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rait confondre avec l’angine lépreuse. M. Peter a observé, dans le service de M. Sée, aux Enfants, un cas de lèpre avec induration tuberculeuse, rougeur et anesthésie de la muqueuse de l’isthme du gosier ; la difformité caractéristique de la face ne permettait pas d’hésitation sur le diagnostic. Wolff (1) rapporte plusieurs cas de lésions pharyngo-laryngées dans la lèpre, avec examen laryngoscopique.
L’épitheliôme du pharynx pourrait être confondu avec la forme cancroïdale du lupus, si cette forme partieulièrement grave se développait primitivement dans l’arnère-bouche. Je ne sais si, en pareil cas, à moins d'avoir bien suivi le malade et d’être bien certain de l’évolution rapide des accidents, il serait possible de porter un diagnostic exact qui aurait cependant de l'importance au point de vue du pronostic. En dehors de cette circonstance exceptionnelle, il y a quelques signes qui en général permettront une diagnose précise. M. Isambert a fait remarquer les analogies qui rapprochent de certains cas d’angines scrofuleuses cités par lui, une observation de M. Lasègue (2). La lecture de ce fait conduit en effet à y voir un exemple probable de scrofulide de la gorge, et ce diagnostic, plus aisé aujourd’hui que les cas sesont multiphés, est déjà soupçonné et discuté par l’auteur du Traité des angines. L'étendue des surfaces envahies, la lente évolution du mal avec des rechutes, le peu d’intensité des phénomènes douloureux; la dissémination des ulcérations et leur petitesse, l’adhérence de la luette au fond du pharynx sont de nature à faire admettre un lupus plutôt qu'un cancroïde. |
(1) Virchow’s Archiv, XX VI, 1863.
(2) Traité des angines, p. 379.
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Dans l’épithéliôme, les végétations seraient plus inégales, plus dures, et quelquefois plus fragiles, plus pâles; on trouverait une grande ulcération principale à bords renversés, à fond ichoreux; la salivation serait plus abondande et fétide, à une période où le mal aurait envahi le voile et les piliers.
J’ai déjà parlé de la transformation ên situ du lupus en cancroïde; au point de vue du diagnostic il faut reconnaître que cette métamorphose est presque impossible à affirmer sans l’examen histologique de quelques fragments excisés de la surface végétante; même alors il y a des causes d’erreur contre lesquelles il faut se tenir en garde ; si en effet les coupes ne sont pas absolument perpendiculaires à la surface du derme, les dépressions épidermiques interpapillaires semblent former des travées cellulaires ou des lobules analogues à ceux du cancroïde; de plus les culs-de-sac des glandes se dilatent, se remplissent de cellules accumulées et peuvent simuler des globes épidermiques.
Pour finir ce qui a trait au diagnostic, il me reste à dire quelques mots des cicatrices radiées du fond de la gorge et des adhérences du voile à la paroi postérieure. Pour moi, je regarde comme impossible, avec les seuls caractères de la cicatrice, de déterminer quelle a été la nature des lésions pharyngées et je vais rechercher dans quelle mesure ces cicatrices du fond de la gorge peuvent devenir des indices de syphilis ou de scrofule.
En Allemagne, on a aecordé une valeur séméiologique considérable aux cicatrices radiées et aux adhérences du voile. Virchow (1)et le plus grand nombre des anatomo-
(1) Syphilis constitutionnelle. Trad. Picart.
FMANNET | pathologistes les considèrent comme des signes de syphilis. Dittrich\ (1) et Frerichs en font un élément de conviction lorsqu'ils veulent établir le caractère spécifique des cicatrices déprimées et des nodosités du foie. dans un certain nombre de cas qu’ils considèrent comme des exemples .de syphilis héréditaire à manifestations tardives. Virchow fait reposer sur le même fondement une conclusion semblable : « Eu égard aux cicatrices caractéristiques du pharynx, dit-il, je regarde comme inadmissible de songer à une autre origine, et jé continue à regarder ces cas comme syphilitiques jusqu’à ce qu'il soit dûment démontré qu’ils peuvent exister en dehors de la syphilis. » (Loc. cit., éd. AIL., p. 61, obs. VI.)
La vérité est, j'en ai la conviction que les cicatrices de l’arrière-gorge n’ont rien de spécifique (quelques médecins même seraient disposés à les attribuer plutôt à la scrofule qu’à la syphilis); elles se rencontrent dans l’une et dans l’autre maladie constitutionnelle.