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282 DEUXIÈME PARTIE. — TITRE Il
de personnes : 1° aux malades, qui reçoivent chez eux les secours de maladie et les soins médicaux ; 2 Aux femmes enceintes, à qui l'on donne gratuitement
les soins de la sage-femme.
A. — Malades.
Examinons comment fonctionne pratiquement le service pour les malades.
D'abord comment l'obtient-on ? (1).
Toute personne inserite ou non inscrite sur les listes des bureaux de bienfaisance qui désire obtenir son admission au traitement à domicile, fait demander le médecin au secrétariat du bureau de bienfaisance de son arrondissement. Il est remis aussitôt à la personne qui se présente une lettre qu’elle doit adresser ou faire porter au médecin. L'assistance provisoire est immédiatement accordée. Mais aussitôt on commence une enquête sur la personne qui a demandé le bénéfice de la gratuité. Un visiteur du bureau se présente chez le malade et fait un rapport soumis à /a délégation permanente. Sur le rapport du visiteur cette dernière décide si l'assistance médicale doit être maintenue ou refusée.
C'est encore, nous l'avons déjà dit, /a déléyation permanente qui décide si un secours de maladie doit être accordé au malade. À ce propos il faut remarquer que sauf exception (2) ces secours de maladie ne sont généralement accordés que dans le cas où la maladie frappe le chef de famille, soit l’un des membres qui contribuent à faire vivre le ménage. Dans les autres cas, on estime qu'il
(1) Rapp. Fleury-Ravarin, op. cit., p. 102.
(2) Rapport sur le fonctionnement des 20 bureaux de bienfaisance pendant l’année 1897.
n'y a pas un préjudice suffisant puisque les soins médicaux et les remèdes sont donnés gratuitement (4).
Quelle est maintenant lorganisation du traitement à domicile ? Jusqu'à ces derniers temps chaque arrondissement de Paris était divisé, au point de vue médical, en circonscriptions territoriales, desservies chacune par un seul médecin. L'un des inconvénients de ce sys- {ème était que le malade ne pouvait choisir son médecin. Cette situation était nécessairement fort pénible pour les indigents : « c’est une vraie cruauté, disait M. Rochard au Conseil de surveillance (2), d’obliger une mère à aller chercher pour son enfant un médecin qu’elle croit responsable de la mort d’un autre de ses enfants. Il faut, si possible, que le riche comme le pauvre ait au moins la consolation d'appeler un médecin en qui il ait fois. » Or cette faculté de choisir son médecin pourtant si légitime était refusée à l’indigent. Vainement objectait-il qu'il avait eu à se plaindre des services du médecin de sa circonscription, il était malgré tout obligé d'accepter ses soins.
A la suite d’une expérience tentée par M. Risler (3) dans le VII: arrondissement, expérience qui permettait aux malades de choisir parmi plusieurs médecins, on résolut d'appliquer la même mesure à tout le territoire de Paris. in conséquence, l'arrêté du Directeur de l’Assistance publique du 20 octobre 1892, décida que chaque arrondissement serait divisé en grandes circonscriptions médicales, 4 au maximum: à chacune d’elles seraient attachés plusieurs médecins entre lesquels le malade pourrait choisir. Cette
(1) Voir plus hautp. 41. Rappelons qu'en 1891 les secours de maladie distribués se sont élevés à La somme de 333.765 fr. 81.
(2) Conseil de surveillance : séance du 20 décembre 1888.
(3) Voir plus haut p. 268.
réforme fut confirmée par l’article 35 du décret de 1895: « Les malades auront la faculté de choisir leur médecin, parmi les médecins chargés du traitement à domicile dans leur quartier. »
Cette mesure était d’ailleurs adoptée à l'étranger. A Bruxelles, Vindigent malade a le choix entre tous les médecins de la division, qui sont au nombre de 3 généralement, à Haselt entre tous les médecins de la ville. A Anvers le pauvre s'adresse à celui qui a ses préférences par mi les vingt médecins du bureau de bienfaisance. Bien plus il peut choisir la méthode médicale à sa convenance : deux médecins homéopathes sont agréés par l’Administration et sont à la disposition des malheureux. En Allemagne par contre, le malade à assez rarement le choix d’un médecin.
Actuellement à Paris 169 (1) médecins sont chargés du traitement à domicile. Afin d'établir entre eux une égale répartition, l’arrêté de 1892 décide qu'un roulement sera établi entre les médecins de chaque circonscription, afin que chacun d'eux ait autant que possible le même nombre de malades à soigner.
On a encore adopté une mesure déjà employée à l'étranger (2). On remet à chaque malade qui demande le traitement à domicile un carnet nominatif à souches, contenant un certain nombre d'ordonnances que le médecin formule en double, la souche restant adhérente au carnet. L'emploi de ce carnet a un double avantage : en premier lieu il permet au médecin de s'assurer si les ordonnances présen-
(1) Rapport sur le fonctionnement des 20 bureaux de bienfaisance en (2) Circulaire du 21 novembre 1892, adressée par le Directeur de l'As-
sistance publique aux maires des 20 arrondissements. — Cette méthode est usitée dans quelques villes belges : à Anvers notamment.
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tées sont conformes à ses prescriptions ; etensuite à la fin du traitement il est classé au secrétariat du bureau, de telle sorte que, si postérieurement le traitement à domicile est réclamé, on peut donner des renseignements sur les malades soignés (1).
Nous avons déjà exprimé notre avis sur la valeur du traitement à domicile (2) et fourni les chiffres à l'appui, aussi nous bornerons-nous à donner quelques détails de statistique, sans aucune appréciation (3).
Le nombre d'inscriptions au traitement à domicile a été
En 1893 de. . 10). J0€ BASE de RL PC ee 91.002 Ba A ere mnt M0: GEO
Pendant les trois années précédentes le nombre des inscriptions avait été de :
EnAS0 den Me 10%:149 RME EE —— : 102:117 BSD de : . ", . 412.608
Ajoutons qu'après une première visite un certain nombre de demandes n’ont pas paru justifiées. Elles se sont élevées:
(4) Depuis 1877 la préfecture de police a organisé un Service médical de nuil, pour les cas urgents. Elle paie pour chaque visite les médecins attachés à ce service, sauf à se faire rembourser par les malades indigents.
En 1816, le nombre des visites de nuit a été de 3616 en 1880, de 12616 en
Un service pharmaceutique de nuit fonctionne également dans les mêmes conditions que le précédent. Un bon de 1 fr. 50 est alloué aux pharmaciens pour chaque dérangement. En 18817: 4004 bons ont été pré-
-sentés à la préfecture de police. 9630 en 1894.
(2) Voir plus haut pages 97 et suiv.
(3) Rapport sur le traitement des malades à domicile pendant les années 1893, 1894, 4895.
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L'institution d’un carnet individuel a permis d’établir le nombre de personnes qui ont obtenu le traitement à domicile. Ce nombre s’est élevé :
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Par rapport au chiffre du dénombrement général de la population le nombre des personnes secourues s’est élevé (1):
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Les extrèmes sont de 7,26 0/0 dans le XX° arrondissement et de 0,60 0/0 dans le VIII (1895).
B. — Femmes enceintes.
Le décret de 1895 ne parle pas en termes exprès des femmes enceintes, mais il a été entendu qu’elles étaient, lors de l'accouchement, assimilées aux malades.
Il existe à Paris aujourd’hui trois organisations destinées à venir en aide aux femmes enceintes : /es maternités hospitalières, le service des sages-femmes agréées et enfin le service des accouchements à domicile des bureaux de bienfaisance. Nous ne parlerons pas des maternités hospitalières, ni duservice des sages-femmes agréées, rat-
(1) A cette époque la population de Paris était de 2.424.705 habitants. Dénombrement de 1891.)
laché depuis 1882 aux établissements hospitaliers, nous ne nous ocCuperons Ici que de ce qui concerne les secours à domicile, nous n’étudierons donc que l’organisation du service des accouchements à domicile des bureaux de bienfaisance (1).
Le bénéfice de la gratuité est obtenu pour les femmes enceintes à peu près de la même façon que pour les malades. La demande est faite au moins un mois à l'avance au secrétariat du bureau de bienfaisance de l'arrondissement où réside la postulante. L'administrateur divisionnaire fait aussitôt une enquête sur la situation de l’intéressée et c'est la délégation permanente qui décide si la gratuité doit être maintenue oui ou non. C’est encore elle, qui pendant la durée du traitement accorde les différents secours réservés aux femmes enceintes (2).
Les accouchements à domicile sont confiés à 517 sagesfemmes dont nous étudierons plus loin le recrutement.
Depuis 1895, les femmes enceintes ont la faculté de choisir leur sage-femme (3). Les mêmes motifs, qui ont été invoqués en faveur de la liberté pour les malades de choisir leur médecin, se retrouvent ici pour les sagesfemmes.
Dans le service des accouchements à domicile, la chirurgie n'est pas comprise, et cependant les opérations obstétricales exigent fréquemment l’aide d’un médecin.
(1) Le service des sages-femmes agréées organisé en 1813, fut comme nous l'avons dit rattaché aux hôpitaux en 1882. L’Assistance publique y consacre annuellement 500.000 francs, Il y a 95 sages-femmes agréées qui mettent 271 lits à la disposition des femmes enceintes. Elles reçoivent 6 francs par jour, plus 10 francs par accouchement. Aujourd'hui les sages-femmes agréées sont surveillées par un médecin accoucheur.
(2) V.-plus haut pages 49 et suiv.
(3) D. de 1895, art. 31.
Or, il est très difficile d'en trouver lorsque le cas se présente, d'où il résulte que la sage-femme est réduite à se contenter du premier médecin, qui veut bien se déranger. On à vu des sages-femmes ne pouvant trouver des médecins, faire transporter à l'hôpital leurs clientes qui succombaient en y arrivant (1). Ne pourrait-on désigner des médecins accoucheurs spécialement chargés du service des secours à domicile ? À Haselt les sages-femmes peuvent toujours demander l’aide d’un médecin agréé, dont le choix est laissé à la femme accouchée ou à sa famille ; il en est de même à Anvers. Pourquoi n’adopterait-on pas une pareille mesure à Paris ?
La question de la gratuité soulève aussi une observation assez grave. Le nombre des accouchements opérés à Paris est très considérable. En 1895 (2), sur près de 80.000 accouchements faits à Paris, 31.438 l’étaient aux frais de Assistance publique, soit près de 40 0/0; en 1897 cette proportion s'est élevée à 60 0/0 (3). N'y a-t-il pas là un abus ?
Sans doute, nous concevons qu’en pareille matière on fasse preuve de la plus large tolérance, mais enfin il ne faut pas oublier que les fonds de l'Assistance publique composent le patrimoine des pauvres et qu’on ne saurait en disposer à la légère. Nous croyons donc qu’il serait nécessaire de restreindre la gratuité aux femmes indigentes et nécessiteuses. Des enquêtes plus sévères permettraient de constater que des femmes aisées profitent de la tolérance de l'Administration pour se faire accoucher gratuitement.
(1) D' Balland, Réorganisation des secours à domicile, op. cit., p. 21.
(2) Rapp. sur le traitement des malades à domicile en 1893, 1894, 1895.
(3) Paris et l’Assislance publique, par A. Lefèvre, Revue de Paris du 1er juillet 1899.
Terminons en donnant quelques renseignements sur les accouchements opérés à Paris.
Les demandes d'inscriptions au service des accouchements à domicile ont été (1):
GES 14.976 OR ET + 15.248 En S nanase «15207. (2)
Voici quel a été le nombre total des accouchements opérés à Paris pendant la période triennale 1893-1895 :
: Chez les ANNÉES Dans les hôpitaux] sages-femmes A domicile agréées LS SR le ete oo loto 11.206 5.879 12.181 ER M 12.944 6.561 12.09% 13 CAR RON NET PERS 14.061 5.817 11.500 TOTALE -21- 38.211 18.257 39.775
Les dépenses occasionnées par le service des accouchements se sont élevées :
En 18033 0.0 0 1 0. ‘302:232 fr. 24
DM So 281. Eh fr. 16
BASE A Ne 3,0. 40 17219,274.fr.:89 Voici quelle a été la nature de ces dépenses :
Prime aux sages-femmes . . . 184.140 183.470 175.695 Secours. en nafure : : — !: . . . 44.683,24 34.873,16 39,173 89 DECOUTS EI Argent... 13.409 69.101 64,206
La dépense moyenne des accouchements par femme accouchée s'élevait :
(4) Rapp. sur le traitement des malades à domicile en 1893-1895, op. cit, (2) Sur ce nombre il y avait 12,141 femmes mariées et 2.527 filles mères. G. — 19
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Il nous reste à indiquer le nombre total des inscriptions des malades et des accouchées au traitement à domicile ainsi que la dépense totale de chacun de ces services :
Le chiffre total d'inscriptions a été :
nn. 1809. de. 2 2 TL En 1894 de: Le En:1895 4602 - TOR RAR
Pendant la même période triennale :