II
D'autres ont eu pour base des expressions figurées que l'on a prises dans le sens physique.
# Il n'existe point de serpens ailés, de véri-
(x) Solin. cap. vur.
(a) Plin. Hist. nat. Gb. var. cap. 14.
DES SCIENCES. OCCULTES. 279 tables dragons : Vunion de deux natures, si diversesa été originairement un,kréroglyphe, un emblème. Mais la poésie, qui-vit defigures, n’a point hésité à s'emparer de l’image et de l'expression. Les reptiles qui déchirérent les fils de Laocoon, sont appelés dragons par Q.Calaber (x); Virgile leur donne tour-à-tour le nom de.dragons et celui de, serpens (2).
Lesdeux noms paraissent avoir.été synonymes dans le langage poétique ; et les aïles dont.on dotaitles dragons, n'étaient qué Femblème de la promptitude avec laquelle 1e serpent s’élance sur sa proie ou s'élève, pour la saisir, jusqu’à la cime des arbres. Ici, comme dans beaucoup d’autres circonstances, les eéxpressions figurées ont pris aisément de la réalité dans la croÿance d’un vulgaire non moins ignorant qu'avide de merveilleux.
Le grec moderne donne le nom énergique de serpens ailés aux sauterelles dont les essaims , apportés parles vents, viennent dé-
(1) Q: Calaber. De Bello trojano. lib. xni.
(2) « Immensis orbibus, angues (vers:204).
« Serpens amplexus uterque (vers 214).
« Delubra ad summa dracones » (vers 225).
Virgil. Æeneid. lib. 11.
vaster ses moissons (1). Cette métaphore est probablement ancienne ; elle peut avoir créé plusieurs récits sur lexistence des serpens ailes. | Mais ces explications , et celles qui se rattachent à des faits physiques, sont vagues, et d’ailleurs purement locales ; elles ne peuvent s'appliquer à un fait précis, que l’on retrouve dans tous les pays et dans tous les temps , avec le même fond et des variations
légères dans les circonstances principales.