DEN NCROFULIDEN GRAVES PRIMETIVES DE LA GORGE
Le lupus secondaire ou propagé se montre sur un certain nombre de points où les scrofulides graves primitives n’ont pas été observées, à ma connaissance.
Virchow (1) rapporte un cas de cicatrices de la langue avec ulcérations laryngées, qui constituait peut-être un exemple de lupus lingual primitif.
Fairlie Clarke (2; cite deux cas de tumeurs strumeuses de ka langue, mais on ne saurait y voir des exemples de lupus.
Le lupus primitif du larynx est encore à démontrer d'une manière positive.
Quant aux scrofulides ulcéreuses de la gorge indépendantes du lupus facial, elles méritent une étude particulière ; malgré les travaux intéressants auxquels elles ont donné lieu, leur histoire présente encore de grandes obscurités.
Parmi les observations publiées, quelques-unes ont été, à la Société médicale des hôpitaux, l’objet de contestations sérieuses. En éliminant les cas douteux, il reste assez de faits authentiques pour permettre d'essayer de tracer à nouveau, après les mémoires de MM. Isambert, C. Paul, Desnos, et après les discussions qu’ils ont provoquées, les caractères des scrofulides graves primitives de la gorge. Les matériaux d'étude ne sont plus ici, comme pour la première partie de ce tra-
(4) Traité des tumeurs. Traduction Arronsohn, t. I], p. 485. (2) Diseases of the tongue, p. 213.
Aa | vail, des cas bien clairs, où l'association d’une lésion de: - diagnostic relativement simple permettait une interprétation rigoureuse. On ne peut citer une seule observation qui s'impose et puisse servir de type; parmi les faits publiés, on est obligé d'éliminer ceux dans lesquels l'in-
suffisance des descriptions ne permet pas la discussion et les cas trop complexes où la syphilis par exemple. semble mêler son influence à celle de la scrofule ; quant aux faits inédits, il faut les entourer de tous les détails qu'exige une critique sévère.
Les observations se partagent naturellement en deux groupes ; les unes montrent les lésions en pleine évolution, quelques-unes même permettent d’assister au développement du mal et d’en constater la marche et la terminaison ; les autres se rapportent à des cicatrices de lésions dont l’évolution n’a pas été suivie; elles autorisent à peine un diagnostic rétrospectif.
L'observation présentée par M. Tardieu à la Société anatomique, les faits de Coulson et de Czermak, deux des cas de Bryk (obs. XIV et XV dans la thèse de M. Fougère); les observations I, IL et III du mémoire lu en 1871 par M. Isambert à la Société des hôpitaux, etc., sont des exemples de ces cicatrices qu’on aurait tort de regarder comme absolument caractéristiques.
Parmi les documents les plus précieux relatifs aux lésions à la période d'état, je citerai deux des observa-. tons de Hamilton; les deux faits rapportés dans le traité de la scrofule de M. Bazin, deux observations de M. GC. Paul (obs. IV et VI de la thèse de M. Fougère), une de M. Bergeron (obs. VIIT, id.), deux autres de M. Lailler {obs. X et XI, id.) ; celles qu'ont fournies à la
- Société des hôpitaux M. Hérard (1865), M. Bucquoy (1872) ; un fait très-intéressant de M. Desnos (Soc. méd. des hôpitaux, 1872, p. 64); les cas de lupus cités par M. Libermann (mème recueil).
Quelques cas complexes ou plus douteux (obs. IV, V, VI et VII du mémoire de M. Isambert, 1874, et II du à mémoire de 1872, obs. de M. Dumontpallier, ete.) ne ex peuvent au même titre que les précédents servir à
l'étude de la symptomatologie des scrofulides primitives
/ graves de la gorge.
Je joindrai aux faits que je viens de mentionner, ceux 2 que j'ai observés l’année dernière ; ils sont au nombre de | ‘4 six (un dans le service de M. Besnier, trois dans les salles de M. Lailler, un à Sainte-Eugénie, un à la Chamr rité); deux autres sont beaucoup plus discutables C4 (obs. XV et XVI); je les citerai à propos du diagnostic, #3 ainsi que deux observations qui, dans les cartons de
; M. Lailler, sont classées parmi les problèmes (obs. XX
et XXIT).
L'ordre que j'ai suivi dans la première partie, convient encore ici, mais les descriptions déjà données me permettront d’être beaucoup plus bref sur quelques points.