I. — Caractères objectifs
Les lésions élémentaires sont les mêmes que dans le lupus propagé ou secondaire de la gorge.
C'est d’abord l’érythème, lisse et livide, avec arborisa- #5 tions fines et veinosités, comparables à celles qu'on voit sur certains lupus hypertrophiques aux lèvres ou aux joues, ou accompagné d’épaississement, de gonflement diffus, d'infiltration œdémateuse de la muqueuse.
REEU ju / Le tubercule inflammatoire reproduit sur les muqueuses la lésion caractéristique des scrofulides tubereuleuses
de la peau.
Chez un des malades dont je cite l'observation (obs. XII), il y avait rougeur et vascularisation modérée du fond du pharynx avec des éminences tuberculeuses peu saillantes.
M. Isambert mentionne, chez l’un des malades qu'il a observés {obs. IV ; fait complexe et qui donna lieu à des interprétations différentes), des tubercules abondants de la paroi postérieure du pharynx ; il décrit en outre sous le nom de pustule un bouton acuminé, gros comme un grain de maïs, assez semblable à la pointe d’un furoncle à maturité, sauf ia zone inflammatoire qui était presque nulle et se perdait sous les produits pultacés caséeux qui revêtaient la muqueuse; il ne sortit presque rien lorsqu’on ouvrit avec le bistouri ce gros bouton furonculeux.
Les granulations se rencontrent dans la plupart des cas de scrofulides du pharynx, sous forme d’un bourgeonnement de la muqueuse qui prend un aspect granuleux mamelonné ; mais cet état ne mérite pas le nom de lésion élémentaire, dans le sens précis que la dermatologie attache à ce terme.
L'élément pustuleux a une importance considérable dans la production des pertes de substance plus ou moins étendues qu'entraînent les scrofulides de la gorge ; les caractères objectifs des pustules, leur évolution, leur rôle dans la formation des perforations rapides, se trouvént indiqués dans mon observation X.
Les choses se sont passées de même chez une malade de M. Lailler {obs. X de la thèse de M. Fougère); l’appariton, dans ce cas, de petites pustules à la périphérie d’une ulcération qui avait elle-même succédé à une pustule, établit une analogie des plus frappantes entre les scrofulides de la gorge et les ulcérations tuberculeuses
( Et LA pen
des mêmes régions ; je reviendrai sur ce point lorsqu’à propos du diagnostic, je comparerai les faits qui m’occupent aux descriptions que M. Julliard a données dans sa thèse.
Jamais peut-être on n’observe isolée l’une des lésions
élémentaires que je viens de signaler. Elles s'associent
de manière à constituer des types analogues à ceux que j'ai décrits dans les scrofulides bucco-pharyngiennes qui accompagnent le lupus cutané de la face.