‹ Des Scrofulides Graves De La Muqueuse Bucco-PharyngienneChapitre 13 sur 35 · ME · texte numérisé non relu

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érosion ou vascularisation; des plaques érosives opalines,

de très-petites ulcérations sur un fond lisse ou granuleux; |

on peut enfin y trouver des pertes de substance plus ou moins considérables.

L’excavation amygdalienne ne présente le plus souvent, dans les cas du moins que j'ai pu suivre (car les observations sont en général peu explicites à cet égard), aucune altération notable. En général, les amygdales ne sont pas très-volumineuses, ce qui a lieu de surprendre chez des sujets souvent scrofuleux d’une façon manifeste. On sait cependant que les ganglions sont respectés dans un très-orand nombre de cas de lupus; faut-il alors s’éton-

ner de ne pas constater une lésion d’un organe lymphoide

comme sont les tonsilles?

Par les progrès du mal, on peut voir, lorsque le voile est tuméfié et granuleux, l’excavation amygdalienne s’étaler en quelque sorte ; le pilier postérieur gonflé et d'aspect mamelonné se porte en dedans et présente de face des portions de l’excavation qui se trouvaient auparavant masquées par le pilier antérieur.

Ce fait me semble avoir une grande importance au point de vue du mode de formation des adhérences qui réunissent les piliers au fond du pharynx et tendent à diminuer l’orifice qui fait communiquer l’arrière-cavité des fosses nasales avec les parties sous-jacentes. Ce n’est pas assez qu'il existe des lésions du pilier postérieur pour que Îles adhérences se produisent; il faut encore que la muqueuse pharyngienne soit elle-même altérée.

La muqueuse de fond du pharynx est en effet souvent malade, et tantôt les lésions y sont limitées, tantôt elles accompagnent des modifications plus ou moins graves de la pituitaire ou de la muqueuse palatine.

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moins prononcée, toujours violacée, fréquemment sillonnée de fines arborisations vasculaires, de véritables veinosités ; chez d’autres sujets la muqueuse est remarquablement lisse et luissante, elle paraît aride et sèche, on n’y découvre que de rares filaments d’un mucus visqueux, tenace, d’une couleur jaune transparente; d’autres fois encore elle est plus tomenteuse, elle paraît gonflée, trèsfinement chagrinée, et elle est plus ou moins enduite de mucosités opaques d’un blanc jaunâtre ou verdâtre.

Ce n’est là qu'un premier degré de l’état granuleux si manifeste chez quelques malades ; d’autres présentent mème de véritables éminences papulo-tuberculeuses (voy. l’obs. VIIT.

Epiglotte. Larynx. — J'ai vu chez le strumeux dont l'observation est rapportée dans les premières pages de ce travail un certain degré de rougeur avec gonflement de la muqueuse épiglottique.

Il est incontestable que les lésions de l’épiglotte et du larynx seraient mieux connues si l’on pratiquait plus ha-

bituellement l'examen laryngoscopique.

Le livre de Türck (1) renferme cinq observations de lésions de l’épiglotte ou du larynx chez des sujets affectés de lupus; trois d’entre elles au moins sont incontestables, en voici l’abrégé :

Le premier fait (obs 167; Atlas XX, 6) est celui d’une enfant de 45 ans, atteinte depuis quatré ans d'un lupus du membre inférieur, et, depuis un an, d’un lupus du nez. L’épiglotte présente une échancrure cordiforme; la moitié de la face antérieure du re-

pli est ulcérée, les parties voisines sont cicatricielles. L’observation mentionne encore : tuméiaction des glandes de la base de la

(1) Klinik der Krankheïten des Kehlkopfes. Wien, 1866, p. 425.

On peut rencontrer simplement une rougeur plus ou,

langue, ulcérations étendues des piliers et de la lueite avec destruction partielle de celle-ci. Les portions visibles du larynx sont saines.

9 Chez une autre malade, âgée de 13 ans {obs. 168), atteinte depuis deux ans de lupus de la lèvre supérieure, on constate une

ulcération de l’épiglotte avec épaississement de son bord libre,

tuméfaction, rougeur, inégalité de la muqueuse. Les cordes vocales présentent les lésions du catarrhe simple.

3° (Obs. 169, A1. XXI, fig. 177.) Enfant de 41 ans, atteinte depuis trois ans d’un lupus de la face. Perte de substance cicatrisée de l’épiglotte; sur la paroi postérieure du larynx,saillies arrondies, excroissances analogues, plus petites, sur la face postérieure de l’épiglotte et sur les cordes vocales tuméfiées.

Le quatrième fait (homme de 45 ans. Lupus des lèvres et du nez ; chancre, onze ans avant l’apparition du lupus) est regardé

par Türck comme aussi incontestable que les trois précédents; il est des plus intéressants en ce qu’il montre presque toute la voûte

et tout le voile du palais, les piliers du côté droit, la face antérieure de la luette couverts de nombreuses saillies, rouges, comparables à des bourgeons charnus; l’épiglotte gonflée et bourgeonnante, creusée d’une large perte de substance; tout le vestibule du iarynx encombré de semblables saillies exulcérées qui empêchent de voir les cordes vocales. La voix est très-enrouée, la toux cassée ; la déglutition se fait bien; la pression sur le larynx

n’est pas douloureuse.

Larique. De toutes les manisfestations de lupus sur les muqueuses, les plus rares, sans aucun doute, sont celles qui portent sur la langue. Je n’en connais qu'un exemple (obs. D): la lésion linguale accompagnait des altérations multiples, qui seules m’autorisent à attribuer au lupus les deux éminences tuberculeuses que j'ai constatées à la base de la langue; je n’ai d’autre description à donner que celle de l'observation même.

Peut-être le siége qu’occupait cette production morbide singulière conduirait-il à la regarder comme de nature lymphoide; la chose est possible, je ferai seulement remarquer que les ganglions n’étaient pas malades

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