‹ Des sciences occultes ou essai sur la magie, les prodiges et les miracles (volume 3)Chapitre 8 sur 44 · tome 1x. page · texte numérisé non relu

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ses adeptes , leur dictera des prédictions miraculeuses. Pour repousser l’accusation de poison, que semble motiver là prédiction circonstanciée dé la mort de Joram , il suffit d’idmettre qu'Élie avait connu d'avance la maladie dont le roi allait être attaqué ; qu'il l'avait jugée incurable, et qu'il s'était cru en droit d’en annoncer l'issue comme l'effet d’un jugément de Dieu. Les idées alors reçues ly autorisaient : mais aujourd'hui cette interprétation ne suffirait peut-être pas pour sauvèr le médecin qui risquerait, à la cour, une preuve si hardie de la cértitude de ses pronostics.

Les maladies endémiques qui ravagent une contréé, une arméé, une ville, prennènt quelquefois un tel caractère de mälignité que Pignorance les croit, et la politique peut femmdre de les croire contagiéuses comme la peste. Autréfois , dès qu’éllés éclataient, les populations désoléés récouraient aux oracles; et les oracles voulaient toujours qu’on ÿ réconnüt la vengeance des dieux justementirrités contre leurs adorateurs. Cette croyance une fois établie, le prêtre menaça de l'invasion du fleau, les contrées rebelles à ses commandemens ;

plus d’une fois mème il en annonça l’apparition pour une époque fixe, et sa prédiction ne fut pas trompeuse. C’est qu’en effet , il lui était facile de la fonder sur des probabilités équivalentes à la certitude : il suffisait d’avoir observé d’avance le retour des circonstances propres à reproduire ces maladies. Cette science, dans l’ancienne Grèce, fut celle qui valût à Abaris (1) la réputation de prophète. Les mêmes remarques aujourd’hui serviront de base à des prédictions semblables; sauf que l’homme de bien se bornera à indiquer les précautions à prendre pour conjurer le mal, et s’affligera si, en les négligeant, on lui ménage le triomphe de passer pour un prophète véridique (2). Mais, à l'observateur

(1) Jamblich. in vit. Pythag. Gb. r. cap. 28.

(2) En 1820. Le port de Roquemaure (arrondissement d'Uzès, départ. du Gard) se trouvait environné d’eaux stagnantes, sur des points où le Rhône s'était détourné de son cours. M. Cadet de Metz annonça, dès le mois de mars, que le pays serait certainement ravagé par une fièvre endémique, si, avant l'été, on ne ramenait le fleuve dans son ancien lit. Les travaux ne purent être exécutés qu’en automne ; et l'été vit Roquemaure dépeuplé par des fièvres meurtrières. { Letire de M. Cadet de Metz au ministre de l'intérieur, en date du 23 mars 1820.)

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