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des Thaumaturges ; la crédulité dut > par cela même, les forcer souvent à recourir à l’adresse , pour refuser, sans se compromettre, un miracle impossible. Un Cilicien vient implorer Esculape dans son D de riches présens, de pompeux sacrifices , des promesses Sd us des prières alt il l'espère , déterminer le Dieu à lui rendre un œil qu'il a perdu. Instruit, par des moyens usités alors dans tous les temples, et aujourd’hui dans toutes les institutions de Police , Apollonius de Tyane déclare que cet oiairte n’obtiendra point ce qu'il demande ; il en est indigne; la perte de son œil a été la juste punition d’un adultère incestueux Ca.
- Lors même que la merveille demandée n'excède point les ressources de la science ! il importe d'occuper l'attention ‘du spectateur, de lui dérober les opérations mécaniques des Thaumaturges, ou l'embarras qu'ils éprouvent quand le’ résultat désiré se fait trop long-temps attendre. Cet art, si familier aux prestigiateurs modernes, ne l'était pas moins à ceux de l'antiquité.
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(1) Philostrat. vit. Apollon. lib. r. cap. 7.
Ce que les premiers obtiennent par des plaisanteries plus ou ins ingénieuses, les autres y parvenaient par des cérémonies propres à inspirer le respect et l’effroi. La éroisième partie de la magie des Chaldéens appartenait tout entière à ce genre de charlatanisme; elle enseignait les gestes, les postures, les paroles intelligibles ou inintelligibles qui devaient accompagner les opérations du Thaumaturge (1). Les prêtres de Baal, dans leur lutte inégale contre le prophète Élie, se faisaient aux bras des entailles plus visibles
que profondes (2); le Théurgiste de Grèce
et d'Italie menaçait les génies trop lents à lui obéir, de les évoquer par un nom redouta-
ble pour eux (3) : de l’une ou de l’autre manière on cherchait à gagner du temps, à
distraire l'attention ; émus de crainte ou de pitié, les spectateurs fixaient un œil moins défiant sur les pratiques secrètes propres à consommer une merveille trop lente à s’opérer.
(1) Moses maimonides. More nevochim. lib. xtr. cap. 35. (2) Reg. lib. rx. cap. 18. vers. 28.
(3) Lucan. Pharsal, lib. vi. vers. 745. Stat. Thébaïd. lib. 1v. vers 166.
Mais, nous l'avons déjà observé, ce n’était guère que dans des lüttes d’habileté élevées entre les Thaumaturges, que l’on avait à combattre de pareils obstacles. Partout ailleurs, la crédulité allait au devant du miracle. Combien de récits, par exemple, ne nous présentent-ils pas des empreintes de sang merveilleusement conservées depuis des siècles, pour rendre témoignage d’un crime ou d’une punition eélèbre! Introduits, en 1815, dans la chambre où fut poignardé David Rizzio, des voyageurs rapportent qu’on leur fit remarquer , sur le plancher, des gouttes de sang, qu’on a soin, leur dit-on, de repeindre à neuf tous les ans (1). Voilà l’histoire de
toutes les empreintes de ce genre, à l’aveu.
prés.
: Là
La tête d’une statue a été renversée par la foudre, et jetée dans le lit du Tibre; les augures. indiquent l'endroit où on la retrouvera; et l’événement confirme leur: prédiction (2)... Ils avaient pris sans doute, pour être sûrs de leur fait, des mesures infaillibles,
(1) Voyage inédit en Angleterre en 1815 et 1816... Bibliothèque univ. Littérature. tome vir page 383. (2) Cicer.. De divinat. lib. x. $ 10. #
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