‹ Des sciences occultes ou essai sur la magie, les prodiges et les miracles (volume 3)Chapitre 23 sur 44 · RE PERTE · texte numérisé non relu

RE PERTE

DES SCIENCES OCCULTES. 279 crainte , 1l devient facile de réconcilier ici la tradition avec la vérité et la vraisemblance.

Souvent même il n’est pas nécessaire de ‘ supposer beaucoup d’exagération. Elien (1) cite des reptiles d’une grandeur extraordinaire. Rappelons-nous qu’un respect presque religieux pour la vie de certains animaux, dut jadis , et surtout dans l’Inde , permettre aux serpens d'atteindre, en vieillissant, des dimensions énormes. Ce respect fut secondé par la superstition qui consacra, dans les temples, plusieurs de ces reptilés. Alexandre, dans un temple de l’Inde, admira un serpent qui avait, dit-on , soixante-dix coudées de longueur (2). Nous savons qu’on révérait des dragons sacrés. à Babylone (3), à Mélite en Egypte, en Phrygie, en Htalie, en Épire (4), en Thessalie (5), et en Bæotie, dans la grotte de Trophonius (6).

Observons enfin que les progrès de la ci-

(1) Aelian. De Nat. anim. passim. et lib. xvr. cap. 30.

(2) Zbid. ibidem. lib. xv. cap. 12.

(3) Daniel. cap. xrv.

(4) 4elian. De Nat. anim. lib. xr. is t7. lib. xt, cap. 39. Cap. lib. xr. c. 216.

(5) Aristotel. De mirabil Ausculk.

(6) Suidas, verbo Trophonios.

Ed

vilisation ont chassé ces grands reptiles des pays où ils vieillissaient. en paix autrefois. I} n'existe plus de boas en Italie. Solin (1) place

des boas en Calabre ; il décrit leurs habitudes

avec assez d’exactitude pour qu’on ne puisse supposer qu'il ait voulu parler de couleuvres monstrueuses. Pline confirme son récit, en citant un boa dans le corps duquel on trouva un enfant ; il avait été tué au Vatican, sous le règne de Claude , trente ans au plus avant l’époque à laquelle Pline écrivait (2).

Ces faits pôsitifs préparaient la crédulité à confondre avec l’histoire toutes les légendes où une autre cause faisait figurer des serpens monstrueux. |

Page 1