‹ Des Scrofulides Graves De La Muqueuse Bucco-PharyngienneChapitre 31 sur 35 · C.— Angines syphilitiques · texte numérisé non relu

C.— Angines syphilitiques

Os. XV.--Syphilide ulcéreuse anomale à forme de lupus exedens; dans

le cours d’une syphilis grave chez un tuberculeux ;, poussées successives avec production d’ulcérations miliaires multiples.

Breussen (Ed.), 41 ans, sculpteur, entre le 1°" août 1873, salle Saint-Charles, 51, service de M. Guibout. (Notes prises au mois de mai 1874.)

Homme de faible constitution, présentant les apparences extérieures tuberculeuses. Il raconte un longue série d'accidents qui se sont succédé depuis 19 ans, presque sans interruption, à la suite d’un chancre induré.

Peu de temps après l'accident primitif et en dépit du traitement, .

les éruptions ulcéreuses se sont répétées presque continuellement ; il ne s’est pas passé trois mois depuis ce temps, sans qu’il eût quelque poussée éruptive.

Les premiers accidents pharyngés se sont montrés, il ya dix ans; alors le malade fut pris d'enrouementet éprouva une certaine gêne douloureuse de la déglutition pour le vin surtout. La respiration était également gênée. Depuis un an, ces phénomènes se sont beaucoup aggravés.

Quand le malade entra à l'hôpital, il y a neuf mois, la luette était flottante, échancrée, perforée à sa base; depuis six mois, elle est détruite.

en AT

Depuis le début des lésions gutturales, il y a eu des améliorations et des rechutes; pendant quatre ans, le mal fit assez peu de progrès, pour que Br... n’entrât pas à l'hôpital; il restait cependant toujours des aphthes dans la gorge, dit-il, car bien que trèssourd, il rend parfaitement compte de son état.

En même temps que ces aecidents se produisaient et que d’autres inanifestations syphilitiques évoluaient (gommes, exostoses), des désordres graves s’accusaient dans la poitrine; le malade avait une première hémoptysie, il y a dix ans, et l’on constatait dès lors des désordres pulmonaires graves.

Actuellement, tout le corps est couvert de cicatrices spécifiques, la face en est toute maculée; les narines amincies sont un peu échancrées, comme si elles avaient été le siége d’un lupus.

Etat de la gorge. — 11 y a des lésions de la voûte et du voile du palais, des piliers et du fond du pharynx. La muqueuse est d’un rouge vif foncé, elle est lisse et paraît un peu épaissie.

Le contour de l’isthme forme une courhe à peu près régulière où mieux très-faiblement sinueuse; la luette a complètement disparu. Un peu à gauche de la ligne médiane commence une uicération superficielle irrégulièrement arrondie, qui dessine assez bien, sur la muqueuse de la face antérieure du voile, un demicroissant ; les bords de l’ulcération sont assez nettement découpés en courbes festonnées et forment un léger relief. Le fond rose est presque partout recouvert d’un enduit puriforme, jaunâtre.

Au fond du pharynx, des mucosités purulentes couvrent une grande partie de la muqueuse. Sur la ligne médiane à peu près et assez bas, se voient deux saillies tuberculeuses cohérentes, d'un « rose violacé, non ulcérées à leur surface.

La voix est peu altérée ; la toux est fréquente. Au sommet du poumon gauche, on perçoit les signes d’une excavation.

Depuis la dernière poussée, qui datait de huit jours quand je vis le malade, il y a eu des périodes alternatives d'amélioration et d’aggravation; ces dernières, toujours marquées par une éruption de pustules miliaires qui devenaient le centre d'autant de petites ulcérations à développement excentrique.

Os. XVI. — Syphilide ulcéreuse du voile du palais. —: Cicatrices rétractiles des piliers. — Rétrécissement de l’isthme.

Kallman (E.), 35 ans, salle Saint-Foy, service de M. Lailler; mai 1874.

Femme de bonne constitution, de bonne santé habituellement; ayant contracté la syphilis en 4862. Depuis cette époque, les accidents se sont répétés un grand nombre de fois, et la malade a fait six à sept séjours à Lourcine.

Depuis dix ans, il y a eu des accidents à la face, et, depuisun an, le voile du palais est intéressé.

A la face, on constate une éruption en pleine évolution; c’est une syphilide tuberculo-ulcéreuse, ce que l’on pourrait appeler un lupus syphilitique; de nombreuses cicatrices sont le vestige de lésions analogues à celles qui existent actuellement.

La muqueuse palatine présente un bourrelet antéro-postérieur, creusé d’une dépression ulcéreuse, d’un centimètre environ de largeur, au fond de laquelle l’os est à nu.

En arrière, le voile est tuméfié, comme hypertrophique, d’un rouge violet foncé.

L'orifice bucco-pharyngien est très-rétréci; il mesure à peine un centimètre et demi de large. La luette, petite et rétractée, dimi- * nue encore ce passage. Les piliers postérieurs, cicatriciels sur leurs bords, se portent obliquemment vers le fond du pharynx auquel ils adhèrent inférieurement. L’excavation amygdalienne est large et se présente de face; les tonsilles ne sont pas visibles.

Sur le voile se distinguent trois cicatrices peu profondes presque absolument décolorées.

Le fond du pharynx est un peu mamelonné, rouge violacé. Le reste de la muqueuse est d’un rouge différent, un peu ocré.

Au commencement d’août, la malade était encore en traitement,

à peu près dans le même état; je ne l’ai pas revue depuis.

Ogs. XVII. —Syphilide tuberculeuse (bourgeonnante, hypertrophique) de la muqueuse du palais et de l’isthme du gosier.

Dumas (L.), 39 ans, entré le 26 mai 4874, salle Saint-Louis, n° 8, service de M. Hillairet. (Notes prises au One en de juin.)

Homme grand et fort, assez bien constitué, sans antécédents morbides héréditaires, ayant eu dans l'enfance des ganglions au cou et des maux d’yeux de longue durée.

En 1870, il contracte un chancre, deux mois plus tard il a une éruption pustuleuse, ulcéreuse, qu’on a qualifiée de rupia; en mai 1871 se produit une nouvelle poussée ulcéreuse; en 1872 les mêmes accidents se manifestent encore.

NS

Il y a dix ou onze mois que le malade s’aperçut pour la première fois qu’il avait la luette longue et augmentée de volume, et qu'elle présentait des ulcérations.

Dépuis cette époque, le malade a pris presque constamment, dit-il, du sirop de biiodure. .

Actuellement, les membres sont couverts de cicatrices syphilitiques; il y a une exostose au cubitus droit.

La muqueuse du palais, de l’isthme et de la luette est le siége de

lésions vée étantes hypertrophiques, avec quelques ulcérations su-

Dérfcidiles de peu d’étendue. Elle est épaissie, couverte de mamelons assez distincts, un peu inégaux et comme müriformes ; quelques-unes des éminences tuberculeuses sont exulcérées à leur surface et d’un rouge plus vif; au fond des sillons qui les séparent sont de très-petites ulcérations. La luette est démesurément longue, boursouflée, couverte de dépressions et de saillies irrégulières. Les piliers sont le siége de lésions analogues ; les piliers antérieurs sont peu saillants; l’excavation, peu profonde, est comme étalée; ni à droite, ni à gauche l’amygdale ne fait de saillie apparente. Les piliers postérieurs sont gros, épaissis, mamelonnés; celui du côté gauche est bien distinct du fond du pharynx; celui de droite est presque complètement réuni à la muqueuse de la paroi postérieure qui, elle-même, est mamelonnée.

La voix est naturelle, la prononciation distincte; le malade éprouve un peu de douleur en avalant ; la toux est assez fréquente, et s'accompagne d’une expectoration peu abondante de crachats muqueux opaques.

En un mois environ, le traitement spécifique qui, suivant la malade, avait été infructueusement employé pendant de longs mois, amène la guérison.

Oss. XVII. — Syphilide végétante de la face ; lésions propagées de la muqueuse des lèvres, de la voûte et du voile du palais (syphilis grave, d’origine exotique).

Vital (G.), 35 ans, imprimeur, entré le 29 mars 1874, salle Saint Léon, n° 7, service de M. Besnier.

Homme bien constitué, n’ayant jamais eu d’autre maladie qu’une dysentérie en 1861.

En 1864, au Mexique, il contracte un chancre induré de la verge et reste cent trente-cinq jours à l'hôpital : il eut alors, entre autres

accidents, une ulcération rebelle au-dessus de la commissure la-

biale du côté gauche.

Cette affection se reproduisit en 1867 pendant la traversée du retour en France et envahit alors toute la lèvre supérieure (huit mois de traitement).

En 1869, se développe une syphilide du nez.

En 1870 la vérole se réveille encore ; les deux lèvres sont malades ; après treize mois passés à l'hôpital, Vital sort guéri, mais les lèvres restent épaissies, les narines échancrées. Jamais, pendant tout ce temps, le malade n’a souffert de la gorge.

Depuis cinq mois s’est produit une nouvelle rechute.

Le nez présente les traces des anciennes lésions. Les lèvres sont très-volumineuses, saillantes, comme dans le lupus bypertrophique. Leur coloration, comme celle du nez, est un rouge livide ; de nombreuses croûtes se voient çà et là, recouvrant des éminences tuberculeuses, mamelonnées, isolées ou cohérentes.

Sur tout le menton, la peau un peu cuivrée, demi-transparente, est partout recouverte d'innombrables saillies végétantes, serrées les unes contre les autres.

Sur le bord libre et sur toute la face postérieure des lèvres, la muqueuse est comme exubérante; elle a une teinte violacée, avec des reflets blanchâtres, laiteux. La surface lisse et douce au toucher, présente en quelques points des dépressions exulcérées.

Toute la muqueuse de la. voûte et du voile a la même coloration; elle est couverte de saillies müriformes, plus ou moins serrées les unes contre les autres.

Sur les piliers, la muqueuse est violacée, mais-égale ; la luette est grosse, violacée, un peu mamelonnée; la langue est absolument normale ; la gencive de la mâchoire supérieure est tuméfiée, mamelonnée, rouge, fongueuse.

Sous l'influence de cautérisations avec une solution concentrée (4/1 et 2/1) de nitrate d'argent, la tendance aux végétations exubérantes est réprimée sur le voile aussi bien qu’à l'extérieur ; le traitement mixte est associé à l’usage de ces topiques

Os. XIX.—Ulcération de l’amygdale droite, consécutive à l'élimination d’une gomme.— Lymphadénite gommeuse.

Lassalle (A.), 28 ans, entrée le 4 mai 1874, sortie au mois de

juillet, salle Saint-Thomas, n° 53 (service de M. Besnier). Femme de constitution moyenne, n'ayant jamais été malade,

ee à

À k n'ayant eu, dans l'enfance, aucune manifestation strumeuse, ni plus tard aucune lésion qui puisse être rapportée à la syphilis. Elle est mariée et ne croit pas son Anari malade; elle a eu trois grossesses, suivies d’accouchements à terme (deux des enfants vivent, le troisième est mort à 13 mois).

Il ya dix mois, elle s’aperçut du développement de quelques ganglions cervicaux qui se tuméfiaient sans causer de douleur. Deux mois plus tard, elle commença à souffrir en avalant ; depuis quatre mois enfin elle a de vives douleurs de tête, auxquelles elle n'était nullement sujette, et qui reviennent d’une façon irrégulière. En même temps, et cela depuis huit mois, s’est développée une tumeur indolente, mais sensible à la pression, dans la région du grand angle de l'œil, au niveau du sac lacrymal.

Etat de la gorge. — Le voile et les piliers sont le siége d’une tuiméfaction qui, du côté droit, est considérable, sans qu'il y ait là, à proprement parler, de tumeur isolée; la rougeur est vive en cet endroit ; la surface proéminente est tendue et lisse. Le pilier antérieur droit et la région de l’amygdale sont projetés en avant, durs, très-épaissis. Le bord libre du voile est un peu échancré à droite, au niveau de l'insertion de la luette, et, en arrière dela saillie considérable que forme la région amygdalienne, se voit une ulcération qui semble se prolonger assez profondément en arrière et en dedans ; elle est limitée par un contour festonné à petites courbures, à bords jaunâtres. Il semble évident, à première vue, qu'on a sous les yeux une cavité résultant de l'expulsion d’un produit morbide.

« La luette est grosse et paraît un peu œdématiée. J'ai dit que les phénomènes douloureux sont peu accusés; la déglutition est un peu pénible ; mais le trouble fonctionnel le plus important, c’est l’aphonie qui persiste depuis huit mois; les grandes inspirations s’accompagnent d’un bruit rauque, un peu serratique.

Le long du sterno-mastoïdien, des deux côtés, mais surtout à droite, existent deux traînées ganglionnaires ; les glandes saillantes, dures, forment des reliefs ovoïdes, un peu adhérents aux téguments, peu mobiles sur les parties profondes. Un cordon dur, assez large, aplati, relie entre eux les ganglions.

Aux régions sous-maxillaires, sus-claviculaires, cervicales postérieures et axillaire gauche on trouve une adénopathie un peu différente ; ce sont des ganglions indolents, peu indurés qui rou-

lent sous le doigf.

Homolle, 16

Au niveau du sac lacrymal gauche est une tumeur à contours mal accusés, semi-ovoïde, à large base, à sommet proéminent, d’une dureté osseuse. La peau rouge est peu mobile à ce niveau; elle est le siége d’une desquamation modérée. Le gonflement et

l’induration s'étendent à une certaine distance sur les parties voi-

sines du nez, de la joue, du pourtour de l'orbite.

La santé générale est excellente.

Le diagnostic, malgré l'absence de commémoratifs, ne peut laisser de doutes ; il peut être ainsi formulé : gomme ulcérée en voie de réparation de l’amygdale droite; adéno-lymphangite gommeuse ; périostose syphilitique de l’unguis.

Traitement : 2 cuillerées de sirop de Gibert. Cautérisations de l’ulcération avec le nitrate d'argent fondu. Badigeonnages de teinture d’iode sur les tumeurs ganglionnaires du cou.

Les ganglions subissent d’abord une diminution rapide de volume, mais s'arrêtent ensuite dans leur retrait. L'état de la gorge

s'améliore rapidement. Deux suspensions de traitement coïncident

AU

avec des périodes d’aggravation manifeste.

La malade sort presque guérie au mois de juillet.

D. — Observations dans lesquelles le diagnostic n'a pu être porté avec précision.

O8s. XX.—Syphilide gommeuse (M. Bazin).—Scrofulide (M. Hardy).— Scrofulide maligne ulcéreuse de la face.— Stomatite ulcéreuse à rattacher à la scrofulide (M. Lailler). — Lésion du voile du palais de nature syphilitique (M. Bazin). (Observation communiquée par M. Lailler, recueillie par M. Baréty ; abrégée.)

Perroud (M.), 39 ans, salle Saint-Thomas, n° 49, entrée le 47 f6-

vrier, sortie le 44 août 1872.

Antécédents de famille. — Père de constitution robuste, mort à 65 ans de cystite calculeuse ; mère morte à 68 ans d’une affection cardiaque.

Antécédents personnels. — Négatifs. Aucun accident strumeux dans l’enfance ; aucun antécédent rhumatismal ; jamais rien qui puisse faire croire à la syphilis ; il y a un an, double conjonctivite catarrhale. Jamais cette femme n’a souffert de la gorge.

Etat actuel. — La joue gauche présente une surface ulcérée, croùûteuse; cette lésion a débuté en 1868, sous forme d’un nodule; situé dans l'épaisseur de la joue qui bientôt s’est couverte de croûtes ;

lorsque celles-ci étaient arrachées, il s’écoulait du pus mêlé d’un AS, Î * + .

‘ peu de sang. Peu à peu l'affection a atteint les dimensions qu’elle

a maintenant (5 centimètres sur 4 ou %, suivant les points). Des

croûtes jaunes vérdâtres, fortement adhérentes, recouvrent une ulcération livide ; la peau, au voisinage, est de couleur naturelle, un peu rétractée.

, Une autre ulcération se voit, depuis un an, à la région sushyoïdienne ; la peau est un peu décollée et violacée au pourtour ; un petit ganglion peut être senti dans le voisinage.

Examen de la bouche et de l’arrière-gorge. — Les gencives du maxillaire supérieur, d’une petite molaire à l’autre, sont rouges, mamelonnées ; les sillons que laissent entre elles ces petites saillies mousses, arrondies, de 0®,002 à 0",004, sont remplis par un liquide muco-purulent; elles ne paraissent pas fongueuses, et cependant saignent assez facilement quand on les touche. Les incisives sont déchaussées.

La voûte palatine, dans sa totalité, y compris la face postérieure des gencives, est d’un rose intense. La muqueuse est inégale, irrégulièrement mamelonnée, suivant des plicatures en forme de circonvolutions, dans l'intervalle desquelles sont des sillons assez larges, parsemés d’ulcérations peu nombreuses, petites, superficielles, à fond grisâtre, qui se détergent après une simple pulvérisation; un enduit muco-purulent recouvre habituellement la muqueuse palatine, qui saigne facilement sous l'influence des frottements.

Le voile du palais, d’un rose intense, lisse d’une manière générale, présente seulement quelques points grisâtres. La luette est réduite à un petit moignon. Les piliers sont d’un rose foncé.

Le fond du pharynx, de mêmeteinte, un peu inégal, est parsemé de petites saillies jaunâtres, d’aspect lardacé.

Les troubles fonctionnels font presque complètement défaut, il n'y a ni douleurs de gorge, ni douleurs d’oreilles; l’ouïe est intacte.

Le traitement ne fournit aucune donnée de valeur pour la détermination de ces lésions qui, d’après le titre de l’observation, ont suscité des interprétations diverses. Après quelques jours d’un traitement purement topique, il y avait une amélioration qui persista lorsque le malade fut soumis à la médication mixte; les progrès continuèrent quand on administra l'huile de morue; puis survinrent deux périodes d’aggravation suivies de guérison.

Je n’ai pas autorité pour donner, d’après une observation, une

opinion dans un débat où les maîtres se sont divisés. Je ferai seu

lement remarquer l’analogie très-grande qui rapproche les lésions buccales, constatées chez ce malade, de celles qu’on observe chez les lupeux.

O8s. XXI.—Ulcération de nature incertaine, probablement scrofuleuse,

de l’excavation amygdalienne.

X..., 98 ans, garçon de café, salle Saint-Charles, n° 40, à la Charité (service de M. Damaschino, suppléant M. le professeur Séë. Juillet, septembre 1874.

Homme de constitution moyenne, filsde poitrinaire, mais n’ayant eu personnellement aucun accident spécifique. 1l a eu une chaudepisse, de deux mois à la vérité, mais ne semble avoir présenté aucune manifestation syphilitique.

Au mois d'avril de cette année, le malade souffre pour la pre-

mière fois de la gorge; cette angine s'accompagne de quelques phénomènes fébriles et de toux.

En mai, la toux est plus fréquente, et le malade doit suspendre son travail; en même temps, la douleur angineuse a augmenté d'intensité, elle s’exagère par la déglutition, surtout lorsque le malade avale du vin auquel il a été obligé de renoncer depuis trois semaines.

Depuis six semaines, la voix est nasonnée, la salivation est trèsabondante ; jamais il n’y a eu d’expuition sanglante.

Quand le malade quitta son ouvrage, le 10 ou le 42 mai, le médecin qui le vit reconnut une ulcération de l’amygdale beaucoup plus petite que celle qui existe actuellement. Des cautérisations furent faites à plusieurs reprises ; le malade fut mis au traitement antisyphilitique, mais il continua à fumer.

Etat actuel. — Outre les symptômes fonctionnels déjà indiqués, il s'est produit, depuis peu de jours, des douleurs vives, occupant l'oreille et la tempe gauches, empêchant le sommeil. L’ouïe est bonne dans l’intervalle des exacerbations douloureuses, s’affaiblit beaucoup pendant leur durée. Pour la première fois les boissons reviennent par le nez le 15 ou 16 juin. :

L'odorat est diminué ; le goût est presque perdu ; la sensibilité, au contact, est très-peu accusée.

Tout l'isthme offre une teinte rose assez vive, L'excavation du

15 — © Côté gauche offre, à sa partie supérieure, une saillie un peu inégale, constituée par l’amygdale, dont les follicules dilatés renferment en trois points des dépôts caséeux. L'amygdale est brusquement coupée par une ulcération qui occupe toute l'excavation dans Sa partie inférieure et descend vers l’épiglotte. Cette perte de substance, profonde, franchement taillée, a un fond pulpeux, d’an gris jaunâtre, égal, sans bosselure ; on n’aperçoit pas nettement le pilier postérieur derrière l’ulcération.

Traitement. Sirop d'iodure de fer ioduré (iodure de potassinm 5 gr. pour 250 gr. de sirop). Injections avec la solution d'eucalyptol 1 gr. dans 100 gr. d’eau alcoolisée.

M ue Les premières nuits passées à l'hôpital sont mauvaises ; mais au “ES ET È bout de quelques jours, il y a une amélioration notable : on voit SE le pilier postérieur comme une petite colonne grisâtre qui, par sa * Me couleur, tranche sur le fond du pharynx, mais se distingue ma] du

fond de l’excavation. Celle-ci est encore grise et pulpeuse, mais on

, y reconnaît quelques rares bourgeons, d’une coloration rosée. 7236 L’épigloite, d’un rose vif, luisante, n'est pas notablement dé- =" | formée ; les cordes vocales, bien mobiles, semblent un peu épais- FAGQUE sies.

4 27 juillet. L’ulcération est moins uniformément grise et pul- Ce | peuse ; des bourgeons plus nombreux se montrent çà et là.

À 1 août. Amélioration considérable; on pourrait presque déjà | dire guérison; la moitié droite de l’isthme est moins tuméliée,

; \ . ? ; F £ , > ler mais présente encore un certain degré de fermeté au doigt. La PORN muqueuse présente une teinte générale.rose violacée, pâle. Pet L’ulcère est détergé, sauf dans un point au fond de l’excavation

où reste un peu d’enduit pulpeux.

L’amygdale paraît creusé d’une grande lacune, c’est le vestige très-rétréci de la perte de substance aujourd’hui détergée.

On aperçoit le pilier postérieur un peu mamelonné adhérent au foud du pharynx avec lequel il se confond.

Les douleurs ont cessé, la déglulition se fait hien ; la voix reste un peu nasonnée ; depuis quelques jours, le malade a de Pacné et de l’enchifrènement iodiques.

Dans cet état d'amélioration considérable, le malade quitte lhô-

A pital.

Huit jours après sa sortie, se développent sur le cuir chevelu, puis sur divers points du corps ‘épaules, épigastre, face interne et

partie supérieure des cuisses), des boutons gros comme des lentilles

Le

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