NA
brunes, se dirigeaient vers le maxillaire supérieur fissuré à sa partie moyenne comme dans un bec-de-lièvre présentant cette disposition appelée gueule-de-loup. Il semble que toute la portion du palais quicorrespond aux os intermaxillaires ait disparu; les quatre incisives sont tombées avec la portion du bord alvéolaire qui les supportait.
En arrière de cet antre ulcéreux, séparé par un pont d’un centimètre environ, se voit une autre perte de substance, ovalaire, antéro-postérieure, de la voûte palatine.
Toute la muqueuse du palais est pâle, sans teinte violacée, elle: est couverte de mamelons granuleux peu saillants.
Au point où le voile succède à la voûte, tout change; toute la portion membraneuse qui correspond au voile est indiquée par une teinte rosée et un léger relief circonscrivant le contour déformé de l’isthme. A peine reconnaît-on un vestige de la luette ; l'excavation amygdalienne est effacée et les tonsilles semblent avoir disparu; il faut déprimer beaucoup la langue pour apercevoir, très-bas, une petite masse rosée qui paraît le débri de l’une d'elles. + *
Derrière la ligne sinueuse et le léger relief qui indiquent la forme du voile et de la luette, se voit une lame fibroïde, sillonnée de quelques brides, qui se porte directement en arrière et va s’implanter en quelque façon sur le fond du pharynx; toute commu nication des arrière-narines avec la gorge est ainsi complètement oblitérée.
La voix est très-nasonnée, la parole difficile à comprendre.
La déglutition se fait bien. L’ouïe est conservée.
Les douleurs, presque nulles au début, sont devenues plus vives à la suite de cautérisations répétées.
La santé générale est bonne ; l'urine n’est pas albumineuse.
Pendant des mois, le traitemeny général restant le même, on fit des applications de caustiques divers, dans le but de réprimer la végétation exubérante des bords de l’ulcère, mais sans aucun succès.
Au mois de juillet, Les topiques irritants ou escharrotiques sont remplacés par l’ivdoforme et la cicatrisation se fait d’une manière progressive.
Os, V..— Lupus tuberculeux et ulcéreux de la face (dégénéré en cancroïde?)
Nerv.(EL.),39 ans, infirmière à Saint-Louis depuis seize ans, Saint- Thomas, 19. Entrée le 10 octobre 1872; morte en juillet 1873.
(Observation communiquée par M. Lailler, prise par MM. Baréty et Danlos; abrégée.)
La transformation du lupus en cancroïde fut supposée dans ce . Cas, mais il n'y eut pas d'examen histologique.
La malade, scrofuleuse depuis l’enfance, avait depuis l’âge de 18 ans un lupus qui avait détruit toute la partie centrale de la face.
La surface de la perte de substance s’est couverte, depuis quatre ou cinq mois, de mamelons de volume variable, isolés ou cohérents, rouges et durs. Les bords sont partout élevés, turgides, violacés et durs.
Depuis deux mois, El... souffre dans les fosses nasales, dans la gorge et dans la bouche, et, depuis un mois, les liquides qu’elle avale sortent par les narines.
Depuis deux mois aussi, elle peut à peine ouvrir la bouche; les deux incisives médianes supérieures et l’incisive latérale gauche sont mobiles, et, derrière ces dents, sur la voûte palati£e, on voit une saillie lisse assez consistante, de la grosseur d’une aveline,
Traitement : Iodure de potassium de 0,50 à 3 gr.
En février 1873, l'apparence cancroïdale du centre de l’ulcération est de plus en plus manifeste ; de gros champignons se sont développés à sa surface.
- La malade meurt au mois de juin; malheureusement les détails manquent sur les derniers accidents et l’autopsie n’a pas été faite.
Os. VI. — Lupus primitif des gencives. — Lupus secondaire du nez (pièce n° 228 du musée de Saint-Louis).
Grandsire (G1.), 29 ans, Saint-Louis, 58 ; entré le 17 janvier, sorti le 40 avril 1872. (Observation recueillie par M. Baréty, communiquée par M. Lailler ; abrégée.)
Homme peu musclé, maigre et pâle, d'aspect chétif. La mère est morte à 60 ans, après avoir toussé pendant sept ou huit ans.
À 12 ans, cet homme eut une fluxion de poitrine à droite; à 15 ans, il eut des ganglions suppurés au cou, un abcès de la marge de l’anus et une fistule. Il dit ne jamais tousser ; il n’a pas eu la syphilis. Il a beaucoup souffert de la misère depuis deux ans.
ll entre à l’hôpital pour un lupus du nez avec une tumeur lacrymale du côté gauche.
Homolle. 44
Le fait le plus intéressant de l'observation est une lésion des gencives, qui avait débuté trois ans auparavant, à la suite de grands chagrins. La gencive de l’arcade dentaire supérieure esten avant, d’une petite molaire à l’autre, rouge, légèrement saillante dans sa totalité, inégale à la surface, un peu tomenteuse, d'une consistance assez ferme; elle descend, en quelques points, entre les dents, mais, en général, elle s’est retirée au-dessus du collet.
Il y à un an, ces parties étaient le siége de douleurs assez vives et saignaient facilement ; elles sont actuellement indolentes, peu sensibles au toucher; elles rougissent sans saigner lorsqu'on les irrite.
Le fond de la gorge (luette, piliers et paroi postérieure du pharynx) est d’un rouge sombre. Le voile du palais est d’un rose pâle, semé de granulations plus foncées, de volume d’un graïn du millet.
Le malade n’a jamais souffert de la gorge; il entend bien.
Il a pris, depuis un an, de l’huile de foie de morue qui a amélioré son état général et en même temps l’affection du nez et de la gencive. RAR
Traitement: Huiie de foie de morue et sirop d’iodure de fer. Teinture d’iode puis solution d’acide chromique sur les gencives.
Le lupus gingival ne subit aucune amélioration considérable.
Oss. VII. — Scrofulide tuberculeuse (lupus) du nez.— Lupus des gencives et de la muqueuse palatine.
Cout. (Annette), 25 ans, salle HenrilV, n° 7 {service de M. Hillairet, avril 1874).
Jeune femme de bonne constitution, sans antécédents morbides personnels ou héréditaires qui indiquent un état pathologique constitutionnel.
Le début du lupus nasal remonte à quatre ans; celui des gencives et de la voûte palatine a commencé il y a deux ans et demi.
Entrée à l'hôpital il y a deux ans, la malade dit y être restée un an ; elle sortit en juin 1873, avec des cicatrices et une déformation du nez.
En novembre, le lupus récidive sur les joues.
La gencive dans la portion qui correspond aux quatre incisives et à la canine droite de la mâchoire supérieure, est tuméfiée, inégale et comme mamelonnée, d’un rouge vif. A la gencive inférieure, la muqueuse est malade dans toute sa hauteur au niveau des incisives moyennes.
AN: Re
Toute la muqueuse palatine a été envahie ; mais la moitié postérieure est maintenant cicatrisée, de couleur à peu près normale; la moitié antérieure est rouge, violacée, dure et mamelonnée. Le voile et les piliers sont tout à fait sains.
Une petite ulcérationirrégulière à fond pulpeux, jaunâtre, à peine déprimé, siége en arrière de l’arcade dentaire supérieure.
La lèvre supérieure, à sa partie moyenne, est gonflée, lisse, douce au toucher, d’une teinte viclacée plus foncée que la coloration des parties voisines, les ganglions sous-maxillaires sont légèrement tuméfiés à droite et à gauche.
La mastication est rendue pénible par la sensation d’ébranlement des dents ; mais il n’y a pas de douleurs spontanées,
Je n’ai pas revu la malade ; l'observation n’a pas été prise dans le service.
Ogs. VII. — Lupus du nez. — Tuméfaction granuleuse de la muqueuse du vuile palatin. — Eminences papulo-tuberculeuses du fond du pharynx. — Plaque laiteuse de la joue.
Ango (Arm.), 27 ans, Saint-Louis, 48 ; entré en janvier 1872. (Observation communiquée par M. Lailler.)
Antécédents héréditaires suspects, au point de vue de la ASE culose ; pas d’antécédents strumeux personnels.
A l’âge de 17 ans, le lupus avait débuté à la face, et détruit une partie du lobule du nez; il avait déterminé une tuméfaction considérable des parties restées saines.
Le malade ne se plaint d'aucun trouble fonctionnel notable.
La luette, les piliers et la paroi postérieure sont rouges; des vaisseaux fins parcourent la surface de la muqueuse sur laquelle font saillie un petit nombre de grannulatious rouges.
Sur la paroi postérieure du pharynx, à gauche, se voient trois ou quatre saillies plates, rouges, larges comme de grosses lentilles. Nulle part n'existe d'ulcération.
La joue gauche est notablement épaissie. La muqueuse est assez régulièrement saillante et d’un blanc grisâtre.
(L'observation ne fournit aucun détail complémentaire.)
Oss. IX.— Lupus : scrofulide papulo-tuberculeuse hypertrophique de la moitié inférieure de la face.—Cicatrice radiée du fond du pharynx.
Guillemain (J.-B.), 27 ans, 70, salle Saint-Léon, entré le 16 février 4874, sorti le 3 juin (aujourd’hui infirmier à Saint-Louis).
C’est un homme assez bien constitué, élevé à la campagne, dans le Cher, au milieu de conditions hygiéniques favorables. Ses parents, ses frères et sœurs puinés sont bien portants.
Vers l’âge de 6 à 7 ans, cet homme eut une-ostéite suppurée du petit doigt qui exigea amp atal ons
A 42 ans, le lupus se montra au nez; le traitement se prolongea six mois, après lesquels le malade sortit guéri.
Cinq fois, depuis cette époque, G... est obligé de rentrer à l’hôpital; pendant un séjour qu’il fit dans le service de M. Lailler, en 1865, on reconnut une absence complète de la luette dont le malade n’avait aucun soupçon; il y avait de plus une lésion de la muqueuse labiale qui était « semée de petites plaques blanches, opalines, plissées, rappelant certaines plaques muqueuses de la bouche. » (Obs. communiquée par M. Lailler.)
Une nouvelle récidive ramène, en février 1874, le malade dans le service de M. Besnier.
La poussée nouvelle s’est produite, il y a deux mois, sans aucun .
trouble de la santé générale, sans cause manifeste. D
Le nez est déformé, les lèvres sont très-tuméfiées; le bord muqueux de la lèvre supérieure est un peu rétracté vers la bouche.
Aux limites du mal se voient quelques éminences tuberculeuses peu distinctes. Toutes les parties malades sont remarquables par leur coloration violacée.
L’orifice buccal est manifestement agrandi.
La muqueuse labiale tuméfiée présente une série de mamelons que séparent des plis ou des dépressions profondes; elle est tomenteuse, d’un rose pâle, un peu opaline, très-hypertrophiée ; la muqueuse des joues a le même caractère. j
La muqueuse des gencives est rouge, violacée, fongueuse et saigne facilement; celle du palais est épaissie et tout à fait hypertrophique jusqu’au voisinage du voile.
Le contour de l’isthme décrit une ogive régulière, au sommet de laquelle ja luette fait complètement défaut.
Les piliers, bien symétriques, circonscrivent l’excavation où l’on aperçoit à peine une très- -petite saillie qui représente l'amygdale.
Leur bord libre, rose et régulier, n’est nullement cicatriciel ; mais, au sommet de la courbe, au point où la luette s’insérait, le bord libre, aminci, présente, dans une petite étendue, une apparence fibroïde.
Au fond du pharynx se voit une cicatrice rayonnée d’un blanc
Dre > id
nacré, d'aspect fibreux, Saillante et comme kéloïdienne à sa partie médiane autour de laquelle rayonnent des tractus cicatriciels qui vont se perdre au milieu de la muqueuse saine. Lie malade ne sait pas quand cette lésion s’est produite; j'ai dit qu’elle avait été reconnue en 1865 par M. Lailler.
La déglutition se fait parfaitement; les piliers bien mobiles se rapprochent librement. La voix est un peu nasonnée. Il n'y a de phénomènes douloureux d’aucune sorte.
La santé générale est excellente; il n'existe aucun signe de lésions pulmonaires; cependant, le malade a des accès de toux nocturne. L’urine, chargée de sels, n’est pas albumineuse.
A la fin de mars, la tuméfaction générale de la face a beaucoup, diminué, La muqueuse des lèvres est toujours tuméfiée, rose, semée d’un pointillé pâle (glandules augmentées de volume?).
Au commencement de juin, l’amélivration est considérable ; la saillie difforme des lèvres a beaucoup diminué, leur mobilité est beaucoup plus complète. La muqueuse buccale et palatine est toujours violacée, tuméfiée et comme mamelonnée d’une façon irrégulière. L’apparence laiteuse de la muqueuse des lèvres'et des joues a disparu. L'aspect du fond de la gorge n’a pas changé.
Le traitement a consisté essentiellement dans l’administration de l'huile de foie de morue.
B. — Scrofulides graves primitives de la gorge (angines scrofuleuses graves).
Jer TYPE.— Lupus de Ia gorge.
Os. X.— Lupus du voile du palais. — Adhérence du pilier postérieur gauche au fond du pharynx.—Ulcérations miliaires perforantes.
Sagé (Ern.), 31 ans, ouvrière. Entrée le 41 mai1874, dans le service de M. Besnier. Sortie fin juin.
Femme bien constituée, sansantécédents morbides personnels ou héréditaires ; ne paraît pas avoir eu de manifestations strumeuses dans l'enfance, mais eut, il y a trois ans, de petits abcès ga:glionpaires qui ont laissé des cicatrices au cou.
Mariée il y a cinq ans, elle n’eut aucun accident attribuable à Ja syphilis; elle est accouchée, il y a quatre ans, d’un enfant qui mourut à 7 mois, et qui ne semble avoir eu aucun accident spécifique; il n’y a pas eu de nouvelles grossesses depuis cette époqne.
Trois semaines après la délivrance la malade commença à souffrir
de la gorge: et depuis, ces douleurs se sont répétées à plusieurs
reprises; elles sont plus vives et reviennent plus fréquemment depuis un an.
Il y a trois ans, s’est produite sur les membres inférieurs, une
éruption pustulo-croûteuse qui a laissé des cicatrices à peu près circulaires, non pigmentées. Depuis un an le nezest affecté; il est déformé, déprimé; deux fois la malade a mouché de petits fragments d'os. L’haleineest fétide, et l’on peut reconnaître l'existence d’ulcérations de la pituitaire.
La gorge présente des lésions du voile et des piliers.
La luette est détruite; l’arcade de l’isthme présente à son sommet une échancrure peu profonde, à gauche de laquelle se voit une saillie tuberculeuse, ovoïde.
Les piliers postérieurs sont épaissis, celui du côté gauche sur-
tout; ce dernier est tuméfié, mamelonné; il se distingue mal du :
fond du pharynx auquel il adhère presque complètement.
Tout le contour de l’isthme présente une rougeur assez vive. Les excavations amygdaliennes sont assez profondes; elles regardent
presque directement en dedans.
Il n'existe qu’une seule ulcération très- petite, du diamètre d’une tête d’épingle, sur la ligne médiane, à 2 ou 3 millimètres en avant du sommet de l’ogive. Le liséré du pilier postérieur gauche est seulement exulcéré.
La muqueuse du fond du pharynx est un peu inégale, mamelonnée; une des éminences papulo-tuberculeuses qui s’y rencontrent est exulcérée à son sommet.
La santé générale est bonne. Il est impossible de découvrir au-
cun accident imputable à la syphilis. La malade est mariée et croit son mari indemne de toute affection contagieuse.
Les troubles fonctionnels en rapport avec les lésions que je viens d'indiquer sont à peu près nuls; l’angine douloureuse au début a presque complètement cessé de l’être. Le voile et l’isthme tout entier sont très-peu sensibles aux attouchements; les mouvements réflexes sont difficilement provoqués. La voix est à peine altérée. La déglutition se fait bien ; quelques substances seulement déterminent à leur passage un peu de souffrance.
Un examen laryngoscopique pratiqué quelques jours plus tard m'a fait constater l'intégrité presque absolue de l’épiglotte qui est seulement un peu rouge, des replis et des cordes vocales.
ns — AN —
La malade avait été regardée en ville comme syphilitique et avait pris du mercure (pilules de proto-iodure) pendant sept mois sans amélioration. L'année précédente un mieux considérable s'était momentanément produit sans aucune intervention thérapeutique.
Le diagnostic, un peu hésitant les premiers jours, est ensuite - formulé avec plus d'assurance : scrofulide de la gorge ou en d’autres termes lupus primitif du voile du palais et des piliers du côté gauche. L’ozène et les cicatrices d’abcès ganglionnaires sont avec +R l'absence de commémoratifs syphilitiques et les caractères exté- EPS À rieurs de la lésion, les éléments de ce diagnostic.
SAT APSR Cependant, et comme pierre de touche, M. Besnier prescrit le traitement mixte (solution d’iodure, sirop de Gibert ; injections nasales avec la solution de chloral au centième).
ire Ne 43 mai. Un petit bouton de la grosseur d’une tête d’épingle se montre à côté dé la petite ulcération médiane.
14. À la petite pustule a succédé une ulcération profonde de 4 à 2 millimètres.
* | 15. Chacune des deux petites pertes de substance forme une dépression grisâtre entourée d’une aréole inflammatoire.
28. La première ulcération est devenue une perforation com-. ENS plète sans avoir sensiblement augmenté de diamètre.
He 4 juin. Il n’y a aucune amélioration. Le sirop de Gibert est sup- # primé et le nouveau traitement est formulé dans l'hypothèse d'une lésion scrofuleuse (huile de foie de morue, sirop d’iodure de fer; bains sulfureux).
L'amélioration est cette fois assez rapide ; la malade quitte l’hôpital avant d’être complètement guérie (je ne l’ai pas vue à ce M moment ni depuis).
Oss.XI.—Lupus de la gorge.—Erosion progressive du bord libre du voile. —Adhérence partielle du pilier postérieur gauche du fond du pharynx.
Lev. (Hél.), 8 ans, entrée le 93 octobre dans le service de M. Bergeron à Sainte-Eugénie. (Notes prises en mai 1874.)
Fillette assez bien développée pour son âge, scrofuleuse et présentant quelques traits peu accusés du facies syphilitique (cicatrices de trois abcès ganglionnaires strumeux au cou; nez un peu 1 PUR ARC déprimé; dents incisives inférieures un peu échancrées mais non | caractéristiques). DAS,
Avant d'entrer à Sainte-Eugénie, cette enfant avait été soignée
AMD
lan dernier dans le service de M. Bouchut pour des convulsions, dit-elle; sa gorge n’était pas malade à cette époque.
Pendant trois mois ses parents l’amenèrent à la consultation
pour une angine rebelle, puis à la fin d'octobre 1873, ils se décidèrent à la laisser à l'hôpital.
Depuis ce temps elle a été soumise à une médication mixte par J’huile de foie de morue et l’iodure de potassium; une amélioration notable s’est produite sous l'influence de ce traitement, et les ulcérations qui, nous dit-on, existaient au mois de janvier ont fait
place à des surfaces granuleuses qui semblent en voie de répa-
ration.
Le voile du palais est déformé, détruit partiellement, surtout.
dans sa moitié droite où il est profondément échancré; sur la ligne médiane la luette persiste mais très-amincie. Le pilier postérieur gauche est tuméfié, mamelonné; il adhère au fond du pharynx dans sa moitié inférieure. A droite, le pilier postérieur, également épaissi, se dirige aussi vers la paroi postérieure; il est en grande partie masqué par l’agmygdale. Les sailliesmamelonnées despiliers sont roses et présentent çà et là des points exulcérés et un enduit puriforme qui pourrait faire croire à l'existence de véritables pertes de substance. À la base de la luette seulement est une petite ulcération à fond jaunâtre.
A droiteet à gauche de la luette donit les bords ont été manifestement érodés, rongés, le bord libre du voile est coupé presque transversalement, dans une étendue plus considérable à droite qu’à gauche où le pilier postérieur vient se fixer tout près de la base de la luette.
La muqueuse du fond du pharynx, visible surtout à droite, est épaissie, tuméfiée et présente deux petites exulcérations jaunâtres ; elle est couverte en partie de mucosités teintes de sang.
La voix est un peu nasonnée; la déglutition se fait bien.
L'enfant quitte l'hôpital au commencement de juillet; je n’ai pu avoir de détails précis sur son état à cette époque ; je sais seulement que l'amélioration avait été graduelle depuis ia fin de mai.
Ile TYPE. — Scrofulide ulcéreuse de la gorge.
O8s. XII. — Scrofulide tuberculo-ulcéreuse du voile du palais avec destruction de la luette et perforation à l'union du voile avec la voûte.
Loncle(E.), 18 ans et demi, entré le 5 mai 4874 à la Charité, salle Saint-Jean-de-Dieu, 18 bis (service de M. Brouardel, suppléant M. Bouillaud).
Garçon de constitution moyenne, pâle et un peu grêle, Parisien, fils de Parisien; d’une bonne santé habituelle (il n’a eu qu’une maladie fébrile, probablement une fièvre typhoïde).
I n'a pas d’antécédents héréditaires qui indiquent une prédisposition morbide, mais il dit avoir quatre frères ou sœurs qui ont tous des gourmes et des glandes au cou; quatre autres enfants sont morts, un aîné, qui aurait succombé très-rapidement à une péritonite, et Les trois derniers qui ont à peine vécu.
Dans son enfance, L... a eu des gourmes pendant longtemps, des glandes au cou, sans qu'il y ait jamais eu de suppuration ganglionnaire, enfin quelques maux de gorge sans gravité. On ne peut découvrir aucun antécédent syphilitique.
Il s’aperçut, il y a quatre mois, que sa voix devenait rauque; il yatrois mois et demi, il ressentit de la cuisson à la gorge; il avait peine à avaler le vin et sa salive même; les substances un peu chaudes étaient mieux tolérées.
Pendant un mois, ces légers troubles persistent sans nouveaux accidents; le malade s’aperçut alors qu’il se produisait à la base de la luette une petite perte de substance qui augmenta peu à peu ; un moisplus tard, la luette était détruite ; cependant les phénomènes douloureux restaient peu intenses. Depuis deux mois, le malade rejette quelques aliments liquides par le nez. Il n’a fait aucun traitement.
Lorsque j’examinai le malade, les lésions étaient les suivantes : Il existe unépaississement diffus de toutes les parties qui constituent listhme, surtout dans sa moitié inférieure. Les amygdales sont grosses et empêchent d’apercevoir les piliers postérieurs. Les piliers antérieurs sont normaux; ils se réunissent en une ogive surbaissé dont le sommet présente une petite perte de substance linéaire qui empiète surtout sur le côté droit. A droite et à gauche de cette petite échancrure, sont deux saillies tuberculeuses arrondies. Sur la ligne médiane du voile, depuis la limite postérieure
Hemolle. 45
de la voûte jusqu’à 2 millimètres de la perte de substance que je viens d'indiquer, est une ulcération antéro-postérieure qui mesure environ 45 millimètres et qui présente deux prolongements latéraux; un bourrelet peu saillant de la muqueuse entoure l'ulcération; ilse perd au milieu du relief mal accusé que présente le contour de listhme.
La perte de substance est assez nettement taillée presque à pic; le fond est rosé, à peine granuleux; il présente, à sa partie postérieure, une perforation complète, ovalaire, de 8 millim. de largeur.
La teinte générale de la muqueuse est d’un rose assez franc; le fond du pharynx au contraire est rouge sombre, un peu vascularisé; on y aperçoit deux éminences tuberculeuses.
La santé générale est bonne.
Je n’ai pu suivre ce malade et n’ai pas eu de renseignements précis sur la marche des accidents; aussi le diagnostic ne peut -il être affirmé avec certitude.
Oss. XIIL,—Ulcération perforante de la voûte palatine.—Quelques traits du facies de la syphilis congénitale.
Joly (Mél.), 9 ans et demie; entrée le 10 juin, salle Saint-Foy, service de M. Lailler.
Enfant un peu grêle, d'apparence profondément strumeuse, incapable de fournir aucun renseignement. On sait par la mère que le père a eu la syphilis, il a même été traité par M. Lailler ; mais les notes conservées par M. Lailler lui font reconnaître que ia syphilis (et l'accident primitif a été constaté à l’hôpital) n’a débuté, chez le père, qu'après la naissance de cette enfant. De la mère seule pourrait donc provenir la syphilis congénitale si on était conduit à en admettre l’existence chez la petite malade; or rien ne permet de penser que la mère ait jamais eu d’accidents Spécifiques.
L'enfant présente autour de la commissure latérale, à gauche, une cicatrice un peu déprimée, plissée, couturée de brides peu saillantes, tout à fait décolorée.
A la région sous-maxillaire gauche de gros ganglions RteNE une tumeur livide, suppurante.
La muqueuse de la voûte palatine est pâle; elle présente des plis transversaux très-saillants. À un centimètre et demi en arrière,
de l’arcade dentaire supérieure est une ulcération petite qui pénè-
tre jusqu’à los, sans le perforer ; le fond en est pulpeux, grisâtre. Le voile du palais a une coloration normale. Les amygdales
saines sont peu saillantes, les piliers sont sains; les piliers posté-
- rieurs bien distincts du fond du pharynx.
Os. XIV, — Ulcération perforante de la voûte palatine; perte de substance du voile du palais.— Cicatrices de scrofulides de la face.—
Ensemble des signes attribués par Hutchinson à la syphilis héréditaire.
Maucourt (M.), 15 ars, salle Saint-Foy, 36, service de M. Lailler; entrée le 5 juin 1874.
Fillette d'apparence lymphatique, sans antécédents héréditaires connus. Elle, dit avoir eu, à l’âge de 4 ans, un bouton de longue durée au menton; l'affection qui persista un an a laissé une cicatrice décolorée, très-faibiement déprimée. Plus tard, à ans, elle eut une ophthalmie qui se prolongea pendant quinze mois et laissa une opacité cornéenne.
La même année commençait une éruption du nez, qui eut une marche très-lente, laissa des cicatrices décolorées, irrégulières et une déformation notable du lobule; actuellement encore, il persiste une ulcération superficielle sur le contour de la narine gauche. Au-dessus du lobule déformé, le nez se déprime.
Les dents incisives inférieures sont crénelées, la médiane supérieure gauche présente une encoche profonde; elle est creusée un peu au-dessus de son tiers inférieur d’une rainure transversale très-accusée, au-dessus de laquelle elle se rétrécit et s’amincit.
On le voit, rien ne manque au tableau : kératite interstitielle, square nose, knotched teeth, tout se rencontre chez cette enfant pour en faire un type, qu'en Angleterre, on ne manquerait pas d'attribuer à la syphilis congénitale.
Il s'ajoute encore une autre lésion du même ordre; c’est une perforation de la voûte palatine. Enfin l’isthme présente la trace
e lésions plus anciennes, aujourd’hui cicatrisées.
La voûte palatine forme une ogive assez aiguë, la muqueuse est considérablement épaissie d’une manière égale. Les plis de la muqueuse en arrière des dents, sont plus saillants qu’à l'état normal; la teinte générale est un rose un peu violacé. La perforation
est allongée d'avant en arrière; elle a environ 0m.006 de long et
un peu plus de Om.002 de large; en avant et sur les côtés de la
ds :
perte de substance, l2 muqueuse est un peu plus granuleuse, d'un
rouge plus inflammatoire que sur les autres points.
Le contour de l’isthme forme une arcade irrégulière; la muqueuse, rose violacée, devient blanchâtre et prend une apparence cicatricielle sur le bord libre. On ne distingue plus ni piliers pos-
térieurs, ni amygdales. Il existe encore une ulcération superficielle
à fond jaunâtre au sommet de l’ogive.
Le fond du pharynx est rouge, granuleux, enflammé, couvert de mucus opaque; profondément, on aperçoit une grosse papule saillante, de couleur rosée.
Tous ces désordres semblent avoir débuté en octobre 1873; ils se sont accompagnés de peu de troubles fonctionnels. À peine existe-t-il de la douleur spontanée; la déglutition du vin et des liquides acides provoque seule quelque souffrance; rarement, les
liquides reviennent par le nez. La voix est nasonnée, comme
étouffée.
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