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CHAPITRE II

Les secours doivent ètre appropriés au genre de misères des personnes à secourir, vérité évidente qu'il est à peine utile dénoncer ; les indigents, les nécessiteux, les malades que, dans des proportions différentes et pour des causes diverses que nous avons indiquées, il est du devoir de la Société au nom de la solidarité humaine de secourir, — les infirmes qui ne peuvent plus travailler et qui, sion les abandonne, sont condamnés à mourir ou à grossir le nombre des mendiants et à devenir en quelque sorte les professionnels de la mendicité, — les valides sans travail, auxquels il faut venir en aide, si l’on ne veut pas en faire des ennemis, trouvant tout simple de rendre responsable du chômage l’organisation sociale tout entière, et tous prêts à suivre dans la lutte les théoriciens de l’anarchie, qui rêvent d'une société idéale où tous seraient heureux, ces malheureux que nous devons secourir ont tous besoin de secours différents distribués de façon diverse et par des organes distincts.

Nous laisserons de côté en ce moment la distribution des secours et l'examen des organes administratifs chargés de cette distribution, qui forment, nous l’avons' indiqué, la seconde partie de cette étude, nous rechercherons seulement en présence de ces divers éléments de la population misérable quelles catégories de secours lui sont attribuées

aujourd'hui et quelles sont celles auxquelles, selon nous, il faut donner la préférence.

On conçoit immédiatement deux classes distinctes de secours suivant qu'il s’agit de ceux qui ne peuvent plus travailler ou de ceux qui sont capables de gagner leur vie, s'ils ont un travail assuré: secours en argent ou en nature pour les premiers : secours en travail, c'est-à-dire assistance par le travail pour les seconds.

Ce sont ces deux catégories que nous allons étudier.

L'article 24 du décret du 15 novembre 1895 prévoit le premier cas : « Les bureaux de bienfaisance accordent des secours en argent et exceplionnellement des secours en nature ; ils peuvent voter des allocations de tout genre destinées à soulager des misères spéciales, telles que prêts, objets usuels, secours de route, de rapatriement, avances pour loyers. »

La seconde catégorie est visée par l'article 28: « Les bureaux de bienfaisance sont autorisés à s'entendre avec les Sociétés d'assistance par le travail, à l'effet de substiluer autant que possible les secours en travail aux secours en argent. »

Nous ferons d'abord dans une première section l'exposé des secours tels qu’ils sont actuellement distribués, puis nous essaierons de donner une apprécialion critique de la législation aujourd’hui en vigueur.

Notre chapitre Il comprendra donc deux sections :

Section [. — Secours actuellement distribués.

1° Secours en argent ;

2° Secours en nature ;

3° Secours en travail.

Section I. — Appréciation critique.

SECTION I. — Secours actuellement distribués.

$ 4. — Secours en argent.

Ces secours sont, suivant les classes d'individus à secourir : des secours permanents ou des secours temporaires. Les premiers sont attribués aux indigents, aux vieillards et infirmes ; les seconds aux nécessiteux et aux indigents, à qui les secours permanents ne suffisent pas, et enfin aux malades.

A. — Secours permanents.

1° Secours mensuels. — Ils comprennent d'abord les secours mensuels aux indigents (art. 25 du décret), qui ont occasionné pour les 20 arrondissements une dépense de 3.671.920 francs en 1896 et de 3.669.092 francs en

Ils se répartissaient ainsi en 1897 (1):

Mensualités de 5 francs en hiver et 3 francs en été: 1.439.618 fr.

— 8__— Re ESS Dre te ENS 245.168 »

— De ÉLIRE Me 945.020 »

— 20 — NE PAU ne 941.960 »

Bons de 2 francs à l’occasion du 14 juillet . . . . . 97.326 » TOlal ee 5: 000 002)

IL y avait, en 1897, 47.884 indigents inscrits, en défalquant les titulaires de pension représentative de séjour à l'hospice que nous étudierons plus loin, nous trouvons que 44.353 indigents ont touché un secours annuel moyen

(1) Compte financier de 1897: dépense des bureaux de bienfaisance Budget de l'assistance publique :

Sous chapitres XXIV et XLIII.

de 80 fr. 54, mais il s’en faut de beaucoup que chaque indigent aitreçu cette moyenne de secours.

3.923 (4) indigents ont touché 240 fr. par an, soit par mois 20 fr.

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