Hollan<* dais : c'était un moyen sûr de mettre un terme k leurs lenteurs. L'envoyé hollandais^ Baro ^ crut fermement que l'oracle avait été j[>ro^ nonce par le diable (i). Nous l'attribuerons i avec plus de vraisemblance ^ k des prétrescachés dans la hutte du sacrifice. L'artifice était grossier ; la politique ne l'était pas.

L'augtire iVaevius^ après avoir osé com-^ battre , au nom de la religion', les altéiràtionsque Tarquin l'ancien voulaient apporter à la constitution romaine, est sommé de donner une preuve de sa science, en déclarant si un dessein conçu en secret par le monarque ^ ,

(t) Voyage de Boulox Bm'o au pays des Ti^pe^esef^ >047*

l8a DES SCIENCES OCCULTES*

n'a rien que de possible. Il répond affirmativement «Ce dessein est de couper une pierre avec un rasoir ; et le miracle s'opère, 4^^-00, aux yeux de tout le peuple (i). L'oracle de Delphes indique avec précision ce que , au moment même où on l'interroge, fait à Sardes, Crésus renfermé au fond de son palais.

Nous soupçonnerons que Tarquin ^ embarrassé pour abandonner sans honte un projet dont il ^ sentait trop tard le danger , suscita l'opposition de l'augure , et concerta avec lui le miracle qui devait la faire triompher, afin de se conserver l'honneur de ne céder qu'à l'ordre des dieux. Nous savons que les ambassades religieuses du roi de Lydie avaient pour prétexte de consulter sur ses projets les divinités fatidiques , et pour but réel d'amener les peuples à s*allier avec lui , et surtout de les y déterminer par les promesses brillantes que devait lui faire le plus célèbre des oracles.

Ces promesses furent mensongères : et l'équivoque à la faveur de laquelle le dieu de Delphes sauva sa réputation d'infaillibilité,

(e) Piàn/s. Ualic. lib. tu. cap. a4«

DES SCIENCES OCCULTES. l83

se présente si naturellement à la mémoire et réveille le souvenir de tant d'événemens sem- Mables que, pour expliquer presque tout le me^eilleux des oracles ^ il suffirait de rappeler cet usage qu'ils faisaient constamment de termes ambigus, et la connivence dont ils s'assuraient souvent le secours, et les inven^ tions mécaniques dont ils empruntaient les prestiges, et les hasards dont la simplicité des consultans leur permit sans cesse de se prér valoir , et tant d'oracles çnfîn qui ne se sont trouvés vérifiés que parce que la crédulité voulait absolument qu'ils le fussent... Mais tout le monde à lu l'excellente histoire des oracles , extraite . de Van-dale par , Fontenelle (i) : Elle nous laisse bien peu de choses à ajouter touchant une erreur presque universelle sur la terre , et qui ne semble guère cesser sous une forme que pour se reproduire sous une autre : tant sont faibles l'expérienee;

(i) Voyez aussi Clayier , Mémoire sur les oracles anciens^ in-8<>. idi8. — Lucien {Alexandre ou le Faux prophète y. OEuvres de Lucien , tome m. pages i8-a3 et 4^-4^> ) > donne une idée des artiiices employés de son temps^ par les prêtres,, des Oracles : on y remarque le se.cret de décacheter les let>. très y si familier aux gouvernemens modernes»

l84 ȣ& SGIEUGfiS OCSCULTfiS.

ût fat raison pour ooiilbaittre lîardew q;u'a l 'homme passkmné de s'ékincev daa» l'avenir L

Ce ne £(3ra' dono qti'en passant que tioiM pappeller<ta9 Apollon il'accordslnt aUli éli^ee <^'il favorise y le don dé divination ^ qu'à la condition de ne le point inteireigfeF âi4r €0^ qvûil TÛeA pas pemUs da sautoir (i) ;. pré* ealition sAge pour éviter des questiOna trop difficile } la sybiUe écrivant' des oracles siur des feuilles (a) que le vent disperse ^ slrtifice qui^ rendant facilement l'oracle obseur et in-* complet^ laissait toujours^ apr^s^révénument^ une porte ouverte à l'équivoque*; noUâ ne ferons ) de méme^ que citer uâe statue co-* lossalô de Shiva (3) 5 derrière laquelle des marches conduisent à un banc c<>mmode situé sous le bonnet du dieu^ banc où s'asseyait sans doute le prêtre chargé de rendre en son nom des oracles. Deux faits plus généraux nous arrèteronii davantage» . ,

1** Nous l'avons dit : ce qui n'est aujour-.

d'hui que du domaine de l'amusement «^ agrandit autrefois le domaine des Thaumatur-

(1) Seruius in P^irgiL Eclog, vin. rers. 3o.

(a) ViPgil, Aen)êid. lib. lit. vers. 4i3-*4^o.

(3) Maria Gtahahi. SéjdUr aux Indes, page 96.

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^es* Les ventriloques^ ^ui excitent nos rires mar les tréteaux modernes, jouaient autrefois un rôle plu» sériéuXi. Cette voix intérieure ^ ^rangera en appar«ioe à l'homme dont on né voit pas rômaer les lèvres^, sûOvetit même paraiafsant sortiï^ de la terre ou d'un objet éloigné^ on la prit pour la voix des puissance^ sttraaturelles. Les expressions de l'historien Jdsèphe (i) ne permettent pas de do^ter que la devineresse d'^m^c/or ne fût ventriloque ^ et qu'il ne lui ait été facile de faire ainsi entendre à Saûl) les réponses de l'ombre de Samuel. Les êtres doués ^ comme elle^ d'un esprit de Pjrthon, de sorcellerie, exprimaieht leurs oracles par une voix sourde et faible qui Semblait sortir de terre : c'est de cette halûftude qu'Isaie (â) emprunte ime comparaison remarquable. Le nota d^Engastrimf thés , donné par les Grecs aux Pythies, aux femmes qui pratiquaient l'art de deviner, indique qu'elles usaient du même artifice. Pythagore adressa la parole au fleuve Nessus, qui ré^

(i) Flav. Joseph. ant,Jud, Ub* vi. cap. i5.

(9) H £t efit qoasi Pytiibnis rox^tua , et de humo eloquium ce tuum mussitabit. » /itt£. cap. xxix. vers. 5.

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pandit d'une voix claire, salut , Pythago^ re (i) ^ au commandement du chef <les Gymnosophi^es de la Haute Egypte , un arbre parla devant Apollonius ; la ^oix qiûon en^ tendit était distinct , mais faible et semblable à une voix de femme (2) : c'était dans les deux cas, la voix d'un ventriloque, convenablement placé ; et ces exemples nous révèlent.. probablement le secret des oracles que rendaient. les chênes de Dodone. C'est en étonnant ses auditeurs pour :L'engastri* mysme qu'à la Chine, un devin, un magicien leur ; persuade, qu'en lui parle une Divinité. Cet artifice n'était pas ignoré :dcs esclaves noirs : à Saint-Thomas, au com* mencement du dernier siècle , un de ces malheureux avait fait parler une figure de terre, et même la canne que portait un des habitans ; il fut brûlé vif comme sorcier (3). De nos jours, des planteurs crédules ont consulté plus d'une fois un bon corner , c'est-à-dire , un esclave ventriloque , toujours prêt , pour

(i) lamblich, vita Pjrthagor, cap; a8.

(2) Philostrat. i>it. Apollon, lib. vi. cap. 5.

(3) En i^oi. — Labat. Nouveau Voyage aux {les françaises de l'Amérique » tome ii. pages 64-65.

entretenir leur confiance en lui ^ à dévouer aux tortures et à la mort tel ou tel noir, comme coupafble du crime réel ou imaginaire dont le maître cherche les auteurs (i).

3** Tout n'était pas imposture dans les orades , au moins si Ton remonte à leur origine. Les prétendus interprètes dçs arrêts du destin étaient souvent plongés dans une sorte de délire. M. Tiedmann croit, avec beaucoup de vraisemblance, que si, chez les Germains, les femmes sacrées prophétisaient en. écoutant le fracas des torrens, en contemplant fixement les tourbillons formés sur le cours rapide des fleuves (3) , c'est que , dans cette position, elles parvenaient bientôt à se donner des vertiges.

La musiqtie exerce sur nous une action bien connue,, et toute propre à disposer l'homme enthousiaste à croire que les Dieux vont mettre leur parole dans sa bouche. Chez les Hébreux même, comme chez les autres peuples de l'antiquité , l'homme appelé a ré-

(i) Je tiens ce fait d'un témoin digne de foi. (9) PbUarch, in Caesar, cap. ai. — S. Cletn, Alex. Stromaté lib. i.

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vêler Faveniriy recourait aux accens de la «lU'- 3iqu6 pour soutenir l'exaltation proptiétiqae de son esprit (i). Chez les Billhs ^ dans l'Hinr dousian, les prophète ou ^orva^ exaltent leur esprit par les chants sacrés et la musique instrumentale : alora ils toinbent dans une sorte de frénésie ^ font des gestes extravagant et rendent des oracles. hesBarvas reçoivent des disciples, et après quelques cérémonies préparatoires, les soumettent à l'épreuve de la musique : ceux qu'elle n'émeut pas jvsqii'à la frénésie, jusqu'à l'extase, sont aussitôt ren«- ▼oyés comme, incapables de recevoir l'inspî* ration divine (a)-

Point de croyance aux oracles, san^ exaltation d'esprit ; et, pour jeter ses aiiditeiirs dans cette sorte de délire > il faut l'éprouver soi-même. Aussi, dans les temples de Grèce et d'Asie , ne se bornait^on pas k l'emploi des flûtes, des cymbales, des tympans; des moyens plus puissans agissaient encore sur les interprètes du ciel.

La divinité voulait-elle se révéler en songe?

(i) Elysée... Meg. lîb. iv. cap. 3. vers. i5. (a) NouveHe$ Annales des Voyages , tome xxvii. pages 333-334.

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« Les êtres les plus jeunes et les plus simples 4c él;aîent les plus propres à réussir dans cette « dîvînatioii ; et on les y cfisposait ' par des tk invocatâons magiques, et par des futniga-* a tions de parfums particuliers. )> (i)PorphyrQ avolie que ces procédés influaient sur Fima^ gînation; lamblique assure qu'ils rendaient plus digne de Tacceasion de la divinité ; c'est dire la même chose dans un autre bagage.

A Didyme^ avant de prophétiser, la pré^ tresse de Toraole des Branchides respirait long'-temps ta vapeur qu'exhakit une font»nô sacrée (2), L'oracle des Célophoniens^ k Cla^ ros, était rendu par un prêtre <, qui s'y préparaît en buvant de Teau d'un bassin quie renfermait la grotfaè d'Apollon..... Mais ce br^hnfage abrégeait ses Jours (3). On sait de quette manière étrange la Pythie s'exposait à la vapeur qu'ejthalait l'antre de Delphes (4). Pindaj^ et Plutarque rious apprennent que

(i) lamblichut de Mjrsteriis, cap. xxix.

(9) lambliehuê de Mygterîù, ccip« ±jsy.

(3) «c Bibentium breuiore vite »... Plin. Hist, nat. lib. ir. cap. io5. — lamblich. de Mjrst. cap. xxt.

(4) S. JoTtan^ Chry$Qst, Homelia xxiz. super cap. xii. Epist. 1 ad Corinth.

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4e dégagement de la vapeur sacrée était accompagné d'une odeur suave qui pénétrait jusqu'à la cellule où les consultans attendaient la réponse de l'oracle (i) : soit que Ton joignit ainsi l'efficacité des parfums à celle d'autres agens physiques , ou que l'on cherchât à masquer l'odeur fétide du gaz qui sor-* tait de l'antre. Nous savons d'ailleurs que l'on faisait mâcher, à la Pythie, du laurier qu'il était facile d'imprégner de drogues enivrant tes ; et qu'après une séance sur le trépied fa- ' tidique , la prêtresse d'Apollon était communénient trés-malade.

On le voit : c'est en vain que nous voudrions, dans l'histoire des miracles et des prodiges, trier et présenter séparément ce qui appartient à l'histoire des sciences anciennes : la chose n'est pas toujours possible. Quand dès enfans avaient l'esprit troublé par l'action de parfums choisis, et le prêtre de Claros par le breuvage qui détruisait sa santé ; quand la prêtresse des Branchides et celle de Delphes s'exposaient à des odeurs gazeuses dont quel-

(i) Pindar, Oljrmp, vu. ver«. 59. Pltuarch, de Oracul.4^ fect.

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ques moyens physiques pouvaient redoubler l'énei^ie ; quand les prophétesses de la Germanie s'asseyaient immobiles aux bords des torrens ; quand les Bardas, habitués par leur éducation religieuse à subir le pouvoir de la musique , s'y abandonnent violemment; rien de plus naturel que les songes délirans , Té* nivrement , les vertiges , Texaltation frénétir? que des uns et des autres : l'inspiration subséquente ^ ou plutôt les oracles qu'on lut at-tribue ne sont que des impostures sacerdotales ; mais la science a présidé à la recherche des causes des vertiges et de la frénésie ^ et à l'indication des avantages que les Thaumaturges devaient en recueillir.

Des observations simples , qui ne demandent qu'une réflexion commune et que l'o»

os«. à peine ranger dans le domaine de la seience, ont. suffi également pour dicter de^ oracles. En consultant les entrailles. des victimes , le prêtre , instruit par l'habitude , :y puisait des notions assez probables , pour hasarder une prédiction sur les qualités du sol et le climat d'un pays. La science des aruspices et des augures a de même dû s'appuyer d'observations appartenant à la phy-

sique^ à la météorologie ^ ou à l'histoire nei^ tarelle.

En Livonie et en Ësthonie ^ une opinion religieuse^ aïiterieare à Pétabliaifment du christianisme ( i ) défend an cultivateur de dé^ truire par le feu, les grillons quMLtroiuiTera dans son habitation ; ceux qu'il n'aurait, pit tuer , mettraient en pièces ses vêtement et son linge. Quand on veut bâtir une maison ., elle prescrit d^observer quelle espèce de fcmrmi se montre la première à la place qu'on a dioisie ; on s'y établira si ée&. la grande ficHirmi £aiuve ou la fourmi noire; si c'est^ là petite fourmi rouge, il faut diérdier un autre lieu : celle-ci fait le plus grand dégât dans \ti% provisions amassées par l'homme , et elle trouve, dans les deux autres espèces, des des^ iructeurs qui' mettent un terme & ses ravagts . Les grillons, de même, dévorent des^ insectes, et surtout des fourmis : c'est à ce titre qu'Jb ont souvent été regardés, dans la eampagne'^ comme des «inimaux sacrée; il n'est pas <dif«<

(i) Debraj. Sur les préjugés et idées superstitieuses des Litfoniens, Lettoniens et JSsthoniens., . Nout^lles Annales des

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ficile de prédire à rhomme qui les détruit, qu'il verra ses hardes déchirées par les insectes dont ils auraient fait leur proie.

Naéviûs y dès son enfance , annonça le talent qu'il aurait un jour pour la profession d'augure : cherchant la plus belle grappe d'un vignoble pour l'offrir aux Bieux , il con^ sulta les oiseaux, et ce fut avec autant de wccès que d'intelligence (i) ; les oiseaux, en effet, devaient se porter de préférence à l'endroit où le raisin était le plus mûr et le plus abondant. Nous verrions aujourd'hui, dans ce trait, là preuve d'une intelligence peu commune chez un enfant , comme on cite la manière ingénieuse dont Gassendi prpuva , à ses camarades d'école, que les nuages, et no.n pas la lune, fuyaient au-dessus de leurs tètes, chassés par un vent rapide : au temps des oracliê , ce fut le premier pas du futur prophète.

Le Thaumaturge ne se piroposait qu'un but : pour l'atteindre , il se servait indifféremment de tout ; charlatanisme , tours d'adresse, style figuré , prodiges naturels , observations, raisonnement, science véritable.

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(i) Dionys, Halic, lib. m. cap. ai -56.

Maïs des moyens qu'il employait , le plus puissant peut-être , celui du moins qui doublait l'efficacité de tous les autres , ce fut le secret religieux dont , avec l'assentiment gé-^ néral^ il sut en couvrir l'usage. Envelopper les choses saintes d'une obscurité mystérieuse, c'était, disaient les sages eux-rtiémies (i) , rendre la divinité vénérable , c'était imiter sa nature qui échappe aux sens de l'homme.

(t) « Mystica sacrorum occultatio majèstatem numinicon- «c cili'at, imitons ejus naturam effugientem serisus nastros, » Strabo. lib. x.

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