FIN
TABLE SOMMAIRE DES CHAPITRES
Introduction par M. É. Littré.
§ 1er, Des principes qui doivent présider à l’étude historique des sciences
occultes V
I 2. Distinction des sciences et des arts..., XIV
I 3. Ce qu’on entend par sciences occultes XXV
I 4. Des explications qui ont été données de la science occulte XXXVII
I 5. De l’intervention du système nerveux dans les sciences occultes et des
époques de miracles XLVl
I 6. Conclusion LVI
Dédicace LXI
Avertissement de l’auteur LXIII
Discours de M. Fr. Arago sur la tombe de M Salverte LXVII
Chapitre premier. — L’homme est crédule, parce qu’il est naturellement véridique. En agissant sur ses passions, par sa crédulité, des hommes supérieurs l’ont ployé à une soumission religieuse. Les récits des merveilles qui les conduisaient à ce but ne sont pas tous controuvés. Il est utile autant que curieux d’étudier les faits que ces récits renferment, et les causes dont les faits dérivent pag. 1 à 6
Chap. II. — Distinction des prodiges et des miracles. Motifs qui rendent croyables les récits merveilleux : 1<> le nombre et la concordance des récits, et la confiance que méritent les observateurs et les témoins ; 2» la possibilité de faire disparaître le merveilleux, en remontant à quelqu’une des causes principales qui ont pu donner à un fait naturel une couleur merveilleuse.
pag. 6 à 12
Chap. III. — Énumération et discussion de ces causes. Apparences décevantes et jeux de la nature. Exagération des détails d’un phénomène ou de sa durée. Expressions impropres, mal comprises, mal traduites. Expressions figurées ; style poétique. Explications erronées de représentations emblématiques. Apologues et allégories adoptés comme des faits réels, pag. 13 à 62
Chap. IV. — Phénomènes réels, mais rares, présentés comme des prodiges dus à l’intervention de la Divinité, et présentés avec succès, parce qu’on ignorait qu’un phénomène fût local ou périodique ; parce qu’on avait oublié un fait naturel qui, dans le principe, aurait écarté l’idée du merveilleux; souvent
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enfin parce qu’il eût été dangfereux de chercher à détromper une multitude séduite. L’observation de ces phénomènes étendait les connaissances scientifiques des prêtres. Véridiques sur ce point, les écrivains anciens le sont aussi dans ce qu’ils disent des œuvres magiques pag. 53 à 82
Chap. V. — Magie. Antiquité et universalité de la croyance à la magie. Ses œuvres furent attribuées également au bon et au mauvais principe. On n’a point cru, dans l’antiquité, qu’elles fussent le renversement de l’ordre naturel. On n’en contestait point la réalité, lors même qu’elles étaient produites par les sectateurs d’une religion ennemie pag. 83 à 92
Chap. VI. — Lutte d’habileté entre les thaumaturges; le vainqueur était reconnu pour tenir sa science du dieu le plus puissant. Cette science avait pour base la physique expérimentale. Preuves tirées : delà conduite des thaumaturges ;
2° de ce qu’ils ont dit eux-mêmes sur la magie ; 3» les génies invoqués par les magiciens ont tantôt désigné les agents physiques ou chimiques qui servaient aux opérations de la science occulte, tantôt les hommes qui cultivaient cette science; 4° la magie des Chaldéens comprenait toutes les sciences occultes.
pag. 93 à 108
Chap. Vil. — Erreurs mêlées aux connaissances positives ; elles sont nées, tantôt d’impostures volontaires, et tantôt du mystère qui enveloppait la science sacrée. Impostuies, promesses exagérées des thaumaturges; charlatanisme, escamotage; tours d’adresse plus ou moins grossiers; emploi du sort, et facilité d’en diriger leur résultat. Oracles : à l’équivoque, à l’imposture, se joignirent, pour assurer le succès, des moyens naturels, tels que le prestige du ventriloquisme, les vertiges, etc.; et enfin des observations exactes, mais très-
simples pag. 109 à 135
Chap. VIII. — Garanties du mystère qui enveloppait les sciences occultes; hiéroglyphes, idiome et écriture sacrée inconnus aux profanes ; langage énig-
matique des évocations ; révélations graduées, partielles, et qu’un petit nombre de prêtres obtenaient dans leur plénitude; religion du serment; mensonge sur la nature des procédés et l’étendue des œuvres magiques. Conséquences du mystère : ]<> entre les mains des thaumaturges, la science magique se dégrade, réduite à une pratique dénuée de théorie, et dont les formules mêmes finissent par n’être plus comprises; 2» l’ignorance où l’on est des limites qui en circonscrivent le pouvoir, le désir d’en deviner les secrets, et l’habitude d’attribuer l’efficacité de ceux-ci aux procédés que la science emploie ostensiblement, font germer parmi la multitude les erreurs les plus grossières.
pag. 136 à 159
Chap. IX. — Malgré la rivalité des religions, l’esprit de la forme fixe de civilisation maintient le mystère dans les temples et dans les écoles philosophiques. Il en est, à la longue, banni par l’influence de la civilisation perfectible. l® Communication habituelle des Grecs avec les successeurs des mages, dispersés dans l’Asie après la mort de Smerdis ; première révélation de la magie ; 2° l’appauvrissement de l’Égypte, après la conquête des Romains, fait affluer à Rome des prêtres de grades inférieurs qui y trafiquent des secrets des temples ; 3° les polythéistes qui se convertissent au christianisme apportent dans son sein les connaissances magiques qu’ils possèdent.
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A celte dernière époque, des débris de la science sacrée subsistent : 1° dans les écoles des philosophes théurgistes; 2<> en la possession des piètres errants, et surtout des prêtres égyptiens. On peut, sans invraisemblance, assigner jiour successeurs, aux premiers, les sociétés secrètes d’Europe ; aux seconds, les sorciers modernes pag- 160 à 181
Chap. X. — Énumération des merveilles que la pratique des sciences occultes donnait au thaumaturge la possibilité d’opérer pag. 182 à 18G
Chap. XI. — Merveilles opérées par la mécanique : planchers mouvants; automates; essais dans l’art de s’élever en l’air pag. 187 à 192
Chap. Xll. — Acoustique : imitation du bruit du tonnerre; orgues; coffres résonnants; androïdes ou têtes parlantes; statue de Memnon.. pag. lO^i à 200
C.HAP. XIII. — Optique: effets semblables à ceux du diorama; fantasmagorie ; apparition des dieux et des ombres des morts ; chambre noire ; magiciens changeant d’aspect et de figure, prestige incroyable pag. 2oi à 217
Chap. XIV. — Hydrostatique : fontaine merveilleuse d’Andros ; tombeau de Bélus ; statues qui versent des larmes; lampes perpétuelles. Cbim'e : liquides changeant de couleur ; sang solidifié, se liquéfiant ; liquides inflammables ; la distillation et les liqueurs alcooliques connues autrefois, même hors des ten>ples pag. 2i8 à 228
Chap. XV. — Secrets pour se préserver de l’atteinte du feu, employés pour opérer des merveilles dans les initiations et dans les cérémonies du culte ; ils servaient aussi à braver impunément les épreuves par le feu ; ils furent connus en Asie et en Italie, et mis en usage dans le Bas-Empire, et jusqu’à nos jours, en Europe. Procédé pour rendre le bois incombustible pag. 229 à 237
Chap. XVI. — Secrets pour agir sur les sens des animaux. Exemples modernes et anciens. Pouvoir de l’harmonie; pouvoir des bons traitements; crocodiles et serpents apprivoisés; reptiles dont on détruit ou dont on épuise le venin. Psylles anciens : la faculté qu’ils avaient de braver la morsure îles serpents, mise hors de doute par des expériences récentes, fréquemment répétées en Egypte; cette faculté tient à des émanations odorantes qui affectent les sens des reptiles et échappent aux sens de riionime pag. 238 à 267
Chap. XVII. — Drogues et boissons préparées ; les unes soporilîqHes, les autres propres à plonger dans une imbécillité passagère. Circé \ Népenthès. Illusions délicieuses, illusions effrayantes, révélations involontaires, courage invincible, produits par des aliments ou des breuvages. Le Vieux de la Monlrgne ne séduisait ses disciples que par des illusions; il les prémunissait probablement contre les tourments par des drogues stupéfiantes Exemples nombreux de l’emploi de ces drogues. L’usage qu’on en fait, s’il devient habituel, conduit à l’insensibilité physique et à l’imbécillité pag. 26H à 278
Chap. XVIII. — Action des odeurs sur le moral de l’homme ; action des liniments : Vonction magique opérait souvent, dans des rêves, ce que la prévetition et le désir prenaient facilement pour des réalités. De pareils rêves dorment l’explication de l’bisloire entière des sorciers. L’emploi de quelques cnmiaissances mystérieuses, les crimes auxquels de prétendus sortilèges ont souvent servi de voile, la rigueur des lois dirigées contre le crime absurde de sorcellerie.
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telles sont les principales causes qui ont multiplié le nombre des sorciers. Importance de cette discussion, prouvée par des faits récents, pag. 279 à 299
Chap. XIX. — Action de l’imagination; préparée par la croyance habituelle à des récits merveilleux, secondée par des accessoires physiques, par la musique, par l’habitude d’exalter les facultés morales, par une terreur irréfléchie, par les pressentiments. Les mouvements sympathiques propagent les effets de l’imagination. Guérisons produites par l’imagination. Écarts de l’imagination, troublée par les maladies, par les jeûnes, les veilles et les macérations. Remèdes moraux et physiques, opposés avec succès aux écarts de l’imagination.
pag. 300 à 319
Chap. XX. — La médecine faisait partie de la science occulte ; elle ne fut longtemps exercée que par des prêtres ; les maladies étaient envoyées par des génies malfaisants ou des dieux irrités ; les guérisons furent des miracles, des oeuvres magiques. La crédulité et l’esprit de mystère attribuèrent à des substances sans énergie des propriétés merveilleuses, et le charlatanisme seconda ce genre de déception. Guérisons mensongères. Abstinences extraordinaires. Substances nutritives prises sous un volume presque imperceptible. Résurrections apparentes pagl* 320 à 339
Chap. XXI. — Substances vénéneuses. Poisons dont l’effet peut être gradué. Morts miraculeuses. Poisons employés dans les épreuves judiciaires. Maladies envoyées par la vengeance divine. Maladies prédites naturellement.
pag. 340 à 365
Chap. XXII. — Stérilité de la terre. La croyance aux moyens que les thaumaturges avaient pour l’opérer est née surtout du langage des emblèmes. Stérilité naturellement produite. Cultures qui se nuisent les unes aux autres ; substances qui nuisent à la végétation. Atmosphère rendue pestilentielle. Poudre puante et nitrate d’arsenic, employés comme armes offensives. Tremblement de terre et éboulements prévus et prédits pag. 366 à 367
Chap. XXlll. — Météorologie. Art de prévoir la pluie, les orages et la direction des vents; il se transforme, aux yeux du vulgaire, en une faculté d’accorder ou de refuser la pluie et les vents favorables. Cérémonies magiques pour conjurer la chute de la grêle pag- 368 à 377
Chap. X-VH'. — Art de soutirer la foudre des nuages. Médailles et traditions qui en indiquent l’existence dans l’antiquité. Voilé sous le nom de culte de Jupiter Elicius et de Zeus Cataïbatès, il a été connu de Numa et d’autres personnages anciens. Les imitateurs du tonnerre s’en sont servis ; il remonte jusqu’à l’rométhée; il ex[)lique le mythe de Salmonée; il fut connu des Hébreux : la constiuction du temple de Jérusalem en offi’c la preuve. Zoroastre s’en servit pour allumer le feu sacré, elopérer, dans l’initiation de ses sectateurs, des épreuves et des merveilles. Si les Chaldéens l’ont possédé, il s’est perdu entre leurs mains. Il en subsistait quelques traces dans l’Inde, au temps de Ctésias. Miracles analogues à ceux que cet art produisait, et qui pourtant méritent une explication différente 378 à 399
Chap. XXV. — Substances phospliorescentes. Apparition subite de flammes. Chaleur développée par l’extinction de la chaux. Substances qui s’embrasent par le contact de l’air et de l’eau. Le pyrophore et le phosphore, le naphle et
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les liqueurs alcooliques, employés dans divers miracles. Feu descendu d’en haut : plusieurs causes expliquent celle merveille. Moïse fait consumer par le feu les profanes qui touchent aux choses saintes. Le sang de Nessus était un phosphure de soufre ; et le poison que Médée employa contre Créuse, un véritable feu grégeois. Ce feu, retrouvé à plusieurs reprises, a été mis en œuvre trés-anciennement : on fait usage d’un feu inextinguible en Perse et dans l’Hindoustan pag. 4ü0 à 420
CuAP. XXVI. — Compositions analogues à la poudre à canon. Mines pratiquées par Samuel ; par les prêtres hébreux du temps d’Osias et d’Hérode; par les prêtres chrétiens, à Jérusalem, sous l’empereur Julien, et en Syrie sous le calife Motassem ; par les prêtres de Delphes, pour repousser les Perses et les Gaulois. Antiquité de l’invention de la poudre ; vraisemblablement originaire de l’Hindoustan, elle a été connue de tout temps à la Chine. Ses effets, décrits poétiquement, ont paru fabuleux. Armée lartare repoussée par l’artillerie. Prêtres de l’Inde employant le même moyen pour lancer la foudre à leurs ennemis. La foudre de Jupiter comparée à nos armes à feu. Divers miracles expliqués par l’emploi de ces armes. La poudre à canon a été connue dans le Bas-Empire, elprobablementjusqu’au douzième siècle, pag. 421 à 43h
Chap. XXVII. — Les thaumaturges pouvaient encore opérer des merveilles avec le fusil à vent, la force de la vapeur de l’eau échauffée, et les propriétés de l’aimant. La boussole a pu être connue des Phéaciens, comme des navigateurs de Phénicie. La Flèche d’Abaris était peut-être une boussole. Les Finnois ont une boussole qui leur est propre; et l’on fait usage de la boussole, à la Chine, depuis la fondation de l’empire. Autres moyens d’opérer des miracles. Phénomènes du galvanisme. Action du vinaigre sur la chaux. Amusements de la physique; larmes bataviqiies, etc pag. 437 à 450
Chap. XXVIII. — Conclusion. Principes suivis dans le cours de la discussion. Réponse à l’objection tirée de la perle des notions scientifiques des anciens. Démocrite seul, parmi eux, s’occupa d’observations et de physique expérimentale. Ce philosophe voyait comme nous, dans les œuvres magiques, les résultats d’une application scientifique des lois de la nature. Utilité dont es! d’étudier sous ce point de vue les miracles des anciens. Les thaumaturges ne liaient ensemble par aucune théorie leurs notions savantes : c’est un indice qu’ils les avaient reçues d’un peuple antérieur. Les premiers thaumaturges ne peuvent être accusés d’imposture ; mais il serait dangereux de suivre aujourd’hui leurs traces, en cherchant à subjuguer le peuple par des miracles; l'obéissance volontaire aux lois est une conséquence assurée du bonheur que les lois procurent aux hommes pag. 451 à 457
NOTE A. — DES DRAGONS ET DES SERPENTS MONSTRUEUX QUI FIGUREN I DANS UN GRAND NOMBRE DE RÉCITS FABULEUX OU HISTORIQUES.
§ I. — Des reptiles parvenus à une croissance peu ordinaire ont fait naître
ou ont accrédité plusieurs de ces récits 45S
§11. — D’autres ont eu pour base des expressions figurées que l’on a
prises dans le sens physique
§ 111. — Serpents monstrueux, emblèmes des ravages produits par le débordement des eaux
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I IVÎ* ~ Légende du serpenl, transportée des tableaux astronomiques dans
la' mytbologie et dans l’histoire 464
V. — La même légende s’introduit dans le christianisme, surtout chez
les peuples d’üccident 469
I VI. — Explications allégoriques des emblèmes où figurait le serpent.... 471 I VIL — Multiplicité des faits de ce genre adoptés comme des faits réels. 474
I Vlll. — V aidantes dans les circonstances et les dates des récits ; nou-
veaux vestiges de la légende astronomique 476
I IX. — On applique cette légende à des personnages célèbres; on altère
l’histoire pour l’y retrouver 479
I X. — Ol'jets physiques et monuments dans lesquels le vulgaire retrouve
le tableau de la destruction d’un serpent monstrueux 482
I XI. — Les armoiries et les enseignes militaires donnent lieu à de nouvelles applications de la légende astronomique 484
I XII. — Mythologie antérieure, altérée pour y retrouver la légende du
serpent 487
§ XIII. — Résumé 491
NOTE B. — DE LA STATUE DE MEMNON. '
Récits et inscriptions qui attestent la vocalité de la statue, et font même mention des paroles qu’elle a prononcées. Explications peu concluantes, proposées par divers auteurs. Suivant Langlés, les sons proférés quelquefois par la statue correspondaient aux se|)t voyelles, emblèmes ellesmêmes des sept planètes. Oracle qui a pu être prononcé par la statue de Mernnon. Réfutation du système de M. Letronne. Le miracle était prohablement l’etfet de la supercherie. Impossibilité d’arriver à une solution satisfaisante du problème 493 à5t0
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